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Juillet 2017
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par les groupes Socialiste et Apparentés et Communiste - Front de Gauche relatif au service public postal (19e). Vœu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2017


 

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Nous allons passer au débat organisé à l'occasion des v?ux n° 6 et n° 6 bis qui ont trait au service public postal, notamment dans le 19e arrondissement.

Nous avons organisé les débats de la manière suivante. La parole sera successivement à Mme Maud GATEL, M. Rémi FÉRAUD, M. Jacques BOUTAULT, M. Nicolas BONNET-OULALDJ, M. Didier GUILLOT, M. Jean-François LEGARET, Mme Danielle SIMONNET. Pour vous répondre, c?est Pauline VÉRON.

Madame GATEL, vous avez la parole, pour trois minutes.

Mme Maud GATEL. - Merci.

Madame la Maire, mes chers collègues, au 1er janvier 2017, le réseau de la Poste à Paris comptait 197 points de contact, répartis en plusieurs catégories selon leur offre de service. D'une part, 173 bureaux de poste gérés par les agents de la Poste, et, d'autre part, 24 relais postes gérés par des commerçants dans le cadre de conventions de partenariat signées entre la Poste et des partenaires privés.

Dans la Capitale, le maillage territorial est très satisfaisant, mais l'évolution à laquelle nous assistons est pour nous source d'inquiétude. En effet, début 2014, aucun relais poste n'existait. Aujourd'hui, ils sont 24. Le premier qui a été mis en place l?a été avenue de Versailles pour pallier l'indisponibilité des services de la Poste pendant les travaux du bureau rue Van-Loo. Nous ne sommes absolument pas hostiles à des partenariats avec des structures privées, même si nous préférerions qu'il s'agisse de partenariats avec des petits commerces de proximité plutôt que des grandes enseignes.

De tels partenariats permettent d'élargir les horaires d'accès au service et ainsi, mieux répondre à la fois aux attentes des Parisiens mais également à leur rythme de vie. Mais cela doit se cantonner à des opérations simples du type dépôt ou retrait de colis. En revanche, il est essentiel, compte tenu des missions de service public confiées au groupe "La Poste", en lien notamment avec l'accessibilité bancaire, que les démarches les plus confidentielles puissent continuer à être exercées dans les bureaux de poste.

Pour les clientèles les plus fragiles socialement, mais également les plus âgées, pour qui la langue ou la fracture numérique constitue des freins dans leur démarche quotidienne, la Poste doit s'assurer d'être en mesure d'offrir les meilleures conditions d'accueil. La multiplication des fermetures de bureaux et leur remplacement par des points postes ne sauraient être des solutions pérennes et satisfaisantes au regard de la mission de service public de la Poste.

Il faut, bien sûr, accepter de faire preuve de souplesse dans l'implantation des lieux d'accueil en fonction de la population et de ses évolutions. A ce titre, le maire d'arrondissement est le plus à même à faire des propositions et il est dommage de voir que, désormais, il n'existe plus d'obligation de dialogue entre la Poste, la mairie d'arrondissement et l'échelon local.

Souplesse, adaptation, mais aussi stricte sur les fondamentaux pour remplir sa mission de service public, c'est le sens de notre vote en faveur du v?u de l'Exécutif.

Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

La parole est à M. Rémi FÉRAUD, pour trois minutes maximum.

M. Rémi FÉRAUD, maire du 10e arrondissement. - Madame la Maire, chers collègues.

Je voudrais d'abord me féliciter que nous ayons ce débat à l'initiative de Nicolas BONNET-OULALDJ qui préside le comité de présence postale départementale dans lequel je siège. Nous avons, d'ailleurs, eu parfois l'occasion d?en parler dans cet hémicycle. Nous sommes tous attachés à l'existence d'un service public postal de proximité à Paris. Il est, en effet, très important, notamment dans les quartiers populaires, car il assure les quatre missions de service public qui lui sont confiées par la loi : favoriser l'accès aux moyens de communication, participer à l'aménagement du territoire, garantir l'accessibilité bancaire pour tous, et permettre la distribution et le transport de la presse.

Le groupe "La Poste" connaît une situation financière globale positive, mais personne n?ignore les profondes mutations auxquelles la Poste doit faire face, c'est-à-dire d?abord une baisse importante du volume courrier, conséquence de la révolution numérique, une baisse de la fréquentation de certains bureaux de poste, l'évolution des habitudes de consommation et des modes de vie, l?essor du e-commerce avec une concurrence intense dans ce secteur et une baisse des taux d'intérêt et des marges de la Banque postale.

Les évolutions nécessaires du service postal qui en découlent ont déjà commencé, mais nous, élus parisiens, devons être vigilants sur plusieurs points.

D'abord, nous partons certes d'un maillage très dense en matière de bureaux de poste à Paris. Il n'est pas déraisonnable de réexaminer leur implantation mais, dans ce cas, celle-ci doit être concertée avec les maires et les élus d'arrondissement, en fonction d'une stratégie plus globale qu'aujourd'hui, d?une vision d'ensemble et dans la durée, ce qui exclut que les élus soient mis, comme c'est beaucoup le cas aujourd'hui, devant le fait accompli, devant des décisions ponctuelles et successives, alors que nous pourrions, à mon avis, définir ensemble une stratégie de long terme d'implantation des bureaux de poste.

D?ailleurs, mes collègues maires d'arrondissement, François DAGNAUD et Christophe GIRARD, dans le 19e et le 4e, s'opposent légitimement à la fermeture des bureaux de poste Curial et de l?île Saint-Louis, avec la mobilisation des acteurs locaux. Nous avons besoins nous-mêmes, comme élus, de plus de transparence et d'objectivité pour décider, en lien aussi avec l'ensemble des élus d'arrondissement, les meilleures solutions pour préserver l'accès au service public postal.

Ensuite, nous ne sommes pas hostiles à l'implantation de services postaux dans des commerces existants, comme le disait Mme GATEL tout à l'heure, mais ceux-ci doivent être choisis avec discernement en privilégiant ceux qui préservent la diversité commerciale de Paris, ceux qui participent d'une nouvelle économie, notamment de l'économie sociale et solidaire qui apporte à notre ville. On peut penser aux libraires, aux kiosques plutôt que simplement à des supérettes.

Je finis dans un instant. Nous devons être enfin très vigilants sur l'implantation des bureaux de poste dans les quartiers "politique de la ville", notamment sur leurs zones de chalandise. C'est donc un premier débat au Conseil de Paris et je suis sûr qu'il sera suivi d?autres si nous voulons rapprocher les élus parisiens des débats sur l'évolution de la Poste. Merci.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

La parole est à M. Jacques BOUTAULT, pour trois minutes maximum.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Madame la Maire, chers collègues, on entend souvent dire que Paris va bien par comparaison et on se réjouit par exemple des faibles scores de l'extrême droite sur notre territoire, notamment dans les quartiers populaires. On vante la cohésion et les services publics de notre Ville qui feraient en sorte qu'elle résiste et se porte bien.

Pourtant, la cohésion de notre territoire est fragile. Symboles de proximité institutionnelle utile et rassurante comme de l'égalité que les services publics ont mission d'assurer entre toutes et tous, nos bureaux de poste parisiens ont un rôle important à jouer dans cette logique. Mais ils sont menacés. Le groupe "La Poste" cherche à imposer une logique de rentabilité financière et à lui substituer la logique qui prévalait jusqu'à présent, la logique de service public, alors même que le chiffre d'affaires de la Poste globalement est en augmentation et que ses bénéfices atteignent 850 millions d?euros.

Cette logique marchande de rentabilité au détriment des missions de service public et de cohésion sociale assurées par la Poste vide ce service public de son sens et exaspère des populations souvent déjà fragilisées et victimes de fermetures déguisées, notamment quand on ouvre un point relais de poste tenu par des caissières ou des caissiers de supérettes de quartier.

Cela va-t-il les amener, à terme, à devoir assurer les quatre missions de service public que rappelait il y a un instant Rémi FÉRAUD ? Favoriser l'accès aux moyens de communication, participer à l'aménagement et développement du territoire, garantir l'accessibilité bancaire et permettre de distribuer le courrier, la presse.

Non, il ne faut pas rêver, ce n'est pas leur métier. N'oublions pas que Paris est aussi une terre d'inégalités et que nous avons besoin de renforcer les services publics et leur accessibilité à toutes et tous. Il faut donc démarchandiser et réhumaniser la Poste. Pour cela, les élus locaux ont un rôle important à jouer. Je regrette pour ma part que le nouveau contrat postal éloigne les conseillers municipaux et les maires des décisions concernant les évolutions futures des bureaux de poste quand ceux-ci ne se situent pas dans les quartiers "politique de la ville".

Les écologistes sont conscients des défis que rencontrent les services publics et singulièrement la Poste. Nous pensons qu?il faut se réinventer, qu?il faut penser les services publics du XXIe siècle mais pour cela qu?il faut d'abord les renforcer. Ces services publics doivent répondre à des besoins observés des populations et, pour cela, il faut intégrer aussi les usagers et les personnels des services publics, intégrer à la fois les usagers et les personnels dans leur renouvellement ce n'est pas en supprimant des bureaux de poste et en affaiblissant la Poste qu'on y parviendra.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur BOUTAULT.

La parole est à M. Nicolas BONNET, pour trois minutes maximum.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, pourquoi avons-nous demandé ce débat en Conseil de Paris, puisque ce n'est pas une compétence du Conseil de Paris ? Parce que nous sommes face à une situation inédite à Paris pour les Parisiens.

C'est la fermeture de près de 30 bureaux de poste depuis 2014, dont 3 bureaux situés en quartiers "politique de la ville" ou desservant, notamment dans le 18e arrondissement, Tristan Tzara. Dans le même temps, l'apparition de relais poste dans des supérettes, 17 en 2016, 24 aujourd'hui.

Cela, malgré l'opposition des Parisiennes et des Parisiens, des salariés de la Poste, des élus, des maires qui se sont mobilisés chaque fois devant les fermetures de bureau et qui aboutit d'ailleurs dans ce Conseil de Paris à de nombreux v?ux et à plusieurs dizaines de milliers de pétitions signées notamment par les commerçants. A ce rythme-là, soit une moyenne de 10 bureaux fermés par an, en 2020, 60 bureaux de poste auraient disparu du paysage parisien, soit un tiers du maillage des bureaux de poste parisiens.

Nous avons eu ce débat en 1ère Commission avec une audition du directeur régional de la Poste, qui a malheureusement confirmé la stratégie de la Poste de diversification des points relais chez les commerçants en remplacement des bureaux de poste.

Des arguments sont avancés par la Poste, très contestables. Le premier argument serait la chute du courrier. Or le courrier est géré par les centres de tri et ne transite pas par les bureaux de poste qui, eux, traitent majoritairement les recommandés et les colis dont les volumes sont en constante augmentation.

Deuxième argument : choc des taux d'intérêt, situation de crise économique. Or la situation financière du groupe "La Poste" est positive avec un chiffre d'affaires en augmentation et des bénéfices qui ont augmenté de 33,6 %, soit 846 millions d'euros cette année.

Troisième argument avancé par la Poste : la satisfaction du service rendu par les relais poste chez les commerçants, dont nous connaissons les limites. La première chose qui a été abordée, c?est que le personnel principalement des caissières ou des caissiers sont en C.D.D., sont en situation précaire, employés par des enseignes qui dans certains cas ne respectent pas les règles élémentaires du Code du travail et qui ont été d'ailleurs condamnées.

Cela pose certaines problématiques, notamment celle de la confidentialité, qui est obligée chez le postier. Cela pose aussi une question fondamentale, celle du métier : ce n'est pas le même service rendu si ce n'est pas le même métier. Cela pose la question du rôle du lien social qu'a un agent de la Poste et que n'a pas forcément une caissière ou un caissier. Cela pose la question de l'unité des services publics sur un même lieu et notamment la question du service bancaire.

Pour toutes ces raisons, nous nous opposons à ce transfert du service public dans un secteur privé qui amène aussi une rupture d'égalité de service et qui nous interpelle sur la mission d'aménagement du territoire. Différentes postes sont ciblées aujourd'hui. Je pense à l?île Saint-Louis qui n'a plus aucun service public si la Poste ferme, je pense à Crimée, qui est quartier "politique de la ville" desservant et dans lequel nous avons de réelles problématiques d'accès bancaire, et je pense aussi au quartier Bercy également ciblé dans ce v?u, qui est aussi un réel problème et où règne un sentiment d'abandon du service public.

Ce v?u nous permet d'affirmer collectivement certains points clés et j'insiste sur ce point. D'abord, zéro fermeture des bureaux de poste actuellement menacés dans le 4e, dans le 12e, dans le 14e et dans 19e. Enfin, une volonté - je terminerai là-dessus - du respect des élus, du respect démocratique et du respect des usagers avec la volonté dans ce v?u que toute évolution du statut d?un bureau doit être faite en concertation avec les élus et les habitants.

Voilà, je vous remercie pour la présentation de ce v?u que nous voterons, bien évidemment.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

La parole est à M. Didier GUILLOT, pour trois minutes maximum.

M. Didier GUILLOT. - Madame la Maire, mes chers collègues.

La Poste est aujourd?hui une entreprise sous le contrôle de l?Etat, la circulation du courrier devant être organisée de manière sécurisée et au profit de tous les citoyens. Cependant, si les façades de nombreux immeubles égrènent encore les trois lettres "P.T.T.", les missions et le statut de l?entreprise ont profondément évolué. Elle a tout d?abord ancré son activité autour de nombreux services : livraison du courrier, certes, mais aussi colis, activité bancaire, services à domicile. Ces diverses activités se compensent et permettent de garantir une bonne santé économique globale, ce qui n?est pas le cas d?autres services postaux européens qui avaient fait le choix de se concentrer sur une seule activité.

La Poste est une entreprise avec une spécificité importante. Elle a dû s?ouvrir à la concurrence dans certains domaines d?activité, notamment en ce qui concerne la livraison des colis, qui est fortement concurrentielle. Elle a en parallèle l?obligation fixée par la loi d?assurer un service public dans quatre domaines, dont la livraison du courrier six jours sur sept et la livraison de la presse. Son implantation importante sur le territoire français est d?ailleurs encadrée par la loi, et cela lui permet de développer des services de proximité.

Ses facteurs et factrices sont ainsi créateurs d?un véritable lien social, notamment dans les territoires ruraux et isolés. Ainsi dotée de son rôle de service public, il est normal que la Poste développe un dialogue plus approfondi avec les collectivités, afin que sa mission soit assurée dans les meilleures conditions et que les évolutions soient concertées.

Ce préambule posé, il nous semble important de souligner deux choses : la première est que Paris n?est pas une zone déficitaire en service public postal. Nous sommes une ville dense, dotée de nombreux moyens de transport. Si de nombreux types de points de contact se sont développés, il n?en reste pas moins qu?il perdure un maillage très important des bureaux de poste. Nous ne pouvons donc arguer de la disparition d?un service public car cela serait faux et franchement arrogant à l?égard de territoires qui n?en sont pas dotés. Il s?agit donc de garder une certaine mesure

La deuxième chose à souligner, selon notre groupe, c?est l?impact de l?innovation technologique. Elle a profondément modifié nos moyens de communication et a nécessité que la Poste fasse un travail sur ses missions et sur son accueil. Et je salue d?ailleurs l?initiative prise par "Paris&Co" il y a un mois d?organiser un "hackathon timbré" avec la Poste pour imaginer ce que serait le courrier de demain. Actuellement, la baisse globale des volumes de courrier n?est pas compensée totalement par de nouvelles activités. Nous ne pouvons donc pas continuer à espérer faire survivre un service comme il existait autrefois dans un bon vieux temps imaginaire, alors que la réalité des usages évolue chaque jour un peu plus.

Ainsi, nous trouvons donc que les lieux de services postaux au sein des commerces ou à travers le regroupement de multiples services publics sont intéressants et correspondent précisément aux besoins des usagers. La réflexion à mener repose certainement sur une finesse plus importante dans le choix de ces nouveaux lieux, comme le propose le v?u de l?Exécutif.

La Poste repense son maillage territorial. Cela n?est pas une mauvaise chose. D?ailleurs, au-delà d?une réflexion quantitative, il nous faut mener un travail sur le qualitatif pour l?accueil du public. Certains bureaux de poste ne sont aujourd?hui plus du tout adaptés aux publics reçus. La Ville a une connaissance large de son territoire et nous saluons donc le dialogue engagé avec l?entreprise. La présence dans les quartiers "politique de la ville" est à ce titre une demande qui doit subsister. Cependant, attention à ce que le dialogue ne soit pas basé sur une opposition systématique et le refus de tout changement.

C?est pourquoi le v?u de l?Exécutif nous paraît équilibré et nous espérons qu?il permettra un dialogue constructif avec la Poste au service des Parisiennes et des Parisiens.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur GUILLOT.

La parole est à M. Jean-François LEGARET, pour trois minutes maximum.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Madame la Maire, mes chers collègues, je serai extrêmement bref. Je pense que nous avons effectivement débattu de la présence postale au Conseil et lors de la 1ère Commission. Nous sommes évidemment très attachés à la présence, c?est un service public indispensable qui doit évoluer, qui évolue bien naturellement de jour en jour, et il faut conserver un maillage des bureaux de poste dans tous les arrondissements de Paris. Je crois que ce v?u en tient compte.

Il faut naturellement réfléchir à de bonnes opportunités de présence postale dans un certain nombre de lieux. Il est même question d?en débattre à la commission professionnelle des kiosquiers, parce que les kiosques peuvent effectivement évoluer et servir de points pour la diffusion de produits postaux, et je pense qu?il y a là une piste que l?on pourrait utilement explorer avec les syndicats de postiers et avec la commission professionnelle des kiosques. Je me permets donc de rajouter cette petite idée. Peut-être que le v?u de l?Exécutif pourrait en tenir compte parmi les idées de diversification.

Sous le bénéfice, je l?espère, de cette proposition, nous voterons le v?u de l?Exécutif.

Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Monsieur LEGARET.

La parole était à Danielle SIMONNET, mais je ne l?aperçois pas.

Dans le cadre de ce débat organisé, un v?u a été présenté à l?initiative de François DAGNAUD et Fanny GAILLANNE à propos du service public postal dans le 19e.

Je leur donne la parole.

M. François DAGNAUD, maire du 19e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, nous mesurons tous les jours le rôle déterminant d?un réseau de service public de qualité dans la réduction des inégalités sociales et territoriales, à tel point que le contrat qui a été signé en janvier 2017 entre l?Etat, la Poste et l?Association des maires de France a reconnu comme une priorité, un objectif prioritaire la présence postale dans les quartiers prioritaires de la "politique de la ville". Et nous savons aussi que dans les quartiers populaires, cette présence humaine passe par l?accompagnement d?agents formés et de qualité, au sein des agences postales.

Je veux ici, avec mes collègues de la majorité et au nom de mon équipe municipale, relayer la mobilisation des habitantes et des habitants du 19e arrondissement qui sont, comme nous, légitimement attachés à la pérennité et à la modernisation de leurs agences parisiennes postales. Mais qui s?inquiètent des annonces du groupe "La Poste" sur la fermeture du bureau Curial au 218 de la rue de Crimée fin juillet, qui pourrait se traduire par la saturation des autres bureaux de poste. Et si nous manquons aujourd?hui de données fiables qui permettent de mesurer la façon dont se met en place la nouvelle organisation postale à l?échelle de ce territoire, nous avons appris récemment que des travaux seraient envisagés courant 2018 sur un des bureaux voisins, le bureau de poste Ourcq. Ces travaux pourraient eux aussi contribuer à la saturation du réseau postal et constituer une difficulté supplémentaire pour les usagers pour accéder à un réseau de service public de qualité.

C?est ce qui nous a amenés à proposer ce v?u, qui a vocation naturellement à s?inscrire dans le v?u qui sera présenté par l?Exécutif, pour demander qu?une évaluation complète des besoins et de l?offre postale soit réalisée sur le secteur, tenant compte de l?ouverture du nouveau bureau du boulevard Macdonald et de la perspective de la fermeture pour travaux du bureau Ourcq, et que dans cette attente, le groupe "La Poste" suspende la fermeture annoncée de l?agence du 218, rue de Crimée.

Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci à vous.

Madame GAILLANNE, vous souhaitez rajouter un mot ?

Mme Fanny GAILLANNE. - Oui. Merci, Madame la Maire.

Chers collègues, très rapidement, nous sommes cosignataires de ce v?u, qui rencontre une très forte mobilisation des habitants du quartier pour défendre un service public postal de proximité.

Au-delà de cette demande de suspension, nous souhaitons renouveler ici notre opposition totale à cette fermeture, et dire que nous continuerons à nous mobiliser auprès des syndicats, des associations et des habitants pour obtenir le maintien de la Poste. Merci.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Un grand merci.

Pour vous répondre, je vais donner la parole à Mme Pauline VÉRON.

Mme Pauline VÉRON, adjointe. - Madame la Maire, chers collègues, merci aux différents orateurs pour la qualité de ces échanges sur un sujet important pour les Parisiens.

Sur proposition de Nicolas BONNET-OULALDJ, à la fois en sa qualité de président de groupe, mais aussi de président de la commission départementale de présence postale, la Maire de Paris a invité la Poste à venir nous présenter sa stratégie en 1ère Commission la semaine dernière. Cela a donné lieu à un débat de qualité avec le délégué régional de la Poste en Ile-de-France, M. LABORDE, que je tiens à saluer et à remercier, ainsi que toute son équipe, qui était présente, et à remercier également les groupes qui s?étaient mobilisés pour ce débat en première commission. L?objectif de ce débat était de prendre le temps pour mieux comprendre la stratégie globale de la Poste, les enjeux et les contraintes de cette entreprise publique soumise, peut-être encore plus que d?autres, à des mutations très profondes.

Comme chacun a pu en convenir, l?impact des "plus si nouvelles technologies" de l?information et de la communication touche de plein fouet le service public postal, puisque le numérique a révolutionné nos moyens de communiquer, mais aussi de consommer. La Poste française essaie de trouver un modèle qui permette de tenir des objectifs parfois contradictoires de rentabilité, de modernisation, de digitalisation, d?adaptation aux nouveaux usages des Français et de maintien d?un maillage de proximité. Nous avons ensuite pu entrer dans les spécificités parisiennes. La Poste nous a rappelé le maillage particulièrement dense dont bénéficie Paris avec, nous dit-on, un bureau tous les 400 mètres.

Nous avons néanmoins convenu de part et d'autre que ce maillage devait prendre en compte le bassin d'activités que représente Paris et non pas uniquement ses habitants, puisque salariés, étudiants et touristes utilisent les services postaux parisiens.

Nous avons aussi pu rappeler, en le regrettant, au directeur de la Poste, la trop grande rapidité des évolutions de ce maillage depuis 2014 avec pas moins de 30 fermetures de bureaux, ce qui a un réel impact pour les Parisiens, notamment ceux des quartiers populaires.

Pour résumer nos échanges, je vous propose donc mes chers collègues, un v?u de l'Exécutif qui rappelle notre attachement à un service postal de qualité et de proximité.

Un v?u qui propose surtout à la Poste un changement de méthode que nous avons tous demandé ici au cours de ce débat, afin que le dialogue et le partage d'informations soient plus fluides avec les maires et les élus d'arrondissement, et qu'il y ait une approche plus globale de hausse ou baisse d'activité de tel ou tel bureau à l'échelle des arrondissements, et non d'un micro quartier, pour qu'il y ait aussi davantage d'études d'impact et plus de concertation avec les habitants.

Ce v?u rappelle aussi notre opposition à la fermeture de 4 bureaux de poste, celui de l'île Saint-Louis dans le 4e arrondissement, celui de Lachambeaudie dans le 12e arrondissement à Bercy, celui de Plaisance dans le 14e arrondissement pour lesquels nous nous sommes aussi mobilisés dans ce Conseil de Paris, et bien sûr celui de Curial dans le 19e arrondissement.

Sur la question de l'ouverture de postes-relais, nous affirmons qu'il faut parvenir à un équilibre et que ces postes-relais ne peuvent constituer la principale alternative.

Nous appelons aussi à davantage d'évaluation de ces relais pour nous assurer qu'ils correspondent bien aux usages des Parisiens, et nous demandons enfin à la Poste de réfléchir avec nous à des partenariats de meilleure qualité que ceux qui existent aujourd'hui et qui sont faits principalement avec des réseaux de supérettes de la grande distribution. Des partenariats avec les commerçants indépendants, avec des kiosques presse, comme le rappelait M. LEGARET, nous l'avons évoqué en 1ère Commission, ou des structures de l'économie sociale et solidaire seraient plus pertinents.

Je vous invite donc à voter ce v?u de l'Exécutif qui nous engage dans une relation partenariale exigeante avec la Poste, consciente des contraintes qui s'imposent à elle et des adaptations qu'il faut opérer, mais exigeante sur les moyens à mettre en ?uvre, la qualité du service rendu aux Parisiens et la transparence des échanges avec les élus et les habitants.

Je vous remercie.

(M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, remplace Mme Colombe BROSSEL au fauteuil de la présidence).

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - En réponse au v?u n° 6, l'Exécutif a déposé le v?u n° 6 bis. Le v?u n° 6 est-il maintenu, du groupe Socialiste et Apparentés ?

M. François DAGNAUD, maire du 19e arrondissement. - Non, retiré.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 6 bis de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est adopté. (2017, V. 176).