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Mai 1998
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19- 1998, DLH 158 - Autorisation à M. le Maire de Paris de déposer une demande de permis de démolir visant 2 bâtiments à usage d'habitation et de commerce situés 9, cité de l'Avenir (11e).

Débat/ Conseil municipal/ Mai 1998



M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DLH 158 : autorisation à M. le Maire de Paris de déposer une demande de permis de démolir visant deux bâtiments à usage d'habitation et de commerce situés 9, cité de l'Avenir (11e)
Madame SCHNEITER, vous avez la parole.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, je voudrais tout d'abord rappeler à M. BULTÉ que ce n'est pas parce que j'ai groupé toutes mes interventions sur le 18e et 19e qu'il ne faudrait pas qu'il me réponde sur les questions que je lui ai précisément posées, notamment sur les relogements.
D'autre part, je dirai que ce n'est pas un critère suffisant de dire qu'un Conseil d'arrondissement a voté pour une démolition en accord avec vous, et c'est d'ailleurs bien pour cela, qu'en tant qu'écologiste, je n'approuve pas les prises de position de l'opposition en ce qui concerne l'urbanisme.
Monsieur le Maire, vous nous demandez de voter un permis de démolir 9 cité de l'Avenir dans le 11e arrondissement. Vous avez lancé cette opération il y a quelques années, les immeubles de la parcelle en question, ont déjà été démolis pour être ultérieurement remplacés par des logements.
Ne croyez-vous pas qu'il faut savoir s'arrêter un jour et ne pas rajouter des logements dans un quartier qui, certes, a du charme, mais qui est déjà surdensifié ?
Voilà encore un projet qui ne convient pas aux besoins de ce quartier et que contestent, pour ne pas changer, bon nombre d'habitants ?
Vous savez pourtant que le Nord du 11e manque cruellement d'équipements publics ? Je ne peux que revenir sur le problème des jardins dans le 11e arrondissement. J'ai feuilleté le livre " Paris aux 400 jardins " qui m'a été offert par Mme de PANAFIEU et je ne m'étonne plus de ne pas en connaître plus de la moitié.
Ces jardins sont en fait des places, des placettes ou des terre-pleins centraux en général d'une superficie allant de 92 à moins de 500 mètres carrés.
Mais on nous explique que 1.700 mètres carrés de jardins, pour le 11e, c'est trop petit ! Il est vrai que ce n'est pas grand, mais c'est mieux que rien, d'autant qu'un autre jardin pourrait être installée à l'angle de la rue et du passage des Taillandiers sur 1.200 mètres carrés. Voilà pour les jardins que vous ne voulez pas créer dans le 11e.
J'en reviens maintenant au 9, cité de l'Avenir. En ajoutant la parcelle du n° 9 à celles qui sont déjà démolies, vous pourriez construire une piscine à cet endroit. Vous refusez de négocier avec les habitants et les associations qui savent pourtant mieux que vous ce qui leur serait utile ou non en matière d'équipements.
C'est une position inacceptable. Je me demande aussi pourquoi le Maire du 11e et son Conseil d'arrondissement laissent faire, sans se battre en faveur de la création de cette piscine qui répondrait aux souhaits des habitants ?
Par ailleurs, si ces logements sont occupés par des personnes, sans droit ni titre, que vont-elles devenir ? Vous résignez-vous à les voir grossir le rang des sans-abris ?
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. BLET.
M. Jean-François BLET. - Monsieur le Maire, Monsieur BULTÉ, il y a la langue de bois, c'est une chose, mais vous, vous en arrivez à la langue de caoutchouc pour justifier des démolitions.
Le seul argument que vous m'opposez est un argument d'autorité : " la gauche est avec moi ".
Je ne vous savais pas à court d'argumentaire à ce point, Monsieur BULTÉ.
En ce qui concerne la gauche plurielle, laissez-la vivre sa vie ! Occupez-vous de la droite protéiforme, vous aurez déjà suffisamment à faire !
En ce qui concerne le 18e, je constate que M. VAILLANT, sur tous les dossiers qui viennent aujourd'hui, en séance a, par courrier, régulièrement alerté le Maire de Paris. J'ai lu ses courriers avant de venir en séance. Il lui a toujours demandé que le débat s'ouvre sur le choix à effectuer entre la réhabilitation et la destruction-reconstruction. C'est ce choix-là que vous n'offrez pas. C'est là où vous passez en force. Nous ne sommes pas d'accord là-dessus.
Les possibilités de réhabilitation existent. Je comprends le désarroi d'un Maire face à la situation de pourrissement d'un quartier, devant les friches et immondices qui s'accumulent, et c'est le cas du secteur évoqué, et je comprends son désarroi, je comprends qu'il puisse préférer en sortir.
Cette politique, de la part de la Ville, est scandaleuse.
La cité de l'Avenir est située en secteur D.S.U. et devait, à ce titre, faire l'objet de toutes les attentions de vos services, qu'il s'agisse de requalifier le tissu urbain ou le tissu social.
Mais la cité de l'Avenir est un haut lieu de déréliction.
Les pavés absents et la bordure du trottoir défaillante ne sont pas volontairement remplacés. Que font les services de la Ville ? Que fait l'adjoint chargé de la voirie ? Pourquoi sont-ils défaillants alors que la Mairie est propriétaire aux 4-5 de la cité de l'Avenir. Pourquoi désertez-vous l'Avenir ?
La cité de l'Avenir est une cité bombardée, bordée de friches à l'est comme à l'ouest et de fenêtres murées lorsqu'il subsiste quelques immeubles au nord comme au sud.
Les premiers lots ont été acquis il y a 11 ans en 1987. 11 ans d'un long martyrologue pour rayer de la carte un passage en coeur d'îlot, une cité populaire, un parcellaire faubourien, 11 années d'acharnement pour rayer l'Avenir de la carte.
Et pourquoi ? Pour rien. Quel est votre projet ? Nous n'en savons rien.
La R.I.V.P. aurait souhaité y implanter une cité d'artiste, mais depuis quelques mois, la D.A.U.C. envisagerait une quarantaine de logements.
Par contre le projet des habitants du 11e et de leur mairie est clair : ils réclament un équipement public, une piscine, qui fait actuellement cruellement défaut dans ce quartier.
Seuls deux terrains publics, propriétés de la Ville de Paris peuvent dans ce secteur satisfaire ce besoin, le 91-93, rue Oberkampf et la cité de l'Avenir. Depuis trois ans, en guise d'urbanisme à visage humain, c'est le silence radio, l'absence totale de dialogue. Qu'attendez-vous, Monsieur le Maire, pour ouvrir la concertation sur ce projet ?
En fait, pour l'heure, votre seul projet, c'est l'expulsion des plus démunis, c'est le rejet des habitants qui ont eu le tort de croire en l'avenir.
N'insultez pas l'Avenir ! Ne détruisez pas l'Avenir !
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La parole est à Mme SILHOUETTE.
Melle Cécile SILHOUETTE. - Merci.
Vous nous demandez d'approuver encore un projet de démolition au 9, cité de l'Avenir. Il est vrai que cette cité est laissée à l'abandon depuis longtemps, comme vient de le relever M. BLET. Des décisions sont par conséquent nécessaires pour réhabiliter ce passage. Dans ce projet, comme dans beaucoup d'autres qui nous sont proposés aujourd'hui, comme l'a fait remarquer Mme SCHNEITER, vous indiquez qu'il y a des occupants. Certains vont être relogés et vous dites qu'ils sont " en cours de relogement ". Où leur a-t-on proposé un logement ? Dans le quartier ? A Paris ? En banlieue ?
Je souhaite des réponses à ces questions. D'autres occupants vont être tout bonnement et simplement expulsés car ils ne sont pas occupants de bonne foi. La Ville est-elle de bonne foi ?
Vous savez très bien, Monsieur le Maire, que la situation du logement à Paris est loin d'être résolue, et qu'en particulier, celle du logement social conserve toute son opacité en ce qui concerne les attributions.
Ces personnes dont vous parlez ne sont-elles pas inscrites au fichier des demandeurs de logements par exemple ? N'ont-elles pas cherché d'autres possibilités de logement avant de se trouver obligées de s'installer dans ces appartements ? N'ont-elles pas été victimes de propriétaires malveillants ? Bref, beaucoup de questions restent sans réponse quand on parle de logements à Paris !
Ce scandale du logement social est permanent. Si la transparence, dont tout le monde se prévaut aujourd'hui, est nécessaire, c'est d'abord dans ce domaine. C'est pourquoi nous n'acceptons pas ces expulsions sans relogement, et en conséquence, nous voterons contre cette délibération et contre toutes celles qui proposent des expulsions sans relogement.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à Michel BULTÉ pour répondre aux intervenants.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Très rapidement, Monsieur le Maire, M. BLET disait que ce n'était pas une référence et que cela ne devait pas être ma référence du fait que la gauche plurielle avait voté le projet. Bien entendu que non ! Je disais tout simplement que ces projets sont les résultats d'un dialogue et d'une concertation qui a lieu dans les arrondissements concernés, et ce, quelles que soient les tendances politiques qui puissent s'exprimer.
Vous souhaitiez le dialogue et la concertation. Nous arrivons en fin de course. Là encore, en ce qui concerne ce projet de délibération, il a été voté à l'unanimité par le Conseil d'arrondissement concerné y compris, Monsieur BLET, dans le 11e, par les représentants écologistes de cet arrondissement.
Tout simplement, ce que je veux dire, c'est que l'on est en bout de course par rapport à la mise au point de ce dossier, et il y a bien lieu d'en tenir compte.
Je reviendrai sur le problème des relogements. Mme SILHOUETTE a soulevé ce problème fort justement. Nous sommes en ce moment bien entendu sur ce dossier important en cours d'examen par la DLH. Il y a, comme je vous l'ai dit précédemment, un examen au cas par cas des familles concernées.
Nous vous fournirons bien volontiers, si vous voulez, la situation exacte d'ici quelque temps des relogements qui sont en cours.
Merci, Monsieur le Maire.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 158.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mmes SCHERER et SILHOUETTE ayant voté contre. (1998, DLH 158).