Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juillet 2017
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

Hommage à Mme Simone Veil.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2017


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous allons procéder tout d'abord à l'hommage à Simone Veil. Nous avons appris vendredi dernier, la disparition de Simone Veil. Cette nouvelle nous a bouleversés et nous bouleverse encore. C'est donc avec beaucoup d'émotion, en notre nom à tous et au nom des Parisiens, que je rends hommage à cette femme extraordinaire dont le destin, personnel et politique, a marqué l'histoire de notre pays.

Nous sommes redevables à Simone Veil de ce que nous avons de plus précieux. Au premier rang de ces biens communs, qu'avec d'autres elle nous a légués, je parlerai de la mémoire.

En vivante et en survivante elle a placé la mémoire de la Shoah au c?ur de la construction de la France et de l'Europe, osant regarder le mal dans les yeux et le nommer, pour honorer les morts, mais également pour éviter la réapparition du pire.

Simone Veil n'a jamais cessé d'être cette petite-fille rescapée du génocide de tout un peuple et bien trop attachée à la valeur de la vie pour pactiser avec les actes et les idées qui la menacent.

Dans l'héritage de Simone Veil, il y a aussi la liberté, celle des femmes enfin autorisées à disposer de leur corps, et avec leur corps, de leur destin.

La dépénalisation de l'avortement, la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse constituent un tournant dans l'histoire de notre pays. Ce progrès appartient aujourd'hui à tous, il aura toujours le visage de Simone Veil.

Pour évoquer l'?uvre de Simone Veil, je parlerai enfin de l'Europe, de cette Europe qui nous rassemble au-delà de nos différences et de nos divergences parce qu'elle s'enracine dans les valeurs fondamentales de l'humanité et de la démocratie.

À l'heure où l'Union européenne paraît encore abstraite à beaucoup de nos concitoyens, la figure de Simone Veil nous ramène tous à l'essentiel. A cette paix que nous avons en partage, et à cet avenir que nous avons en commun.

Avec sa famille, je proposerai dans les prochains jours d'attribuer le nom de Simone Veil à un lieu emblématique de Paris. De cette manière, Simone Veil pourra, je l'espère, nous inspirer en usant de ses capacités uniques à fédérer et à rassembler.

Mes chers collègues, pour cet instant d'hommage unanime, je souhaite simplement dire mon immense reconnaissance à cette femme libre et libératrice, qui a toujours été pour moi et je sais pour beaucoup d'entre nous ici, une figure tutélaire.

Je n'oublierai jamais celle qui nous a accompagnés dans toutes les étapes de ma vie de femme et de responsable politique, Simone Veil n'est plus, mais le respect universel qu'elle inspirait lui survit comme lui survivent la mémoire de ses combats, l'ampleur de sa vision et le souvenir de son extraordinaire dignité.

Notre Ville n'oubliera pas celle qui s'est inscrite dans la lignée des combattantes de la liberté qu'elle chérit.

Au nom des Parisiens comme en mon nom personnel, j'adresse toutes mes condoléances à sa famille, à ses amis, à tous ceux qu'elle a éclairés par son exemple. Je vous propose de respecter en sa mémoire une minute de silence.

(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence). Condoléances.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous avons aussi appris avec beaucoup de tristesse, le décès survenu le 16 juin de Christian Cabrol, ancien adjoint au Maire de Paris, ancien conseiller de Paris et ancien député européen, immense chirurgien. Je voudrais saluer ici son épouse et lui dire que cet hommage qui est un hommage de l'ensemble de ses collègues ici présents est aussi un hommage que nous voulons vous dédier, Madame.

Chirurgien des hôpitaux de Paris, professeur à l'université Paris VI, Christian Cabrol a accédé à une grande renommée en réalisant la première transplantation cardiaque en Europe le 27 avril 1968.

Il a continué à faire progresser la chirurgie cardiaque avec la première transplantation cardiopulmonaire en 1982, et la première implantation d'un c?ur artificiel en 1986.

C'est une immense fierté d'avoir eu Christian Cabrol aussi comme élu de Paris, il a représenté les Parisiens, et il s'est investi dans la gestion des affaires publiques. Je crois que ce Conseil ne peut que s'honorer d'avoir pu compter parmi les siens un homme qui est aujourd'hui un homme qui a apporté à l'humanité toute entière.

Ici, au Conseil de Paris, il a été porté par les électeurs du 13e arrondissement de 1989 à 2001, puis il a été élu dans le 16e arrondissement de Paris de 2001 à 2008.

Il a siégé sur les bancs du groupe RPR, nous nous en souvenons pour ceux qui ont été élus avant 2001, ou après 2001. Il a par ailleurs été désigné adjoint au Maire de Paris chargé des questions d'hygiène alimentaire, de 1996 à 2000, puis ses compétences ont été étendues de 2000 à 2001, bien sûr à la santé, à la prévention médicale, l'hygiène, l'action humanitaire et les associations patriotiques et les anciens combattants.

Il a en outre représenté la France au Parlement européen, de 1994 à 1999. Le Professeur Cabrol était Commandeur dans l'Ordre national de la Légion d'honneur, officier dans l'Ordre national du Mérite, titulaire de la médaille internationale de chirurgie et du prix Nessim-Habif, qui est décerné à une personnalité à l'origine d'une innovation de premier plan.

Ses obsèques ont été célébrées le 22 juin 2017 en la chapelle de l'hôpital de la Pitié Salpêtrière dans le 13e arrondissement de Paris.

Chacun et chacune d'entre nous se souviendra de cet homme, ce grand humaniste. Il avait un c?ur très gros, il était aussi porté par son tempérament, je me souviens de quelques-unes de ses interventions mémorables ici au Conseil de Paris, pas toujours consensuelles, mais tellement fortes, tellement enthousiasmantes et tellement vivantes qu'aujourd'hui en mon nom, au nom du Conseil de Paris, je veux exprimer à sa famille, à son épouse, à tous ses proches, les condoléances de notre Assemblée, exprimer notre tristesse et notre souvenir qui accompagneront toujours celui du Professeur Cabrol, élu de Paris, qui a été notre fierté ici.

Je vous propose de procéder à une minute de silence en son honneur.

(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence).

Je vous remercie.

Je donnerai également tout à l'heure la parole aux présidents des groupes qui souhaitent s'exprimer.

Je voudrais également que nous procédions à l'hommage à Pascal Vivien. Le Conseil de Paris a appris la disparition, survenue le 23 mai 2017, de M. Pascal Vivien, ancien conseiller de Paris et ancien adjoint au Maire. Il était juriste de formation. Pascal Vivien a débuté sa carrière en qualité de chef de cabinet de Michel Péricard, alors directeur de l'information à Radio France. Lorsque celui-ci est devenu député-maire de Saint-Germain-en-Laye, il l'a accompagné comme directeur de cabinet de 1977 à 1982.

Par la suite, il a occupé des fonctions à l'O.P.A.C., Office public d'aménagement et de construction devenu depuis "Paris Habitat". En 1995, il a été élu au Conseil de Paris. Lionel Assouad, maire du 14e arrondissement, l'a, par ailleurs, choisi comme premier adjoint. Simultanément, il est devenu adjoint au Maire de Paris chargé de toutes les questions relatives à la valorisation du site de la Seine, de 1997 à 1998, puis chargé des relations avec les ressortissants de l'Union européenne de 1998 à 2000.

Ses obsèques ont été célébrées le mercredi 14 juin 2017 en la basilique Sainte-Clotilde dans le 7e arrondissement de Paris. Je veux, au nom du Conseil de Paris et en mon nom propre, exprimer à sa famille, à ses proches, les condoléances de notre Assemblée, et je vous propose une minute de silence.

(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence). Monsieur LEGARET, vous avez demandé la parole au nom de votre groupe. Je vous donne la parole, bien évidemment.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Je vous remercie, Madame la Maire.

Christian Cabrol n'est plus. Sa voix, son sourire, la chaleur de son contact, sa force de caractère et de conviction, sa jeunesse d'esprit ont profondément marqué celles et ceux qui ont eu la chance de le rencontrer et d'?uvrer à ses côtés.

C'était un grand pionnier, une grande figure de la médecine, mais également un médecin très proche de ses patients et un formidable chef d'équipe, formant de nombreux et remarquables chirurgiens qui étaient tous là lors de ses obsèques à la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, autour de lui, leur ancien patron, ceux qu'il appelait avec tant de bienveillance et d'affection "ses petits gars".

Christian Cabrol aimait plus que tout agir et transmettre. Nous avons tous en mémoire sa magnifique carrière, sa trajectoire admirable et ses formidables performances médicales. Mais avant tout, il voulait servir : servir la médecine moderne, réaliser des prouesses chirurgicales et ces greffes qu'il a réussies pour sauver des vies. Servir la transmission de son savoir et de son expérience immense : il a formé une cinquantaine de chirurgiens aujourd'hui réputés dans le monde. Servir ses convictions politiques, dans la fidélité, auprès de Jacques CHIRAC et de Jean TIBERI, pour traduire son engagement en actes concrets et opérationnels, à travers ses mandats de conseiller de Paris du 13e arrondissement et du 16e arrondissement, d'adjoint au Maire de Paris et de député européen.

Quand on venait le voir en séance, il avait toujours devant lui une feuille de papier sur laquelle il dessinait des c?urs. Grand amateur de voile, les gros temps, comme disent les marins, n'infléchissaient pas son cap. C'était un fonceur, prêt à faire battre des montagnes pour défendre de belles causes comme son action inlassable pour les dons d'organe.

A ce titre, Christian Cabrol laisse une belle ?uvre, A.D.I.C.A.R.E., créée en 1989 pour développer l'innovation en cardiologie, puis l'Institut de cardiologie en 2001 qui a donné une nouvelle impulsion en matière de traitement des maladies cardiovasculaires et de nombreux ouvrages spécialisés qui font autorité. Je veux saluer la présence de Bérengère DAUTUN, son épouse, et lui dire, à elle et à sa fille, notre fidélité, notre soutien dans cette épreuve, saluer son talent, ses origines senonchoises et sa fidélité.

Enfin, je veux citer la devise du Maréchal Leclerc que Christian Cabrol avait faite sienne et dont il incarnait les hautes qualités : "Croire, vouloir et continuer". Merci, Christian Cabrol, pour son humanité et son humilité. Christian, Paris ne t'oubliera pas.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur LEGARET.

Permettez-moi de saluer aussi, Monsieur Jean TIBERI, ancien Maire de Paris, à la tribune aux côtés de Mme Cabrol. Merci à vous. Merci, mes chers collègues.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Je voulais rendre un hommage à Pascal Vivien, si vous me le permettez. Vous venez de lui rendre hommage et nous avons été touchés d'apprendre son décès.

Conseiller de Paris du 14e arrondissement, connaissant admirablement ce grand arrondissement parisien, il a beaucoup travaillé au développement du 14e arrondissement auprès de son maire de l'époque, Lionel Assouad, autre personnalité forte qui a marqué la vie du 14e arrondissement.

Pascal Vivien était à l'image de son engagement politique, profondément humaniste et gaulliste, d'une grande ouverture d'esprit, cultivé, passionné de voyages, doté d'un humour toujours prompt au bon mot.

C'était aussi un vrai praticien des collectivités territoriales. Il en a eu la culture administrative et politique, rodé aux rouages de grandes communes franciliennes comme Versailles et Saint-Germain-en-Laye. C'était surtout authentiquement un Parisien.

Conseiller au cabinet de Jacques CHIRAC, Maire de Paris, c'était un fin connaisseur des questions liées au logement et à l'aménagement urbain. Il s'est ensuite révélé un élu au fait de ces réalités quand, adjoint au Maire de Paris auprès de Jean TIBERI, que je salue également, il a été chargé de la valorisation du site de la Seine, mission passionnante, aux objectifs précurseurs.

Fidèle en amitié, très proche de sa famille, ses s?urs, ses neveux, ses nièces, Pascal Vivien possédait un vrai sens de l'autre toujours présent, quand il fallait soutenir, réconforter, encourager des êtres chers. Fait rare chez un élu, il ignorait l'esprit de caste, et traitait le monde politique avec dérision, mais sans malveillance ni férocité. Nous lui redisons aujourd'hui et à sa famille toute notre fidèle amitié.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur LEGARET.