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Juillet 2008
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Conseil Municipal
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2008, Vœu déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif au tourisme dans la Capitale, fragilisé par la politique internationale du Maire de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2008


 

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Nous passons maintenant à l?examen du v?u référencé n° 52 dans le fascicule, déposé par le groupe U.M.P.P.A., relatif au tourisme dans la Capitale, fragilisé par la politique internationale du Maire de Paris.

Je donne la parole à M. DUBUS.

M. Jérôme DUBUS. - Nous le savons, le tourisme fait vivre à Paris, directement ou indirectement, près de 210.000 personnes. Il est donc un secteur essentiel de l?économie parisienne, et tout ce qui peut le renforcer va dans le bon sens : cela va dans le sens de l?emploi et dans le sens du développement économique.

Parmi les près de 30 millions de touristes qui visitent actuellement la capitale, 700.000 sont chinois, et représentent un potentiel de dépense d?environ 80 millions d?euros : c?est la deuxième nationalité la plus dépensière après les Japonais dans notre Capitale.

Or, Paris, depuis deux mois, subit une baisse importante du nombre de touristes chinois, ce qui va peser inévitablement sur les chiffres d?affaires de l?hôtellerie, de la restauration, des grands magasins, bref, d?un certain nombre de commerces qui n?avaient pas besoin de cela en ce moment.

Ce boycott plus ou moins organisé doit donc cesser le plus rapidement possible. Il est d?ailleurs clairement dirigé contre Paris et contre la capitale, mais si ! Il est la conséquence directe de la volonté du Maire de Paris de s?immiscer dans les relations franco-chinoises, ce que personne ne lui demandait de faire.

Aujourd?hui, les conséquences de cet effet de communication risquent d?être lourdes pour la capitale, bien que la France, par la voix diplomatique de Bernard KOUCHNER, qui est un excellent Ministre des Affaires étrangères, évite cette contagion de boycott plutôt limitée actuellement à Pékin.

Pour le mois de juin, à Pékin, les demandes de visas touristiques pour la France ont baissé de 60 %. Alors, il est temps de réagir et nous proposons trois mesures.

D?abord, que la Mairie de Paris envisage toute mesure nécessaire pour respecter son partenariat établi avec la Ville de Pékin depuis 1997.

Deuxièmement, que cette même Mairie de Paris se montre vigilante et attentive aux côtés des professionnels du tourisme et prenne des mesures conséquentes afin de les soutenir dans l?éventualité où cette situation se prolongerait de façon alarmante.

Enfin, troisième mesure, et c?est sûrement la plus importante, que le Maire de Paris lui-même restaure la relation de confiance, d?amitié et de coopération par un signal positif envers son homologue de Pékin Guo JINLONG.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Monsieur DUBUS.

Pour vous répondre, je donne la parole à Jean-Bernard BROS.

M. Jean-Bernard BROS, adjoint. - Monsieur DUBUS, vous m?avez rappelé la grande époque où l?on avait les chiffres des manifestants et ceux de la police ou de la préfecture. J?espère en tout cas vous donner des précisions concernant vos chiffres, qui sont totalement faux.

En effet, concernant la question des visiteurs chinois à Paris, il est d?abord nécessaire de rappeler un certain nombre de faits et de chiffres afin de replacer ce phénomène dans son contexte.

En 2007, la structure par nationalité des arrivées hôtelières à Paris décompte près de 120.000 arrivées chinoises, soit moins de 0,8 % du total des arrivées.

De plus, de nombreux touristes chinois sont logés hors Paris.

Cette clientèle est en progression constante, certes, y compris sur la période janvier - avril 2008, mais reste donc encore très modeste en proportion, comparée aux 28 millions de visiteurs qu?a comptabilisé notre capitale l?an dernier.

Concernant les rumeurs de déprogrammation de la destination Paris par des agences de voyage basées à Pékin, ces rumeurs, dont la presse s?est largement fait l?écho, ont été fermement démenties par les autorités chinoises qui ont affirmé n?avoir passé aucune consigne aux tour opérateurs de la capitale chinoise. Certes, l?ambassade de France a enregistré depuis quelques semaines une baisse sensible des demandes de visas de résidents de Pékin pour la France, mais elle a déclaré le 4 juillet que l?on assistait à un retour à la normale depuis le 30 juin.

Rappelons qu?il a toujours été observé, chaque fois que des Jeux Olympiques ont lieu dans un pays, que le nombre de ressortissants de ce pays voyageant à l?étranger a sensiblement diminué. Il ne serait donc pas surprenant que les touristes chinois à Paris soient moins nombreux pendant la période des Jeux Olympiques de 2008.

Par ailleurs, rappelons que le gouvernement chinois a désormais décidé de fractionner davantage les vacances de ses ressortissants au cours de l?année, ce qui les amène inévitablement à voyager moins loin à l?étranger et à favoriser des destinations plus proches. Ces éléments d?appréciation ne permettent donc pas de conclure à un phénomène massif et durable de désaffection de la clientèle chinoise pour la destination Paris.

Enfin, j?en termine, la Ville de Paris assume à la fois une politique internationale courageuse qui reconnaît les efforts de ceux qui luttent pour les droits de l?Homme et une politique touristique dynamique, qui maintient ses efforts de promotion internationale de la destination.

Par conséquent, l?Exécutif émet un avis négatif à ce v?u.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - M. SCHAPIRA souhaite ajouter quelques mots.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Absolument.

Au plan des relations diplomatiques avec la Chine, sans que nous ayons cédé à la pression des autorités chinoises - je ne vous rappellerai pas les termes de la lettre de l?ambassadeur au moment où le conseil siégeait et votait le v?u sur le Dalaï-Lama et HU JIA -, nous avons évidemment retrouvé des relations beaucoup plus sereines.

Le Maire a rencontré l?ambassadeur. Nous avons établi des contacts, en tout les cas, avec le numéro deux, que je rencontre régulièrement. Nous avons démontré le maintien de notre solidarité avec la population chinoise suite au tremblement de terre, en accordant une aide de 50.000 euros, que vous avez votée comme nous tous.

Nous avons eu la demande de M. CHEN, dont le père était compagnon de la Longue Marche de Mao et qui est membre de C.G.L.U., qu?on lui procure des tentes pour les abris, ce que nous avons fait avec notre organisation mondiale et, je rappelle enfin, que Paris participe à l?exposition universelle ?Shanghai 2010? avec la Région Ile-de-France et la C.C.I.P.

Tout va très bien.

Et j?ajouterai : tout va encore mieux, comme le disait notre collègue Jean-Bernard BROS, surtout, parce qu?il ne faut pas être dupe et naïf, depuis que l?on sait que le Président de la République a l?intention d?assister à l?ouverture des Jeux Olympiques.

C?est pour cela que je pense que les relations ne visaient pas uniquement Paris, mais c?est pour cela aussi que je suis de l?avis de mon collègue Jean-Bernard BROS.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Très bien.

Merci, Monsieur SCHAPIRA.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d?un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.