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Juillet 2017
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par les groupes Communiste - Front de Gauche et Ecologiste de Paris relatif à la Parisienne de la photographie. Vœu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2017


 

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Les v?ux nos 26 et 26 ter sont relatifs à la Parisienne de photographie.

Le v?u ayant été déposé par deux groupes, je donne la parole successivement à Raphaëlle PRIMET pour le groupe Communiste - Front de Gauche pour deux minutes, et à Sandrine MÉES pour la même durée.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Mes chers collègues, nous voulions vous interpeler sur l?avenir de la Parisienne de photographie et de ses salariés. Cette agence, dont la réputation n?est plus à faire, est aujourd?hui en danger. Sa situation financière inquiétante, due à une responsabilité collective des instances dirigeantes, a conduit à un audit financier. Les salariés de la Parisienne ont une expertise, une expérience et des compétences exceptionnelles, ce qui malheureusement se raréfie dans les métiers de l?art aujourd?hui. Il n?est donc pas possible d?envisager un plan social qui coûterait à la Parisienne en termes de qualité.

De plus, Madame la Maire, vous aviez pour ambition, dans la feuille de route de Monsieur l?adjoint en charge de la culture, de développer - je cite - l?art dans la ville et de créer une artothèque-photothèque afin de diffuser davantage les collections de la Parisienne de photographie. Je souhaite que nous réunissions toutes les conditions pour la rendre réalisable à horizon 2017.

Personne ne nie les difficultés actuelles de la Parisienne, mais les salariés sont prêts à faire évoluer leur ambition afin de pouvoir s?y adapter. Ils ont de plus déjà reçu le soutien de plusieurs acteurs culturels de renom et de la presse nationale. Porter une ambition autour de la Parisienne est une nécessité, sinon c?est mettre en danger le fonds Roger-Viollet, se priver d?un label photo "Fabriqué à Paris" et du rayonnement culturel prestigieux que sa réputation apporte. Il est notable de souligner que l?audit a aussi mentionné l?importance de l?image de marque que la Parisienne apporte à la ville.

Permettez-moi aussi de m?interroger sur la pertinence de la nomination comme nouveau D.G. de M. Nicolas BOUILLANT, qui vient de l?A.P.-H.P. et de l?aménagement du territoire.

Enfin, les éléments financiers ne peuvent être les seuls déterminants dans une politique culturelle. Nous avons besoin de maintenir cette politique culturelle ambitieuse à la hauteur de notre patrimoine, de notre rayonnement international et de notre histoire.

Je vous remercie.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci, Madame PRIMET.

Pour présenter le v?u également, Sandrine MÉES, pour le groupe Ecologiste de Paris. David BELLIARD ? C?était normalement Sandrine MÉES, mais pour défendre le v?u du groupe Ecologiste, vous êtes? Jacques BOUTAULT.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Oui, d?accord. Je vais le défendre au nom du groupe Ecologiste, mais je trouve que ce que vient de dire Raphaëlle PRIMET est tout à fait pertinent.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Restons-en là.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Je le partage à 100 %, et c?est bien normal, puisque nous avons déposé ce v?u en commun.

Je voudrais simplement insister sur deux points : à la fois la nécessité de préserver, voire de faire grandir les fonds photographiques de la Ville. Le fonds Roger-Viollet est un trésor du patrimoine parisien, qu?il nous faut encore plus valoriser, et nous devons pour cela lui adjoindre le fonds France-Soir, que la Ville détient et qui, en s?ajoutant, sur l?histoire du XXe siècle, au fonds Roger-Viollet, qui retrace l?histoire du XIXe siècle, voire du XVIIIe siècle à Paris et au-delà, nous avons un outil patrimonial tout à fait intéressant à préserver. Et on le doit en grande partie à la qualité et aux compétences des salariés de la Parisienne de photographie. Je tenais à le souligner.

Les problèmes que rencontre la Parisienne de photographie viennent du fait que le marché international de la photo a baissé de 40 %, que les recettes de la société ont donc également baissé du même ordre et que le précédent modèle économique, qui faisait que la conservation de ce patrimoine photo pouvait être financée par les ventes et la commercialisation des images auprès de la presse, auprès des éditeurs et auprès du grand public, et aussi des institutions, ce modèle économique est mis à mal.

Il nous faut donc tous ensemble, en associant le conseil d?administration, les salariés, la Direction des Affaires culturelles de la Ville de Paris, trouver un nouveau modèle pour sauver cet outil essentiel de notre patrimoine qu?est la Parisienne de photo. C?est l?objet du v?u que nous défendons.

Je vous remercie.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Et vous avez réussi à utilement prendre ces deux minutes.

La parole, pour vous répondre et présenter le v?u n° 26 ter de l?Exécutif, est à Bruno JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire.

La Parisienne de photographie, qui intègre en son sein l?Agence Roger-Viollet, est une société publique locale dont la Ville et le Département de Paris sont aujourd?hui les seuls actionnaires. Elle gère l?incroyable fonds de 6 millions de photographies issues du legs Roger Viollet. C?est effectivement un fonds d?une qualité et d?une dimension absolument extraordinaires.

La Parisienne de photo assure la numérisation et la commercialisation de ce fonds. Elle assure également la numérisation et la commercialisation des autres fonds photos de la Ville, qu?ils soient conservés par les bibliothèques patrimoniales ou par les musées de la Ville.

Comme vous le savez, nous en avons d?ores et déjà parlé ici, la Parisienne rencontre depuis plusieurs années de graves difficultés financières causées par la dégradation du marché de la photographie et de la presse. Une nouvelle D.S.P. a été signée en 2015. Elle est volontairement courte. Cette délégation de service public prend fin au 31 décembre 2017. Elle avait été renégociée de façon à permettre à la Parisienne de retrouver un modèle économique viable. C?est la raison pour laquelle la redevance due à la Ville ainsi que les loyers avaient été très sensiblement revus à la baisse, une participation d?un million d?euros par an étant maintenue de la part de la Ville.

Malgré cela, le déficit structurel de la Parisienne reste aujourd?hui une réalité. Il a même atteint plus de 600.000 euros en 2016. La Ville a soutenu et soutient pleinement cet opérateur. Je rappelle que nous avons voté ici même en fin d?année dernière une recapitalisation importante d?un million d?euros, qui faisait suite à d?autres recapitalisations. Cette situation n?est donc pas tenable sur le long terme.

Bien sûr, il y a la crise du secteur de la photo et de la presse à l?échelle internationale, mais aussi les évolutions liées à la révolution numérique qui obligent à des évolutions. De plus en plus d?images sont aujourd?hui accessibles à tous. De gros opérateurs sont apparus et certaines institutions font le choix de l?open data. Nous portons une politique photo ambitieuse pour la photographie patrimoniale, et c?est pourquoi, je le crois, en accord avec les équipes de la Parisienne, nous souhaitons reprendre en régie directe la conservation du fonds Roger-Viollet, au nom justement de l?ambition culturelle dont vous parliez tout à l?heure, et créer ainsi un pôle autour des fonds photo patrimoniaux de la Ville, en lien avec l?atelier de restauration et de conservation des photographies, l?A.R.C.P., outil d?excellence de la Ville dans le domaine.

Bien sûr, le fonds Roger-Viollet doit continuer à être étudié, valorisé, et même diffusé auprès du grand public. J?espère même renforcer cette connaissance de ce fonds exceptionnel par le grand public, qui reste aujourd?hui limitée, puisque 8 % seulement des photos du fonds Roger-Viollet ont été numérisées à ce jour. Or, cette numérisation est indispensable, aussi bien pour la bonne conservation du fonds que pour sa diffusion.

Nous avons également annoncé que nous souhaitions prolonger d?un an la délégation de service public actuelle par un avenant, qui doit faire l?objet de discussions d?ici la rentrée, mais qui devra permettre un retour à l?équilibre, je l?espère, dans le contexte budgétaire contraint que nous connaissons. La Ville continue donc à soutenir la Parisienne de photo et souhaite trouver un équilibre, malgré ce contexte budgétaire que nous connaissons.

Personne ici ne discute du bien-fondé des missions effectuées par la Parisienne, qui sont, je le disais, essentielles, mais je ne pourrai cependant pas voter un v?u qui évoque un manque de dialogue et qui laisserait à penser que notre politique culturelle n?est guidée que par une approche financière, je l?ai dit, sur les montants importants de recapitalisation que nous avons nous-mêmes votés à destination de la Parisienne de photo.

Nous sommes d?accord, me semble-t-il, sur l?essentiel des points. D?abord, l?importance des activités menées par la Parisienne et ses personnels. Je sais que certains sont en tribune, et je les salue.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Je vous invite à conclure.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Je conclus. Nous sommes également d?accord sur la qualité du fond Roger-Viollet, sur la nécessaire préservation de l?emploi des salariés de l?Agence, et nous y veillerons, bien évidemment, scrupuleusement.

Aussi, je vous propose un v?u de l?Exécutif reprenant les points d?ores et déjà actés - reprise de la conservation, prolongation de la D.S.P. - et réaffirmant notre volonté inébranlable, qui nous est commune, de préserver l?emploi.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci, Monsieur JULLIARD.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 26 des groupes Ecologiste de Paris et Communiste - Front de Gauche, avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le v?u est rejeté.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 26 ter de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le v?u est adopté. (2017, V. 188).