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Decembre 2017
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2017 DFPE 225 - Subvention (10.000 euros) et convention avec le groupement d’intérêt public "Samu social de Paris" (19e) pour son action "des petits à l’hôtel", (10e, 11e, 18e et 19e).

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2017


 

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Je vous propose d'examiner non pas les v?ux nos 131, 132 et 133 de Mme LEMARDELEY mais d?examiner un projet de délibération auquel M. BLOCHE peut répondre, qui est le projet DFPE 225.

Je vais donner la parole à Mme Fatoumata KONÉ pour cinq minutes maximum.

Mme Fatoumata KONÉ. - Merci, Pénélope.

Ce dispositif est complètement innovant et inédit et constitue une vraie prise de risque de la part des professionnels du Samu social. A l'hôtel, le lien parents/enfants se délite, faute d'espace d'intimité. Un tiers des adultes à l'hôtel suivi par le Samu social sont victimes de troubles dépressifs. Le Samu social héberge 7.000 personnes en hôtel social. Un quart de ces personnes, soit plus de 1.700, ont moins de 3 ans.

De nombreuses familles sont composées de femmes seules avec enfants. La petite enfance est donc un sujet majeur dans accompagnement des personnes en hôtel social et cet aspect est encore un angle mort dans l'accompagnement social de ces personnes.

Ce dispositif vise à travailler sur la parentalité. Il s'agit pour partie de prendre le prétexte d'une activité de qualité en direction des enfants, pour travailler à restaurer le lien au sein de la famille. Pour cette première expérience, le Samu social espère toucher une centaine de personnes. Ces ateliers de très grande qualité, notamment au niveau du matériel, sont portés à la fois par des animateurs et des psychologues et auront lieu dans les hôtels pour favoriser l'accès aux bénéficiaires.

Les familles peuvent simplement profiter d'un moment ludique avec leurs enfants mais aussi travailler à renouer le lien parents/enfants, accompagnés par des psychologues. Après ces vacances de Noël, le principe d'une récurrence hebdomadaire des ateliers permettra de faciliter l'ancrage du projet. Des ateliers proposés ensuite au "Centquatre", dans le 19e arrondissement permettront une ouverture pour les bénéficiaires. Je salue donc cette initiative exceptionnelle et le soutien que lui apporte la Ville de Paris. L'occasion également de rappeler que l'hébergement d'urgence en hôtel social concerne un nombre croissant de familles. Or ce type d'hébergement reste coûteux pour l'Etat et peu adapté aux familles. Un grand nombre d'entre elles vivent alors sans toilettes ni douche dans leur chambre ou sont contraintes, faute de place, de dormir dans le même lit. Pourtant, au cours des 10 dernières années, le recours aux nuitées hôtelières a littéralement explosé pour répondre aux besoins de l'hébergement inconditionnel, en particulier des familles, en passant d'un peu moins de 10.000 places en 2007 à plus de 41.000 places en 2016. Surtout, elles ont doublé entre 2012 et aujourd'hui. Ainsi, ce sont 17.000 familles qui vivent aujourd'hui en hôtel en Ile-de-France. Ce qui, au-delà de l'accompagnement social très largement défaillant, a des conséquences graves dans leur vie quotidienne, difficultés pour se nourrir de façon équilibrée et variée, dégradation de leur santé, notamment leur santé psychologique. Les associations et le Samu social tirent la sonnette d'alarme depuis des années. Le recours à l'hôtel pourra être réduit de moitié en utilisant d'autres solutions par ailleurs moins onéreuses, comme la réquisition de certains logements, le soutien associatif pour garantir le paiement de loyers ou encore la régularisation de certaines familles sans papier qui pourraient accéder facilement au logement classique. Nous devons rester collectivement vigilants sur ces situations et tenter d?y apporter des réponses pérennes, car, en particulier pour les familles, l'hôtel doit rester une solution temporaire. Merci.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci.

Pour vous répondre, je vais donner la parole à M. BLOCHE.

M. Patrick BLOCHE, adjoint. - Merci, Madame la Maire.

Donc, Madame la conseillère, je me permets, une nouvelle fois - j?espère que mon propos ne sera pas trop compromettant - de vous remercier de vous être inscrite sur ce projet de délibération et pour ce que vous venez d'exprimer à l'instant, parce que, grâce à votre inscription, cela permet, effectivement, de mettre en lumière ce très beau projet des petits points "E", points "S" à l'hôtel du Samu social, que j?ai le grand plaisir de porter avec ma collègue, Dominique VERSINI.

Ce projet de délibération, vous l'avez fort bien souligné, est particulièrement symbolique, car il permet d'articuler deux priorités fortes de la Maire de Paris. D'abord, la place de l'enfance et, plus largement, de la famille dans la ville, qui constitue vraiment une priorité forte, à la fois de sens, d'enjeu et d'obligation. C'est évidemment aussi une politique de solidarité et de soutien aux Parisiens les plus fragiles, qui constitue la grande cause de la mandature de la Maire de Paris, avec la mise en ?uvre du Pacte parisien de lutte contre l'exclusion.

De ce fait, il y a une transversalité au sein de notre Exécutif municipal et cette transversalité est essentielle, car la précarité frappe 22 % des enfants parisiens et près de 6.000 personnes en famille sont accueillies au sein des hôtels sociaux dans notre ville.

Nous savons que l'hébergement hôtelier n'est pas comme un cadre de vie durable. Il convient alors de mobiliser l'ensemble des leviers disponibles pour que ce séjour se passe au mieux et qu'il soit, évidemment, le plus bref possible et que l'équilibre de la famille et des enfants soit garanti. C'est ce que permet cette action du Samu social, dont je salue le constant engagement durable auprès des plus vulnérables, action qui permet de créer des espaces dédiés aux jeux en direction des enfants et des parents, dans les 10e, 11e, 18e et 19e arrondissements, avec les premiers ateliers au moment des vacances de Noël.

Cela s'inscrit pleinement dans le cadre de la stratégie parisienne pour l'enfance et les familles, dans laquelle nous avions fait du soutien à la parentalité un axe prioritaire de notre politique familiale en direction de l'ensemble des familles. Cela est d'autant plus important pour les familles vulnérables accueillies à l'hôtel.

Permettez-moi également, et pour conclure, de vous informer que nous portons, avec Dominique VERSINI, de nombreux chantiers sur ce volet avec, par exemple, l'ouverture prochaine d'un lieu d'accueil enfants/parents au sein de l'Espace Solidarité Insertion, la création d'un lieu d'accueil enfants/parents mobile qui ira à la rencontre des familles accueillies dans les C.H.U. et les C.H.R.S.

Et je saisis, d'ailleurs, cette occasion pour vous rappeler ou vous informer que sera lancée, demain, la collecte solidaire de jouets neufs ou en bon état, au sein des deux ludothèques mobiles, destinés aux familles accueillies dans les espaces solidarité insertion : les C.H.U., les C.H.R.S. du Centre d'action sociale de la Ville de Paris.

Je vous remercie.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur BLOCHE.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 225.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2017, DFPE 225).