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Septembre 2017
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2017 DU 55 - Porte de la Villette" (19e). - Lancement opérationnel du projet urbain. Détermination des objectifs poursuivis et des modalités de la concertation préalable en vue de la création d'une Z.A.C.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2017


 

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Ensuite, nous examinons le projet de délibération DU 55 : porte de la Villette. Lancement opérationnel du projet urbain.

La parole est à Mme Aurélie SOLANS.

Mme Aurélie SOLANS. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, dans une question écrite posée à la Maire de Paris en mars 2016, avec les élus écologistes, nous interrogions sur la réalité des ambitions de reconquête urbaine de la porte de la Villette. Nous pensions, par exemple, à l?acceptabilité par les habitants d?une intervention artistique financée dans le cadre du budget participatif, dans un contexte où le sentiment d?abandon de la population était grand, tant il semble parfois que les fonctions urbaines de base sont mal assurées.

Nous nous réjouissons, par conséquent, du présent projet de délibération qui nous fait vraiment entrer dans la phase de préfiguration opérationnelle du réaménagement dont a vraiment besoin la porte de la Villette.

A cet égard, je souhaite revenir sur les grands principes et les grands objectifs édictés par le présent projet de délibération.

D?abord, premier objectif : restaurer une continuité urbaine entre Paris et les communes limitrophes, Pantin et Aubervilliers en l?occurrence, que la création de la Métropole du Grand Paris rend plus que jamais nécessaire. La localisation de la porte de la Villette est idéale pour cela et son aménagement sera aussi très important pour les habitants de ces villes qui vont en récolter les bénéfices mais aussi les impacts.

Cette opération doit, de fait, bien penser l?amélioration de la qualité de vie des habitants des deux côtés du périphérique. D?ailleurs étrangement, à aucun moment le présent projet de délibération ne fait mention du périphérique, alors que sa présence et le fait qu?il coupe la place Auguste-Baron en surplomb restent un obstacle important à une vraie amélioration de cette porte. Sa transformation profonde est pourtant indissociable de la reconquête et de la valorisation en profondeur de ce site.

Il nous semble en cela indispensable d?avancer sur sa transformation, comme nous l?avons demandé lors d?un v?u adopté ici en juillet 2016 qui proposait son déclassement du réseau national et sa transformation en boulevard urbain, et ce, en parallèle de l?opération d?aménagement de la porte.

Ensuite, deuxième objectif : assurer un mixte logement et activité économique en produisant des logements pour tout public et en développant des activités économiques dans le cadre de l'Arc de l'innovation du Grand Paris. Ce point est particulièrement important. Il est évident que les nombreuses emprises, aujourd'hui délaissées de la Porte de la Villette dont le terrain ex-Préfecture de police et les emprises massives de la S.N.C.F., constituent un potentiel de constructibilité aujourd'hui très rare à Paris et en Petite Couronne.

C'est parce que ce potentiel est grand que je souhaite rappeler le positionnement que nous avons porté lors de la modification du P.L.U., et que nous continuons à défendre pour toutes les grandes opérations d'aménagement. Paris est une ville déjà ultra-dense avec un ratio d'espaces verts par habitant très en-dessous des besoins des habitants. Nous devons saisir les dernières opportunités foncières qu'il reste pour rééquilibrer cet état de fait.

Je le dis très clairement, cet espace foncier ne doit pas servir de fourre-tout qui accueillerait tous les projets parisiens n'ayant pas trouvé de place ailleurs. Cet espace a été trop longtemps délaissé, il faut maintenant lui assurer un développement cohérent, absolument exemplaire, à la fois dans la démarche environnementale, dans l'utilisation fine du foncier, et dans l'équilibre entre espaces verts, logements, équipements et activités.

L'enjeu - je souhaite insister - est aussi particulièrement important pour l'avenir du quartier des Quatre Chemins à Pantin, quartier très populaire qui concentre énormément de difficultés. Nous devons bien penser les besoins à l'échelle métropolitaine.

Pour finir, les objectifs environnementaux affichés dans le projet de délibération mentionnent une démarche environnementale ambitieuse, poussée et exemplaire : la requalification de la Ceinture verte autour de Paris et la restauration des continuités écologiques qui devront constituer la base de cette opération afin d'en garantir l'ambition.

Je terminerai en vous faisant quelques propositions. Cette opération pourrait s'inscrire dans la création d'un nouvel écoquartier, ce qui supposerait un cahier des charges suffisamment contraignant pour garantir l'exemplarité de l'opération.

La notion de continuité écologique devrait se matérialiser dès les premières phases d'études par le tracé de parcours verts. On pourrait ainsi imaginer une prolongation de la forêt linéaire développée le long du quartier Rosa Parks.

Vous l'aurez compris, les écologistes sont très attentifs à ce que le réaménagement des portes soit qualitatif et que cette opération d'aménagement précisément soit exemplaire et s'intègre dans une vraie stratégie de résilience. Notre collectivité a un devoir d'invention pour rétablir l'égalité aux portes de Paris.

Je vous remercie.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - La parole est à M. Jean-Louis MISSIKA?

Je donne la parole rapidement à M. François DAGNAUD.

M. François DAGNAUD, maire du 19e arrondissement. - Je prends rapidement la parole avant que Jean-Louis MISSIKA puisse répondre.

Je voulais saluer l'intervention de notre collègue Aurélie SOLANS qui a synthétisé les échanges que nous avons eus en Conseil d'arrondissement. Je me retrouve très largement dans les propos qui ont été les siens.

Je voulais, à mon tour, insister rapidement mais clairement sur un certain nombre d'enjeux que l'aménagement futur de la porte de la Villette ne pourra pas éluder. D'abord, en parlant encore aujourd'hui de porte de la Villette, nous devons nous placer dans la perspective de la place de la Villette à l'échelle et dans une vision plus métropolitaine, qui est celle dans laquelle nous réfléchissons et travaillons maintenant, avec en plus un site adossé à des territoires voisins de Pantin, d'Aubervilliers, donc au c?ur de l'ambition que nous affichons d'une ambition partagée avec les territoires voisins de la Seine-Saint-Denis.

L'ambition qualitative doit être au rendez-vous et devra guider, inspirer chacune des étapes et chacun des actes concrets qui seront posés sur l'aménagement de cette place de la Villette.

Aurélie SOLANS a repris un élément que j'ai versé au débat. Je sais bien que, s'agissant d'un des derniers endroits libres quelque part à Paris, la tentation existera. Elle existe sans doute déjà d'y déverser, d'y installer tous les équipements, utiles assurément à l'échelle parisienne et métropolitaine, mais qui n'ont pas trouvé place ailleurs. Ce serait évidemment un manque d'ambition tout à fait fâcheux, et les élus du 19e arrondissement, que personne ne puisse en douter, seront extrêmement vigilants.

L'autre risque est lié à celui que je viens d'évoquer, c'est celui de l'incohérence, du désordre et de la dispersion. J'ai beaucoup insisté et je souhaite absolument que soit garantie une démarche cohérente, construite, et que ce ne soit pas du coup par coup, du cas par cas. Il ne faudrait pas que, décision après décision, urgence après urgence, arbitrage après arbitrage, on additionne et on empile des objets urbains qui, à l'arrivée, rendraient absolument impossible tout aménagement cohérent et ambitieux de ce site.

Pour le reste, on ne manquera pas d'idées : écoquartier, quartier durable, quartier culturel, quartier innovant... Bref, je ne doute pas de notre capacité à créer, à inventer et avoir d'excellentes idées.

C'est le message que je voulais poser ce matin : je suis extrêmement attentif, et nous serons, tous ensemble, extrêmement vigilants pour que la porte de la Villette soit traitée avec tous les égards dus aux habitants des quartiers populaires.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Jean-Louis MISSIKA.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Je voudrais remercier François DAGNAUD, le maire du 19e arrondissement, et Aurélie SOLANS.

J'ai été très sensible à la qualité de l'argumentation d'Aurélie SOLANS et à la cohérence de ses propositions. Il s'agit du lancement d'une concertation. Bien évidemment, toutes ces idées doivent être versées au débat qui commence.

Nous savons qu'un processus de mutation urbaine, comme celui que nous lançons à la porte de la Villette, est un processus de longue durée. Mais nous avons besoin de ce temps justement pour discuter et arriver à un projet global et cohérent.

Le seul point de désaccord que je peux avoir avec ce qu'a dit Aurélie SOLANS, c'est sur le fait que nous n'ayons pas pris en compte l'existence du périphérique. Il faut savoir que ce programme global de transformation des portes de Paris en place du Grand Paris, est un programme d'effacement de la frontière psychologique et physique, et même économique, du périphérique et donc de construction du Grand Paris, de la Métropole du Grand Paris.

Nous traitons spécifiquement la question du périphérique, des axes majeurs et des autoroutes urbaines dans le groupe de travail que nous avons constitué au Forum métropolitain, qui s'intitule Mobilité 2030. Nous aurons l'occasion de revenir en Conseil de Paris sur ces questions.

Mais vous avez bien conscience qu'il est impossible à la Ville de Paris de traiter de ces sujets entre soi. Nous devons obligatoirement en discuter avec les autres collectivités territoriales. Si on lance des études, il faut que ces études soient validées par l'ensemble des partenaires concernés.

Je voudrais également insister sur un point qui me paraît essentiel : lorsque nous lançons ces grands programmes de transformation urbaine, nous devons le faire en partenariat avec les villes voisines. C'est ce que nous faisons à la porte de la Villette, ce que nous faisons également à la porte de Montreuil, ce que nous faisons à la porte de Vincennes, et dans les différentes autres portes sur lesquelles nous travaillons actuellement.

Vous avez parlé des enjeux. Nous avons absolument conscience des enjeux et du caractère parfois contradictoire de ces enjeux. Si nous voulons créer un quartier, il faut de la densité. Si nous voulons respecter l'environnement, il faut de la biodiversité, de la pleine terre et des espaces verts. Dieu sait si le 19e arrondissement, à cet endroit, en a besoin.

Si nous voulons que ce quartier soit connecté au reste de la ville, il faut un système de voirie digne de ce nom, et bien sûr des transports publics dignes de ce nom. C'est cela, fabriquer un morceau de ville. Nous savons que c'est très compliqué et que c'est très compliqué dans une ville comme Paris, parce que justement, elle est déjà extrêmement dense.

Le système de contraintes qui s'applique à la démarche est considérable. J'ai bien entendu ce qu'a dit le maire du 19e arrondissement, c'est-à-dire ne pas faire de cet espace urbain le réceptacle de tous les objets urbains que nous ne savons pas mettre ailleurs. Je le conçois parfaitement. Je pense que si j'étais à votre place, je dirais exactement la même chose.

Je prends l'engagement - solennel, je n'en sais rien -, mais en tout cas l'engagement d'en discuter extrêmement sérieusement avec les élus du 19e arrondissement, mais aussi avec les élus de Pantin, d'Aubervilliers, avec Est Ensemble, Plaine Commune, ainsi que le Conseil départemental du 93. Certaines hypothèses doivent être approfondies, certaines doivent être modifiées. Nous devons essayer de sortir un projet cohérent. Je voudrais dire un dernier mot : cette idée d'écoquartier - il faut faire attention car le mot "éco-quartier" couvre des choses extrêmement différentes.

Vous en avez tout à fait conscience. Je crois que ce que nous allons présenter avant la fin de l'année sur nos intentions en ce qui concerne Saint-Vincent-de-Paul, la Z.A.C. de Saint-Vincent-de-Paul, permettra peut-être de tracer une nouvelle façon de faire la Z.A.C. J'espère bien que cette nouvelle façon de faire la Z.A.C., nous pourrons l'appliquer à la porte de la Villette. Donc, voilà ce que je voulais vous dire.

Je vous remercie pour vos interventions. Je crois que nous lançons là un très beau projet, un très grand projet qui sera symbolique de la façon dont nous souhaitons construire la Métropole.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 55.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2017, DU 55).