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Fevrier 1998
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Conseil Municipal
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86- V - Questions des élus non inscrits.

Débat/ Conseil municipal/ Février 1998



QOC 98-50 Question de Mme Martine BILLARD et M. Jean-François BLET, élus de " Paris-Ecologie, Solidarité et Citoyenneté ", à M. le Maire de Paris au sujet de l'aménagement d'un jardin public, 90, rue de la Roquette (11e).
M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Nous passons maintenant aux questions orales des élus non inscrits.
Je vous donne lecture de la première d'entre elles :
" Mme Martine BILLARD et M. Jean-François BLET demandent à M. le Maire de Paris d'aménager la totalité des 1.700 mètres carrés du terrain situé 90, rue de la Roquette (11e) pour en faire un jardin public incluant des aires de jeux. Rarement une pétition n'a, en quelques jours, obtenu autant de succès auprès des Parisiens (2.000 signatures).
L'opération municipale de l'O.P.A.C. de Paris sur le secteur " Roquette - Basfroi - Dallery " correspond à un hectare de quartier populaire et artisanal anéanti avec plus de 800 personnes déplacées et un micro-bassin de commerces et d'emplois réduit à néant. A la place, un bunker de béton de 250 logements, sans le moindre équipement public ni le moindre espace vert public pour le quartier !
Dès 1992, les habitants de ce quartier et l'association " Onze de pique " ont explicitement demandé une révision de ce projet avec une dédensification et un rééquilibrage au profit d'équipements collectifs et d'un jardin public de proximité.
Le 13 mars 1993, l'association " enfonce le clou ", inaugurant symboliquement un jardin imaginaire sur ce site. La presse s'en fera largement l'écho.
Malgré ces appels, la Ville et l'O.P.A.C. de Paris ont refusé le dialogue et ont choisi d'imposer leur projet et de le passer en force, contraignant l'association à saisir le Tribunal administratif qui, 2 ans plus tard, lui donnera raison en annulant le permis de construire de l'O.P.A.C. de Paris.
L'essentiel des constructions (plus de 200 logements) ont cependant été achevées et seule une parcelle de 1.700 mètres carrés reste désormais disponible au 90, rue de la Roquette. Bien que de taille modeste, ce terrain représente le dernier espoir pour les habitants de bénéficier enfin d'un vrai jardin public dans ce quartier.
Sous la pression des demandes répétées de l'association et de ses démarches auprès des Tribunaux, le projet de construction initial d'une cinquantaine de logements prévus sur ce terrain a été revu à la baisse, successivement en octobre 1996, puis en avril 1997. Un espace vert de 1.000 mètres carrés a ainsi été concédé sur cette parcelle de 1.700 mètres carrés.
Les habitants ont enregistré positivement cette évolution, mais persistent à réclamer l'aménagement du jardin sur la totalité des 1.700 mètres carrés de la parcelle, soutenus par le Conseil du 11e arrondissement qui, lui-même, a adopté un voeu dans ce sens le 16 juin 1997.
Malgré cela et en dépit de l'avis défavorable du Maire du 11e arrondissement, M. le Maire de Paris a délivré le permis de construire à l'O.P.A.C. le 23 octobre 1997 pour la construction d'un immeuble de 21 logement sur cette parcelle, permis qui a aussitôt fait l'objet d'un recours en annulation déposé, auprès du Tribunal administratif par l'association " Onze de pique ", le 27 novembre 1997.
Les habitants de ce quartier souhaitent rappeler à M. le Maire de Paris la légitimité de leurs revendications, du fait :
1°) des fortes carences en jardins publics de proximité dans ce quartier, dénoncées depuis des années, et de la taille très réduite des 1.000 mètres carrés concédés et qui ne répondent pas aux besoins très importants du quartier ;
2°) de la très forte densité de la population du quartier (plus de 400 habitants à l'hectare contre 240 en moyenne pour Paris), l'îlot Basfroi-Dallery atteignant les 900 personnes à l'hectare ;
3°) de la construction (juste achevée, en cours et en projet) dans le faubourg Saint-Antoine de près de 1.500 logements, dont 1.000 à moins de 500 mètres dans le seul micro-quartier " Roquette ", soit près de 3.000 personnes supplémentaires prévisibles pour ce quartier, ce qui va sérieusement augmenter la densité actuelle et aggraver les besoins en jardins publics dans ce secteur ;
4°) des caractéristiques du site ouvert directement sur la rue de la Roquette, axe de forte circulation, très pollué et bruyant ; seul l'aménagement des 1.700 mètres carrés en jardin permettant de dégager des espaces de tranquillité en fond de parcelle, dignes d'un jardin.
Dans son rapport du 13 janvier 1998, la Commission d'enquête sur la modification du P.O.S. du faubourg Saint-Antoine confirme cette analyse et demande à la Mairie d'inclure ce site dans le périmètre du projet de mise en valeur du faubourg (réserve n° 1) et d'accroître la superficie en espaces verts publics du secteur (recommandation n° 18).
M. le Maire de Paris retirera-t-il le permis accordé à l'O.P.A.C. pour prendre en considération ces demandes clairement et unanimement exprimées par les habitants, par l'association, par la Mairie du 11e arrondissement et par la Commission d'enquête, pour aménager un jardin public sur la totalité des 1.700 mètres carrés du terrain situé 90, rue de la Roquette ? "
Je vous donne la réponse au lieu et place de Mme Anne-Marie COUDERC, adjoint.
Le projet immobilier prévu au 90, rue de la Roquette/27-33, passage Dallery à Paris 11e constitue la dernière phase de l'opération " Basfroi-Dallery ". Séparée du reste de l'opération, cette parcelle est d'une superficie d'environ 1.700 mètres carrés de terrain.
A l'origine, le programme de construction de logements comprenait 52 logements sociaux et 657 mètres carrés d'activité avec une façade bâtie sur le passage Charles-Dallery. Les espaces libres avaient un caractère privatif. A la demande des élus de l'arrondissement et d'associations du quartier, le projet a été réduit à deux bâtiments pour permettre la création d'un jardin de 600 mètres carrés. Il était alors envisagé un jardin entre les deux constructions, ouvrant sur l'extérieur, et ayant vocation à devenir public. J'ai annoncé enfin en avril 1997 la suppression du deuxième bâtiment bordant la rue de la Roquette pour porter le jardin public de 600 à 1.000 mètres carrés.
Le programme de construction confié à l'O.P.A.C. a ainsi été réduit de façon très significative, les ajustements apportés à deux reprises conduisant à la construction d'un bâtiment de R+4 étages, sur un niveau de sous-sol, à usage principal d'habitation (21 logements en mode de financement P.L.I.) et de stationnement.
Le permis de construire a été délivré le 23 octobre 1997, en réservant les 1.000 mètres carrés libérés à un futur espace vert public.
Les logements devraient être livrés courant 1999, l'aménagement du jardin étant réalisé dans la continuité de ce chantier, avec une perspective d'ouverture au public au printemps 2000, compte tenu de la période de plantation à respecter.
Voilà mon cher collègue.
M. Jean-François BLET. - Vous n'avez pas répondu à la question qui vous était posée. Ce programme, nous le connaissons, c'est ce programme qui est contesté dans le quartier. Ce que vous demandent les riverains, l'association Onze de Pique ou d'autres associations du quartier - alors que l'emprise subsistante est de 1.700 mètres carrés, et nous nous réjouissons que 1.000 mètres carrés soient transformés en jardin, c'est que la totalité de cette parcelle qui est relativement réduite et minime soit un jardin de 1.700 mètres carrés, ce n'est pas un très grand jardin, vous en conviendrez, dans un secteur où les espaces verts font défaut, où le commissaire public a reconnu la légitimité de cette revendication et a même demandé une extension du périmètre du plan de sauvegarde afin de pouvoir prendre en considération ce problème.
La réponse, nous ne la voyons pas.
Je ne crois pas cette politique des petits pas de la Ville qui donne partiellement satisfaction mais pas totalement, qui attend que les riverains se manifestent pour donner à nouveau peut-être encore satisfaction, soit bonne.
Il serait plus simple de reconnaître la légitimité de la demande. C'est un peu un mouchoir de poche et dans ce quartier il n'y a guère d'autres terrains, sauf à détruire des immeubles bien sûr existants et qui donnent satisfaction à tous, si l'on veut créer des espaces verts.
A défaut, vous risquez à nouveau de vous trouver confrontés à des revendications, à des mouvements que vous déplorez peut-être alors qu'il serait peut-être plus sage d'ouvrir une concertation et d'accorder enfin aux riverains, aux habitants de ce faubourg les 700 mètres carrés supplémentaires qu'ils demandent.
M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Nous avons bien noté, vous avez bien admis au départ qu'une grande avancée était faite par rapport au premier projet d'origine.