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Fevrier 1998
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Conseil Municipal
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2- Hommage aux 3 policiers décédés boulevard de la Chapelle le 27 janvier dernier.

Débat/ Conseil municipal/ Février 1998



M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur le Préfet de police, mes chers collègues. Comme tous les Parisiens, comme tous nos concitoyens, nous avons été bouleversés par le drame qui, dans la soirée du 27 janvier, a provoqué la mort de trois policiers, infligeant de cruelles blessures au quatrième d'entre eux.
Les circonstances de ce drame, après un bref moment de confusion, ont vite été connues dans leur banalité et leur horreur.
Banalité d'une intervention classique effectuée dans le respect des règles au cours d'un différend familial.
Horreur d'une violence imprévisible. Aspergés d'essence, le capitaine de police Laurent DELOS, les lieutenants de police Wilfrid BOURDON et Jérôme DELVA, connaissent une mort terrible, le policier Cyrille GRIMAUD parvenant, malgré ses blessures aux jambes, à donner l'alerte.
Au nom de tous les élus de Paris, au nom de tous ses habitants, en mon nom personnel, je veux exprimer ma tristesse, ma sympathie et ma solidarité aux familles de ces hommes qui ont trouvé la mort en accomplissant leur devoir.
Comme tant d'entre nous, j'ai été impressionné lors des obsèques solennelles célébrées devant la Préfecture de police par la dignité avec laquelle ces familles ont affronté le deuil qui les frappait. Cette tristesse, cette sympathie, cette solidarité, avec vous tous, je les adresse aussi aux fonctionnaires du commissariat du 10e arrondissement dont faisait partie Laurent DELOS, ainsi qu'à tous les policiers parisiens accablés et révoltés par ce drame.
Je vous prie, Monsieur le Préfet, de bien vouloir vous faire l'interprète de notre Assemblée auprès d'eux.
Ce qui s'est passé vient douloureusement rappeler à chacun l'abnégation et le courage de chaque instant, les risques et les dangers quotidiens, et malheureusement croissants, qui s'attachent aux missions des gardiens de la paix, notre paix à tous.
J'ai su qu'un des pompiers intervenant sur les lieux avait répondu, livide, à des voisins qui l'interrogeaient : " Je viens de perdre des amis ". Comme lui, nous éprouvons le sentiment que nous venons de perdre des amis.
Pour rendre hommage à la mémoire de ces trois jeunes policiers morts dans la nuit du 27 janvier, je vous demanderai de respecter une minute de silence après que chaque Président de groupe, comme le souhait m'en a été exprimé, aura pris la parole.
Monsieur DELANOË, vous avez la parole.
M. Bertrand DELANOË. - Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet, mes chers collègues.
Le drame survenu dans la soirée du 27 janvier dernier rappelle à chacun la grandeur mais aussi l'exigence extrême du rôle qu'assument quotidiennement les gardiens de la paix.
Appelés pour prévenir les risques d'un différend familial, Laurent DELOS, Wilfrid BOURDON et Jérôme DELVA ont payé de leur vie leur sens du devoir et leur dévouement.
Au nom des élus socialistes et apparentés, au nom du Maire du 10e arrondissement où ces trois policiers étaient affectés, je voudrais assurer les familles aujourd'hui plongées dans la douleur, leurs proches, ainsi que les policiers de la Capitale, de notre estime, de notre considération.
Je voudrais également adresser des voeux de prompt rétablissement au gardien Cyrille GRIMAUD, grièvement blessé au cours de cette intervention.
Tout comme vous, Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet de police, et de nombreux élus de notre Assemblée, j'étais présent aux obsèques de ces trois policiers. Chacun, je crois, a été saisi par la dignité et l'immense émotion de cette cérémonie. Une tristesse profonde, mais aussi la trace que laisse le destin lorsqu'il se montre cruel, se lisaient sur le visage des gardiens de la paix présents. Qui aurait pu prévoir en effet qu'un appel semblable aux centaines que reçoivent quotidiennement les commissariats conduirait au drame qui nous atteint tous ?
Il faut espérer que la brutalité du sort qui a frappé ces trois jeunes fonctionnaires puisse favoriser une prise de conscience collective. Comme l'a justement rappelé M. le Premier Ministre dans son allocution, les policiers se trouvent aux postes avancés d'un combat essentiel dont l'enjeu est la liberté, la sécurité et l'ordre public, sans lesquels tout idéal démocratique est illusoire.
C'est pourquoi je souhaite que notre cité s'associe à une telle ambition en veillant, notamment, à une meilleure intégration des gardiens de la paix à la vie de nos quartiers.
Aujourd'hui unanimes dans la peine et dans le respect, nous trouverons, j'en suis convaincu, les moyens d'avancer ensemble dans une telle direction. Nous le devons au sacrifice de ces trois policiers.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur MALBERG, vous avez la parole.
M. Henri MALBERG. - Monsieur le Préfet de police, Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs.
J'associe le groupe communiste à cet instant d'émotion où nous rendons hommage à la mémoire des trois jeunes policiers victimes du drame du boulevard de la Chapelle, le 27 janvier dernier.
L'événement survenu ce jour-là a provoqué une grande émotion dans la population parisienne comme dans le pays, émotion légitime, et aussi une réflexion.
Ces hommes accomplissaient tout simplement leur devoir, un devoir répété chaque jour des dizaines de fois à Paris ; il s'agissait, en l'occurrence, de se porter au secours d'une femme et d'un enfant menacés par un forcené.
L'action de service public menée par les gardiens de la paix s'en trouve comme remise au premier plan, honorée par la tragédie elle-même.
La société attend beaucoup de ce travail quotidien, apparemment banal et si important.
Comment ne pas ajouter à quel point notre époque apparaît plus douloureuse, peut-être plus cruelle, en rapport avec la détérioration de la vie de beaucoup de gens.
Naturellement, l'action quotidienne de service public de la police n'en est que plus difficile, plus nécessaire aussi dans le respect de l'ordre républicain.
Cette tragédie, Mesdames, Messieurs, Monsieur le Préfet de police, nous touche profondément et, comme je l'ai fait le jour des obsèques, je veux assurer les familles qui ont tant perdu ce jour-là de notre émotion et de notre solidarité et souhaiter le meilleur rétablissement au policier grièvement blessé.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur SARRE, vous avez la parole.
M. Georges SARRE, Président du groupe du Mouvement des citoyens, maire du 11e arrondissement. - Monsieur le Préfet de police, mes chers collègues.
A mon tour je voudrais dire à l'Assemblée l'émotion qu'ont ressentie et ressentent encore en ce moment les élus du Mouvement des citoyens comme l'ensemble des Parisiennes et des Parisiens devant ces événements tragiques.
Ils avaient 23 ans, 24 ans, 33 ans, ils sont morts victimes du devoir, accomplissant leur mission d'aide à la population. Cela nous rappelle à toutes et à tous, mes chers collègues, que dans notre pays, à Paris tout particulièrement, Monsieur le Préfet de police, on demande beaucoup aux fonctionnaires de police.
Notre société ne va pas bien et c'est toujours ou presque toujours que l'on se tourne vers les policiers pour leur demander encore davantage.
Je voudrais qu'en ce moment de recueillement chacun pense que les efforts doivent être poursuivis pour que le mal dont souffre la société française soit vaincu. Je veux parler de ce qui désintègre tout, le chômage. C'est parce que nous saurons mobiliser le pays que chacun retrouvera mieux sa place dans la société.
Dans ce genre d'événement, seul le silence est grand.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur BURRIEZ, vous avez la parole.
M. Jean-Pierre BURRIEZ, adjoint. - Monsieur le Préfet de police, c'est avec une profonde tristesse et beaucoup d'émotion que les élus du groupe " Paris-Libertés " ont appris le décès dans la soirée du 27 janvier de trois policiers brûlés vifs dans l'incendie d'un appartement d'un immeuble du 10e arrondissement. Les conditions dans lesquelles ce drame s'est déroulé et la banalité de la situation : un différend familial, rendent encore plus injuste et inacceptable leur disparition.
Un quatrième policier a été également gravement blessé aux jambes.
Je tiens à vous exprimer, Monsieur le Préfet de police, la solidarité et la sympathie de notre groupe, dans ce moment éprouvant.
Nos pensées vont naturellement d'abord aux familles des victimes, mais au-delà, elles s'étendent à tous les fonctionnaires de police dont la noble mission, celle d'assurer la sécurité quotidienne des habitants de notre Ville, s'exerce très souvent dans les conditions extrêmement difficiles.
C'est en assumant pleinement cette mission que ces trois jeunes policiers sont tombés, le plus âgé n'avait que trente trois ans, les deux autres policiers tués étant stagiaires et âgés de vingt quatre et vingt six ans.
Nos concitoyens, si enclins parfois à critiquer les forces de police, ne mesurent pas toujours les difficultés de leur travail ; il faut espérer qu'un tel drame favorisera une prise de conscience plus objective des risques qu'ils prennent quotidiennement pour les Parisiens.
La sécurité, c'est très souvent des statistiques et des chiffres, des succès et des échecs, mais un tel drame nous permet de prendre conscience qu'avant tout, la sécurité, c'est le travail d'hommes et de femmes qui risquent de perdre la vie à la suite d'une intervention au départ de pure routine.
Or, le 27 janvier, la mort était au rendez-vous pour les policiers, comme elle l'est trop souvent pour tous ceux qui combattent l'insécurité au quotidien.
Il appartient à la collectivité publique et d'abord à l'Etat d'assurer aux policiers les conditions de travail les meilleures possibles, mais aussi importantes soient-elles, les améliorations à apporter aux conditions matérielles d'exercice du métier de policier ne lui ôteront jamais cette part irréductible du risque inhérent à toute vie en société et qui peut déboucher sur des drames, comme celui d'hier.
Nous savons l'abnégation, l'altruisme, le dévouement de l'ensemble des policiers parisiens et nous appelons chacun de nous à réfléchir aux difficultés, mais aussi à la grandeur du métier de policier.
Soyez assuré, Monsieur le Préfet de police, que nous serons toujours attentifs aux actions que vous engagerez pour permettre aux policiers d'exercer dans des conditions de sécurité accrues leur difficile métier, indispensable mission au service de nos concitoyens.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur GOUJON, vous avez la parole.
M. Philippe GOUJON, adjoint. - Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet, le groupe " Rassemblement pour Paris " partage l'émotion que ressent chacun des fonctionnaires de la Préfecture de Police et s'associe aux condoléances et aux témoignages de solidarité que vient de prononcer M. le Maire de Paris à l'égard des trois victimes, de leurs proches, de leurs collègues et de l'ensemble des forces de police.
Une fois encore, la police parisienne a payé un trop lourd tribut dans l'accomplissement de sa mission de sécurité au service de nos concitoyens où elle occupe les postes les plus avancés.
Cet événement dramatique rappelle à nouveau, s'il en était besoin, à quel point le noble et beau métier de gardien de la paix est quotidiennement exposé à la violence et à la folie meurtrière.
Présent sur les lieux aux côtés de Jean TIBERI, lors de cette tragique soirée du 27 janvier, j'ai été pour ma part très vivement impressionné par la vive émotion et en même temps la profonde dignité qui émanaient des policiers du Commissariat du 10e arrondissement de Paris et lors de la cérémonie officielle du 31 janvier à la Préfecture de police, ils sont venus nombreux, beaucoup en civil, hors service, pour rendre un dernier hommage à leurs collègues.
Chacun d'entre nous a ressenti au plus profond de soi un sentiment de peine intense pour les victimes et leur famille, mais aussi de grande reconnaissance et de solidarité pour notre police.
C'est avec un immense respect que nous saluons le sacrifice de ces trois jeunes policiers, d'un courage exceptionnel, victimes de leur devoir, et que nous nous inclinons devant la tristesse de leurs familles et de leurs proches.
Je forme aussi des voeux de prompt et complet rétablissement pour le fonctionnaire de police Cyrille GRIMAUD, grièvement blessé lors de cette tragédie.
Puissent nos concitoyens prendre conscience de l'esprit de sacrifice, du dévouement, du sens du devoir, de l'importance des risques encourus par les policiers dans l'exercice de leurs difficiles fonctions, qu'ils assument trop souvent au péril de leur vie.
(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
Monsieur le Préfet de police, vous avez la parole.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers de Paris, je voudrais simplement vous dire merci pour les paroles empreintes de sympathie, de tristesse, que vous avez prononcées à la mémoire du Capitaine de police Laurent DELOS et des lieutenants de police Jérôme DELVA et Wilfrid BOURDON, victimes du devoir le 27 janvier dernier, alors qu'ils intervenaient à la suite d'un différend familial dans un immeuble situé 15, boulevard de la Chapelle, dans le 10e arrondissement.
Le bel et émouvant hommage que vous leur avez rendu, Monsieur le Maire, ainsi qu'au nom de l'ensemble du Conseil de Paris, tous les Présidents de groupe, ira - je le sais - droit au coeur de leurs parents, de leurs proches et de tous les policiers de la Capitale.
A cet égard, permettez-moi, Monsieur le Maire, de vous dire aujourd'hui combien la grand famille de la Préfecture de police, de la police nationale, si cruellement éprouvée par ce drame a été touchée par votre présence auprès d'elle boulevard de la Chapelle, d'abord, puis lors des obsèques solennelles présidées par M. le Premier Ministre et M. le Ministre de l'Intérieur, et combien elle a été sensible au geste symbolique que vous avez accompli en déposant devant chacun des victimes la Grande Médaille de Vermeil de la Ville de Paris.
Nous avons été également extrêmement sensibles à la présence à vos côtés de nombreux élus de Paris, notamment M. le Maire du 10e arrondissement et M. l'adjoint au Maire chargé de la Prévention, dans les minutes qui ont suivi ce drame. Ils ont apporté aux familles des victimes et au personnel de la Préfecture de police la compassion, le soutien et le réconfort dont ils avaient tant besoin en ces moments douloureux.
Soyez assurés que je ne manquerai pas, non plus, de transmettre le message cordial et les voeux chaleureux des élus de la Capitale au Gardien de la Paix, Cyrille GRIMAUD, auquel nous souhaitons tous un prompt rétablissement.
Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers de Paris, je vous remercie particulièrement pour toutes les marques de solidarité et d'amitié que vous nous avez témoignés dans l'épreuve traversée par la Préfecture de police.
Je tiens, en mon nom personnel et au nom de l'ensemble des fonctionnaires placés sous mon autorité, à renouveler ici à chacun, à renouveler ici à tous, l'expression de mes sincères remerciements et de ma profonde reconnaissance.