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Novembre 2017
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Vœu déposé par les groupes UDI-MODEM et les Républicains relatif à la mise en place du nouveau Vélib'. Vœu déposé par l'Exécutif. Vœu déposé par M. POZZO di BORGO et Mme DATI relatif à la mise en place du nouveau Vélib'.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2017


 

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Nous examinons à présent les v?ux nos 124, 124 bis et 125 relatifs à la mise en place du nouveau Vélib'.

La parole est à M. Eric AZIÈRE, pour le groupe UDI-MODEM, pour deux minutes.

M. Eric AZIÈRE. - Merci, Monsieur le Maire.

Ce v?u veut porter deux choses : une réclamation en faveur des abonnés de Vélib' et manifester quelques inquiétudes.

La réclamation porte évidemment sur la période de transition nécessaire pour Vélib' pour effectuer le changement d'opérateur, c'est-à-dire le changement complet de matériels, stations, vélos, sans compter les nouveaux logiciels de gestion et l'ingénierie informatique. Pendant 6 mois, le réseau Vélib' est largement dégradé puisque les stations ferment les unes après les autres pour rouvrir 2 à 3 mois plus tard. Le réseau Vélib' reviendra en plénitude de sa couverture géographique sur l'ensemble des 1.000 stations si tout va bien fin mars.

Pour ceux dont l'abonnement court pour cette période, il paraîtrait normal que l'on indemnise, que l'on compense ce préjudice commercial puisqu'effectivement ils ont payé pour 12 mois. Deuxième point, c'est l'inquiétude qui porte sur les changements intervenus dans l'environnement économique du marché de la location du vélo à Paris. Dans les objectifs à atteindre de cette concession de service Vélib', il était question de maintenir pour les 15 prochaines années un parc de vélos mécaniques d'environ 20.000 Vélib', d'y ajouter un parc de vélos électriques pour environ un tiers, soit 500 à 700 vélos électriques, de ne pas augmenter les tarifs au-delà d'une augmentation consentie d?environ 30 % et de ne pas avoir recours à la publicité sur les vélos ou sur les stations car il y a assez de publicité en dehors des mobiliers urbains. Depuis l'attribution de ce marché, la concurrence sauvage est apparue et s'est développée à Paris. Cela paraît quand même compromettre ces objectifs. Pour toutes ces raisons, il est urgent que l?on soit très vigilant sur l'équilibre économique de Vélib' qui me paraît compromis, que l'on exige une compensation pour les abonnés dont la période d'abonnement est affectée par les travaux et que l'on encadre l'espace public tel qu'il ne puisse pas être une décharge de vélos en flotte libre. Enfin, j'ajouterai à l'apparition de tous ces problèmes, un problème social que l'on ne doit pas oublier et qui est posé par l'indifférence avec laquelle les salariés de Vélib? sont traités alors qu?ils demandent simplement de pouvoir continuer à travailler et que l'on prenne en compte leur expérience et leur ancienneté qui me semblent être des atouts pour Vélib'. Sur tous ces sujets, j'aimerais que nous nous mobilisions et que l'Exécutif, avec nous, prenne ses responsabilités.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Président AZIÈRE.

Le v?u n° 125 devait être présenté par Yves POZZO di BORGO et Rachida DATI ; je ne les vois ni l'un ni l'autre. Je vous propose donc de passer directement à la réponse de Christophe NAJDOVSKI qui présentera également le v?u de l'Exécutif.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

C'est vrai, Vélib' se trouve à un moment charnière et à double titre.

D'une part, après 10 ans de bons et loyaux services, le Vélib' première génération, gris souris, va céder sa place à un nouveau Vélib'. Mais on ne change pas simplement de vélo, on change également de prestataire, ce qui implique une modification du système et l'organisation inévitable d'une phase de transition qui sous-tend une réduction momentanée du service.

D'autre part, Vélib' se voit précisément confronté au moment délicat de cette transition à l'arrivée, qu'on peut qualifier d'opportune ou d?opportuniste, de nouveaux fournisseurs de vélos en libre-service sans station.

Concernant la phase de transition qui a débuté en octobre, il faut souligner que son organisation est un défi majeur et je tiens à remercier les services du syndicat Autolib' Vélib' Métropole et ceux de la Ville d'avoir su mettre en place le dispositif qui permet de substituer un millier de stations par de nouvelles stations sur une période de 6 mois. Cela nécessite bien entendu la coopération du prestataire actuel ainsi que celle du prestataire futur et une coordination importante avec Enedis, l'opérateur du réseau électrique.

Votre v?u met toutefois en exergue le désagrément subi par les usagers de Vélib', qui se trouvent confrontés pendant quelques mois à une dégradation du service. Vous l'avez compris, cette dégradation était en quelque sorte inévitable si l?on voulait avoir de nouveaux vélos, dont 30 % d?électriques, et un nouveau système d'accroche plus sécurisé.

Pour autant, nous nous devons de prendre en compte cette dégradation et c?est la raison pour laquelle nous réfléchissons à la mise en place de modalités de compensation pour les usagers. Cela dit, nous ne souhaitons pas nous engager sur la teneur de cette compensation au moment où je vous parle. Cela pourrait consister par exemple en une prolongation de l'abonnement ainsi que vous le suggérez, mais la durée pourrait être inférieure à 6 mois, la durée du désagrément réel pour les usagers se concentrant sur une période plus réduite.

Pour ce qui est de la communication sur les chantiers en cours, il nous semble que le syndicat a mis en place un affichage important sur les stations ainsi qu?un site, velib2018.com, qui est une bonne source d?informations sur la période de transition. Cette communication est certainement perfectible mais ne mérite pas pour autant d'être stigmatisée.

Vous pointez également dans votre v?u un point du futur système d'abonnement qui vient d'être voté par le syndicat. Les abonnés au forfait liberté, qui correspond au forfait à zéro euro, et les abonnés courte durée n?auront pas la possibilité de garer leurs vélos dans une station pleine. Effectivement, le syndicat estime que ce qu'on appelle l'"overflow", c?est-à-dire la surcapacité, nécessite une connaissance du système d'accroche et il préfère dans un premier temps éprouver le système avec les abonnés réguliers avant de les ouvrir à tous les abonnés. Mais cela pourrait être amené à évoluer dans le temps.

Pour ce qui est de l'arrivée des vélos sans station, il ne vous a pas échappé que nous avons organisé la semaine dernière une réunion rassemblant l'ensemble des opérateurs susceptibles de s'implanter à Paris. Notre objectif est clair, il s'agit de permettre l'établissement d'un modèle de mobilité durable, ce qui implique une responsabilisation des opérateurs. L?essor de la pratique du vélo à Paris est essentiel pour atteindre les objectifs ambitieux de lutte contre la pollution atmosphérique et de réduction des émissions de gaz à effet de serre ; nous avons voté à l'unanimité hier le Plan Climat. Cet essor ne doit toutefois pas se faire au détriment d'une occupation intempestive de l'espace public. Nous avons donc demandé aux opérateurs de réfléchir à l'établissement d'un code de bonne conduite et nous réfléchissons à la mise en place d'une redevance d'occupation commerciale de l'espace public. Par ailleurs, la Ville proposera au Gouvernement que la future loi d'orientation sur les mobilités définisse un cadre juridique adapté à ce nouveau type de service, avec l?instauration d?une licence d?exploitation pour les opérateurs. Un mot concernant la question des salariés, des personnels, pour dire que pour ce qui est de la Ville de Paris et du syndicat, mais je ne pourrai pas me prononcer au nom du syndicat, nous avons toujours été disposés à recevoir les représentants des salariés et à intercéder en leur faveur auprès du nouveau prestataire. Vous savez qu'une action en justice a été intentée par certains de ces salariés qui ont été déboutés par le tribunal.

Pour autant, la Ville de Paris reste toujours active et disponible pour faire en sorte que les conditions de reprise des personnels soient les meilleures possibles et nous sommes toujours ouverts à la discussion et disponibles pour intercéder en faveur des salariés, de manière à ce que l'expérience et le savoir-faire qu'ils ont pu accumuler pendant ces 10 années d'expérience soient utilement repris par le nouveau prestataire. Je conclurai pour dire que nous ne pouvons pas accéder à toutes les demandes de votre v?u, sachant qu'un certain nombre de considérants sont par ailleurs inutilement polémiques. C'est la raison pour laquelle nous proposons, en réponse à votre v?u, un v?u de l'Exécutif qui répond aux différentes interrogations que vous posez.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Christophe NAJDOVSKI.

Je suis saisi de deux demandes d'explication de vote, l'une émane du groupe Communiste - Front de Gauche, l'autre du groupe Ecologiste de Paris.

Nous commençons par le groupe Communiste - Front de Gauche, M. Hervé BÉGUÉ.

M. Hervé BÉGUÉ. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, il y a longtemps que nous avions alerté sur les phases qui allaient se produire avec Velib', le passage de Decaux à l'actuel prestataire. Aujourd'hui, le personnel est en grève car leur situation n'est toujours pas réglée.

Nous voterons quand même le v?u de l'Exécutif.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Pascal JULIEN, pour le groupe Ecologiste de Paris.

M. Pascal JULIEN. - Je m'apprêtais à aller dans le sens mon collègue Hervé BÉGUÉ, mais je voudrais souligner un point, Christophe NAJDOVSKI vient de le dire et il reprend un point qu'il y a eu dans la communication de la Maire de Paris, qui inquiète beaucoup les associations cyclistes, puisqu'il y a une réflexion en cours pour en quelque sorte demander aux entreprises qui mettent les vélos en libre circulation, une contribution à l'occupation de l'espace public, qui est en quelque sorte un peu privatisé. Fort bien, mais que cela s'applique aux sociétés qui font la même chose pour les deux-roues motorisés. Or, la communication de la Maire de Paris pensait bien à taxer les entreprises qui mettent les vélos en libre-service, elle oubliait de le faire également pour les entreprises qui mettent des motos électriques ou des scooters électriques en libre-service aussi. Je me fais l'expression des associations cyclistes dont je partage totalement la conviction, il est très urgent de rétablir de ce point de vue le premier jet de communication, si l'on ne veut pas soulever une très forte inquiétude. Merci.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Je propose de passer au vote.

Le v?u n° 124 est-il maintenu au vu de ce qu'a répondu Christophe NAJDOVSKI ?

M. Eric AZIÈRE. - Il va être retiré. Sans les accents polémiques néanmoins, la réactivité de l'Exécutif n'aurait pas été aussi grande.

Evidemment, je ne retire rien au v?u initial, mais je retire le v?u.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 124 bis de l'Exécutif, avec un avis favorable forcément.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est adopté. (2017, V. 293).

Nous ne soumettons pas aux voix le v?u n° 125, puisque ses auteurs ne sont pas là.