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Mai 1998
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22- I - Question d'actualité de M. Philippe GOUJON, au nom du groupe " Rassemblement pour Paris ", à M. le Préfet de police, sur l'évolution de la délinquance à Paris durant le premier trimestre 1998.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 1998



M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous allons prendre d'abord une question d'actualité de M. Philippe GOUJON, au nom du groupe " Rassemblement Pour Paris ", à M. le Préfet de Police, sur l'évolution de la délinquance à Paris durant le premier trimestre 1998.
La parole est à M. GOUJON.
M. Philippe GOUJON, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Préfet, mes chers collègues, à ce jour, séance de notre Conseil, donc le 4 mai 1998, les chiffres de la délinquance à Paris pour le mois de mars dernier n'ont toujours pas été portés à la connaissance des Parisiens et de leurs élus. Il me semble d'ailleurs qu'il n'y a pas d'exemple d'un tel retard qui porte sur plus d'un mois ; nous devrions même aujourd'hui connaître ceux du mois d'avril et nous ne disposons pas encore de ceux de mars, ceux de février ont déjà été publiés avec retard, prétexte pris à notre grande surprise d'ailleurs - j'ai eu l'occasion de vous le dire, Monsieur le Préfet, à l'époque -, de la campagne pour les élections régionales.
Pourtant, la connaissance de ces statistiques est un droit pour les Parisiens et un outil de travail indispensable pour leurs élus.
Au demeurant, vous-même, Monsieur le Préfet, avez déclaré lors de notre débat budgétaire des 23 et 24 mars derniers - vous me permettrez de vous citer - " La période de réserve qui tient à la conjoncture électorale étant maintenant achevée, je continuerai comme par le passé à vous rendre destinataires des éléments d'informations positifs et négatifs en ce domaine ". Vous rajoutiez : " J'ai le désir, ainsi que mes collaborateurs, d'informer les élus de Paris et l'ensemble des élus de la Capitale de la situation dans le domaine de la délinquance ".
Nous vous en avons donné acte et n'avons jamais douté un instant de cet engagement. Or, il y a tout lieu de craindre que les chiffres de mars ne soient pas bons et que les Parisiens aient à connaître une fois encore une forte aggravation de la délinquance qui viendrait s'ajouter d'ailleurs aux mauvais résultats de décembre, de janvier et de février.
Il semblerait, en effet, que pour mars, une hausse qu'alors je qualifierai d'historique, mais vous pourrez peut-être la confirmer ou l'infirmer, Monsieur le Préfet, de 12 % des crimes et délits commis dans la Capitale ait été constatée par rapport au mois de mars de l'année précédente, ce qui porterait pour le premier trimestre la progression de la délinquance à 7 %, certains arrondissements auraient même enregistré une hausse de plus de 20 % !
Confirmez-vous, Monsieur le Préfet de police, ces chiffres particulièrement graves et inégalés depuis des années dans la Capitale ?
Nos craintes exprimées il y a peu encore sur l'inversion des tendances de la délinquance à Paris depuis le second semestre 1997, (arrivée de la gauche au pouvoir, je le rappelle au passage !) se confirment mois après mois !
L'avenir ne paraît malheureusement pas placé sous les meilleurs auspices ; en effet, le redéploiement des effectifs tel que le préconise un certain nombre de rapports, le rapport LE ROUX, le rapport HYEST-CARRAZ, au détriment de la Capitale qui connaît pourtant déjà un déficit que l'on peut estimer à plus de 1.000 policiers en sécurité publique, ne peut que nourrir nos inquiétudes.
Au demeurant, ces rapports n'ont pas cru devoir retenir Paris parmi les 25 départements qui vont bénéficier d'un renforcement de leurs effectifs policiers alors même que notre Ville enregistre le plus fort taux de criminalité par habitant.
A cette préoccupation, s'ajoutent la démotivation profonde de la Police judiciaire parisienne constatée d'ailleurs par la baisse du taux d'élucidation et générée, partiellement au moins, par la réforme des frais de police qui léserait les O.P.J. parisiens, lesquels ont entamé une grève du zèle, les amenant à ne plus effectuer d'enquêtes d'initiative.
Je crois que jamais dans l'histoire de la P.J., dont on vient de commémorer le 90e anniversaire, n'a eu lieu un mouvement d'une telle ampleur...
(Brouhaha à gauche).
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Ne vous laissez pas intimider, Monsieur GOUJON !
M. Philippe GOUJON, adjoint. - Monsieur le Président de la Commission de sécurité de la Région, ayez un peu de patience !
Le rétablissement de la sécurité à Paris s'impose donc de toute urgence et implique une mobilisation immédiate et des moyens supplémentaires mis à votre disposition. Vous-même, Monsieur le Préfet, en faites la condition première pour la réussite de votre réforme.
Pour conclure, nous pensons au groupe " R.P.P. " que seule une volonté gouvernementale clairement affirmée, alliée à une politique de grande fermeté contre toutes les formes de délinquance assortie d'un puissant renforcement des moyens, d'une réorganisation plus performante sur le terrain, conditionnent durablement et de façon crédible le rétablissement de la sécurité à laquelle les Parisiens aspirent.
Après nous avoir éclairé sur la délinquance de mars, d'abord globalement puis par type de délits et par arrondissement, quelles garanties pouvez-vous nous apporter pour répondre à nos attentes ?
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La parole est à M. le Préfet de police.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire, je répondrai sur deux plans.
Je dirai à M. GOUJON, d'abord, concernant les statistiques de la délinquance, que toutes les procédures d'élaboration des données trimestrielles sur la délinquance à Paris ne sont pas à ce jour terminées, tel est notamment le cas de la vérification d'un certain nombre d'éléments et de la ventilation par type de délits et par arrondissements.
Lorsque ces travaux seront disponibles, ces statistiques seront portées à la connaissance du Conseil de Paris dans les mêmes conditions qu'habituellement. C'est le premier point de ma réponse.
Le deuxième point est le suivant : en ce qui concerne d'éventuels redéploiements d'effectifs policiers de Paris au profit d'autres départements, le Conseil de Sécurité intérieure, qui s'est réuni le 27 avril dernier sous la présidence du Premier Ministre, en présence du Ministre de l'Intérieur, a retenu une autre orientation que celle que votre Conseil aurait pu redouter.
Le Conseil de Sécurité intérieure a, en effet, décidé " qu'à Paris, la réforme de la Préfecture de police engagée par le Ministre de l'Intérieur permettra d'assurer une présence accrue des policiers sur la voie publique ".
C'est ainsi que dans le cadre de la réforme des services actifs de la Préfecture de police, plus de 7.000 fonctionnaires seront redéployés à partir des directions actives de police actuelles de la Préfecture de police, et qu'ils seront affectés exclusivement à des tâches de police urbaine de proximité dans tous les arrondissements de la Capitale.
Il s'agira donc d'un redéploiement interne à l'intérieur de la Préfecture de police et non pas d'un redéploiement au bénéfice de circonscriptions extérieures à la Capitale. Ce n'est, en effet, pas l'hypothèse retenue par le Conseil de Sécurité intérieure.
Le communiqué gouvernemental s'en était fait l'écho ; je suis heureux de le confirmer aujourd'hui.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Monsieur le Préfet de police, merci.
M. Bertrand BRET. - Il n'y a pas de réponse ! Règlement intérieur !
M. Bertrand DELANOË. - Il y a des règles !
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Pour l'instant, si vous permettez, c'est vous qui répliquez !