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Novembre 2017
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Conseil Municipal
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relatif à l'ouverture d'un deuxième centre d'hébergement pour personnes sans domicile fixe (16e). Vœu déposé par le groupe Démocrates et Progressistes relatif à la localisation définitive du centre d'hébergement d'urgence dans le 16e.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2017


 

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Nous allons examiner conjointement les v?ux n° 146 et n° 147 relatifs à l?ouverture d?un deuxième centre d?hébergement pour personnes sans domicile fixe dans le 16e arrondissement, et à sa localisation définitive.

La parole sera successivement à M. BÉGUÉ, puis à M. LAURET.

Y répondra M. BROSSAT.

Puis j?ai été saisie de deux explications de vote, l?une de M. GOASGUEN, l?autre de M. AURIACOMBE.

M. Hervé BÉGUÉ. - Merci, Madame la Maire.

Chers collègues, ce mois-ci, nous fêtons l?anniversaire du centre d?hébergement du 16e arrondissement, allée des Fortifications.

Si aujourd?hui 203 personnes dont 67 enfants, grâce à cette structure, ont pu sortir de la rue, se reconstruire et retrouver ainsi une dignité, c?est suite à une longue bataille menée par la Mairie de Paris au travers de son adjoint Ian BROSSAT. Les insultes qu?il a dû subir, notamment lors des réunions publiques dans le 16e, sont insupportables et indignes des valeurs de notre République.

Les Parisiennes et les Parisiens sont attachés à ces projets d?hébergement d?urgence. Ils peuvent constater chaque jour quelle est l?ampleur de la demande. Le centre et ses occupants ont ainsi pu bénéficier de bon nombre de dons conséquents.

Tout le monde s?accorde à constater le très bon fonctionnement du centre depuis son ouverture. Même le député et ancien maire du 16e, dans "Le Monde" du 4 novembre, salue la réussite du projet et le bon travail effectué.

Il y a une centaine de sans-abri qui sont toujours dans les rues du 16e arrondissement, plusieurs milliers dans les rues de Paris, parmi lesquels de nombreuses femmes.

Nous demandons à ce que soit étudiée dès cet hiver la création d?un deuxième centre d?hébergement dans le 16e, destiné à mettre à l?abri des personnes S.D.F., et qu?après 2019 le premier centre d?hébergement pour S.D.F. puisse demeurer dans le 16e arrondissement.

Enfin, nous demandons que soit poursuivie la politique de rééquilibrage Est/Ouest des centres d?hébergement.

Je terminerai en saluant l?osmose qu?il y a entre l?adjoint au logement et notre groupe. Dans la presse, on a déjà vu qu?il y avait ce centre à l?étude et il ne nous reste plus maintenant qu?à voter de façon unanime pour ce v?u. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

La parole est à M. Thomas LAURET.

M. Thomas LAURET. - Sans reprendre ce qui a été dit, on voit en résumé que le bilan au bout d?un an de fonctionnement est bon et salué par tout le monde, la gauche, le centre, la droite, et surtout par ceux qui en profitent et ceux qui ont pu bénéficier des services d?"Aurore" pour sortir de leur situation difficile.

Vous savez aussi que notre crédibilité, c?est de tenir nos engagements. Nous avons donc là un centre d?hébergement d?urgence qui a été installé depuis un an, avec un permis provisoire de trois ans. C?est-à-dire que, dans deux ans, on doit lui trouver une nouvelle localisation. Pour assurer les missions d?"Aurore" de façon pérenne, il faut prévoir de l?installer dans un bâtiment pérenne et donc en bâti.

La proposition que nous vous faisons, c?est donc que nous recherchions dès maintenant les solutions pour que nous puissions tenir collectivement nos engagements vis-à-vis à la fois de nos paroles et de ceux qui les ont entendues dans le 16e arrondissement, et compte tenu de la réussite de cette implantation, que les solutions recherchées se fassent dans le 16e arrondissement.

J?ai vu, comme vous tous par l?intermédiaire de la presse, qu?un deuxième centre était demandé dans le cadre du v?u que vous venez de présenter. Nous y sommes évidemment favorables. Et est évoquée par Ian BROSSAT la localisation éventuelle dans l?ancienne caserne de gendarmerie qui se situe boulevard Exelmans.

Ce que je voudrais savoir, c?est s?il est envisagé à ce stade d?étudier aussi cette solution pour le premier centre. Est-ce une solution commune aux deux centres ou y a-t-il déjà d?autres pistes et dans quel calendrier on se situe ? Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci.

La parole est donc à Ian BROSSAT.

M. Ian BROSSAT, adjoint. - Merci à vous deux, cher Hervé BÉGUÉ et cher Thomas LAURET, d?évoquer à la fois le centre que nous avons ouvert, il y a maintenant un an et qui est situé en lisière du bois de Boulogne, et les futurs projets que nous pouvons avoir pour la relocalisation de l?actuel centre du bois de Boulogne et l?éventualité d?ouvrir un second centre.

D?abord, permettez-moi de revenir un peu sur les épisodes qui ont émaillé l?ouverture de notre centre en lisière du bois de Boulogne. En politique comme dans la vie, il faut parfois se souvenir d?où l?on vient pour savoir où l?on va.

Nous avons effectivement eu, lors de l?annonce de la création de notre premier centre d?hébergement dans le 16e arrondissement en lisière du bois de Boulogne, beaucoup de débats. Et parler de débats est un euphémisme car c?était beaucoup de polémiques et beaucoup d?invectives. Puis au final, l?expérience que nous avons - c?est aujourd?hui reconnu par tous, sur tous les bancs de cette Assemblée - c?est que l?expérience est concluante.

Il y a 203 personnes qui vivent dans ce centre d?hébergement, qui sont accompagnées socialement par une association qui fait un travail absolument remarquable, là mais aussi dans d?autres lieux à Paris : l?association "Aurore".

Je crois que nous pouvons véritablement nous réjouir du fait que les choses se soient bien passées. Je note d?ailleurs que les craintes que nous pouvions avoir, notamment la question de la relation avec le voisinage, en réalité ne se sont pas vérifiées. Il y a aujourd?hui des habitants du 16e, des riverains qui apportent leur aide de manière tout à fait conséquente aux salariés du centre ; ce sont des hommes et des femmes qui se sont portés volontaires pour aider au bon fonctionnement de ce centre. Tout cela, je crois, doit nous réjouir et tout cela montre que le climat actuel est très éloigné de celui que nous constations, il y a encore un an.

A partir de là, je crois qu?il nous faut continuer à avancer. D?abord, parce que nous avons encore des besoins en matière d?hébergement : Paris compte 10.000 places d?hébergement. C?est beaucoup, nous avons 5 places d?hébergement pour 1.000 habitants quand les Hauts-de-Seine comptent une place d?hébergement pour 1.000 habitants.

C?est beaucoup et en même temps c?est insuffisant, parce que nous le voyons tous, il y a encore beaucoup d?hommes et de femmes qui se retrouvent sans solution d?hébergement et que nous ne sommes pas suffisamment équipés pour cela. Il faut donc continuer à avancer, continuer à produire de nouvelles places d?hébergement.

Et pourquoi pas continuer à travailler sur cette question du rééquilibrage territorial, parce qu?il n?y a pas de raison que certains arrondissements - je pense aux arrondissements de l?Est - comptent plus de 1.000 places d?hébergement chacun, alors même que d?autres arrondissements en comptent relativement peu : 200 dans le 16e arrondissement, il faut aller encore plus loin.

C?est la raison pour laquelle je souhaite émettre un avis favorable à ces deux v?ux, au v?u présenté par Thomas LAURET, qui vise à ce que nous trouvions un autre emplacement dans le 16e arrondissement au bout des trois ans pour le centre du bois de Boulogne. Et dans le même temps, en plus et non pas de manière conjointe, que nous puissions ouvrir un second centre d?hébergement, celui-ci plutôt à destination des femmes et des familles dans le 16e. Et pourquoi pas à la caserne Exelmans puisque, vous le savez, la caserne est propriété de la Ville de Paris. Elle doit être libérée par l?Etat en septembre 2018 et nous aurions là la possibilité de faire de l?hébergement d?urgence. Pas seulement de l?hébergement d?urgence, du logement aussi, mais notamment de l?hébergement d?urgence. Avis favorable par conséquent sur ces deux v?ux et excusez-moi d'avoir été un peu long.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci. La parole est à M. GOASGUEN.

M. Claude GOASGUEN. - Merci, Madame la Maire.

Je ne vais pas discuter sur le v?u du groupe Communiste car cela fait partie du folklore habituel et je n'ai pas envie de perdre mon temps.

Je voudrais rappeler puisqu'on a parlé du passé, qu'il reste une petite tache dans le passé.

Deux plaintes ont été déposées sur le centre d'hébergement depuis un an, puisqu'il y avait soi-disant des incendies, et nous n'avons pas eu de réponse ni du juge d'instruction ni du Préfet de police. Je voulais rappeler simplement que, pour parler des provocations de l'époque, il serait bien que l'on statue une fois pour toutes sur les petits malins qui se sont amusés à faire des provocations dans ce domaine.

Cela étant, je passe à l'affaire sérieuse, c'est-à-dire le v?u de M. LAURET.

Monsieur LAURET, vous représentez un parti qui est un parti gouvernemental, et je tiens à vous rappeler que le v?u en question est un v?u qui concerne l'Etat. La discussion ne se faisait pas entre la Mairie de Paris et la mairie du 16e arrondissement, mais entre le Préfet et les habitants du 16e arrondissement.

Les hébergements d'urgence sont une compétence d'Etat sur laquelle la Ville de Paris vient comme prestataire.

Je vous dis tout net que je trouve très bien que, tout d'un coup, vous déclariez que le centre d'hébergement avait vocation à être provisoire. Cela veut dire que vous avez évolué. Je n'avais pas entendu, l'année dernière, les mêmes propos. Sur les trois ans, j'espère que ce sera respecté parce que je vous le répète, nous sommes en situation illégale sur le bois de Boulogne, et je remercie le Préfet de police de nous avoir aidés à maintenir la sécurité.

Mais revenons sur l'avenir. Personnellement, je suis très favorable à ce qu'il y ait un centre d'hébergement qui se trouve dans la caserne Exelmans. C'est d'ailleurs un site que j'avais proposé à l'époque à la Mairie de Paris, quand on m'avait demandé s'il existait des lieux susceptibles d'héberger des gens en grande difficulté. A l'époque, on m'avait répondu que ce n'est pas possible car cela devait être des logements sociaux. Comme j'ai une bonne mémoire, je vous rappelle que l'on aurait peut-être pu éviter des incidents si on avait pris directement le centre Exelmans, mais personnellement j'y suis très favorable.

Et ce, pour une raison simple. Je trouve que le centre d'hébergement doit être situé dans une proximité de la ville. Le problème du bois de Boulogne, outre son illégalité naturelle que les tribunaux, tôt ou tard, viendront rejoindre, c'est qu'il n'y a pas de riverains.

Puis je voudrais dire que j'y suis très favorable parce que, enfin, enfin peut-être, "nos amis", qui vivent toujours dans les années 20 et les années 30, le mythe des 200 familles, comprendront que le 16e arrondissement n'est pas forcément l'arrondissement de l'égoïsme rampant des grands milliardaires. D'ailleurs, entre parenthèses, avec François HOLLANDE, les milliardaires ont bien disparu et, par conséquent, nous sommes tout à fait ouverts à la possibilité de recevoir ces femmes qui sont en difficulté ; nous ne laisserons pas des femmes en difficulté dans le 16e arrondissement comme ailleurs.

Mais, Monsieur LAURET, rappelez au Ministre de l'Intérieur, vous qui êtes maintenant très proche du Ministre de l'Intérieur, que les centres d'hébergement d'urgence à Paris ne doivent pas être solitaires. Le Gouvernement, de ce point de vue, ne fait rien, et Paris porte tout le poids de la migration sans que, pour autant, les autres capitales françaises de Toulouse, de Nîmes, de Lyon puissent faire quelque chose. Donc, très bien pour le centre d'hébergement du 16e, mais ce serait mieux que les centres d'hébergement soient répartis au-delà de Paris.

Merci en tout cas de votre attention.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci. La parole est à M. AURIACOMBE.

M. Pierre AURIACOMBE. - Merci.

Monsieur BROSSAT, vous avez raison sur un point, il ne faut pas oublier le passé.

Pour revenir quelques instants sur le passé, ce qu'on a vu, c'est le manque de concertation de votre part et de la part de vos services. S'il y avait eu une meilleure concertation, je pense que beaucoup de choses auxquelles vous faisiez allusion auraient pu être évitées. Pour en venir sur les v?ux, sur le premier v?u, je ne suis absolument pas d'accord sur l'idée de ne pas respecter la parole donnée. Ce matin, nous parlions de déontologie. Le sens de la parole donnée pour les élus est tout de même très important. On s'est engagés sur trois ans, vous vous êtes engagé sur trois ans et, au bout d'un an, vous dites : on change de position. Non, ce n'est pas acceptable, là ou ailleurs. Alors, nous voterons contre ce v?u, bien évidemment. Sur le deuxième v?u, je partage largement votre point de vue, Monsieur LAURET, bien évidemment le point de vue de M. GOASGUEN. Nous sommes tout à fait favorables, dans le 16e arrondissement, à un centre d'accueil. Il faut lui trouver sa place. Exelmans est un des lieux possibles, et nous y sommes tout à fait favorables. Alors oui, nous voterons ce deuxième v?u. Merci.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci.

Peut-être en réponse aux interpellations, je redonne la parole rapidement à Ian BROSSAT, puis nous procèderons au vote.

M. Ian BROSSAT, adjoint. - Merci, Madame la Maire.

Je ne vais pas revenir sur le débat qu'il y a eu il y a un an, mais très sincèrement, je ne pense pas que l'on puisse dire qu'à l'époque, la Ville de Paris ait refusé la concertation. Une réunion publique a eu lieu, et je crois que chacun, dans cette Assemblée, a en mémoire les images de cette réunion publique. La Ville de Paris voulait présenter le projet et, au bout de treize minutes, il a fallu suspendre la réunion parce qu'aucun des orateurs, ni les orateurs de la Ville de Paris, ni l'architecte, ni le Président de l'université, ni la Préfète n'ont pu prendre la parole, précisément parce qu'ils étaient interrompus toutes les deux secondes. Je veux bien que nous puissions utiliser une forme d'ardoise magique qui ferait que l'on oublierait tout ce qui s'est passé à l'époque. Je n'ai pas oublié, je sais que nous voulions la concertation et je sais qu'à l'époque, un certain nombre d'élus n'ont pas rendu cette concertation possible. Deuxièmement, pour que chacun ait bien les choses en tête, le premier v?u qui est présenté par Hervé BÉGUÉ ne demande pas le maintien du centre du bois de Boulogne à l'emplacement où il est actuellement. En aucun cas, il ne s'agit de revenir sur la parole donnée. Ce que propose le v?u présenté par Hervé BÉGUÉ, c'est la création d'un deuxième centre qui serait situé ailleurs, le premier centre étant de toute façon amené à déménager, ainsi que nous en avions pris l'engagement il y a un an. Donc, faire à ce v?u le procès d'une remise en cause de la parole donnée ne serait, de mon point de vue, pas juste. Quant au troisième point, la question évoquée par l'ancien maire du 16e arrondissement, la question des incendies, il ne me revient pas à moi d'évoquer l'avancement d'une procédure qui ne dépend pas de la Ville de Paris. Il y a une séparation des pouvoirs dans ce pays et donc, je n'ai pas vocation à commenter cette affaire. Je suis persuadé que vous saurez les choses en temps et en heure. Je vous appelle donc à voter ces deux v?ux.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Nous allons donc passer au vote.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Communiste - Front de Gauche, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2017, V. 302).

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Démocrates et Progressistes, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2017, V. 303).

Je vous remercie.

V?u déposé par le groupe Démocrates et Progressistes