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Decembre 2017
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Vœu déposé par l'Exécutif relatif à la nomination d'un lieu ou d'un équipement en hommage à Johnny Hallyday.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2017


 

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Nous examinons le v?u n° 221 relatif à la nomination d?un lieu ou d?un équipement en hommage à Johnny Hallyday.

La parole est à Catherine VIEU-CHARIER.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Je suis très heureuse de présenter ce v?u, parce que Jean-Philippe Smet, alias Johnny Hallyday, était un grand artiste, un très grand artiste, puisque pendant 57 ans, il a su émouvoir toutes sortes de gens, de tous âges, de toutes conditions, et avec un virage vers les classes intellectuelles au moment où il a rencontré Nathalie BAYE et où il a pu tourner avec GODARD, notamment. C?est vraiment quelqu?un qui a marqué la chanson française de façon très forte, parce qu?elle ronronnait gentiment avec les chanteurs d?après-guerre et qu?il est arrivé avec le "rock and roll" et une nouvelle façon d?envisager la variété française.

Je n?oublie pas non plus que tout au long de sa vie, il a su se renouveler et avoir des partenariats tout à fait intéressants. Je pense à Barbara, Françoise Sagan, Michel Berger, Jean-Jacques GOLDMAN, Jean-Luc GODARD, que j?ai déjà cité, Costa-Gavras. C?est quand même donc aussi l?indice que c?était un grand artiste.

Et il faut aussi se souvenir de ses derniers jours et de l?immense émotion qu?il a provoquée dans notre pays. Je sais que cela fait sourire certains, mais tourner le dos à des millions de gens, qui se sentent émus par la perte de ce très grand artiste, cela me paraît un peu compliqué. Et je trouve que Paris s?honorera, vraiment, de donner un nom de lieu à cette personne qui a su tous nous toucher au plus profond. Je me souviens, j'avais 5 ans quand j'ai entendu pour la première fois une chanson de Johnny Hallyday, "Retiens la nuit", je ne l'ai pas oubliée, et tout au long de ma vie, oui, j'ai adoré écouter Johnny Hallyday. J'en suis très fière.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. J'ai été saisie de plusieurs explications de vote. Mme BERTHOUT, M. BONNET-OULALDJ, M. BELLIARD, y en aura-t-il d'autres ? Non.

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Je vais être rapide, mais chère Catherine VIEU-CHARIER, vous avez su trouver, comme souvent d'ailleurs avec beaucoup de justesse, les mots qui nous rassemblent tous autour de cette proposition.

Evidemment, il y a une histoire commune qui unit toutes les générations et tous les Français avec ce personnage incroyable, vous l'avez rappelé.

Il avait une voix exceptionnelle, un timbre puissant et chaleureux, ce qui n'est pas donné à tous les artistes, y compris aux grands artistes. C'était la chanson, la scène et puis ses spectateurs, ce "fan club" avec un lien quasi charnel, et vous y avez fait allusion, il savait se renouveler et s'entourer des meilleurs.

Je dis souvent aussi que si l'on s'assimile à ce grand personnage, et s'il nous parle, c'est parce que c'est à la fois un anti héros et un héros. Quand il tombait à terre, il se relevait.

Il y a un lien très fort, je voulais en terminer par là, avec la Ville de Paris, et je voulais vous le rappeler aussi, mais vous le savez très bien, me faisant notamment le porte-voix de ma collègue maire du 9e arrondissement, avec le 9e arrondissement, là où il est né, là où il a vécu toute son enfance, son adolescence, là aussi où ses parents se sont mariés. Il y a beaucoup d'autres histoires, mais j'ai peu de temps de parole.

C'est précisément au square de la Trinité, où il venait jouer de la guitare avec ses grands copains Eddy MITCHELL et Jacques DUTRONC, et il n'est pas inexact de prétendre que le Rock'n roll français est né aussi dans ce square de la Trinité. Et puis, ce sont évidemment les grandes scènes parisiennes, et une manière très particulière d'être aussi près des Françaises et des Français et des Parisiens quand il y avait des événements importants, je pense à sa chanson "Un dimanche de janvier" interprétée en hommage aux victimes des attentats de novembre 2015. Je retiendrai une chose, c'était un roc d'humanité, et puis ce ne sera jamais un chanteur abandonné, mais bien grâce à vous et à nous tous, une passion durable, une passion pour le coup bien française. Merci.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci, Madame BERTHOUT.

Je donne la parole à M. BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Mes chers collègues, évidemment le groupe Communiste - Front de Gauche soutient cette proposition et votera ce v?u. Comment la Ville de Paris pourrait-elle être absente de l'hommage populaire et quasi unanime rendu à Johnny Hallyday, même s'il y a une part d'excès et de goût incertain dans certains hommages depuis quelques jours ?

Par contre, je ne crois pas normal qu'un artiste, fut-il rocker, n'ait pas un lieu dédié à Paris. D'ailleurs, Catherine VIEU-CHARIER rappelait certains noms de chanteurs, je pense à Jean Ferrat, Edith Piaf, Dalida, c'est tout à fait normal que Johnny Hallyday ait un lieu à sa mémoire à Paris.

Les journalistes nous posent la question, quel lieu ?

Je sais que ce n'est pas l'objet de ce v?u ni l'objet d'aujourd'hui, mais permettez-moi de soumettre une idée à ce Conseil. Voilà pourquoi j'émets l'idée, pourquoi pas, de salle "Bercy Johnny Hallyday".

Vous savez que dans ce Conseil, je me suis opposé à plusieurs reprises au "naming" de l'"Accor Arena", et pourquoi j'insiste sur ce lieu ? Parce que dans cette salle, Johnny Hallyday s'est produit 96 fois, et c'est le record du nombre de concerts à Paris.

Je renouvelle cette proposition, pourquoi pas renoncer au "naming" et rebaptiser "Bercy Johnny Hallyday" ?

Enfin, rendre hommage à ce chanteur, cela veut-il dire que le groupe Communiste - Front de Gauche oublie ses excès, ses écarts, et notamment en matière fiscale ?

Non, je serais mal placé si j'omettais cela dans mon discours, mais permettez-moi de citer aussi Elsa Triolet qui écrivait en 1964 dans les "Lettres françaises" : "Je suis, comme vous le savez, des fans de Johnny Hallyday. Vous trouvez cela grotesque, vous avez tort, je suis à l'âge où si l'on n'est pas un monstre, on aime ce qui est en devenir". Belle lucidité, qui nous permet de nous débarrasser de cette pudeur qui nous empêcherait d'avouer que l'on a toutes et tous un souvenir lié à Johnny Hallyday.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci.

La parole est à M. BELLIARD.

M. David BELLIARD. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, tout a déjà été dit sur Johnny Hallyday, sur cette star aux plus de 800 chansons, sur cette incroyable capacité qu'il a eue durant toute sa carrière à capter les foules, quelles qu'en soient les générations.

Moins a été dit sur les phases plus obscures de sa personnalité, comme l'a rappelé mon collègue, et notamment son exil fiscal pour échapper à l'impôt.

Johnny Hallyday, c'était un personnage dans ce qu'il a de grand et de petit. L'hommage populaire qui lui a été rendu par plus de 1 million de personnes samedi dernier nous montre à quel point il a su toucher la population, par sa musique.

Ce succès explique l'inflation des hommages de l'élite politique et culturelle, qui pourtant était souvent prompte à railler les chansons et mises en scène de celui qui est resté pendant près de 50 ans l'idole des jeunes et moins jeunes. Nous le savons, l'accélération du temps s'arrête où commence l'histoire. C'est la même qui démêlera l'essentiel de l'accessoire, la petite de la grande, qui décidera dans un chemin complexe, sinueux et imprévisible, ce qui demain restera de Johnny Hallyday et ce qui ne restera pas. Oui, Paris doit honorer ce grand chanteur, symbole d'une culture populaire et généreuse, et même si nous voterons favorablement ce v?u, nous aurions trouvé opportun de laisser l'histoire, justement, faire son chemin avant de décider quel lieu, quelle place, quelle rue pourrait porter demain le nom de cette star du "show business".

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Madame VIEU-CHARIER, souhaitez-vous rependre la parole ?

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - D'abord, nous rendons hommage à un artiste point.

Pour ce qui est du lieu, je voudrais que l'on soit prudent, il y a beaucoup de considérants pour choisir ce lieu, notamment on sait bien qu'étant inhumé à Saint-Barthélémy, ce sera un lieu forcément de recueillement pour ses "fans". Il faut donc faire attention pour la sécurité, la fluidité des passages, etc., et surtout, je pense que la famille, Laeticia HALLYDAY, Laura SMET et David HALLYDAY, ont certainement aussi à dire quelque chose, donc je pense que la plus grande prudence nous indique de ne pas donner de nom pour l'instant, de nous concerter ensemble, la Maire de Paris en premier chef et bien évidemment la famille de Johnny Hallyday.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

Je mets aux voix, à main levée, ce v?u.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est adopté. (2017, V. 395).