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Juillet 2017
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe Ecologiste de Paris relatif aux épisodes de canicule. Vœu déposé par le groupe Ecologiste de Paris relatif à l'adaptation des établissements scolaires aux épisodes caniculaires. Vœu déposé par le groupe Ecologiste de Paris relatif à l'ouverture des piscines lors des périodes de fortes chaleurs. Vœu déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche relatif à un plan canicule à destination des jeunes. Vœu déposé par le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants relatif à l'ouverture des piscines municipales en période de canicule. Vœu déposé par le groupe les Républicains relatif à l'ouverture sauvage des bouches à incendie. Vœu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2017


 

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Les v?ux nos 20, 21, 22, 23, 24, 25 et 25 bis sont relatifs aux épisodes de canicule.

La parole est d'abord à Jacques BOUTAULT, pour 2 minutes pour chaque orateur.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Le climat de Paris à la fin du XXIe siècle sera plus chaud avec des vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses, et des hivers plus doux et arrosés. On va observer une forte augmentation du nombre de jours de vague de chaleur qui atteindrait 21 à 94 jours par an, contre 7 en moyenne aujourd'hui, toutes saisons confondues. Une forte augmentation du nombre de jours de canicule, qui atteindrait de 3 à 26 jours par an au lieu d'un seul aujourd'hui en moyenne, est attendue.

Non, ce ne sont pas les tenants d'une écologie collapsologique ou catastrophiste qui le disent, c'est tout simplement une étude conjointe menée par Météo France et l'Agence parisienne du climat. Il est donc évident que les éléments climatiques extrêmes vont être de plus en plus fréquents et d'une ampleur de plus en plus grande dans les années à venir.

La Ville doit donc s'organiser et faire preuve de résilience. Notamment, nous pouvons déjà nous féliciter des actions que nous avons menées, de la plus petite à la plus grande, comme celle, par exemple, qui consiste à avoir préservé un réseau d'eau non potable qui permet, durant l'été, le rafraîchissement des rues grâce à un arrosage.

Nous devons progresser dans la désimperméabilisation des sols et les voies sur berge, qui ont été pérennisées par le Préfet de police grâce à la décision prise la semaine dernière, doivent donner l'exemple de ce que l'on peut faire en matière de désimperméabilisation des voies sur berge.

Mais nous devons aussi évoluer en matière de plantation d'arbres et par exemple faire évoluer le dogme des A.B.F., les architectes des bâtiments de France, qui décrète là que tel quartier est à vocation minérale et ne peut voir sur son site des arbres plantés. Nous devons aussi mener des actions pour limiter le développement des climatiseurs dans l'espace public, contrôler la contribution des moteurs des voitures automobiles à l'augmentation des températures, et bien sûr agir sur des grands sujets comme nous opposer, par exemple, à EuropaCity, dont l'artificialisation des sols de cette dernière zone humide d'Ile-de-France entraînerait des augmentations de température dont le centre de Paris pâtirait.

Voilà pourquoi je souhaite, comme Madame la Maire l'a dit ce matin, tout mettre en ?uvre, comme elle le fait dans le cadre du C40, pour limiter l'augmentation de température à un degré et demi. Cet objectif ambitieux peut être atteint si nous nous en donnons les moyens.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Merci, Monsieur BOUTAULT.

La parole est à Aurélie SOLANS.

Mme Aurélie SOLANS. - Merci.

Un v?u relatif à l'adaptation des établissements scolaires aux épisodes caniculaires. L'épisode caniculaire traversé en juin a mis en avant la nécessité d'adapter nos établissements scolaires aux fortes chaleurs et à des expositions solaires intenses. Aujourd'hui, le constat est partagé. Il faut un nouveau plan d'action, il faut identifier les besoins les plus urgents, et des solutions simples et rapides à mettre en ?uvre.

Il y a le long terme, et nous savons que Paris a, par exemple, un plan de rénovation thermique des écoles dans le cadre duquel, au passage, nous pourrions renforcer la dimension fraîcheur. Nous savons que nous travaillons à des mesures fortes d'adaptation au changement climatique, avec des pistes très intéressantes pour les écoles comme, par exemple, la question de la rénovation des sols des cours d'école qui pourrait faire gagner plusieurs degrés, ce qui est fondamental.

Et puis il y a le court terme. Nous devons pouvoir fournir aux écoles stores, rideaux, films de protection des vitres, ainsi que du matériel adapté dédié au rafraîchissement.

Je vous remercie.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Merci, Aurélie SOLANS.

La parole est à David BELLIARD.

M. David BELLIARD. - Merci, Monsieur le Maire.

Je présente le v?u dans la lignée de ce qui a été déjà présenté pour l'ouverture des piscines lors des périodes de forte chaleur. D'abord parce que, tout simplement, pouvoir se baigner, c'est un moment où on retrouve de la fraîcheur, et aussi des possibilités récréatives.

Deuxième chose, nous avons à Paris des difficultés à trouver des points d?eau et des piscines ouvertes. Elles sont souvent surchargées dans les horaires où le public est accepté.

Ensuite, dans une période où, nous le savons, les épisodes caniculaires vont se multiplier, nous avons déjà proposé et effectué l?ouverture de parcs la nuit. On voit le succès que cela a engendré chez les Parisiens et les Parisiennes.

D?ailleurs sur les piscines, on constate que 75 %, soit 3/4 des personnes interrogées, demandent des horaires élargis et mieux adaptés à leurs besoins. Et plus de 80 % souhaitent des ouvertures en nocturne.

Ce v?u a donc pour objet de demander qu?à titre expérimental certaines piscines parisiennes voient dès cet été leurs horaires élargis le matin et le soir, lors des périodes de forte chaleur. Enfin, que l?on puisse tirer un bilan de cette expérience pour éventuellement la pérenniser.

Je vous en remercie.

M. Bernard JOMIER, adjoint, président. - Merci à David BELLIARD.

La parole est à Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Monsieur le Maire.

Nous avons tous conscience que, ces dernières semaines, nous avons connu des épisodes avec des températures supérieures de 14 degrés à la normale, et à Paris des températures plus élevées que dans l?agglomération parisienne, avec plus 3 degrés en moyenne par rapport à la grande couronne.

Malheureusement la canicule en ville est un sujet d?avenir. Nous le savons tous. Aujourd?hui la question n?est plus de savoir s?il y aura ou non réchauffement climatique, mais plutôt de savoir comment nous pouvons atténuer ce changement et comment nous allons nous adapter au réchauffement climatique, c?est-à-dire la résilience de notre ville.

Voilà pourquoi nous proposons dans ce v?u de trouver une traduction concrète à des problématiques récurrentes tous les ans. D?un point de vue pragmatique, les quartiers populaires et certains jeunes ont trouvé des réponses en ouvrant les bouches d?incendie pour se rafraîchir. Ne soyons pas naïfs, ce phénomène doit aussi beaucoup à l?effet d?entraînement et s?est transformé en une sorte de concours. Pour autant, les jeunes ne s?amusent pas à ouvrir les bouches d?incendie au mois de février. Ce genre de chose n?arrive qu?en de très rares occasions et, à chaque fois, pendant des épisodes caniculaires les plus importants.

Pour contrer ces incivilités, nous devons adopter une approche qui ne soit pas simplement répressive mais inventive, et nous proposons plusieurs choses dans ce v?u. Nous connaissons notamment l?engagement de la Ville en faveur des solutions de fond pour faire évoluer l?urbanisme et l?architecture, pour mieux intégrer cet enjeu du réchauffement. Nous avons notamment besoin de zones végétalisées, d?espaces de respiration en ville en ouvrant nos parcs et jardins.

Mais nous pensons que ces mesures de long terme doivent aussi être assorties de mesures immédiates, notamment pour mettre un terme aux ouvertures sauvages de bouches à incendie.

Voilà pourquoi, en cas de forte chaleur, nous demandons à la Ville d?enclencher des mesures exceptionnelles, notamment la gratuité des piscines et l?installation de points d?eau dans les quartiers populaires. Par le passé, Eau de Paris a déjà installé des brumisateurs sur le parvis de l?Hôtel de Ville pour que les touristes puissent se rafraîchir. C?était une très bonne idée que nous devons reproduire dans tous les quartiers populaires de la ville.

Voilà le sens du v?u que nous présentons.

Je vous remercie.

(M. Jean-François MARTINS, adjoint, remplace M. Bernard JOMIER au fauteuil de la présidence).

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Président.

La parole est à Jean-Bernard BROS, pour deux minutes.

M. Jean-Bernard BROS. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, lorsque la chaleur devient difficilement supportable en ville, les touristes et les Franciliens ont trouvé la parade : les piscines et les parcs aquatiques sont pris d?assaut. Et ils ont raison.

Lors des épisodes de canicule comme celui que nous venons de connaître, le corps récupère difficilement en l?absence de fraîcheur. Certains Parisiens regrettent alors les horaires parfois étriqués des piscines municipales. Ainsi, en complément des ouvertures des parcs et jardins, les élus du groupe RG-CI souhaitent que les horaires d?ouverture des piscines puissent être étendus lors des épisodes de canicule. Il peut s?agir, par exemple, d?une à deux heures supplémentaires, chaque jour en soirée, ou de créneaux plus larges en journée.

Elargir les horaires serait bienveillant et constituerait une véritable mesure de précaution en période de canicule. Il s?agit ici de santé publique pour les élus du groupe RG-CI. Concrétiser des discours politiques sur le lien entre sport et santé, c?est aussi ouvrir les infrastructures de bains plus largement au public lorsque cela s?avère nécessaire.

Aussi, par notre v?u, nous souhaitons que la Ville agisse pour l?élargissement des horaires des bassins d?eau pour le bien-être de tous et pour répondre à une demande forte des Parisiens. Cette décision permettra de promouvoir cette activité physique et sportive qu?est la nage pour tous et à tous les âges de la vie.

Nous pensons également qu?une étude doit être menée pour évaluer la faisabilité d?une mesure de gratuité temporaire lors des jours de canicule. "Courons à l?onde, en rejaillir vivant", disait Paul Valéry, pour se redonner la vie.

Je vous remercie.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Président.

Dernier orateur, M. Geoffroy BOULARD pour deux minutes pour le groupe LR.

M. Geoffroy BOULARD. - Monsieur le Maire, nous sommes intervenus au Conseil d?arrondissement sur les ouvertures sauvages de bouches à incendie. En période notamment de forte chaleur, ces bouches à incendie ont appelé un phénomène. Cette ouverture sauvage appelée "street pooling" est vraiment une incivilité qui occasionne une mise en danger des personnes, avec glissades, électrocutions, pénuries d?eau, et une dégradation des biens, avec une inondation notamment des sous-sols, une mise hors service des équipements inondés et une mobilisation sans raison des pompiers et des services de maintenance.

Nous demandons avec Brigitte KUSTER et Frédéric PÉCHENARD que le Conseil de Paris conçoive, avec la Préfecture de police, un plan de prévention et de lutte contre l?ouverture sauvage des bouches à incendie, réalise un suivi de ce phénomène et rende compte aux Conseillers de Paris de son évolution et des résultats obtenus.

Je vous remercie.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci, Monsieur BOULARD.

Pour répondre à l?ensemble des intervenants, la parole est à Bruno JULLIARD.

Je tiens à excuser M. le Représentant du Préfet de police pour la partie des réponses qui pouvait le concerner. Il vous prie de l?excuser et il apportera une réponse écrite aux différents groupes.

Monsieur JULLIARD ?

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire.

Ce sujet s?éloigne un peu des Affaires culturelles, mais comme vous le savez, Célia BLAUEL n?a pas pu assister à cette séance et je la remplace donc pour répondre à l?ensemble des v?ux relatifs à l?épisode caniculaire de plusieurs jours que nous avons connu et qui n?a pas manqué de nous rappeler, si tant est que l?on puisse l?oublier, l?importance pour la ville et ses habitants, qui ont tous été affectés par ces records de chaleur, d?être dotés d?une stratégie globale d?adaptation au dérèglement climatique.

Cette stratégie d?adaptation, vous en avez parlé, a été votée à l?unanimité du Conseil de Paris en septembre 2015. Elle souligne, en effet, le risque caniculaire et propose deux axes majeurs d?évolution.

D?abord l?accès facilité pour tous les Parisiens aux espaces frais en période estivale, mais aussi le rafraîchissement de la ville elle-même lors des pics de chaleur. Cette stratégie s?ajoute de plus au plan canicule qui permet de prévenir les risques pour les populations les plus vulnérables, d?ouvrir des espaces rafraîchis dans les bâtiments publics, mais aussi de prolonger l?ouverture des parcs et jardins, et de développer les usages de l?eau dans l?espace public.

Plusieurs autres initiatives doivent nous permettre d?accélérer cette adaptation, comme le recensement des îlots de fraîcheur en ville. Le programme d?expérimentation, piloté par l?"Urban Lab" de "Paris&Co" - désolé, ce n?est pas moi qui ai choisi ces anglicismes - dont deux projets lauréats portent spécifiquement sur cette question, ou encore le programme de la fondation Rockefeller "100 villes résilientes", dont la stratégie pour une ville résiliente sera proposée à ce Conseil de septembre 2017.

Je pourrais, pour être complet, citer aussi l?ouverture estivale des bassins des écoles Elisabeth dans le 14e et Louis Lumière dans le 20e, ainsi que l?accès à la baignade dans le bassin de la Villette dès le 17 de ce mois, ou encore l?augmentation de 40 % des créneaux grand public des piscines, ainsi que le doublement des nocturnes.

Cependant, en matière d?adaptation au dérèglement climatique, toute stratégie est par nature évolutive et doit continuellement s?enrichir de l?expérience accumulée. Pour cette raison, nous vous proposons de répondre à l?ensemble des v?ux proposés par les différents groupes par un v?u de l?Exécutif qui, je l?espère, pourra faire consensus et recueillir l?unanimité de ce Conseil de Paris.

Le v?u de l?Exécutif reprend très largement les différentes propositions que vous avez pu émettre, comme le renforcement de la sensibilisation et de l?information sur l?accès aux salles rafraîchies, l?élaboration d?un plan d?équipements pour les écoles élémentaires, le lancement d?une réflexion sur la répartition des arbres sur le territoire parisien, le développement de nouvelles sources de rafraîchissement sur l?espace public ou encore une campagne de prévention concernant l?ouverture sauvage de bouches à incendie, notamment auprès des plus jeunes.

De plus, Monsieur le Maire, vous en savez quelque chose, l?élargissement des horaires d?ouverture de certaines piscines sera mis à l?étude pour l?expérimentation dès l?été 2018, délai qui vous semble nécessaire, Monsieur le Maire, pour mener sereinement ce projet en lien avec les partenaires sociaux.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Maire.

En réponse aux v?ux nos 20, 21, 22, 23, 24 et 25, l?Exécutif a déposé un v?u n° 25 bis.

Est-ce que les v?ux nos 20 et 21 du groupe Ecologiste, cher David BELLIARD, sont maintenus ? Ou Monsieur BOUTAULT ? David ? Retirés. Merci.

Est-ce que les v?ux n° 22 est maintenu, du groupe Ecologiste de Paris ? Retiré.

Le v?u n° 23 du groupe Communiste - Front de Gauche ? Retiré.

Le v?u n° 24 du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants ? Retiré.

Le v?u n° 25 du groupe LR ? Maintenu.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 25 du groupe les Républicains avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est rejeté.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 25 bis de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est adopté. (2017, V. 187).