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Mai 1998
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Conseil Municipal
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28- VII - Question d'actualité de M. BRET au nom du groupe socialiste et apparentés, à M. le Maire de Paris, sur les moyens d'évaluer et de combattre la progression des nuisances sonores à Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 1998



M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous abordons la question d'actualité de M. BRET relative aux nuisances sonores à Paris.
La parole est à M. BRET.
M. Bertrand BRET. - Merci, Monsieur le Maire, en vous remerciant par avance des efforts que vous voudrez bien déployer pour essayer de faire en sorte que chacun puisse ici se respecter, car la première fonction du respect, est de pouvoir s'écouter !
M. Philippe GOUJON, adjoint. - Provocateur ! Cela vous va bien de dire cela !
M. Bertrand BRET. - Si vous avez des états d'âme, il y a une buvette !
Cela tombe bien, Monsieur le Maire, je voulais aborder un sujet qui manifestement est d'actualité y compris dans notre Assemblée, c'est celui du bruit.
On a l'habitude de dire "beaucoup de bruit pour rien". Je ne sais si tant ici qu'à Paris, cela sera le cas mais en l'occurrence, je souhaiterais qu'à Paris, pour le moins, cela ne le soit plus. La lutte contre toutes les pollutions, vous le savez, Monsieur le Maire, est désormais au premier rang des préoccupations de nos concitoyens et c'est pour ma part ce qui m'intéresse le plus : pollution atmosphérique d'une part, mais également nuisances sonores de l'autre.
Le bruit, à Paris, chacun s'accorde à le reconnaître, c'est principalement la voiture et les lieux de nuisances sont connus.
Le boulevard périphérique en premier lieu, les axes rouges en second lieu, et les principaux carrefours de la Capitale en troisième et dernier lieu.
Monsieur le Maire, les élus socialistes considèrent que la lutte contre le bruit est, à l'évidence, une des priorités de l'action municipale !
Nous sommes une opposition active, positive, constructive, qui souhaite être utile aux Parisiens et qui espère pouvoir contribuer à l'amélioration de leur qualité de vie.
Je souhaiterais, à ce titre, vous posez deux questions concernant votre action éventuelle sur ce sujet.
Première question : elle relève directement de l'application de la loi du 31 décembre 1992, se référant à la lutte contre le bruit. J'aimerais savoir et connaître les dispositions que vous comptez prendre afin d'évaluer les sources sonores de la Capitale à travers l'élaboration d'une cartographie du bruit à Paris.
Deuxième série de dispositions : ce sont celles qui permettent d'une part de diminuer le flux de la circulation dans la Capitale et, d'autre part, de diminuer parallèlement les programmes de construction que vous avez le long des principaux axes que je viens d'énumérer à commencer par le boulevard périphérique.
Ma question, en ce sens, sera donc simple, Monsieur le Maire, et pour prendre un exemple que je connais bien en tant qu'élu du 20e arrondissement, celui de la Porte-des-Lilas, comptez-vous abandonner, les programmes de construction que vous envisagez le long du boulevard périphérique, ce qui à l'évidence n'est pas la meilleure garantie d'amélioration de la qualité de vie pour les riverains qui seront amenés à y habiter ?
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste).
(M. le Maire de Paris reprend place au fauteuil de la présidence).
M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. TRÉMÈGE.
M. Patrick TRÉMÈGE, adjoint. - Monsieur le Maire, merci.
Sur la carte du bruit, je voudrais répondre à M. BRET immédiatement que nos services et les services de la Ville, en collaboration avec les services de la Préfecture travaillent pour que d'ici la fin de l'année, une première esquisse de la carte du bruit puisse sortir. C'est un travail difficile à mettre en place. Les deux services sont en train de travailler pour que cette carte puisse être à la disposition du Conseil et le Maire réservera une séance au cours de laquelle nous pourrons discuter des premières constatations.
Pour ce qui est du bruit en général, et notamment celui lié à la circulation, vous avez raison d'indiquer qu'il est directement associé au volume de la circulation. La stabilisation du trafic dans la Capitale, constatée depuis maintenant une dizaine d'années et la réduction de ce trafic, inscrite dans le programme municipal, en relation avec le développement des transports en commun et du vélo, ont et auront des répercussions favorables en matière de réduction des nuisances sonores.
A cette action d'ensemble il faut ajouter la création des quartiers tranquilles, dont l'organisation permet à la fois d'accroître la convivialité entre les habitants, d'améliorer les conditions de sécurité pour les piétons et les usagers de deux-roues et de réduire les nuisances sonores ressenties par les habitants.
Enfin de façon ponctuelle, des aménagements de voirie sont réalisés pour réduire le bruit du trafic automobile le long des axes de circulation les plus importants, par l'utilisation de revêtements de chaussée peu bruyants ou, lorsque les conditions locales le permettent le long du périphérique, en interposant des écrans phoniques.
S'agissant des nuisances occasionnées par les activités les plus bruyantes, il s'agit avant tout d'appliquer avec vigilance et rigueur les règles définies par la loi. En tout état de cause, il convient de limiter de façon stricte le bruit dans ces circonstances. Cette action est conduite sous l'autorité du Préfet de police et le Maire de Paris appuiera toutes les actions visant à limiter ces nuisances tant pour les riverains que pour les spectateurs eux-mêmes qui sont parfois soumis à des niveaux dangereux de bruit.
Enfin s'agissant des bruits de voisinage, il faut observer qu'il s'agit en premier lieu d'un problème de comportement entre les habitants. Il convient, par la sensibilisation et l'information, de renforcer le sens du civisme de chacun, c'est-à-dire de renforcer le sentiment de vie en société qui constitue l'essence même de la cohésion urbaine. Les actions municipales menées au niveau local afin de redonner et de renforcer la vie de quartier, et donner le sentiment d'une véritable " vie de village " sont ainsi destinées à donner plus de responsabilités à chacun et un plus grand sens du respect dû à ses voisins.
En outre, s'agissant de l'action quotidienne du personnel municipal au service des habitants, il convient de souligner le programme mis en oeuvre au sein des services techniques de la Propreté de Paris pour réduire les bruits liés à la collecte des déchets et au nettoiement des voies publiques par l'utilisation de véhicules électriques, et de bacs dits silencieux. Ces décisions permettront de réduire le bruit et notamment celui de proximité.
D'ailleurs les efforts de la Ville ont été ou sont probablement perceptibles. En effet, la Ville de Paris vient de bénéficier récemment d'une récompense spéciale délivrée par le " décibel d'or ". Ce programme porte sur l'ensemble des équipements de collecte et de nettoiement et sur les méthodes mises en oeuvre par le personnel. La Ville a donc reçu cette année le " décibel d'or " pour l'ensemble de ces actions visant à diminuer le bruit de proximité.
Voilà, Monsieur le Conseiller, les éléments que je peux vous indiquer.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur TRÉMÈGE.
Nous en avons terminé avec les questions d'actualité et nous passons à l'ordre du jour.
(M. Jean-François LEGARET, adjoint, remplace M. le Maire de Paris au fauteuil de la présidence).