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Novembre 2017
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par l'Exécutif relatif à l'implantation d'une grande roue place de la Concorde.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2017


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Nous passons maintenant à l?examen de v?ux non rattachés.

Le v?u référencé n° 198 bis déposé par l?Exécutif, qui se substitue au voeu n° 198, ainsi que les amendements n° 212 déposé par le groupe les Républicains et n° 213 déposé par le groupe UDI-MODEM ont tous trait à l?implantation d?une grande roue place de la Concorde.

Je vais donner d?abord la parole à Mme Florence BERTHOUT et M. Eric AZIÈRE pour nous présenter leurs amendements.

Pardon, M. François-David CRAVENNE puis M. Eric AZIÈRE pour nous présenter les amendements. Enfin, quelqu?un du groupe LR, on ne va pas être formaliste !

Monsieur CRAVENNE, sur la présentation de l?amendement.

M. François-David CRAVENNE. - On est d?accord, c?est sur l?amendement.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, nous avons déposé un amendement sur ce v?u, afin de ne pas procéder comme avec le marché de Noël, c?est-à-dire voter la non-reconduction de la convention et ne rien proposer à la place.

Voilà pourquoi nous demandons d?installer rapidement une commission réunissant l?ensemble des groupes politiques, afin de trouver le nouveau lieu d?installation de la grande roue et de définir un cahier des charges respectant les critères qui correspondent au prestige de la plus belle ville du monde.

De plus, nous souhaitons avec insistance que soient associés à tous les stades de la procédure les services de l?Etat, Préfecture de police, D.R.A.C., architectes des bâtiments de France, Inspection des sites, afin de retenir enfin un site incontestable et incontesté. Idéalement nous souhaiterions parvenir à trouver un lieu de qualité qui puisse être pérennisé et contribuer ainsi à illuminer durablement l?image de Paris.

Merci.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Eric AZIÈRE pour la présentation de l?amendement lui aussi.

M. Eric AZIÈRE. - Bien.

Nous avons eu déjà l?occasion de dire à de nombreuses reprises dans cet hémicycle que l?emplacement récurrent de la grande roue place de la Concorde est une aberration. Je le redis pour les amnésiques : une roue de 70 mètres de diamètre entre le Carrousel du Louvre dans le prolongement du Jardin des Tuileries, et dans la perspective de l?Arc de Triomphe, dans l?alignement des Chevaux de Marly, l?Obélisque de Louxor, tout ceci est un contresens, un véritable massacre architectural au milieu d?une des plus belles perspectives de Paris.

Nous avons eu l?occasion de le dire, notamment en septembre 2015, et demandé alors à la Ville de Paris qu?elle soit installée sur un autre site. Mais jusqu?à aujourd?hui la Ville a au contraire toujours défendu son emplacement, au mépris de la perspective paysagère que la roue vient gâcher, en pleine méconnaissance d?ailleurs de ses propres règles de protection, et notamment des fuseaux de protection au titre du P.L.U. qui limitent la hauteur des installations dans ce secteur.

Au passage d?ailleurs, la Mairie n?est pas la seule à avoir cautionné l?emplacement sacrilège, la Direction régionale des Affaires culturelles elle aussi a signé cette autorisation. Elle ne s?est d?ailleurs pas contentée de l?autoriser et, si j?ai bien été informé, elle a aussi participé à la défense de cette implantation devant le Tribunal administratif, il y a quelques semaines, ce qui est un comble.

Enfin, l?établissement public, le musée du Louvre à qui appartient le Jardin des Tuileries, n?a jamais rien trouvé à redire, curieusement s?abstenant de toute réaction ou protestation devant la défiguration paysagère que constitue l?emplacement de la grande roue pour le jardin. Qu?aurait dit le château de Versailles si une grande roue s?était installée sur le parterre du Midi qui précède la pièce d?eau des Suisses ? C?est exactement pareil.

Non seulement la Mairie de Paris a validé ce contresens historique, mais elle a ?uvré à son maintien en cédant tout à l?exploitant de la roue : travaux de renforcement des fondations pour soutenir une roue toujours plus haute, installation de distributeurs de billets pour favoriser le paiement en espèce et permanence des baraquements commerciaux de souvenirs et d?alimentation qui survivent au démontage de la roue, on ne sait sous l?empire de quelle convention d?occupation.

Alors si nous sommes satisfaits d?avoir obtenu aujourd?hui gain de cause sur cette question, nous déplorons cependant qu?il ait fallu autant de temps que cela pour vous convaincre.

Nous ne souhaitons pas pour autant voir disparaître toute grande roue de Paris. C?est le seul sens de cet amendement, à condition évidemment qu?elle ne vienne pas obstruer de nouveau une perspective monumentale, et que l?emplacement soit facilement accessible aux touristes et rentable, bien sûr, pour l?exploitant qui versera sa redevance à la Ville.

Je crois qu?il faut remettre la charrue derrière les b?ufs : c?est à la Ville de Paris et à ses services de décider quelle grande roue, à quel endroit et à quelles conditions financières, doit être offerte aux Parisiens et aux touristes pour admirer Paris. La Cour régionale des comptes nous dira ce qu?il faut penser du passé, mais pour l?avenir, repartons sur des bases nouvelles, assumées et assainies. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Je donne la parole à Bruno JULLIARD pour vous répondre.

Nous aurons ensuite des explications de vote.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Merci, Monsieur le Maire, et merci aux intervenants précédents.

D?abord, un élément pour rappeler la raison qui explique que nous nous saisissions de ce débat aujourd?hui. Il y a un an, à peu près jour pour jour, lors du Conseil de Paris de novembre, je m?étais engagé au nom de l?Exécutif à ce que le Conseil de Paris, et donc l?ensemble des élus parisiens, se prononcent eux-mêmes par un vote.

Même si la convention qui nous lie à la société assurant l?exploitation de la grande roue ne nous l?impose pas, je m?étais engagé à ce que l?ensemble des Conseillers de Paris se prononcent par un vote sur le renouvellement ou pas de la grande roue après le délai ferme de deux années que nous avons voté dans cette instance, l?année dernière.

C'est la raison pour laquelle, conformément à cet engagement, nous nous prononçons aujourd?hui. En effet, au vu de différents éléments, nous vous proposons de ne pas renouveler, après cette période de deux années fermes issue de la convention d?occupation du domaine public, la convention avec la société "Fêtes Loisirs", comme il nous aurait été possible de le faire.

Ce v?u évidemment fait écho au débat que nous avons eu l'an passé, que nous avons également eu ce matin, puisque nous avons eu l'occasion d'aborder un certain nombre d'autres sujets majeurs sur la question des grandes animations à Paris, notamment le marché de Noël. Si certains acteurs de ce débat se sont fait entendre avec une certaine brutalité ces dernières semaines, je suis convaincu que la proposition que je vais vous faire au nom de l'Exécutif, après des échanges avec l'ensemble des groupes politiques notamment ces toutes dernières heures, peut nous permettre de sortir par le haut de ces différentes polémiques, pour enfin proposer aux Parisiens et aux touristes des animations de qualité, qui respectent notre patrimoine et nos valeurs, mais qui sont aussi vecteur et facteur d'attractivité.

Sur la défense du patrimoine, sur ce dernier point, je l'assume. Tout d'abord, je me permettrai de rappeler que ce n'est pas nous qui avons demandé et installé une grande roue place de la Concorde. La Maire de Paris, comme ses prédécesseurs, ont eu à subir l'implantation d'une grande roue qui, c'est le moins que l'on puisse dire, n'avait pas été particulièrement négociée notamment avec le premier Maire qui a dû subir son implantation d'autorité par son propriétaire.

Ensuite, c'est vrai, il faut toujours trouver un juste équilibre entre l'animation d'un territoire, fut-il le centre de Paris, des nécessaires objectifs d'attractivité et d'attraction pour notamment les touristes étrangers ou pas, et puis la protection du patrimoine. C'est ce subtil équilibre qu'il n'est pas aisé d'atteindre.

Nous assumons, tant pour le marché de Noël que pour la grande roue, une volonté d'avoir voulu améliorer les choses, dans un dialogue plus ou moins constructif, suivant les Maires de Paris, suivant les années, en augmentant très sensiblement, cher Eric AZIÈRE, les redevances demandées au propriétaire de la grande roue, et en essayant d'améliorer la qualité du marché de Noël, avec un succès tout à fait relatif. C'est ce qui nous a amenés à la conclusion votée quasi unanimement, lors du dernier Conseil de Paris de juillet dernier, de ne pas renouveler le marché de Noël, et aujourd'hui, de ne pas renouveler la grande roue place de la Concorde.

Nous n'avons jamais été sourds aux arguments des associations importantes de défense du patrimoine qui n'ont pas manqué de nous alerter sur ce point, et notamment le respect du patrimoine exceptionnel de notre ville place de la Concorde. Dans le même temps, nous avions, année après année, à définir et à faire un choix sur la pertinence ou pas de maintenir la grande roue sur la place de la Concorde.

Aujourd'hui, nous considérons que les conditions sont réunies pour que nous essayions de trouver une autre solution dans un autre lieu. Je suis d'accord avec vous, je l'ai déjà dit à plusieurs reprises publiquement et dans la presse, nous ne sommes pas favorables à une suppression sèche, sans réflexion sur des projets alternatifs, tant sur le lieu que sur le type d'attraction. Nous ne sommes pas du tout hostiles à l'émergence d'un autre type d'attraction, grande roue ou pas d'ailleurs, et je pense qu'il faut même l'acter aujourd'hui, mais probablement dans un autre lieu que la place de la Concorde.

C'est la raison pour laquelle je vous propose, au nom de l'Exécutif, un v?u bis qui permet de reprendre le v?u initial de l'Exécutif, c'est-à-dire le fait de ne pas poursuivre la convention d'occupation du domaine public au-delà des deux années, tel que prévu au chapitre 5 de la convention.

En même temps, il s'agit d'ajouter une nouvelle proposition qui est la conjugaison des amendements déposés par le groupe les Républicains et le groupe de l'UDI-MODEM. Je souhaite que nous engagions une réflexion dès le début, en lien avec l'Etat. C'est la proposition du groupe des Républicains que je fais mienne au nom de l'Exécutif sans aucune difficulté ; bien au contraire, cela nous fera gagner du temps. Réfléchissons ensemble avec l'Etat et avec tout type de partenaires intéressés, on peut y travailler ensemble dans les jours qui viennent. Nous devons à la fois réfléchir sur le type d'attraction.

Eric AZIÈRE propose que nous écrivions noir sur blanc "grande roue". Je n'y suis pas hostile, mais je me permets de signaler que, dans d'autres villes, il existe d'autres types d'attraction pour les touristes qui ne sont pas forcément sous forme de grande roue. Cela peut être des attractions de dernier étage lorsqu'il existe des immeubles de grande hauteur, il y en a très peu à Paris et encore moins dans le centre. A part la tour Montparnasse, nous n'avons pas ce type d'attraction à Paris. Il peut y avoir d'autres attractions assez proches d'une grande roue, mais plus modernes.

Je vous propose, dans le v?u de l'Exécutif, que nous réfléchissions ensemble avec l'Etat, à une attraction, de type grande roue ou proche d'une grande roue, et à un lieu, pour que Paris comme la plupart des grandes capitales européennes et du monde, ait une attraction à destination des touristes. Cela contribuera à l'attractivité de Paris. Trouvons un lieu qui permette le strict respect du patrimoine. Je pense que nous pourrons ensemble sortir par le haut de cette polémique qui existe chaque fois que nous sommes amenés à renouveler ou pas la grande roue, place de la Concorde. C'est la proposition que je vous fais au nom de l'Exécutif.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci, Bruno JULLIARD.

J'ai quatre demandes d'explications de vote : Jean-François LEGARET, Eric AZIÈRE, Danielle SIMONNET, David BELLIARD. Pendant que je donne la parole à Jean-François LEGARET, s'il y a d'autres demandes, je vous invite à me les signaler. Merci.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collèges.

J'ai bien entendu l'appel de Bruno JULLIARD à l'esprit de concorde. On peut naturellement rejeter les responsabilités sur le ou les prédécesseurs. Je veux rappeler que l'histoire n'est pas tout à fait, en toute objectivité, celle-là. D'abord, il y avait un v?u adopté en 2004, à mon initiative et à celle de Jacques BRAVO, qui faisait obligation de faire des mises en concurrence. Maintenant, il y a une ordonnance du 19 avril 2017 qui, de toute façon, impose la mise en concurrence. Donc ne réécrivons pas l'histoire ; à chaque période ses pratiques, mais nous portons évidemment les séquelles.

Je voudrais dire que, naturellement, l'esprit de fête doit perdurer à Paris, notamment à l'occasion des fêtes. C'est indiscutable. Deuxièmement, il faut se sortir de la situation embarrassante dans laquelle vous vous trouvez. Il faut naturellement ne céder à aucune forme de chantage. Là-dessus, on ne peut que vous donner raison, en constatant que mieux vaut tard que jamais. Aujourd'hui, si nous pouvons, par un vote unanime ou le plus large possible, montrer que nous ne cédons à aucune pression, à aucune imposture, à aucun rejet du principe de concurrence, c'est très bien. Les forains sont indispensables à la vie de Paris comme à la vie des villages. Ils participent à l'esprit de fête qui est tout à fait nécessaire. Les attractions foraines sont tout à fait dans la tradition de Paris et des grandes villes, à l'occasion des fêtes de fin d'année. La grande roue, elle, a sa place à Paris.

D'ailleurs, Paris a été l'inventeur de la grande roue. La grande roue actuelle est-elle trop haute ? Pas du tout, elle ne fait que 70 mètres de haut, alors que la grande roue de 1889 avait un diamètre de 100 mètres, elle était donc beaucoup plus considérable. Il s'agit de dire qu'il faut un emplacement, quelque chose qui convienne à Paris, au moment des fêtes de fin d'année.

Je me permets de rajouter un dernier sous-amendement à l'ultime proposition de Bruno JULLIARD. J'aimerais qu'il soit précisé, au moins oralement au moment du vote, que le dispositif de concertation, que vous proposez de mettre en ?uvre, se fasse suffisamment vite pour que nous ayons un dispositif en place pour les fêtes de la fin de l'année prochaine. Que pour le passage de l'année 2018 à l'année 2019, il y ait quelque chose de présent à Paris qui participe à l'esprit de fête. Il faut que nous réfléchissions tous ensemble, avec tous les groupes politiques et dans un esprit de consensus le plus large possible, dans le respect des textes nouveaux, à une solution qui permette de faire perdurer, dans de bonnes conditions, un véritable esprit de fête à Paris, au moment des fêtes de fin d'année.

Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Eric AZIÈRE.

M. Eric AZIÈRE. - Dans le même sens de ce que vient de dire Jean-François LEGARET, je voudrais insister sur l'idée que la grande roue à Paris, ce n'est pas n'importe quelle attraction. Je ne voudrais pas que l'intitulé "grande roue ou autre", entre guillemets, soit quelque chose qui corresponde à ce qui a déjà trop été dans ce débat, c'est-à-dire une personnalisation autour de la personnalité notamment de Marcel CAMPION, et que cela sonne comme le signal d'une chasse à l'homme. Pour nous, l'objet, c'est bien que Paris offre, à la concurrence des autres grandes villes du monde, une grande roue, comme c'est le cas à peu près partout. A partir de là, nous voterons évidemment le v?u ainsi amendé. Mais encore une fois, cessons toute personnalisation et repartons sur des bases saines.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Danielle SIMONNET. Ensuite, j?ai David BELLIARD, Jérôme DUBUS, Laurence GOLDGRAB, Nicolas BONNET-OULALDJ.

Mme Danielle SIMONNET. - Bien sûr, il faut cesser toute personnalisation. Le débat n'est pas "pro" ou contre M. Marcel CAMPION, mais enfin, le problème, c'est que, après la bataille menée par certains contre le marché de Noël, puis contre la grande roue et, en même temps, au passage, contre la fête foraine de la Foire du Trône, cela commence à faire beaucoup. Cela fait une cohérence d'ensemble. Donc, moi, je vous le dis.

On ne peut pas, Monsieur LEGARET, dire "les forains font partie de la culture de Paris", et puis, en même temps, finalement, voter une succession de v?ux qui expulsent les forains de la Capitale. Voilà. Donc, moi, je ne me retrouve pas. Je m'inquiète du consensus d'évidence qui a l'air de s'imposer dans cette Assemblée pour éjecter les forains de la Capitale. Voilà. Et j'attire votre attention sur le fait que...

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - S?il vous plaît, le débat s'est tenu dans le calme. Danielle SIMONNET peut défendre les forains comme elle le souhaite, même si cela peut paraître exotique.

C'est fini ? Merci.

La parole est à M. David BELLIARD.

M. David BELLIARD. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, mon intervention va être sous différentes tonalités parce que, pendant des années et des années, la grande roue, le marché de Noël, les Tuileries ou encore la Fête à Neuneu, tous ces événements organisés par Marcel CAMPION étaient préservés, voire protégés de toutes critiques, critiques que notre groupe et que les écologistes n'ont eu de cesse de porter au sein de ce Conseil. Nuisances, qualité des produits proposés, non-respect des conventionnements avec des installations qui perduraient hors des délais prévus pour l'exploitation, tout cela donnait l'impression d'un Marcel CAMPION, puisqu?il s?agit bien de Marcel CAMPION, tout-puissant. Et même quand on organisait un appel d?offres pour la grande roue, il n'y avait qu'une seule proposition : celle de Marcel CAMPION. Or, nous ne voulons pas que l'espace public soit considéré comme une rente, et cela pour personne, ni aucun acteur particulier, d'ailleurs, aussi prestigieux soit-il. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle notre groupe a fait voter la possibilité, pour cette grande roue, de mettre un terme à la convention d'occupation du domaine public après les deux ans fermes initialement prévus, possibilité qui nous est, finalement, fort utile aujourd'hui.

Donc, enfin, évidemment, nous voterons ce v?u. Mais, toutefois, je le rappelle ici, et cela a été rappelé par certains de mes collègues, ce n'est évidemment pas pour chasser les forains de la ville, ni pour installer un événement chic et cher place de la Concorde pour les fêtes. C?est la raison pour laquelle nous soutenons la proposition qu'une réflexion soit menée à la fois pour définir de nouvelles animations, avec pour objectif qu'elles restent accessibles au plus grand nombre et que les exigences environnementales soient revues à la hausse.

Enfin, nous voulons que soit défendue la place des arts forains et des cirques, sans animaux sauvages évidemment, une place qui devra demeurer compatible avec la surface et la nature de l'espace public. Nous avons, d'ailleurs, demandé à plusieurs reprises qu'un espace leur soit dédié dans la Capitale et nous voulons, donc, qu'un processus de discussion et de travail soit mené avec les forains eux-mêmes. C'est pour nous une condition essentielle pour que ces forains puissent vivre décemment de leur activité et que leurs arts et savoir-faire continuent à être présents à Paris, comme ils le sont depuis des centaines d?années.

Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Jérôme DUBUS.

M. Jérôme DUBUS. - Oui. Merci, Monsieur le Maire.

C'est par ce simple v?u, qui vient d'ailleurs d'être changé, là, à l'instant même? On vient de recevoir un amendement de plus qui a été intégré il y a trois minutes. C'est par ce simple v?u à la valeur juridique totalement inexistante? Ce que nous faisons aujourd'hui n'a aucune valeur juridique. Je vous mets en garde : que vous, Madame HIDALGO, qui êtes d'ailleurs absente, et Monsieur JULLIARD, souhaitiez mettre fin, aujourd'hui et pour 2018, à l?exploitation de la grande roue par la société "Fêtes Loisirs".

Cette grande roue, installée place de la Concorde depuis 1993 - pas hier, 1993 - accueillait chaque année plus de 400.000 visiteurs et participait donc largement à l?attractivité de Paris au moment des fêtes de Noël. De nombreux Parisiens, Franciliens, mais aussi des touristes étrangers, fréquentaient cette attraction à la satisfaction générale du public et sans que ses conditions d'exploitation ne posent le moindre problème.

Mme HIDALGO déclarait d'ailleurs, il y a un an, en décembre 2016, je la cite : "la grande roue est vraiment très belle et on est très fier de l'avoir ici". On cherche en vain - désolé, cher Eric AZIÈRE - des éléments esthétiques ou patrimoniaux qui pourraient expliquer un tel revirement. Je rappelle la décision du Tribunal administratif de Paris saisi par une association de défense du paysage, qui a débouté cette dernière le 20 octobre dernier.

Je vous conseille, d'ailleurs, de lire les attendus très intéressants de ce jugement. En réalité, Mme HIDALGO, après un flirt très poussé avec M. CAMPION, Président de la société "Fêtes Loisirs", a décidé de rompre brutalement avec ce dernier. C'est la vérité. Elle a fait preuve d'une grande ingratitude à l'égard de celui qui l'avait fortement soutenu en 2014, lui organisant même une parade sur-mesure deux mois avant les municipales. Le divorce est soudain, brutal, sans que les raisons invoquées ne permettent de l'expliquer. Mais ce sont les Parisiens, les touristes et l'attractivité de Paris qui vont en subir les conséquences dans une ville - nous l?avons dit ce matin - déjà bien triste à Noël, comparé aux autres capitales mondiales et européennes.

Cette décision est d'autant plus incompréhensible qu'elle ne s'accompagne d'aucune autre solution de remplacement pour maintenir une grande roue à Paris. C'est la raison pour laquelle nous demandons très clairement l'organisation d'un nouvel appel d'offres dans des conditions claires et incontestables et dans les plus brefs délais.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Monsieur DUBUS, vous avez terminé votre explication de vote ?

M. Jérôme DUBUS. - Dans ces conditions de règlement de compte, le groupe PPCI ne cautionnera pas cette décision unilatérale et précipitée, sans véritable fondement et relevant uniquement du fait du prince.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - On vient de comprendre l'ajout du "I".

La parole est à Mme Laurence GOLDGRAB.

Mme Laurence GOLDGRAB. - Monsieur le Maire, merci.

Depuis plusieurs années, l'installation de la grande roue suscite les inquiétudes de notre groupe à plusieurs titres.

D'un point de vue esthétique, cela a été rappelé. Situé entre l'obélisque de la place de la Concorde et l'entrée du Jardin des Tuileries, l'emplacement qui avait été retenu pour cette installation obstrue le grand axe parisien auquel nombre de touristes et de Parisiens sont attachés. En clair, la grande roue n'a pas sa place dans cet axe qui est l'une des plus belles perspectives de Paris.

Et puis, d'un point de vue juridique, bien sûr, la Ville a tenté de rendre la procédure plus transparente à travers un appel à concurrence - et c'est la loi maintenant, vous l'avez rappelé -, mais un seul candidat a répondu. Une situation qui tend à se reproduire depuis plusieurs années alors que le marché aurait dû sembler plutôt intéressant et attirer de nombreux candidats. Tel n'a pas été le cas. Les critères de transparence, à notre sens, manquent pour savoir pourquoi aucun autre candidat, ou peu de candidats, se sont déclarés. Sur le principe, bien évidemment, notre groupe souhaite le maintien d'une attraction. Nous nous félicitons du v?u bis de l'Exécutif qui demande à engager une réflexion sur ce type d'attraction sur le territoire parisien, et pas nécessairement à cet endroit.

Donc, bien sûr, nous voterons ce v?u de l'Exécutif, ce v?u bis.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Dernière explication de vote : Nicolas BONNET-OULALDJ. Ensuite, je donnerai la parole à la maire du 8e arrondissement.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Ecoutez, c'est un débat qui vient percuter les autres débats. J'ai entendu notre collègue, Danielle SIMONNET, qui veut nous faire croire que c'est le même sujet. Or, pour moi, la Foire du Trône et les forains qui sont sur la Foire du Trône, ce n'est pas la même chose qu'une seule grande roue, un grand équipement, je dirais, par une autre personne. Et ce n'est pas la même chose qu'un marché de Noël. Donc, séparons bien les débats les uns des autres.

Je me suis exprimé tout à l'heure, et assez longuement, sur le soutien du groupe Communiste auprès des forains, notamment à travers la Foire du Trône. Par contre, à ce sujet, je voudrais dire de quoi on parle : d'une convention d'occupation temporaire du domaine public et de la possibilité, à travers ce v?u, de mettre l'ensemble des groupes politiques et donc, de faire jouer la démocratie, pour réviser une convention d'occupation qui est temporaire.

Moi, je me félicite que, plutôt que le débat ait lieu par médias interposés dans lesquels on nous accuse de combinards, on puisse avoir un débat démocratique avec l'ensemble des groupes au sein de ce Conseil de Paris pour savoir si cette grande roue a sa place, ou pas, place de la Concorde.

Donc, nous voterons ce v?u.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Je donne la parole à la maire du 8e arrondissement, Madame d?HAUTESERRE.

Mme Jeanne d'HAUTESERRE, maire du 8e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Ce dossier de la grande roue est passionnant. il me semble donc, après vous avoir entendu, toutes et tous, qu?il faut dépassionner ce dossier. Il n?a jamais été question de faire "la guerre" à M. CAMPION. Il n?a jamais été question d?empêcher les forains de travailler dans Paris.

Depuis mon élection en 2014, j?ai toujours entendu dire qu?il y avait favoritisme, et non-transparence le concernant. Tous les groupes politiques ici présents, nous sommes tous d?accord pour qu?il y ait une transparence. Maintenant, concernant le v?u qui a été déposé par le groupe LR et amendé par l?Exécutif, nous sommes d?accord pour voter ce v?u. Je demande que l?on dépassionne vraiment ce dossier de la grande roue, qui n?a rien à voir avec le marché de Noël.

Aujourd?hui, je demande que l?on soit vraiment serein, et M. CAMPION est une personnalité que tout le monde connaît. Evidemment, beaucoup d?artistes le défendent. Nous aussi, nous défendons l?attractivité de tout ce qui se passe sur cette fameuse grande avenue des Champs-Elysées. Cette roue, évidemment, tous les groupes politiques vont se pencher dessus. Est-elle à sa place ? Je sais que même dans mon arrondissement, certaines personnes veulent qu?elle y reste, mais souhaitent réduire la durée de sa présence, autrement, il faudrait lui trouver une autre place.

Je le répète, nous ne sommes donc pas là pour faire "la guerre" à M. CAMPION, nous sommes là pour la transparence et pour que les uns et les autres, pour que chaque groupe politique se prononce sereinement. La décision sera prise pour le renouvellement en 2018, n?est-ce pas ? Actuellement, la convention avec M. CAMPION court jusqu?en mai 2018. Après cette date, il y aura un appel d?offres et les dossiers qui arriveront en consultation seront débattus au sein de notre Assemblée. Voilà, voyons-nous, parlons ensemble et que les choses soient très claires, et surtout dans la transparence. Merci beaucoup.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci, Madame la Maire.

La parole est à M. Bruno JULLIARD pour répondre à votre demande de sous-sous-amendement.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Absolument.

J?ai le sentiment, à l?exception de l?intervention de Jérôme DUBUS, que nous pouvons, comme nous le souhaitons tous, je crois, sortir par le haut et le plus rassemblés possible de cette difficulté, je l?espère, passagère. Je me permets simplement de noter que la brutalité de ces dernières semaines ou de ces derniers mois n?est pas tout à fait du côté de l?Exécutif et de la Ville de Paris ou des élus parisiens, mais plutôt du chantage quotidien, je dis bien quotidien, et parfois même personnel, exercé par certains pour faire plier les élus parisiens, et ça, ce n?est pas acceptable. Et je trouve légitime que notre Assemblée le fasse savoir.

Nous sommes, je crois, tout à fait d?accord pour que nous puissions, si possible, ne pas avoir de fête de fin d?année 2018, blanche, sans attraction. Je crois que cela doit être notre objectif. Je partage tout à fait la proposition de Jean-François LEGARET. Je crois qu?elle est partagée d?ailleurs par tout le monde. C?est la raison pour laquelle, par oral ou par écrit, nous nous engageons - c?est la deuxième proposition du v?u bis - à ce qu?une réflexion soit menée avec les groupes politiques, en lien avec l?Etat, pour que nous puissions bénéficier d?une attraction festive et populaire, sans porter atteinte à la perspective visuelle. Bref, nous souhaitons une nouvelle attraction dans un nouveau lieu. Essayons de définir ce cahier des charges et ce lieu le plus rapidement possible.

Ensuite, nous mettrons en place une mise en concurrence. Je ne vais pas anticiper, mais ce sera probablement une convention d?occupation du domaine public, avec mise en concurrence. Et je propose que nous nous fixions comme objectif qu?en effet, les fêtes de fin d?année 2018 soient la première année de cette nouvelle attraction. Il faut travailler vite. Je ne veux pas donner un engagement très ferme, parce que nous avons cette phase de mise en concurrence, qui est tout de même complexe, mais si nous allons vite dans la définition de ce cahier des charges, je pense qu?on peut tenir les délais.

Je conclus en disant que ce n?est en aucun cas une chasse à l?homme. S?il y en avait une, d?ailleurs, je ne sais pas trop de quel côté elle serait. Ce n?est en aucun cas une chasse à l?homme. Evidemment, quiconque, et notamment M. Marcel CAMPION, pourra candidater à la mise en concurrence que la Ville lancera dans - je l?espère - les tous prochains mois.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Après tout ce débat, compte tenu des informations qui viennent de vous être données à l?instant par Bruno JULLIARD, le groupe les Républicains maintient-il son amendement ?

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Non.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Tout à fait. C?est bien ce que j?ai dit. C?est tout à fait ce que je viens de signaler.

Le groupe UDI-MODEM maintient-il son amendement ? Merci.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de v?u référencé n° 198 bis amendé, déposé par l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

Le projet de v?u amendé est adopté. (2017, V. 329).

Il est adopté à une très large majorité.

Je vous en remercie.