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Juillet 2008
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Conseil Municipal
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2008, Voeu déposé par le groupe Centre et Indépendants relatif à l’application des réglementations concernant les tournages de film en intérieur et extérieur dans les rues de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2008


 

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du v?u référencé n° 42 dans le fascicule, déposé par le groupe Centre et Indépendants, relatif à l?application des réglementations en matière de tournage de films dans les rues de Paris.

La parole est à M. Yves POZZO-DI-BORGO.

M. Yves POZZO-DI-BORGO. - C?est une réalité que l?on connaît bien à Paris, c?est en même temps une fierté : il y a énormément de tournages à Paris. Je crois qu?il y en a eu 765 en 2007 contre 730 en 2006, et je crois qu?il y en a encore beaucoup plus cette année. Une évolution qui est normale et qui, en même temps, est satisfaisante et honore notre ville. Pour nous, pour les élus de Paris, c?est un peu un orgueil de savoir que notre ville est aussi utilisée pour le cinéma.

Seulement, dans le quotidien des choses, il y a quelques difficultés qui se présentent.

Par exemple, lorsqu?une société de tournage ou un réalisateur de film a l?autorisation de tourner le film sur tel lieu, trois ou quatre jours avant, arrivent ce que l?on appelle les sociétés de ?ventousage?, ce qui est tout à fait normal. Elles arrivent, en fait, pour bloquer le stationnement et très souvent la circulation aussi, surtout le stationnement dans un premier temps, sur trois, quatre, cinq, quelquefois six à sept rues environnantes.

On a eu cet exemple dans le 7e pratiquement à une semaine d?intervalle, dans la zone du Palais-Bourbon, avec en plus des manifestations qui s?ajoutaient, des conséquences terribles pour les commerçants qui voient leur chiffre d?affaires baisser de 50 %.

Je me suis interrogé là-dessus.

Je me suis rendu compte qu?il y avait une période de flou juridique qui était la période de ?ventousage?. Il faut évidemment qu?il y ait une autorisation pour ces sociétés de ventouser, pour permettre à l?équipe du film qui arrive de pouvoir tourner le film, mais il y a vraiment un flou extraordinaire pratiquement sur 48 heures. Je ne sais pas si cette compétence est celle de la Ville ou du Préfet de police, mais je souhaiterais, c?est le sens de mon v?u, que l?on puisse aller vers une réglementation.

Cette réglementation ne veut pas dire interdiction de ventousage, mais que ce soit beaucoup plus précis.

Pendant pratiquement trois à quatre jours, ce sont des sociétés privées qui ont le monopole de cet espace public. La police disparaît, Monsieur le Préfet, très prudente parce qu?elle sait qu?ils sont dans l?illégalité, tout en ayant une tolérance qui n?est pas vraiment légale. Je crois qu?il serait nécessaire que l?on vote ce v?u pour aborder ce problème de façon beaucoup plus juridique et qu?on puisse le travailler, tout en permettant aux sociétés qui font des tournages de le faire dans de bonnes conditions et aux sociétés de ?ventousage? de le faire aussi dans des conditions dans lesquelles elles sont protégées juridiquement.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - La parole est à M. Christophe GIRARD pour répondre.

M. Christophe GIRARD, adjoint. - Il y a en effet du bon sens dans ce v?u.

En tout cas, la Préfecture de police n?est jamais dans l?illégalité, je peux vous confirmer, je pense que M. VEDEL pourra le dire, que la ventouse relève du commissaire d?arrondissement.

Permettez-moi d?abord de rendre hommage à la Mission cinéma pour le travail qui a été fait avec cette charte des tournages qui, je vous le rappelle, a été mise en place lors de la précédente mandature.

Avec François LEBEL, combien de fois on aborde ces sujets ! En effet, ce sont les maires d?arrondissements qui sont les premiers inquiétés lorsqu?il y a des tournages.

Mais quelle fierté d?avoir des tournages à Paris ! Et que Paris reste la capitale du cinéma ! Ne faisons pas de Paris une ville de grincheux ! Et je ne m?adresse à aucun d?entre nous ici.

Non, le propos n?est pas pour nous, les élus, mais pour des voisins, des Parisiens qui ont un peu tendance à prendre facilement le téléphone dès qu?il y a un bruit pour appeler le commissariat de police.

Grâce à la volonté et à l?impulsion, reconnaissons-le, du Maire de Paris depuis 2001, l?activité des tournages dans la Capitale s?est maintenue ces dernières années en dépit d?une concurrence internationale féroce. Chaque pays s?efforce? Regardez Prague, regardez Budapest, et bien d?autres villes encore, se mettent en effet à accueillir dans des conditions, je dirais, pas tout à fait aux normes européennes, un certain nombre de tournages.

Chaque pays s?efforce d?attirer les productions et les tournages en développant des crédits d?impôts et des services en vue de faciliter leur implantation. On tourne même des scènes de Paris dans des villes étrangères, avec des Tours Eiffel et des monuments de Paris reconstitués. Reconnaissons que c?est un peu inquiétant !

Les tournages offrent des retombées économies directes et indirectes importantes pour l?emploi culturel, notamment les professionnels du spectacle et de l?audiovisuel, qui, je vous le rappelle, sont quand même assez fragilisés depuis quelques années, pour les industries techniques cinématographiques et audiovisuelles, elles-mêmes inquiètes avec le projet de réforme de France Télévision sur le financement du cinéma, entre autres, et la disparition de la redevance, enfin pour le rayonnement de Paris en France et à l?étranger.

L?activité des tournages nécessite l?utilisation de l?espace public, à la fois pour l?espace de jeu et le stationnement des véhicules techniques liés aux tournages. Les productions doivent obtenir l?autorisation conjointe de la Préfecture de police et de la Mairie de Paris, puis sollicitent auprès des commissariats de quartier les autorisations de stationnement qui font l?objet d?un règlement de taxes de stationnement au même titre que les particuliers.

Cela sent la bonne affaire, dirait-on, d?une certaine façon !

Pour bénéficier de ces emplacements, les productions sont contraintes de les réserver en amont et la pratique de la ventouse est rendue nécessaire, faute de quoi le tournage ne pourrait pas avoir lieu.

Soucieuse, de maintenir cette activité économique, tout en préservant la qualité de vie des riverains et des commerçants, la Mairie de Paris, au cours de ces dernières années, a entrepris avec les sociétés de production un dialogue qui a amené les actions suivantes :

- en 2006, je le disais en préambule, la signature de la charte entre les professionnels et le Maire de Paris, obligeant les productions à informer les riverains et commerçants trois jours avant le début du tournage. Trois jours nous semblait être un délai raisonnable et courtois entre riverains et commerçants ;

- en 2007, la création d?un site Internet en vue d?informer en temps réel les productions sur les secteurs ou rues à éviter.

Dans la mesure où les autorisations de stationnement sont délivrées par les commissariats de quartier - et je remercie d?ailleurs la Préfecture de police et les commissaires de faire preuve de beaucoup de responsabilité et d?intérêt pour l?activité cinématographique à Paris -, la Ville ne peut seule s?engager sur une réglementation en matière de pratique de la ventouse, donc il est impossible d?adopter ce v?u.

En revanche, et afin de minimiser le temps de réservation qui pénalise à la fois les riverains et les commerçants, mais également les productions qui en supportent le coût croissant, la Mairie de Paris va poursuivre la réflexion déjà entamée en concertation avec la Préfecture de police, dans le but de trouver des réponses satisfaisantes dans l?intérêt de tous.

Je trouve que ce terme de ventouse est absolument épouvantable.

Je ne sais pas si la Préfecture nous autorise à trouver un terme plus agréable, plus élégant ! Le mot a un côté arrosage, un côté médecine à l?ancienne ! Cela plaira peut-être à certains, mais... cataplasmes et médecine à l?ancienne.

Si le v?u ne porte pas sur la Préfecture de police une accusation d?être dans l?illégalité, je suis prêt à ce que l?on vote ce v?u qui, en effet, peut nous encourager à prolonger la réflexion et fera plaisir à ce nouveau groupe Centre et Indépendants qui semble s?intéresser beaucoup aux questions de culture.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Monsieur GIRARD.

Monsieur POZZO-DI-BORGO, une explication de vote ? Bien que votre vote ne soit sans doute pas douteux !

M. Yves POZZO-DI-BORGO. - Non, c?est pour une réponse !

Je remercie M. GIRARD de sa réponse.

Je vous signale que nous sommes l?émanation de la culture U.D.F., donc notre groupe n?est pas si nouveau que cela ! Il a au moins 30 ans de présence, sans compter notre pensée politique qui en a beaucoup plus !

En ce qui concerne le v?u, je suis entièrement d?accord pour changer les phrases que vous voulez. Je vous remercie.

Il ne s?agit pas de porter des accusations sur la Préfecture ou autres. Je pense qu?il serait nécessaire que nous ayons une réflexion un peu plus forte que celle qu?il y a eu et que nous arrivions au vote de ce v?u.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Centre et Indépendants, assortie d?un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2008, V. 104).