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Mai 1998
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31- 1998, DLH 163 - Autorisation à M. le Maire de Paris de déposer une demande de permis de démolir visant un immeuble à usage d'habitation situé 18, rue Emile-Chaine (18e).

Débat/ Conseil municipal/ Mai 1998



M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Mes chers collègues, dans l'ordre on a sauté le 163 concernant une demande de permis de démolir, 18 rue Emile-Chaine.
Je donne la parole à M. BLET.
M. Jean-François BLET. - Depuis de nombreuses années, le secteur D.P.U.R. " Nord - Emile Chaîne " lancé le 29 février 1988 et le secteur D.P.U.R. " Cité Traëger - Nord " de part et d'autre de la rue Boinod, affectent durement le quartier Simplon.
A plusieurs reprises, notamment les 25 septembre et 25 novembre 1996, j'ai dénoncé dans cette assemblée l'absurdité de la politique municipale de destructions sur ce quartier pour lequel aucun projet d'avenir n'a été clairement défini.
La seule décision prise est celle d'en faire un quartier tranquille. Tranquille, il l'est de fait puisque vous l'avez vidé de ses habitants et de ses commerces. Par contre, il est peu probable que les automobilistes aient envie de ralentir dans un quartier devenu aussi peu accueillant et qui n'inspire guère la flânerie.
Pourtant, avec ses rues aux dimensions modestes comme la rue Nord et la rue Emile-Chaine qui prennent parfois des allures de passages, ce quartier ne manquait pas de charme avant l'intervention municipale.
Rue Emile-Chaine, au 22, un immeuble réhabilité de 2 étages montre que ce secteur dispose encore d'un fort potentiel urbain et architectural et qu'une intervention douce à fortes doses de réhabilitation permettrait d'y redonner vie rapidement et de lui préserver ses dimensions humaines.
Mais la Ville a choisi d'autres méthodes, celles qu'on croyait pourtant révolues. La technique du pourrissement. Le n° 14, démoli. Le n° 16, 3 étages, muré. Le n° 17, 2 étages, muré. Le n° 19, 3 étages, muré. Le n° 20, en très bon état, muré.... une liste sans fin.
Au n° 12, des copropriétaires se plaignent de l'absence d'information dans laquelle sont plongés les habitants de ce quartier. Quel avenir pour notre quartier ? L'inquiétude règne dans ce secteur en sursis.
Au n° 18, l'immeuble de 3 étages plus comble affiche une façade soignée, par ses modénatures et son balcon au 2e étage, sans désordres importants. L'accès est muré.
Selon le projet de délibération, il est en état de dégradation irréversible et présente des risques importants pour ses occupants du fait de l'instabilité des structures et de son insalubrité.
Mais dans quel état était ce bâtiment lorsque la Ville en a pris possession le 20 mai 1992, il y a près de six ans ? Six années de non entretien, six années de pourrissement volontaire, cela n'arrange pas un immeuble !
Quoi qu'il en soit, l'action globale de la ville sur ce quartier est inadmissible et bien loin de vos déclarations en matière d'urbanisme de proximité et de concertation. Abandonnez vos projets maléfiques destructeurs et appliquez une médecine douce pour réanimer ce micro-quartier qui ne demande qu'à vivre en paix.
Vous annoncez une concertation avec les riverains et associations au cours de l'année 1998. Très bien mais pourquoi dans ce cas engager de nouvelles démolitions avant même la concertation ? Cette politique du fait accompli est inhumaine. C'est vraiment de l'urbanisme à visage inhumain !
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Monsieur BULTÉ, vous avez la parole.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Je répondrai rapidement à M. BLET puisque c'est à peu près les mêmes sujets que les projets de délibérations précédents.
La Ville a fait une analyse très précise sur l'état de ces immeubles. Il est bien entendu impossible de pouvoir les conserver en l'état.
Je rappellerai qu'à cet emplacement, il est prévu la réalisation de grands logements sociaux pour les familles avec de nombreux enfants et des familles aux revenus modestes.
Là encore, Monsieur le Maire, pour ne pas être plus long, je rappellerai qu'une concertation s'est engagée avec les associations et les élus de cet arrondissement, en amont, et que l'ensemble des élus de cet arrondissement se sont prononcés à l'unanimité pour ce projet de délibération.
Merci.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 163.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mme SCHNEITER s'étant abstenue, Mmes BILLARD, SCHERER, SILHOUETTE et M. BLET ayant voté contre. (1998, DLH 163).