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Juillet 2017
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Conseil Municipal
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2017 DDCT 61 - DVD - Subventions (646.900 euros) et convention à 207 associations pour le financement de 276 projets dans les quartiers "politique de la ville" parisiens. - Deuxième enveloppe 2017.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2017


 

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DDCT 61- DVD. Subventions et convention à 207 associations pour le financement de 276 projets dans les quartiers "politique de la ville", deuxième enveloppe 2017.

La parole est à Galla BRIDIER, pour le groupe Ecologiste de Paris.

Mme Galla BRIDIER. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, je voudrais saisir l?occasion de ce projet de délibération relatif à l'octroi de plus de 600.000 euros de subvention à 207 associations pour plus de 270 projets dans nos quartiers populaires, pour évoquer le sujet de la sortie des dispositifs de "politique de la ville" et, par voie de conséquence, parler des enjeux de pérennité des activités associatives dans ces quartiers populaires.

En tant qu?élue du 18e arrondissement, je souhaite prendre l'exemple du café associatif "Le Petit Ney", qui a ouvert il y a plus de vingt ans dans les quartiers des portes Montmartre et Clignancourt au moment des premiers programmes de la politique de la ville. Je précise qu'il est encore classé "politique de la ville".

Si beaucoup à l'époque ne misaient pas sur la longévité de ce projet, force est de constater que "Le Petit Ney" est devenu?

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - S?il vous plaît, est-ce qu?on peut écouter Mme BRIDIER ?

Mme Galla BRIDIER. - Force est de constater que "Le Petit Ney" est devenu un repère, un refuge, un lieu de service public, des services au public au fil de toutes ces années pour un public de tous les âges. "Le Petit Ney", ce n'est pas seulement les livres pour bébés, les soirées contes, jeux ou la cuisine mobile. C'est aussi et surtout un lieu de rencontre, d'entraide, de reconstruction individuelle ou collective et enfin de convivialité, comme cela est tant important dans nos quartiers qui souffrent.

Cette association est aujourd'hui en difficulté du fait des baisses de financement de l'Etat, de la Région mais aussi de la Ville, toutes directions confondues. Ainsi, pour ce qui est des seuls financements de la Ville, les subventions passent de 29.000 euros en 2015 à 24.000 en 2017 par petites touches chaque année. 5.000 euros de baisse, cela peut paraître négligeable pour beaucoup mais pour une association comme "Le Petit Ney" ne vivant que de subventions publiques, c'est très compliqué.

Avec une clôture en déficit de 22.000 euros en 2016, les activités du "Petit Ney" et les bienfaits qu'elle génère dans le quartier sont en danger. Alors que l'association demande à être entendue par la Ville depuis mai 2016, ce n'est que maintenant que le dialogue commence sur son avenir. Nous espérons que celui-ci aboutira à un rétablissement des subventions et à une vision pluriannuelle des financements.

Par cet exemple, Madame la Maire, Monsieur le Maire, je vous pose la question du passage dans le droit commun des activités issues des financements "politique de la ville", une fois qu'elles ont été jugées pertinentes. Avez-vous déjà mené une analyse des activités siglées "politique de la ville" poursuivies dans le droit commun ? En tout cas, je pense qu'il serait intéressant de mener une telle analyse.

Enfin, je tiens à attirer votre attention sur la vigilance que nous devons avoir collectivement à la pérennité de certaines associations et de projets indispensables à la mixité, sérénité et paisibilité de nos quartiers populaires, pour lesquels la baisse de quelques milliers d'euros peut être fatale.

Je vous remercie.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci, Madame BRIDIER.

Pour vous répondre, la parole est à Colombe BROSSEL.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Merci beaucoup, Madame BRIDIER.

Nous allons avoir l'opportunité d'avoir un échange sur "Le Petit Ney", un partenaire important de la Ville et qui est bien entendu appeler à le rester, même si et je vous dirai rapidement pourquoi, "Le Petit Ney" est tout sauf un exemple pertinent sur la politique de la ville, notamment en matière de subventions.

"Le Petit Ney" ne l'est pas puisque le total des financements de la Ville de Paris pour 2016 s'élève à 94.000 euros. Beaucoup des acteurs de nos quartiers populaires rêveraient de pouvoir être soutenus par la seule collectivité parisienne - je ne parle pas des autres acteurs publics - à cette hauteur, sur cette somme qui n'est pas négligeable, vous me l'accorderez.

Il y a en effet une partie qui est de 50.700 euros, financée par la politique de la ville. Là aussi, beaucoup des acteurs de nos quartiers populaires pourraient rêver d'un tel soutien de la part de la collectivité parisienne. C'est d'ailleurs peut-être la raison pour laquelle le sujet du "Petit Ney" est en effet plus complexe que pour d'autres associations, pour lesquelles le passage au financement de droit commun se passe bien.

Revenons au "Petit Ney", puisque c'est "Le Petit Ney" qui nous importe et que le travail qui est fait dans ce quartier est un travail important. D'abord, pour dire que nous avons souhaité, en lien avec la mairie du 18e - le maire est présent dans notre hémicycle -, pouvoir proposer une convention pluriannuelle d'objectifs à l'association. Une convention pluriannuelle d'objectifs permet de stabiliser le cadre de travail et le cadre de financement. Pour les associations, c'est un mouvement que nous avons plus qu'amorcé et que nous comptons développer.

L'association elle-même n'a pas souhaité pouvoir rentrer dans un cadre de C.P.O. en 2017, demandant à ce qu'elle soit reportée en 2018. Mais le cadre de travail est posé et permet aux uns et aux autres de pouvoir travailler sur le projet et sur les publics.

Il n'est pas en soi illégitime, et je le dis pour la DDCT comme pour d'autres directions, que les directions puissent s'interroger sur des projets ou sur des publics. Si la DJS a émis le souhait de voir le projet évoluer - nous parlons d'un soutien de 1.500 euros, ce n'est donc pas un soutien structurant pour le financement de l'association -, il n'est pas illégitime que la Direction de la Jeunesse et des Sports puisse se poser la question, mais il est important pour cela d'avoir un cadre de travail qui permette à tout le monde d'avancer ensemble sur les projets et leurs modes de financement.

Je me permets de rappeler que, par ailleurs, de nouveaux projets portés par "Le Petit Ney" sont proposés et accompagnés par la collectivité parisienne - je pense par exemple au "Poussiney", pour les plus petits d'entre eux. Nous les accompagnerons évidemment aussi sur d'autres sujets tels que les questions de prévention.

Je me permets juste de rappeler ces quelques chiffres : un accompagnement de la collectivité parisienne de 94.000 euros, dont plus de 50.000 euros via la politique de la ville. En effet, une baisse de moins de 4 % du côté de la politique de la ville, puisqu?il y a une baisse de 2.000 euros par rapport à l'année précédente dans le cadre de l'appel à projets, une interrogation portée par la DJS. Et, mais là, nous sommes dans un cadre totalement différent puisque ce sont des marchés : des financements qui n'ont pas pu être mobilisés dans le cadre de l'A.R.E., mais, de ce point de vue, c'est aussi la règle des marchés.

Ce qui est important et je terminerai par cela, c'est la volonté commune que nous avons avec l'association, avec la mairie du 18e et l'ensemble des directions de pouvoir travailler ensemble et construire cette C.P.O. pour l'année prochaine qui permette à l'association de pouvoir être rassurée et stabilisée dans ses modalités de financement.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci, Madame BROSSEL.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DDCT 61 - DVD.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. Merci pour "Les Poussiney". (2017, DDCT 61 - DVD).