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Juillet 2017
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IV - Question d'actualité posée par le groupe les Républicains à Mme la Maire de Paris relative à l'entretien des voiries.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2017


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Question d'actualité suivante du groupe les Républicains. Je crois que c?est M. CRAVENNE qui pose la question.

Vous avez la parole.

M. François-David CRAVENNE. - Merci, Madame la Maire.

Ma question a pour objectif de défendre la bonne circulation des Parisiens. Non seulement celle des automobilistes, que vous n?aimez guère, ou des conducteurs de moto ou de scooters que vous n?appréciez pas davantage, mais aussi des cyclistes que vous êtes censés privilégier, et même des piétons sur les trottoirs.

Madame HIDALGO, pourquoi ne faites-vous rien afin de rénover les chaussées de notre si belle ville ? En effet, le budget alloué à l?entretien du patrimoine de voirie fond d?année en année. Depuis 2014, ce sont plus de 20 % des crédits qui ont été amputés pour l?entretien du patrimoine de voirie.

Que ce soit les petites rues ou même les grandes artères les plus prestigieuses, l?état du bitume est catastrophique, dans tous les sens du terme. Ainsi, tout le monde ici connaît des personnes qui ont cassé leur véhicule, voiture, vélo ou scooter, sans compter les accidents corporels dans les rues, avenues, boulevards ou trottoirs parisiens.

Par exemple, depuis 2014, le niveau des indemnisations versées à des victimes sur le trottoir a été multiplié par trois pratiquement, passant de 350.000 euros à 900.000 euros l?an dernier. Quelle gabegie financière sans compter surtout les préjudices parfois irréversibles sur les plus fragiles, comme les personnes handicapées, les seniors ou même les bébés ou les petits enfants dans les poussettes ou les landaus.

J?ai deux exemples précis en tête d?accidents dus à l?état des routes de la Capitale, l?un place de la Madeleine, l?autre sur les Champs-Elysées. Oui, vous avez bien entendu, même sur la plus belle avenue du monde les nids-de-poule sont légion. L?état des voies de circulation de notre cité est lamentable. C?est inadmissible pour la Ville Lumière. Ville Lumière qui risque, si nous n?y prenons garde, de devenir une ville à terre.

L?attractivité touristique passe également par le bon entretien de la voirie. Entre l?insalubrité des rues et ce, malgré vos grands plans miraculeux tous les six mois et l?état piteux des routes, quand vous rendrez-vous compte que les mots et la communication ne suffisent plus ?

J?arrêterai là mes reproches car, pour une fois, cessons la guerre pavlovienne et stérile entre l?opposition et la majorité. J?y suis prêt mais faisons preuve, à gauche, au centre et à droite, de bonne volonté enfin à travers un transpartisanisme dont nos amis allemands sont friands. De plus, cela semble à la mode en ce moment. Alors, profitons-en pour l?appliquer à Paris.

C?est pourquoi, Madame la Maire, je vous pose la question suivante : êtes-vous d?accord pour travailler ensemble, avec tous les groupes qui composent majorité et opposition, afin d??uvrer à travers les voies - c?est le cas de le dire ! - et moyens de votre choix pour trouver la meilleure solution permettant de mettre en place un plan ambitieux, budget à l?appui, pour rénover, Madame la Maire, les chaussées parisiennes qui en ont tant besoin ?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur CRAVENNE.

C?est Christophe NAJDOVSKI qui va vous répondre.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Madame la Maire.

L?entretien de la voirie parisienne fait l?objet d?une attention particulière, mais n?a pas échappé en début de mandature aux contraintes budgétaires consécutives, notamment à la baisse des dotations de l?Etat. Les budgets d?entretien de voirie ont cependant été maintenus les années suivantes, afin d?assurer les interventions prioritaires de la Ville.

Je rappellerai d?ailleurs que la gestion du boulevard périphérique reste à la charge unique de la Ville, alors que son utilisation est régionale et même nationale. Les seules dépenses réalisées pour cette voie, avec la contrainte particulière des fermetures nocturnes, coûte plus de 1 million d?euros par an, soit un tiers de l?enveloppe d?entretien des chaussées de l?ensemble de la voirie parisienne. Et je n?inclus pas les dépenses relatives à la surveillance des tunnels du périphérique qui sont assujettis aux normes de sécurité dites "Mont-Blanc".

En complément des crédits de fonctionnement, les I.I.L., investissements sur les voiries d?intérêt local de la Ville, permettent également d?intervenir avec soit des opérations d?entretien, soit des aménagements nouveaux. La programmation de ces crédits se fait en accord avec chaque mairie d?arrondissement, en fonction de ses priorités et d?un indicateur d?état de la voirie établi par la Direction de la Voirie et des Déplacements. C?est donc un dispositif transparent et décentralisé qui permet d?affecter des budgets complémentaires conséquents à l?entretien de voirie. Ils représentent plus de 6 millions d?euros cette année.

Par ailleurs, j?ai signalé hier, en réponse au v?u du groupe UDI-MODEM relatif à l?entretien des pistes cyclables, que l?application "Dans ma rue", qui vient d?être améliorée avec une nouvelle version mise en ligne la semaine dernière, permet aux usagers d?adresser aux services techniques des signalements sur les désordres constatés dans l?espace public.

Enfin, je tiens à rappeler un autre axe de progrès qui intéresse particulièrement les piétons : il s?agit des efforts entrepris par la Ville dans le contrôle des travaux réalisés par les entreprises de réseaux concessionnaires sur notre domaine. La voirie parisienne, vous le savez, est fortement sollicitée par les travaux des concessionnaires, avec souvent à la clé, hélas, des délais trop longs pour remettre les trottoirs en état.

La semaine dernière, en 3e Commission, la DVD a dressé le bilan de la réforme des comptes de tiers, conformément à un engagement que j?avais pris devant ce Conseil. Il apparaît de ce bilan que l?année écoulée, depuis l?entrée en vigueur de la réforme, a constitué une période d?adaptation parfois difficile, avec cependant des améliorations tangibles réalisées par certains intervenants au cours de ces derniers mois.

Ce bilan va nous permettre de continuer à progresser dans un esprit constructif avec les entreprises concessionnaires pour que l?espace public à Paris soit de qualité. Ainsi un travail collaboratif avec les intervenants a été engagé pour contrôler la bonne exécution de la remise en état de la voirie. Des formations sont dispensées par les techniciens de la Ville et un guide des bonnes pratiques est également en cours de rédaction.

La DPSP sera également sollicitée afin que des contrôles réguliers soient effectués et des pénalités financières pourront être infligées aux entreprises qui ne respectent pas leurs obligations, notamment sur les délais. En conclusion, je tiens à souligner qu?en dépit d?un contexte budgétaire contraint, la Ville prend de multiples initiatives pour gérer au mieux son patrimoine de voirie dans l?intérêt des usagers, notamment les plus vulnérables. Elle réalise cet exercice en étant à l?écoute des usagers, en concertant avec les mairies d?arrondissement sur les priorités à donner localement et en incitant les entreprises concessionnaires, qui interviennent massivement sur notre domaine, à améliorer leurs prestations.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Christophe NAJDOVSKI.

Monsieur CRAVENNE, vous souhaitez reprendre la parole ?

M. François-David CRAVENNE. - Je suis très étonné de ce que dit l?adjoint au Maire. Voilà, c?est la faute des autres, c?est la faute de l?Etat ! Évidemment, en l?absence du Préfet, c?est facile à dire.

Les Parisiens se rendront compte qu?en effet, comme le dit M. NAJDOVSKI, qui n?est absolument pas au courant de ce qui se passe ou qui ne doit pas marcher ou circuler dans les rues, parce qu?il ne voit pas les nids-de-poule, il ne voit rien. Qu?il le dise aux Parisiens.

Mais vous n?avez pas répondu, Monsieur NAJDOVSKI ou Madame la Maire. J?aimerais bien que vous répondiez à ma question vraiment : êtes-vous d?accord pour faire une commission transpartisane afin de faire avancer les choses, sans polémique, en discutant ensemble, en réfléchissant comment vraiment éviter aux Parisiens de se faire mal ou d?abîmer leurs corps ou leur véhicule ?

Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci.

D?abord, je vous invite à visiter d?autres très grandes métropoles mondiales et vous viendrez avec un avis un peu différent sur l?état de la voirie parisienne, notamment les grandes métropoles dans lesquelles il n?y a pas du tout de motos, parce que justement l?état de la voirie est tellement dégradé qu?il n?y a pas de moto. Par amitié pour mes amis maires de ces grandes métropoles européennes et outre-Atlantique, je ne donnerai pas de noms. Mais il suffit de regarder et de comprendre.

Deuxièmement, il y a un sujet qui est réel, l?entretien de l?ensemble du patrimoine, dont la voirie parisienne, mais vous ne pouvez pas faire abstraction non plus de la baisse des dotations que nous avons subie depuis trois ans : 600 millions d?euros de moins de dotations de l?Etat, forcément cela a des conséquences sur la façon dont nous organisons le budget des Parisiens, en essayant en effet de régler les urgences, les problèmes, et notamment ceux de la voirie.

Troisièmement, il n?y a pas besoin d?une commission extramunicipale et transpartisane. En revanche, dans la Commission du Conseil de Paris où vous siégez, où ces questions de voirie sont évoquées, je suis, bien sûr, tout à fait partante, mais pour examiner avec les Conseillers. Mais c'est un travail qu'on fait aussi avec les maires d'arrondissement. Cela a été très bien dit par Christophe NAJDOVSKI. Je pense que cela ne sert à rien de créer de la confusion dans qui décide de quoi. Mais l'avis de chaque conseiller, notamment ceux de la Commission ad hoc pour traiter des questions de voirie, m?est tout à fait important.