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Decembre 2017
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Vœu déposé par le groupe PCF-FG relatif à l'Ecole 42.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2017


 

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Nous en revenons au secteur de Marie-Christine LEMARDELEY et donc, nous avons le v?u n° 131 relatif à l'Ecole 42.

Je vais donner la parole, pour deux minutes, à M. Nicolas BONNET-OULALDJ? Monsieur AQUA?

M. Jean-Noël AQUA. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, notre v?u concerne l'Ecole 42, cette école fondée en 2013 par Xavier NIEL pour offrir une formation nouvelle en codage informatique. Cette école se veut résolument innovante dans le discours, et pourtant, il semble que le bon vieux sexisme y soit particulièrement à l'?uvre. Je passerai sur le fait que seuls 10 % des élèves sont des femmes. Non, plus gravement, la multiplication des faits sexistes aboutit à ce que des étudiantes - je le cite, d?après des témoignages - "ne se sentent pas en sécurité dans les locaux mêmes de l'école". Cela paraît, pour le moins, inacceptable. Je cite toujours un autre témoignage, donc, une étudiante qui dit : "On m'a poursuivie sur un étage et demi. J?ai dû remonter à reculons. Et on m?a poursuivie pour voir sous ma jupe". Une autre étudiante déclare ne plus porter de jupe au vu des remarques sexistes. On apprend aussi qu?une des innovations de cette école - une chaîne de discussions sur la messagerie "Slack" - était un lieu de partage de contenu pornographique à teneur misogyne et violent, dans ce que j'en ai vu et lu sur le site.

Par ailleurs, des étudiants affichent des images pornographiques outrageantes et dégradantes ouvertement sur leur fond d'écran, avec un laisser-faire inquiétant. Les étudiantes témoignent ainsi d'un effet d'entraînement, car elles ont l'impression que tout est permis dans l'école. Le laisser-faire dans toutes ses conséquences.

L'absence de contrôle, c'est bien, mais quand elle aboutit à des faits inacceptables, il faut réguler, non pas dès demain, mais dès aujourd'hui. Alors, que faire ? Nous avions adopté, en janvier dernier, un v?u visant à favoriser la lutte contre le sexisme dans l'enseignement supérieur au niveau parisien. Des moyens existent. La Conférence des présidents d'université, la Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs, la Conférence des grandes écoles, ont signé une charte : la Charte nationale face aux inégalités hommes/femmes. Cette charte prévoit notamment la nomination d'un ou d'une référente pour l'égalité qui puisse produire des statistiques sexuées et promouvoir des bonnes pratiques.

Sur Paris, avec Marie-Christine LEMARDELEY et Hélène BIDARD?

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Monsieur AQUA?

M. Jean-Noël AQUA. - Nous avons donc prévu, avec un v?u en janvier - pardon, je finis - de créer un réseau de référents. Au vu de ces problèmes, il nous semblerait opportun que l'Ecole 42 signe cette charte et qu?elle nomme un référent à l'égalité qui pourrait venir participer au réseau parisien. C'est l'objet de ce v?u qui demande à la Ville de contacter l'école pour le lui suggérer et lui proposer notre aide par la connaissance du sujet.

Je vous remercie.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur AQUA.

Pour vous répondre, je donne la parole à Mme LEMARDELEY.

Mme Marie-Christine LEMARDELEY, adjointe. - Merci, Jean-Noël AQUA.

Votre v?u nous interpelle sur des agissements sexistes qui ont eu lieu au sein de l'Ecole 42. Vous l'avez rappelé, en janvier 2017, nous avons adopté en Conseil de Paris un v?u contre le sexisme dans l'enseignement supérieur et la recherche. Ce v?u s'appuyait sur le souhait de la Maire de Paris que l'égalité entre les femmes et les hommes constitue un axe de travail privilégié avec l'ensemble des actrices et des acteurs du territoire parisien, et sur la charte pour l?égalité entre femmes et hommes dans l?enseignement supérieur et la recherche signée en 2013 par l'ensemble des établissements, autant les universités que les écoles.

Ainsi, avec Hélène BIDARD, l?adjointe à la Maire de Paris chargée de l'égalité femmes/hommes, nous allons rencontrer le mois prochain les référentes et référents égalité des établissements parisiens pour faire un point sur leurs engagements et leurs réalisations dans ce domaine. Nous souhaitons appuyer leur action en favorisant la lutte contre les stéréotypes et le harcèlement, ainsi que la mixité des filières et l'égalité professionnelle. Nous les inciterons à profiter de toutes les ressources associatives de la société civile pour qu?une sensibilisation citoyenne ait lieu à chaque rentrée au bénéfice de l'ensemble des étudiants et des enseignants.

Dans ce cadre, nous partageons évidemment votre très forte préoccupation face aux faits à caractère sexiste qui se sont déroulés au sein de l'Ecole 42. Il importe que la Ville de Paris soit très vigilante contre le développement de ce type de pratique au sein de cette école, comme au sein de l'ensemble des établissements d'enseignement supérieur parisiens. Aussi, au nom de l'Exécutif et en proposant quelques amendements de forme, je donnerai un avis favorable à votre v?u, sous réserve d'acceptation de ces amendements. Nous inviterons l?Ecole 42 à s'engager pour l'égalité en signant la charte nationale des établissements d'enseignement supérieur et de recherche, à rejoindre notre réseau de référents et de référentes, et nous suivrons avec attention l?état d'inclusion des principes de cette charte dans le fonctionnement de l'école.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci, Madame LEMARDELEY.

Je vais donner la parole à M. le Représentant du Préfet de police.

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Merci, Madame la Maire.

Simplement, je ne connais pas l'Ecole 42. J?ai simplement entendu les propos de M. AQUA. Si même une partie de ce que vous avez indiqué est vrai et je n'ai aucune raison d'en douter. Je ne peux que souhaiter que quelqu'un dépose plainte auprès des services de police, dans le contexte que tout un chacun connaît ici. Ce type de dénonciation est, de fait, inacceptable. Donc, voilà. Je laisserai, bien évidemment, les autres aspects se mettre en place avec l'établissement, mais, en tout état de cause, de notre côté, nous allons y regarder dès demain matin.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 131 du groupe Communiste - Front de Gauche amendé, avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u amendé est adopté. (2017, V. 372).