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Mai 1998
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Conseil Municipal
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32- 1998, DLH 179 - Autorisation à M. le Maire de Paris de déposer une demande de permis de démolir visant un immeuble à usage d'habitation situé 18, rue Pierre-Budin (18e).

Débat/ Conseil municipal/ Mai 1998



1998, DLH 196 - Autorisation à M. le Maire de Paris de déposer une demande de permis de démolir visant 2 bâtiments à usage d'habitation situés 16, rue Pierre-Budin (18e).
1998, DLH 177 - Autorisation à M. le Maire de Paris de déposer une demande de permis de démolir visant 2 bâtiments à usage d'ancien café-hôtel meublé situés 14, rue Pierre-Budin (18e).
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DLH 179. Est-ce que Monsieur BLET accepterait que nous joignions le DLH 179 et le DLH 196 ? Le 179 concerne le 19 rue Pierre-Budin et le 196 le 16 rue Pierre-Budin.
M. Jean-François BLET. - M. BLET dans sa grande bonté, accepte même d'y joindre aussi le 177 qui concerne le 14 rue Pierre-Budin qui avait échappé au massacre par hasard mais que vous avez rajouté à l'ordre du jour de cette séance et ce n'est qu'un début.
Je vais donc intervenir conjointement sur ces 3 projets de délibération.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Accordé, Monsieur BLET. Vous intervenez sur les 3.
M. Jean-François BLET. - En plein coeur du secteur " Extension Marcadet-Poissonniers " créé le 28 septembre 1992, extension épidémique du secteur " Marcadet-Poissonniers " lancé le 11 février 1988 (c'est un peu les poupées gigognes russes), les trois permis de démolir sollicités par la Ville au 14, 16 et 18, rue Pierre-Budin, nous laissent perplexes tant les jugements techniques énoncés dans les deux projets de délibération sont lapidaires, superficiels, erronés et donc mensongers.
Concernant le 18, rue Pierre-Budin, vous dites que l'immeuble est " en état d'insalubrité et de délabrement avancé, notamment en ce qui concerne l'escalier, la couverture et la façade du bâtiment sur rue ".
Or cet immeuble, constitué d'un bâtiment sur rue de trois étages et d'un bâtiment sur cour de trois étages, reliés au 1er par une passerelle, est en état tout à fait satisfaisant. Sa façade sur rue avec son enduit au ciment est en bon état. Même chose pour les façades sur cour. L'escalier, lui aussi, est en bon état, avec sa belle boule de laiton au rez-de-chaussée, ses paliers intermédiaires en belles tomettes rouges et une rampe en parfait état. Seuls, je vous le concède, trois barreaux entre le 2e et le 3e étages sont abîmés. Sur un total de 93 barreaux, (vous voyez que je les ai tous comptés !), l'un est manquant, les deux autres sont descellés et une vis suffirait à les remettre d'aplomb. Pour un prix dérisoire, quelques vis y pourvoiront aisément. Mais tout le reste de l'escalier est en très bon état, pas le moindre signe d'affaissement, de faiblesse ou de dégradation.
L'état général du bâtiment sur rue et du bâtiment sur cour est bon, ce qui est en totale contradiction avec vos propos.
Tout nous laisse donc penser que l'immeuble était en excellent état lorsque la Ville l'a acheté, le 24 juillet 1991, soit il y a sept ans, vu son état actuel.
Concernant le 16, rue Pierre-Budin, vous dites que l'immeuble est " en mauvais état, avec des désordres importants, notamment en ce qui concerne la couverture, la façade et l'escalier ".
Mais, Monsieur le Maire, la façade de cet immeuble de deux étages est en excellent état ! Pas la moindre petite fissure, pas le moindre signe d'affaissement, une peinture quasiment neuve... Même si les volets ont été retirés et qu'une des fenêtres a été blindée par la Ville, cette façade n'est pas en mauvais état et ne présente pas de désordres importants, comme vous l'affirmez sans vergogne.
Monsieur le Maire, vos propos concernant l'état de ces immeubles sont gravement mensongers dans le seul but d'argumenter un choix sans fondement autre que la destruction.
Par ailleurs, pour le 18, vous dites que les derniers lots sont en cours d'acquisition. Comment demander alors la démolition d'un immeuble dont vous n'êtes que copropriétaire ?
Bref, ces démolitions sont inadmissibles.
Vous dites que ces démolitions permettraient la réalisation d'un programme de logements. Mais il existe de nombreuses solutions bien moins coûteuses pour assurer la pérennité et améliorer le confort des logements existant dans ces deux immeubles !
En fait, votre objectif est de casser le parcellaire, l'O.P.A.C. souhaitant, outre le 16 et le 18 qui nous sont soumis aujourd'hui, y adjoindre le 14 et détruire cet hôtel meublé.
Par ailleurs, à moins de 10 mètres, au 51, rue des Poissonniers, une friche de 303 mètres carrés attend désespérément un programme de construction depuis bientôt dix ans, quand on voit le permis de construire qui est affiché, puisque le permis de construire périmé date du 16 décembre 1990. Ce n'est donc pas le terrain qui manque pour réaliser de nouveaux logements dans ce quartier.
Monsieur le Maire, votre politique sur ce quartier est inepte, sans cohérence, sans programmation, à vrai dire il n'y a pas de politique du tout ! Vous ne faites qu'aligner des actions indépendantes fondées sur des analyses techniques erronées.
Quand on veut abattre son chien, on dit qu'il a la rage, telle est la devise de l'analyse urbaine à visage inhumain.
Ainsi, l'immeuble du 59, rue des Poissonniers, à côté de la permanence de notre collègue Jean-Pierre PIERRE-BLOCH, sera heureusement réhabilité. Ce voisinage prestigieux lui aurait-il sauvé la vie ? De grâce, que M. Jean-Pierre PIERRE-BLOCH ouvre d'autres permanences dans le quartier !
Enfin, les bâtiments du 11-13, rue Pierre-Budin, en face des 16 et 18, illustrent à merveille le travail d'une réhabilitation. Ce sont des immeubles exactement du même type que ceux que vous vous apprêtez à démolir. Bien que construit à la même époque, cet ensemble faubourien d'architecture similaire constitué de bâtiments de un, deux et trois étages et de cours, a subi deux traitements différents. Le n° 13 est resté sans entretien et présente un aspect dégradé. Le n° 11 a été récemment réhabilité et est en très bon état. Entre les deux, il n'y a qu'un pas, il n'y a qu'un choix : celui de la réhabilitation et le succès est éclatant.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. BULTÉ pour répondre à M. BLET.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Je crois là encore que M. BLET n'a qu'une vision très furtive de la qualité des immeubles qu'il décrit, puisqu'il dit qu'il n'y a pas une fissure, mais en réalité il y a de nombreuses fissures sur l'immeuble qu'il a évoqué et ce qu'on appelle un " ventre " en rez-de-chaussée de l'immeuble, c'est-à-dire un gonflement du mur de façade qui est, bien entendu, très fragilisé.
Donc, par délibération, je le rappelle à M. BLET, du 28 septembre 1992, notre Conseil a institué ce qu'on appelle un droit de préemption urbain renforcé sur le secteur d'aménagement " Extension Marcadet-Poissonniers ", dans le 18e arrondissement. Ce droit de préemption urbain renforcé a été instauré pour permettre l'extension d'opérations menées par l'O.P.A.C. sur le secteur " Marcadet-Poissonniers " initiées par la Déclaration d'Utilité Publique approuvée par notre Conseil le 11 février 1998.
Sur le secteur d'extension d'opération, la Ville de Paris s'est d'ores et déjà rendue propriétaire des immeubles 14, 18, rue Pierre-Budin, alors qu'elle est en cours d'acquisition d'une partie des lots restants dans l'immeuble du 16, rue Pierre-Budin. En effet, l'état de dégradation avancée de ces immeubles justifie une action de démolition-reconstruction. Il ressort des analyses techniques effectuées sur ces immeubles que leur mauvais état général, à la limite là encore de l'insalubrité, ne permet pas d'envisager une réhabilitation à un coût acceptable, alors que le maintien pose à brève échéance le problème de la sécurité des habitants.
Ainsi, les services municipaux compétents ont constaté de nombreux désordres importants affectant la solidité des structures des immeubles situés d'ailleurs dans une zone d'anciennes carrières.
L'immeuble en copropriété situé au 16, rue Pierre-Budin, est très vétuste et l'immeuble communal du 18, rue Pierre-Budin, du côté cour, est dans un état de délabrement - Monsieur BLET, je vous invite à y aller - avancé.
Les trois immeubles visés par notre projet de délibération sont en grande partie occupés. Il s'agit, d'une part, de locataires en titre, qui sont en cours de relogement et, d'autre part, d'occupants sans titre, pour lesquels des procédures sont en cours.
Il ressort des études menées par les services municipaux que la démolition de ces immeubles permettrait la reconstruction d'un programme d'une quinzaine de logements sociaux sur la parcelle libérée sur l'ensemble de ces adresses.
Là encore, Monsieur le Maire, nous avons présenté ces projets de délibération, après en avoir bien entendu informé les élus de cet arrondissement, et l'ensemble du Conseil du 18e arrondissement, à l'unanimité, s'est prononcé pour ce projet de délibération.
Merci.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je remercie M. BULTÉ et je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 177.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mme SCHNEITER s'étant abstenue, Mmes BILLARD, SCHERER, SILHOUETTE et M. BLET ayant voté contre. (1998, DLH 177).
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 179.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mme SCHNEITER s'étant abstenue, Mmes BILLARD, SCHERER, SILHOUETTE et M. BLET ayant voté contre. (1998, DLH 179).
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 196.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mme SCHNEITER s'étant abstenue, Mmes BILLARD, SCHERER, SILHOUETTE et M. BLET ayant voté contre. (1998, DLH 196).
Je vous remercie. Tout cela, c'était la rue Pierre Budin.