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Decembre 2017
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Conseil Municipal
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relatif au réaménagement de l'avenue du Général-Leclerc.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2017


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Nous passons à l'examen de v?ux non rattachés.

Le v?u n° 197 est relatif au réaménagement de l'avenue du Général-Leclerc.

Carine PETIT.

Mme Carine PETIT, maire du 14e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Quelques chiffres : 1.500 véhicules/heure partie sud le matin, 1.600 véhicules/heure le soir, pollution à particules fines, un des points les plus importants de Paris, pollution sonore supérieure à 70 dB.

Si nous avons été amenés avec le Conseil d'arrondissement du 14e à déposer un v?u sur l'avenue du Général-Leclerc, c'est tout simplement et très tranquillement pour demander au Préfet de police d'émettre un deuxième avis, prescriptif, sur cet axe, et au regard du projet que nous avons déposé au mois d'avril dernier.

Pourquoi ? Parce que les prescriptions de M. le Préfet sont à l'inverse et vont contre tous les objectifs que nous poursuivons, et que nous avons travaillés pendant près de deux ans avec un comité de pilotage pour la concertation, un comité de pilotage réduit, mais aussi à travers plusieurs réunions publiques qui ont regroupé à chaque fois plus de 500 à 600 personnes. C'est un projet très attendu.

Sur la méthode et sur le fond, je le dis, nous ne pouvons pas fonctionner comme cela, entre la Ville, la Préfecture de police, une mairie d'arrondissement et plus de deux années de concertation avec les habitants, l'association des usagers de transports en commun, les représentants des associations de cyclistes, et les conseils de quartier.

Sur le fond aussi, la mairie du 14e arrondissement et l'ensemble des usagers de cette avenue reconnaissent le caractère spécifique de cet axe majeur, de cet axe essentiel à la sécurité de Paris, nous le savons parfaitement.

Il a d'ailleurs été acté par un décret qui date du 18 juillet dernier.

Pour autant, nous ne pouvons pas voter ici dans cette Assemblée un Plan Vélo, un réseau express vélo, un nouveau schéma bus Ile-de-France Mobilités, et nous venons d'ailleurs d'aborder il y a quelques instants les modalités de sa mise en application. Nous ne pouvons pas non plus voter ici dans cette Assemblée les objectifs ambitieux d'un Plan Climat Air Energie, et s'apprêter à respecter les prescriptions du Préfet de police, telles qu'elles nous ont été communiquées par écrit.

Je le dis aussi très simplement et très tranquillement, étant de nature optimiste et constructive, mettre fin aux autoroutes urbaines ne veut pas dire empêcher les véhicules de secours, les convois officiels, les convois pénitentiaires de circuler correctement.

Aujourd'hui, aux heures les plus apocalyptiques des bouchons de l'avenue du Général-Leclerc, ces convois circulent, arrivent à se frayer un chemin dans les pires conditions.

Je pense aux usagers les plus nombreux de cette avenue, qui sont les cyclistes, les piétons, et les usagers des transports en commun, et c'est pourquoi je me réjouis d'avance d'ouvrir de nouvelles discussions et d'obtenir un deuxième avis de M. le Préfet, plus compatible avec les ambitions et la stratégie que nous portons sur cet axe majeur.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Christophe NAJDOVSKI, puis nous aurons la réponse du Représentant du Préfet de police.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Je voudrais rappeler que pour ce qui concerne le réaménagement de l'avenue Général-Leclerc, une concertation dure depuis deux ans maintenant, avec au moins 8 réunions ou ateliers qui ont été menés dans le 14e arrondissement auprès des conseils de quartier et différentes catégories de riverains, d'usagers et de partenaires, avec un projet qui, nous le savons tous, est attendu depuis plus de 15 ans maintenant, un projet ancien.

Nous avons saisi d'ailleurs la Préfecture de police pour un avis officiel en avril, avec une réponse qui est intervenue fin septembre, dans le cadre des relations que nous pouvons avoir avec la Préfecture de police sur le fait que l'avenue du Général-Leclerc est désormais un axe essentiel à la circulation des véhicules de sécurité et de secours, avec des prescriptions formulées par le Préfet de police.

Nous pouvons regretter, je l'ai déjà mentionné, que cette réponse du Préfet de police ait été tardive, alors que le projet était connu depuis le printemps.

Donc, nous voulons :

- réaffirmer les orientations qui ont été celles de la concertation, à savoir le fait d'apaiser l'avenue en réduisant les voies de circulation et en imposant un revêtement antibruit ;

- améliorer le confort et la sécurité des piétons, notamment à travers la réfection de l'éclairage ou encore des pieds d'arbres ;

- fluidifier la circulation des bus sur un axe qui est important pour la R.A.T.P. et Ile-de-France Mobilités ;

- réaménager la place Hélène et Victor Basch qui, il faut le rappeler, est l'une des places les plus polluées de Paris, et donc le faire au profit de tous les usages ;

- réorganiser les livraisons ;

- créer un itinéraire cyclable de qualité.

Pour toutes ces raisons et à condition que Mme la Maire du 14e arrondissement veuille bien accepter quelques modifications au niveau de la formulation, qui sont mentionnées dans un amendement de l'Exécutif, nous donnerons un avis favorable à ce v?u.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Monsieur le Représentant du Préfet de police, vous avez la parole.

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire.

On a déjà eu l?occasion, en marge du Conseil, d?évoquer avec Madame la Maire du 14e cette hypothèse.

D?abord un constat, vous l?avez évoqué vous-même : 1.500 véhicules dans le sens entrant, 1.600 dans le sens sortant, aux heures de pointe, sur cette avenue qui est particulièrement fréquentée, qui constitue un axe essentiel. Et ce n?est pas pour rien qu?il figure dans le décret qui donne au Préfet de police le pouvoir de prescription sur certain des axes parisiens, dont celui-là.

Vous l?avez évoqué également, en disant que dans la situation actuelle, aujourd?hui, les services de police et de secours se frayent un chemin, y compris dans les pires conditions. Ils se frayent un chemin dans les pires conditions, alors même que nous sommes dans une configuration où nous avons trois voies de circulation pour partie de cette avenue, et que la prescription du Préfet consiste à valider déjà le principe de ramener de trois voies à deux voies cet axe circulant. Il est évident qu?on peut avoir les plus belles voies de bus sur les avenues, si vous ne tenez pas les carrefours, vous aurez une situation de thrombose qui fait que vos véhicules de secours - et c?est là où tout à l?heure, M. POZZO di BORGO évoquait les nuisances sonores, c?est bien au niveau des carrefours que nous avons la difficulté de passage des véhicules de secours et d?urgence, et c?est bien? Tout un chacun connaît l?avenue du Général-Leclerc, toutes les retenues de circulation auront immédiatement un impact sur la porte d?Orléans, c?est-à-dire le boulevard des Maréchaux, et immédiatement le périphérique. C?est sur cela que repose l?avis du Préfet de police, et bien évidemment, il n?est absolument pas opposé, bien au contraire, au principe de la création de la piste cyclable.

Après, on peut toujours discuter sur la base d?un nouveau projet. C?est évident. Je vous l?ai dit : le Préfet n?est pas fermé sur sa position, sous réserve d?avoir un projet et des mesures, des propositions alternatives. Je rappelle, pour l?information de l?ensemble des élus, que le Préfet a évoqué, a proposé à la Maire de Paris la création de la piste cyclable sur une voie parallèle, qui est la rue Jean Moulin, de manière à pouvoir permettre les déplacements sur cette rue immédiatement à proximité, des déplacements plus sécures et dans un air moins pollué pour les déplacements en vélo, démontrant ainsi son intérêt pour les pistes cyclables. S?agissant des délais de réponse, je suis un peu surpris qu?on rappelle le fait que ce projet réponde à une attente de 20 ans des habitants, qu?il est en préparation depuis deux ans à la Ville de Paris et qu?on reproche à la Préfecture de police un délai de six mois, alors même que trois versions du projet ont été présentées durant ce délai de six mois aux services de la Préfecture de police, parce qu?il y avait des réunions de travail pour pouvoir amender quelque peu ce projet. Je ne peux donc pas partager cette critique à l?égard des délais de réponse de la Préfecture de police. Enfin, sur la nouvelle méthode de travail, dans les réunions avec le Secrétariat général, la DVD et en présence du maire adjoint ici présent chargé des transports, nous avons convenu, entre la Préfecture de police et la Ville de Paris, d?une nouvelle méthode de travail sur ces grands projets structurants qui n?aboutissent pas à la situation que vous connaissez aujourd?hui, Madame la Maire, au bout de deux ans de réflexion et de consultation de la population, d?avoir un avis du Préfet de police qui vient remettre en cause les échanges qui ont pu avoir lieu avec les riverains. Nous avons convenu, maintenant, sur tous les projets structurants, d?avoir une pré-consultation du Préfet de police sur les axes relevant de sa responsabilité, afin de présenter à la population et aux acteurs locaux un projet qui tienne compte, en tout cas, des enjeux des uns et des autres, de manière à ne pas être obligé de reprendre la copie intégralement au terme de deux ans de procédure. En tout cas, le Préfet de police n?est pas, je vous le confirme, fermé à réexaminer ce dossier, comme tout autre, sur la base d?un nouveau projet amendé qui lui serait présenté, mais bien évidemment en veillant à respecter les impératifs de sécurité dans les responsabilités qui sont les siennes.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

M. NAJDOVSKI a proposé un amendement à votre v?u, Madame PETIT. L?acceptez-vous ?

Mme Carine PETIT, maire du 14e arrondissement. - Je l?accepte, puisqu?il dit exactement la même chose que ce que nous avions voté en Conseil d?arrondissement. Cela doit être la magie du troisième jour du Conseil de Paris.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le troisième jour est souvent magique !

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 197 ainsi amendé, avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u amendé est adopté. (2017, V. 402).