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2017 DGRI 90 - Aide d’urgence (50.000 euros) à l’association "Première urgence international" en soutien aux populations vulnérables en Libye.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2017


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le projet de délibération DGRI 90 porte aide d'urgence à hauteur de 50.000 euros à l'association "Première urgence internationale", en soutien aux populations vulnérables en Libye.

La parole est à M. Rémi FÉRAUD puis à Mme Raphaëlle PRIMET.

M. Rémi FÉRAUD. - Merci, Monsieur le Maire.

Je vais être très bref pour dire que notre groupe se réjouit de ce projet de délibération, de cette aide d'urgence. Nous sommes à la fois tous très mobilisés et très profondément bouleversés par la situation en Libye, notamment les migrants qui sont détenus et parfois réduits en esclavage.

Nous sommes aussi dans notre ville, et nous en avons parlé ce matin, très mobilisés sur la situation des réfugiés qui arrivent et que nous souhaitons héberger et prendre en charge du mieux qu'il est possible.

Que le Conseil de Paris vote aujourd'hui un projet de délibération pour une aide d'urgence à "Première urgence internationale" qui agit dans le domaine de la santé auprès des migrants en Libye me paraît une action importante dans la cohérence de notre action internationale, mais aussi du rôle d'accueil des réfugiés que joue Paris ces dernières années.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - La parole est à Mme Raphaëlle PRIMET.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Est-ce ainsi que les hommes vivent ? C'est ce que m'inspire ce projet de délibération tant on espérait que le monde avait tourné la page de ces atrocités.

Les images accélèrent la prise de conscience et celles qui ont montré qu'en 2017, existaient encore des marchés aux esclaves nous heurtent profondément. Elles ne sont pourtant que l'ultime horreur vécue par celles et ceux qui ont franchi des déserts pour échapper à la guerre et à la misère.

Dès janvier 2017, nos députés européens du groupe G.U.E. avaient dénoncé l'accord que l'Union européenne passait avec Tripoli au sujet des migrants.

L'Union européenne, par sa politique migratoire d'externalisation, confiait ainsi à la Libye en plein chaos, après l'intervention militaire française, la responsabilité de bloquer à tout prix les migrants voulant fuir violence et pauvreté pour se retrouver dans un véritable enfer financé par l'Union européenne et les Etats voisins.

C'est une véritable honte. Et pourtant la solution est connue : c'est d'organiser dès demain l'ouverture de voies légales et sécurisées permettant aux migrants de rejoindre l'Europe pour faire valoir leurs droits à la protection et espérer se construire une vie meilleure.

Paris montre, dans ce projet de délibération, sa solidarité à l'égard de celles et ceux qui en ont le plus besoin : aux humiliés, aux victimes, aux sans voix et nous l'approuvons.

Mais devons-nous oublier le rôle de ceux qui profitent de cette misère : les passeurs, les trafiquants. Devons-nous oublier le rôle des gouvernements occidentaux qui pleurent sur l'esclavage mais qui, dans le même temps, baissent les crédits liés au développement.

Devons-nous oublier le rôle d'entreprises, y compris françaises, qui pillent les pays du Sud et qui exploitent leurs matières premières ? Devons-nous nous taire devant les choix faits en matière d'agriculture qui ne s'intéressent qu'aux produits d'exportation au mépris de l'agriculture vivrière ? Devons-nous oublier le rôle du F.M.I. et de la Banque Mondiale qui ont organisé le démantèlement des services publics en Afrique sub-saharienne ?

N'oublions jamais que ce sont les pays du Sud qui accueillent la plus grande partie des réfugiés. N'oublions jamais que, malgré ses promesses, la France n'a toujours pas atteint le tiers du nombre de personnes fuyant les conflits au Proche-Orient, qu'elle s'était pourtant engagée à recevoir. Nous n'oublions pas que nous étions bien seuls en 2011 à condamner l'intervention française en Libye à qui nous devons en partie cette situation intolérable.

Oui, notre collectivité est dans son rôle d'aider les associations comme "Première urgence internationale", de panser les plaies des victimes, mais notre rôle d'élus est aussi de pointer les responsabilités de chacun dans ce drame.

Continuons à nous mobiliser pour que l'accueil des réfugiés en France soit digne de nos traditions et que le Gouvernement s'inspire et amplifie ce que Paris a su faire à son niveau. Alors oui, votons ce projet de délibération, même s'il n'est qu'une goutte d'eau dans la marée de l'égoïsme qui nous entoure. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Patrick KLUGMAN.

M. Patrick KLUGMAN, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Merci, chère Raphaëlle PRIMET, merci, Rémi FÉRAUD, d'attirer l'attention de notre Conseil sur la situation des réfugiés libyens qui sont administrativement retenus dans des centres gérés par le Gouvernement libyen, quand on sait que ces centres sont en réalité des prisons, des prisons où ils sont rançonnés, violés, maltraités, parfois torturés et qu'effectivement, ces centres ont fait l'objet d'un accord entre le Gouvernement lybien et l'Union européenne et cette situation a d'ailleurs été dénoncée récemment par Anne HIDALGO et le président de la Fédération internationale des Droits de l'Homme, dans une tribune. Cette situation est absolument intolérable. C'est pourquoi nous appelons à soutenir aux moyens d'une aide d'urgence, l'association "Première urgence internationale" comme vous l'a dit Rémi FÉRAUD, qui est spécialisée dans l'aide médicale. Il s'agirait de la mise en ?uvre de cliniques mobiles pour les populations vulnérables en Libye et ainsi de sécuriser les parcours migratoires le plus en amont possible. Très peu d'associations sont capables d'assurer cela. C'est pourquoi vraiment, le vote de cette aide d'urgence au profit de "Première urgence internationale" est absolument nécessaire et cardinal et je vous encourage, en m'associant aux propos tenus par Raphaëlle PRIMET et Rémi FÉRAUD, à la voter. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DGRI 90.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2017, DGRI 90).