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2017 DU 240 - Dénomination place Henri Malberg (20e).

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2017


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le projet de délibération DU 240 concerne la dénomination de la place "Henri Malberg", dans le 20e arrondissement.

La parole est à M. Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Ce projet de délibération va permettre de donner le nom à une place de Paris dans le 20e arrondissement à Henri Malberg, suite à l?hommage que nous avions rendu ici même dans l?hémicycle et un v?u que j?avais présenté et déposé avec la maire du 20e arrondissement, les élus écologistes et communistes, je pense notamment à Jérôme GLEIZES et à Raphaëlle PRIMET, qui étaient très attachés à Henri Malberg.

Bien sûr, quelques semaines après son décès, notre émotion et celle des communistes parisiens restent intacte, mais je sais aussi que sur tous les bancs de notre Assemblée le respect de cet homme juste et droit fera qu?unanimement nous voterons ce projet de délibération.

Je voudrais remercier Mme la Maire, Anne HIDALGO. Je voudrais remercier la Commission des dénominations des voies, des places et des espaces verts, et bien entendu mon amie Catherine VIEU-CHARIER, qui ont travaillé afin de trouver un lieu qui symbolise les retrouvailles entre un grand homme, un grand élu communiste et son quartier populaire du 20e.

Ce quartier l?a vu grandir, ce quartier l?a vu militer, agir sans relâche pour que Paris reste une ville populaire où l?on puisse habiter et travailler, que l?on soit ouvrier, employé ou cadre.

Je ne reviendrai pas sur ce que j?ai dit à l?occasion de l?hommage. Nous avons aussi eu un hommage national, il y a quelques jours, en présence notamment de Pierre LAURENT, Sénateur de Paris, mais aussi de grands intellectuels, des réalisateurs comme Marcel TRILLAT ou Claude PENNETIER qui est le patron du Maitron.

Mais permettez-moi de mettre en lumière quelques-uns de ses engagements et de ses luttes, comme je l?ai déjà dit ici, puisque Henri représentait avec fierté et grande élégance la classe ouvrière au sein de cet hémicycle. Il nous racontait avec ses mots qu?il s?opposait frontalement à l?évolution de Paris vers un centre financier, commercial et touristique de standing, avec l?idée, comme il le disait lui-même, que Paris devenue Venise ne sera pas la capitale de la France. Paris ne doit pas devenir un centre spécialisé entouré d?une banlieue servante.

Je voudrais rappeler aussi que Henri était l?un des premiers élus communistes à manifester en tête de la Gay Pride contre l?homophobie.

Ce qui m?importe aujourd?hui aussi, c?est de rappeler le v?u que nous avons voté tout à l?heure et qu?a présenté Jérôme GLEIZES, quand sur le processus de paix au pays basque et quand vous prendrez cette rue des Pyrénées et la remontant, vous croiserez la place Henri Malberg, vous vous souviendrez du temps qu?il aura consacré avec beaucoup d?énergie pour parler de la situation du pays basque et de ses prisonniers, mais aussi de tous les prisonniers.

Henri était profondément humaniste, profondément pacifique. Il pensait que la privation de la liberté ne devait pas être une mort civile. Et que bien que détenu, on a des droits. Un état démocratique se mesure aussi au sort que l?on réserve aux prisonniers. Ce combat n?est pas terminé quand on connaît la situation des prisons en France.

Le grand succès populaire de l?hommage qui lui a été rendu, où notre parti témoigne de notre admiration mais aussi de l?affection que nous lui portons tous.

Je voudrais dire aussi que la place, qui est au carrefour de la rue des Rigoles et de la rue des Pyrénées, est pour nous un symbole très important. Quelques mètres plus loin, il y a la place de son ami, qui a été aussi déporté : Henri Krasucki. Puis dans quelques jours, le 29 novembre, nous allons commémorer et aussi désigner un nouveau lieu au nom de Léon Zyguel. Léon Zyguel avec qui, Catherine VIEU-CHARIER, mais aussi plusieurs déportés, Nissenman, Jacques Grimberg, ainsi que des enseignants du 20e, Pierre Cordelier à l?époque, ont fondé le Comité Tlemcem dont l?objectif fut de collecter les noms des enfants juifs déportés durant l?Occupation.

Ce travail a permis l?apposition de plaques commémoratives dans chaque école d?arrondissement et a été prolongé par la création de l?Association pour la mémoire des enfants juifs déportés.

Alors, sur cette place, il y a tous les ans - je vais terminer sur un poème - le bal du 14 juillet, organisé par les jeunes communistes et la section du parti communiste. Et bien souvent dans ces bals, il y a des amours qui se font, qui se créent. Henri était un homme qui avait à c?ur l?amour, et permettez-moi d?associer Jacques Prévert à cet hommage, un grand poète qui a disparu il y a quarante ans, qui aimait Paris tout autant que Henri Malberg, qui était responsable des intellectuels pour le parti communiste dans notre Capitale.

"Quand dessous le Pont Neuf, le vent du dernier jour soufflera ma bougie, quand je me retirerai des affaires de la vie, quand je serai définitivement à mon aise au grand palace des allongés, à Bagneux ou au Père-Lachaise, je sourirai et me dirai : il était une fois la Seine, il était une fois, il était une fois l'amour, il était une fois le malheur, et une autre fois l'oubli, il était une fois la Seine, il était une fois la vie". Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Madame Catherine VIEU-CHARIER, souhaitez-vous prendre la parole ?

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Je voudrais te remercier, Nicolas, remercier aussi Anne HIDALGO qui, lors des obsèques d'Henri, avait décidé qu'il y aurait une place Henri Malberg. Je voudrais aussi remercier les élus les Républicains qui ont rendu hommage à Henri Malberg, les élus "Verts" pareillement, les élus socialistes, bien sûr. C'est très difficile pour moi de parler d'un homme qui a été vingt-deux ans mon compagnon, qui a tant aimé être élu de Paris, qui a tant respecté tous les partis, qui avait tant d'estime pour le premier Maire de Paris, Jacques CHIRAC, qui a toujours dialogué avec Jean TIBERI, et qui a lutté avec Bertrand DELANOË pour gagner cette ville à gauche.

Il ne méprisait personne, il respectait tout le monde, il me disait : "Tu sais, chaque élu qui parle, tu dois l'écouter, parce que tous, un jour, ils te disent quelque chose de juste, qui résonnera aussi pour tes convictions et pour tes idées". Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 240.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2017, DU 240). Je vous en remercie.