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Mai 1998
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Conseil Municipal
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25- IV - Question d'actualité du groupe " P.A.R.I.S. " à M. le Maire de Paris sur la réforme des méthodes de la Ville de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 1998



M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la question d'actualité du groupe " P.A.R.I.S. ".
Qui demande la parole ? Monsieur TOUBON.
M. Jacques TOUBON, adjoint, maire du 13e arrondissement. - Monsieur le Maire, je voudrais m'exprimer sur la réforme des méthodes de la Ville et prendrai pour cela 3 exemples de dossiers importants pour la Ville et les Parisiens.
Le Paris-Saint-Germain, d'abord.
Notre groupe, en particulier Yves GALLAND, administrateur du Club et vice-président du Groupe " P.A.R.I.S. " a tenu un rôle déterminant.
Le Conseil de Paris va être à même de débattre au grand jour de l'avenir de ce grand club et du Parc-des-Princes, lors d'une prochaine séance. Si nous n'avions pas pesé pour le retrait des trois projets de délibération prévus pour aujourd'hui, nous aurions été amenés à voter sans avoir les moyens de connaître la teneur précise du dossier et d'apprécier les conséquences de nos votes.
Grâce au débat qui va s'engager, nous pourrons définir de fortes relations entre l'équipe, le club, la Ville et le stade ; d'ici à la prochaine séance du Conseil municipal une négociation dont les termes seront connus de tous s'établira.
Pour la Salle Pleyel, on parle d'un accord entre la Ville et l'Etat tendant à l'acquisition de la salle par la Ville. Il n'est pas pensable de prendre un éventuel engagement de la Ville avec le propriétaire et l'Etat, sans un débat approfondi, ouvert et préalable.
Quant au tramway du sud de Paris, c'est un des projets majeurs des prochaines années. La décision ne peut être préparée (je dis bien préparée) seulement par des techniciens et sur des arguments techniques.
Monsieur le Maire, vous avez, en diffusant vos orientations, sans concertation, fermé la porte aux élus de la majorité.
Sur les dossiers évoqués et sur l'ensemble des affaires de la Ville, êtes-vous décidé à prendre en compte les avis et les propositions de tous les groupes, de tous les élus, à faire traiter les dossiers avant toute décision sous l'autorité des élus responsables ? Etes-vous décidé à travailler avec nous en toute transparence sous les yeux des Parisiens ?
C'est la condition même du succès de notre majorité dans trois ans.
Pour gagner, il faut changer. Si nous ne changeons pas, si la majorité municipale, l'exécutif municipal ne change pas de méthode et de priorités, nous continuerons à perdre, comme malheureusement nous l'avons fait depuis trois ans.
Les élus de notre groupe ont essayé depuis 1995 de vous convaincre, ainsi que votre entourage, de répondre réellement et mieux aux aspirations des Parisiens. Nous avons joué le jeu de la majorité.
Vous avez, et les groupes R.P.P. et " Paris-Libertés " avec vous, refusé de bouger.
Une fois les élections régionales passées, à trois ans de l'élection municipale, nous avons jugé que le temps était venu de donner les moyens à la majorité de se mettre en mouvement.
En exerçant notre liberté d'élus, nous avons créé de nouvelles conditions de fonctionnement de la majorité. Ce n'est pas une rupture avec la majorité, c'est le refus de poursuivre dans la fatalité de la défaite de cette majorité.
Voilà pourquoi nous disons en public aujourd'hui ce que nous avons dit hier au sein de l'exécutif municipal et des groupes traditionnels.
Par votre lettre aux Présidents de groupes, vous avez fermé la porte de la concertation qu'il fallait engager pour établir ensemble un projet commun à tous les élus de la droite et de la majorité, projet commun que nous avons proposé dès le 6 avril et que nous souhaitons toujours. C'est à tous les Parisiens, en effet, Monsieur le Maire, que nous pensons, c'est eux que nous voulons servir ensemble. Pour gagner leur coeur, pour regagner leur coeur, il faut changer dès maintenant notre façon d'être et d'agir. Il faut leur parler, les écouter, les entendre, leur redonner confiance et ambition.
(Applaudissements sur les bancs du groupe " P.A.R.I.S. ").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous avez fait une intervention qui n'a rien de commun avec les questions d'actualité, mais je vais y répondre.
Vous avez parlé de porte fermée à la concertation.
Je dis que c'est un mensonge absolu.
La réponse... Monsieur RÉMOND, si cela vous déplaît, c'est la même chose ! Ce que j'ai indiqué était une ouverture et un dialogue après avoir reçu les Présidents de groupes.
Je répète ce que j'ai indiqué ce matin.
J'ai reçu les Présidents de groupes, oui Monsieur REMOND...
M. Bertrand DELANOË. - De la majorité.
M. LE MAIRE DE PARIS. - ... oui, de la majorité, c'est vrai, j'ai écouté leurs propositions, observations et suggestions. Je n'ai d'ailleurs pas trouvé, ni ce matin, ni cet après-midi, et je vais donner des exemples, de changement de fond, mais enfin... je suis prêt à écouter les propositions lorsqu'elles viendront.
J'ai envoyé une lettre, après ces auditions, en intégrant ces propositions et les miennes. Je l'ai fait sur un ton non d'agressivité mais sur un ton permettant l'ouverture et le dialogue.
Donc, c'est un mensonge de dire que j'ai fermé la porte. C'est tout à fait l'inverse, c'est vous, Monsieur TOUBON, maintenant, et c'est M. GOASGUEN, ce matin, qui avez, dans des conditions que je condamne, refusé de dialoguer et de faire des propositions contraires ou complémentaires par rapport à ce que nous avons fait.
C'est ma première observation.
La deuxième observation, c'est que vous dites, d'une manière contraire à la vérité, que vous avez fait des propositions depuis trois ans. C'est tout à fait inexact !
Pendant trois ans, vous avez approuvé la totalité des textes qui ont été soumis au Conseil de Paris !
Plusieurs Conseillers à gauche. - C'est vrai ! C'est vrai !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Pendant trois ans, vous avez voté, et je m'en réjouis, le budget qui a été soumis au Conseil de Paris !
M. Pierre SCHAPIRA. - On atteste !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Et il y a quelques semaines, les textes qui ont été lus ici par les représentants actuels de votre groupe approuvaient totalement les orientations et les budgets qui ont été soumis à votre appréciation !
M. Bertrand DELANOË. - C'est vrai !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Alors, ne dites pas... Monsieur GALLAND, calmez-vous et soyez moins excité, ce serait mieux pour tout le débat !
Le budget a donc été voté à l'unanimité par la majorité.
Je voudrais prendre les exemples que vous avez signalés... Monsieur DESTREM, vous permettez que je continue ?... Je vous en remercie...
M. Alain DESTREM, adjoint. - Je disais à M. GALLAND qu'il n'avait plus de statut !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Le P.S.G., c'est vraiment l'exemple le plus mauvais que vous pouviez choisir ! Vraiment le plus mauvais !
M. Pierre SCHAPIRA. - Menteur et mauvais !
M. LE MAIRE DE PARIS. - S'il y a bien un sujet auquel je suis attentif sur le fond, car je soutiens totalement le P.S.G. depuis longtemps et je me réjouis de sa victoire à la finale de la Coupe de France samedi...
(Applaudissements)
... s'il y a bien un sujet qui a retenu mon attention, c'est celui-ci. Et s'il y a bien un sujet où la concertation s'est voulue la plus large, la plus ouverte et la plus complète, c'est bien celui-ci. J'ai déclaré depuis longtemps que rien ne serait décidé en ce qui concerne le P.S.G. sans qu'il y ait une concertation totale avec, notamment, l'ensemble des groupes du Conseil de Paris...
M. Jacques BRAVO. - C'est vrai.
M. LE MAIRE DE PARIS. - ... Dès que les dirigeants du Paris-Saint-Germain, ou plutôt de Canal + et du conseil d'administration, ont enfin, après de larges concertations avec les uns et les autres, ce qui était leur droit, décidé, après que j'aie beaucoup insisté pour qu'il en soit ainsi, officieusement et publiquement, de rester à Paris, au Parc-des-Princes, j'ai immédiatement demandé qu'il y ait une réunion - je l'ai faite - des représentants de la Ville au conseil d'administration du Paris-Saint-Germain - M. GALLAND y est venu - et j'ai ensuite réuni les représentants des groupes de l'Hôtel-de-Ville, nous avons examiné le problème et j'ai réaffirmé à cette occasion qu'aucune décision ne serait prise sans l'accord des groupes de la majorité...
M. Bertrand DELANOË. - ... de l'ensemble des groupes...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Pardon, de l'ensemble du Conseil de Paris !
M. Bertrand DELANOË. - Il confond...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Cela, c'était une interprétation large.
M. Alain DESTREM, adjoint. - Bien sûr.
M. LE MAIRE DE PARIS. - ... qui peuvent être examinées... sur le point de savoir s'il fallait, ce que je souhaite, plus de dix ans de maintien, quel était le détail du montant des travaux qui devaient être effectués, et sur toutes les demandes annexes de subventions, etc.
Tout cela a été examiné dans son principe et ne sera tranché qu'après concertation générale.
Donc, le sujet est vraiment, mon cher collègue, mal choisi...
M. Jacques TOUBON, adjoint, maire du 13e arrondissement. - Heureusement qu'on était là !
M. Yves GALLAND, adjoint. - Oui, heureusement !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Mais, Monsieur GALLAND, vous essayez de raconter, excusez-moi, n'importe quoi !
M. Yves GALLAND, adjoint. - Non, non, non.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Le projet qui était soumis était le texte relatif à la Loi " SAPIN "...
M. Yves GALLAND, adjoint. - Trois fois...
M. LE MAIRE DE PARIS. - ... et, à la demande d'un Président de groupe, il a été demandé si ces projets pouvaient être reportés jusqu'à la fin de la négociation, au mois de juin. Sur avis et, je ne veux pas manquer de le signaler, à la demande de M. DELANOË, ce texte a été reporté au mois de juin et je m'en réjouis.
(Applaudissements à gauche).
Il faudrait d'ailleurs qu'on sache si la Ville de Paris doit participer pour moitié...
M. Bertrand BRET. - On écoute les gens sérieux, ici.
M. LE MAIRE DE PARIS. - ... pour les deux tiers des travaux.
M. Yves GALLAND, adjoint. - Je ne vous l'avais pas demandé.
M. Jacques TOUBON, adjoint, maire du 13e arrondissement. - Heureusement que la gauche est dans la majorité !
M. LE MAIRE DE PARIS. - La vérité m'oblige à le dire.
D'autre part, certains avaient demandé, mes chers collègues, que la Ville participe aux deux tiers des dépenses d'investissement, et d'autres à la moitié.
M. Bertrand DELANOË. - Exact.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous-même défendiez les deux tiers.
M. Yves GALLAND, adjoint. - Jamais. Je vous ai écrit, Monsieur le Maire, le 27 novembre.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Sous le contrôle des élus du Conseil d'administration.
Tout cela mérite décision.
M. Yves GALLAND, adjoint. - Je vous ai écrit, heureusement !
M. LE MAIRE DE PARIS. - C'est donc un bien mauvais sujet.
Mes chers collègues, sur Pleyel, c'est à la suite d'un accord de l'état-major politique, auquel vous étiez représenté, qu'il nous a été demandé d'être présents dans l'avenir de Pleyel.
Un état-major politique auquel M. GOASGUEN appartenait....
M. Claude GOASGUEN, adjoint. - Mais il n'était pas là.
M. LE MAIRE DE PARIS. - L'état-major politique engage tous ceux qui en font partie. Cela, c'est trop facile.
Mais bien entendu, M. GOASGUEN...
M. Claude GOASGUEN, adjoint. - Ne venait plus parce qu'il s'ennuyait.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous êtes venu à la dernière réunion.
M. Claude GOASGUEN, adjoint. - Pour le P.S.G., j'ai expliqué que je n'étais pas d'accord.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Ce n'est pas bien de prendre cette attitude. Calmez-vous !
Ce n'est pas digne pour un adjoint... un ancien adjoint d'avoir cette attitude. C'est indigne, Monsieur GOASGUEN. Vos déclarations de ce matin à l'égard du Maire de Paris sont indignes et je vous le dis les yeux dans les yeux.
M. Claude GOASGUEN, adjoint. - Et moi, je vous dis les yeux dans les yeux que je ne regrette rien.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Quant à l'affaire de la décision Pleyel, il est bien évident qu'aucune décision ne sera prise sinon par le Conseil de Paris.
Le troisième point, pour bien montrer l'inanité des propos rapportés, concerne les tramways. Depuis mon élection, j'ai dit qu'il fallait ce tramway à Paris. Je suis allé à plusieurs reprises sur place.
Cette compétence est celle de l'Etat, chacun le sait. Mais la Ville était présente et la Mairie de Paris souhaite qu'il y ait un tramway. Il y a une Commission présidée par le Préfet de Paris dont nous attendons les conclusions techniques et financières pour savoir s'il faut le faire sur le boulevard des Maréchaux ou sur la petite ceinture.
J'ai dit ici que les deux projets se défendaient et que, pour l'instant, les éléments qui m'avaient été soumis plaidaient plutôt pour le boulevard des Maréchaux, avec la R.A.T.P. mais que j'étais ouvert au dialogue si l'on m'apportait des solutions.
Il faut que l'Etat nous apporte des éléments techniques, des éléments financiers et à ce moment-là, on verra comment régler le problème.
Sur ces trois points, Monsieur TOUBON, je n'ai aucune leçon à recevoir ni sur la procédure ni sur le fond des problèmes.
M. Alain DESTREM, adjoint. - Mais il faut que cela avance.