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Mai 1998
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18- 1998, DLH 157 - Autorisation à M. le Maire de Paris de déposer une demande de permis de démolir visant 2 bâtiments à usage d'habitation situés 18, rue Caillié (18e).

Débat/ Conseil municipal/ Mai 1998



M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DLH 157 : Autorisation à M. le Maire de Paris de déposer une demande de permis de démolir visant deux bâtiments à usage d'habitation, situés 18 rue Caillié (18e).
Monsieur BLET, vous avez la parole.
M. Jean-François BLET. - Je voulais rendre hommage ici aux agents de l'E.D.F. qui ont eu le courage de ne pas couper l'électricité à des familles dans la détresse. C'est le comportement de la hiérarchie de l'E.D.F. qui est scandaleux, ce sont ses méthodes d'intimidation que nous dénonçons. Les agents de l'E.D.F. eux ont été exemplaires.
Sur le 18 rue Caillié :
Le secteur " Caillié " dans le 18e et son pendant du 19e le secteur " Passage Goix ", de part et d'autre de la rue d'Aubervilliers, font partie de cette multitude de secteurs D.P.U.R. - des mini Z.A.C. en puissance avec le culte du secret en plus - qui pourrissent les quartiers populaires de Paris sans véritable projet d'avenir.
Expropriations, expulsions, murages, destructions, terrains vagues permanents, tel est le triste cycle vécu depuis plusieurs années par le quartier de la rue d'Aubervilliers sans que personne ne sache ce qui s'y prépare réellement.
Le 11 rue d'Aubervilliers, détruit. Le 10 rue Caillié, détruit, les 5, 6, 7, 8, 9, 13, 15, 18, 21 rue Caillié totalement ou partiellement murés. Même chose pour les 1, 3, 7, 9, 13 rue d'Aubervilliers, 27 rue du Département, 2, 4, 10 boulevard de la Chapelle, sans compter l'opération limitrophe du passage Goix.
Ce micro-quartier pourri par la Ville, c'est la " zone Blues " comme nous le rappelle cruellement l'inscription sur la fresque qui décore le mu du garage situé à l'angle de la rue du Département et de la rue Caillié. En face, une enseigne lumineuse indique elle aussi " Blues du Nord ".
Tel est l'état d'esprit qui règne dans ce quartier en sursis, profondément déprimé par l'action municipale.
On nous demande aujourd'hui d'ajouter le 18 rue Caillié, un immeuble de trois étages plus combles, sur la liste des démolitions sous prétexte d'un état de vétusté avancé, état qui n'est pourtant pas apparent. Quel était son état lorsque vous en avez pris possession il y a quatorze ans, le 5 juillet 1984 ?
Cela fait bientôt quatorze ans que vous refusez d'entretenir cet immeuble que vous spéculez sur son pourrissement. Avec un tel traitement, il est clair qu'aucun immeuble parisien ne saurait résister.
Avez-vous seulement un projet ? On nous annonce un programme de logements, mais dans les environs immédiats, d'autres friches attendent depuis de nombreuses années les constructions annoncées !
Des immeubles en état tout à fait satisfaisant sont vidés et murés le long de la rue d'Aubervilliers. C'est aberrant !
Quelles étaient les intentions de la Ville en 1988, si ce n'est un véritable programme de nettoyage et de densification avec la construction de 180 logements, mais surtout l'élargissement de la rue d'Aubervilliers à 24 mètres pour en faire un véritable autoroute radiale Nord-Sud !
Qu'en est-il de ces intentions peu avouables ?
Qu'en est-il de vos promesses sur un urbanisme de proximité, sur la réhabilitation des quartiers, sur l'abandon du tout-automobile ?
L'étude technique de vos services indique, je cite : " La création de logements neufs, l'architecture d'accompagnement contribuerait à l'amélioration de l'aspect urbanistique de la rue Caillié. "
Un bel exemple de langue de bois qui rejette le potentiel urbain du bâti existant et qui oublie l'essentiel, Monsieur le Maire : pour " améliorer l'aspect urbanistique " des quartiers en général, et de la rue Caillié en particulier, la meilleure méthode est d'abord de cesser définitivement tout programme délibéré de pourrissement, sombre mélange d'expropriations-expulsions-murages-destructions, et ensuite d'entretenir avec soin les immeubles municipaux et la voirie concernée.
Ce que vous ne faites pas. Ce que vous refusez de faire pour justifier, le temps aidant, votre prurit destructeur.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Monsieur BULTÉ, vous avez la parole.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Merci Monsieur le Maire.
Je ne comprends pas les interventions de M. BLET, sur ce secteur. L'ensemble des élus du 18e arrondissement de la majorité locale, c'est-à-dire de la gauche plurielle, par laquelle vous avez été élu, Monsieur BLET, et également de l'opposition locale, ont compris l'utilité de l'aménagement de ce secteur et voté à l'unanimité ce projet de délibération.
Vous parlez de langue de bois, mais, Monsieur BLET, vous avez une super langue de bois ! Vous intervenez sur tous les projets dans tous les arrondissements et sur des projets sur lesquels vos propres amis ont voté favorablement !
Je ne comprends plus très bien votre opposition systématique. En l'occurrence dans ce secteur, je puis vous dire qu'après dialogue et concertation, l'unanimité a été faite sur ce projet de délibération. Et, Monsieur le Maire, je ne peux qu'appeler à voter bien sûr pour ce projet de délibération.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 157.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mmes SCHNEITER, BILLARD, SCHERER, SILHOUETTE et M. BLET ayant voté contre. (1998, DLH 157).