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2008, VI - Question d’actualité posée par le groupe U.M.P.P.A. à M. le Maire de Paris relative à la propreté.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2008


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. TRÉMÈGE pour la question d?actualité du groupe U.M.P.P.A.

M. Patrick TRÉMÈGE. - Merci, Monsieur le Maire.

Ma question, Monsieur le Maire, posera sur les problèmes que nous rencontrons sur un sujet qui préoccupe les Parisiens au quotidien, à savoir la propreté.

Lors de la précédente mandature, Monsieur le Maire, il ne s?est pas passé de séances sans que l?opposition municipale attire votre attention sur les risques de la politique menée et sur les résultats désastreux que risquaient d?apporter cette politique. Votre adjoint d?alors, M. CONTASSOT, par coups de menton successifs, par gestes autoritaires, n?a jamais rien voulu entendre de ce que l?opposition disait à ce sujet.

Aujourd?hui, deuxième mandature, force est pour vous de constater que la gestion de la propreté à Paris fut un échec majeur. Vous le faites d?ailleurs avec grande habileté puisque vous refilez le mistigri de l?échec à ce même adjoint, qui s?en défend en réunion de commission, indiquant que malgré les conseils successifs qu?il vous a donnés, vous n?avez rien voulu entendre.

Vous nommez un nouvel adjoint, l?un de vos proches, avec une feuille de route claire. Comme l?autre est viré, c?est lui dire : tu fais exactement le contraire de ce que CONTASSOT a fait, et surtout tu essaies de faire en sorte qu?enfin les rues de Paris soient propres. Il faut dire qu?il aura un sacré boulot compte tenu de ce qui s?est passé sept ans auparavant.

Il nous propose, Monsieur le Maire, un projet de délibération. Comme on est dans l?opposition, en début de mandature, on a un a priori plutôt favorable sur une nouvelle décision. Qu?est-ce qu?il nous dit ? Que nous allons bouleverser l?équilibre entre régie et privé. On est un peu étonnés parce que lors de la mandature précédente, vous teniez un discours totalement contraire, en nous expliquant qu?il fallait faire de la régie au maximum.

On regarde, et il nous dit : il y aura un avantage terrible à le faire, c?est qu?il y aura un redéploiement du personnel dans les arrondissements, tout le monde dans la rue. Et il ajoute même d?ailleurs, je parle sous son contrôle, qu?arrivant dans cette maison qui était la Propreté, belle direction, il n?y avait pas de culture de la propreté de rue. Dixit.

Avec mes collègues, Claude-Annick TISSOT, on a été étonnés et on lui a posé un certain nombre de questions sur le fond du projet, dont on débattra demain. Non pas pour le bouleverser mais pour avoir un certain nombre d?indications. Pourquoi ce changement d?attitude ? Alors même que vous allez municipaliser l?eau, vous privatisez la propreté ! Vous nous dites dans un premier temps qu?on va avoir des contrats de sept ans pour l?entreprise, afin de favoriser l?intégration de nouveaux véhicules propres. Autant de choses sur lesquelles on était prêts à vous interroger.

Et puis, carnaval ! Au moment où tout cela sort publiquement, on s?aperçoit que personne n?a été associé à la négociation. Alors que vous vous êtes toujours présenté comme le chantre de la négociation, on s?aperçoit que les commissions ne peuvent pas interroger l?adjoint parce qu?il y aura de nouveaux amendements, que les maires d?arrondissement ne sont pas consultés?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Oh, que si !

M. Patrick TRÉMÈGE. - Pas sur les amendements, cher, Monsieur AIDENBAUM. Dans le 13e arrondissement, j?ai voté un projet de délibération et une nouvelle mouture vient de sortir qui modifie singulièrement les données du problème.

Les commissions, les syndicats, les maires d?arrondissement, les Parisiens ne savent pas quoi faire, et nous sommes là en séance du Conseil de Paris, entourés des forces de l?ordre pour nous protéger de ces malheureux syndicalistes de la Propreté.

Monsieur le Maire, pourriez-vous nous indiquer quelle est votre politique en la matière ? Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. François DAGNAUD.

M. François DAGNAUD, adjoint. - Cher collègue, merci de votre question. Je sais que c?est un sujet que vous connaissez et dans lequel vous êtes impliqué.

L?examen du projet de délibération que vous évoquiez à l?instant, nous permettra dès cette séance, et vraisemblablement dès ce soir, de revenir en détail sur les modalités d?un projet qui, je veux le rappeler avec beaucoup de force et beaucoup de clarté, vise comme nous le demandent les Parisiens, à repositionner notre service public municipal sur les missions de propreté des rues, sur les missions d?entretien de l?espace public, et en cela, je l?assume, c?est un vrai renversement de perspective.

Mais j?aurais l?occasion de revenir sur la gestation de l?amendement de l?Exécutif qui a été rendu public dans le courant de la semaine dernière, et qui tire les premiers acquis du dialogue social et du dialogue démocratique avec les maires d?arrondissement concernés, et en premier lieu avec ceux qui sont le plus directement concernés.

Je voudrais profiter de votre question d?actualité pour vous proposer de prendre un peu de recul et d?essayer de vous expliquer ce qui se joue finalement dans le débat qui nous occupe aujourd?hui. Je crois que ce qui est en jeu, c? est la validité et la pertinence du modèle traditionnel d?organisation qui est aujourd?hui le nôtre, et qui repose, vous le savez, sur la mutualisation des missions de propreté et des missions de collecte.

Or, ce modèle traditionnel est aujourd?hui bousculé par des évolutions dont nous devons à la fois prendre la mesure et anticiper les implications. D?abord, la collecte est de plus en plus complexe et mobilise toujours plus de forces. La croissance des déchets, et chacun mesure à quelle rapidité se remplissent nos poubelles familiales, la mise en place - et bravo à la mandature précédente - de deux collectes sélectives hebdomadaires qui sont venues s?ajouter à la tournée de collecte du verre, la pression constante et croissante des marchés alimentaires, bref, chacun voit bien de quelle façon le poids de la collecte et sa complexité se renforcent année après année.

Dans le même temps, les missions de propreté sont elles-mêmes de plus en plus lourdes parce que simplement on vit de plus en plus dans l?espace public. On s?y déplace davantage, on y mange, on y boit, on y fait la fête, on y manifeste parfois et, depuis peu, on y fume aussi beaucoup.

Dans le même temps, l?espace public s?est complexifié. On a ouvert des espaces piétons, des pistes cyclables ou des sites propres pour les bus, pour ne prendre que quelques exemples.

Troisième terme de cette évolution : l?exigence de qualité de l?espace public, l?exigence de propreté, dont les Parisiens nous ont, comme tout le monde ici, saisis au cours des mois passés, sont de plus en plus fortes et s?expriment avec de plus en plus de vigueur.

Moi, je vous le dis : dans ce contexte, notre organisation traditionnelle, qui fait de la propreté la variable d?ajustement, est en difficulté pour répondre à la demande de service public de propreté qui s?exprime partout, et vous le savez, vous qui êtes élus dans les quartiers populaires, qui s?exprime avec encore plus de force dans les quartiers populaires de Paris où elle est portée comme une exigence d?égalité et de dignité. De ce point de vue, la question n?est pas de savoir si mon prédécesseur a bien fait ou mal fait, elle est de mesurer les évolutions qui sont en cours, dont nous ne sommes pas arrivés au terme et qui nous amènent - je crois que c?est notre responsabilité d?élus - à tirer un certain nombre de leçons.

L?autre point sur lequel j?ai bien l?intention, et l?exemple que nous vivons le démontre clairement, de faire bouger les choses, c?est la prise en compte pour la première fois de façon concrète du rôle irremplaçable des maires d?arrondissement, des 20 maires d?arrondissement, dans le pilotage de cette mission de proximité qu?est la propreté.

C?est un des engagements de campagne qu?autour de Bertrand DELANOË nous avons pris et c?est la première fois qu?il est mis en ?uvre de façon très concrète.

Je vous confirme, Mesdames et Messieurs les Maires, que j?ai bien l?intention, avec chacune et chacun d?entre vous, de continuer et de développer ce partenariat qui m?amène aujourd?hui, au moment où nous sommes en train de nous poser la question de quel est le meilleur mode de collecte adapté aux singularités d?un arrondissement, à me tourner vers les maires d?arrondissement et effectivement à prendre en compte leur avis. J?entends bien que la légitimité de cette parole des maires d?arrondissement est aujourd?hui assez largement contestée reconnaissons-le chez nos partenaires sociaux qui ne l?entendent pas de cette oreille -, de façon plus surprenante pour moi chez une partie des collègues de cette Assemblée, des groupes, y compris de la majorité, mais je considère que les maires d?arrondissement, les 20 maires d?arrondissement sont et seront pour moi tout au long de cette mandature des partenaires indispensables et incontournables du travail de fond que nous devons mener.

Chers collègues, sur tous ces points, le débat est engagé et je crois que les esprits commencent à bouger.

Notre rôle, et ce sera l?appel que je lancerai pour conclure, est sans doute davantage de continuer à accompagner ces prises de conscience plutôt que de risquer de conforter des visions plus conservatrices.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Très brièvement, Monsieur TRÉMÈGE, vous avez la parole.

M. Patrick TRÉMÈGE. - 10 secondes pour dire que j?entends ce que M. DAGNAUD vient de nous déclarer. On aura l?occasion demain ou ce soir, je crois, de poursuivre. Il aurait été beaucoup plus facile d?entamer les négociations avec les maires d?arrondissement avant.

M. LE MAIRE DE PARIS. - C?est fait ! Allons, allons !

M. Patrick TRÉMÈGE. - Avec les syndicats avant, avec les élus avant.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous n?êtes pas concerné dans le premier, Monsieur.

M. Patrick TRÉMÈGE. - Cela aurait été plus facile, Monsieur le Maire.

M. LE MAIRE DE PARIS. - C?est fait !

Vous avez bien le droit d?être contre, Monsieur TRÉMÈGE, mais ne dites pas...

J?ai moi-même veillé à ce que chaque maire d?arrondissement soit consulté.

Ceux qui sont concernés par le projet de délibération? Monsieur LEGARET !

D?ailleurs, vous allez même être consultés? et François DAGNAUD a commencé à le faire, sur toutes les évolutions que je souhaite en matière de management de la propreté, chacun des 20 maires d?arrondissement sera consulté par François DAGNAUD.

Après, vous pouvez dire en séance : ?On ne m?a pas consulté !? On vous consulte régulièrement. Et voilà !

Je voudrais quand même, Monsieur TRÉMÈGE, vous faire remarquer que vous pouvez critiquer tout ce qui a été fait depuis sept ans - apparemment, les Parisiens ne vous ont pas donné raison -, mais moi je sais exactement quelle était la situation en 2000 et quel était le jugement des Parisiens sur la propreté.

Je nous suggère à tous un petit peu plus de sens des réalités et éventuellement de modestie.

Nous passons en formation de Conseil général.

La séance est suspendue.