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Decembre 2017
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Conseil Municipal
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2017 DLH 268 - Réalisation 37/39, avenue Trudaine (9e) d'un programme de création de 20 logements sociaux (8 P.L.A.-I., 6 PLUS et 6 P.L.S.) par "Vilogia".

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2017


 

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DLH 268 concernant un programme de réalisation de logements par "Vilogia", dans le 9e arrondissement.

La parole est à Mme la Maire du 9e arrondissement, Delphine BÜRKLI.

Mme Delphine BÜRKLI, maire du 9e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Quelques mots pour dire que je me satisfais de voir à nouveau un projet de délibération sur cette parcelle à l'ordre du jour. Pour la parfaite information de mes collègues, il s'agit de l'ancienne école de commerce Advancia, située au 39, avenue Trudaine.

Le projet initial consistait en un programme de logements privés, de logements sociaux et de crèches, cela remonte à presque 10 ans. A mon arrivée en 2014, le permis de construire était englué dans un certain nombre de recours et le bâtiment était vide depuis 2009, le déménagement ayant été fait entre 2007 et 2009.

C'est en résumé l'histoire d'un projet mal préparé et d'une concertation ratée sous la précédente mandature.

Aujourd'hui, nous avons pu remettre en route le projet sur la base d'une vraie concertation avec les habitants, en lien avec les adjoints, M. BROSSAT et M. MISSIKA, nous les avons impliqués dans le processus de sélection de l'architecte en décembre dernier, ce qui nous a valu un Territoria bronze cette année.

La morale de l'histoire, dans ce projet de délibération, c'est que lorsqu'on se met autour de la table pour discuter et quand on co-construit un projet avec les habitants, nous parvenons à faire avancer les dossiers. C'est ce qui nous a permis d'élaborer le programme de logements sociaux avec le promoteur et d'obtenir ainsi des logements adaptés aux familles.

Nous voterons ce projet de délibération.

Je me permets, puisque mes 5 minutes ne sont pas écoulées : j'ai entendu attentivement au début de notre débat les propos de Mme PREMEL, et vous comprendrez que je ne sois pas tout à fait en accord avec le constat qu'elle a fait de la politique du logement à Paris, qui me semble plus qu'exagéré au regard des résultats.

Sur les 8 projets de délibération présentés et qui concernent en effet le 9e arrondissement, nous en votons 2, dont celui que je viens de soutenir il y a quelques instants sur le 39, avenue Trudaine, et une autre parce que nous transformons des bureaux en grands logements, et c'est pour moi une bonne chose.

Nous votons contre les autres, car nous considérons que la réponse apportée ne correspond pas aux attentes des Parisiens, d'appartements familiaux, de maintien du logement libre, et d'encouragement de l'investissement locatif. Vous appliquez la même politique, et la pression sur le logement n'a jamais été aussi forte. J'ai en tête le dernier sondage IFOP qui stipule que plus de 70 % des Parisiens sont mécontents de la politique du logement à Paris. C'est donc là que le bât blesse, il faut changer de braquet et trouver peut-être une autre façon d'envisager la politique du logement à Paris.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci Beaucoup. Pour vous répondre, Ian BROSSAT.

M. Ian BROSSAT, adjoint. - Merci à vous. D'abord, très heureux qu'il y ait une forme d'unanimité sur ce projet de délibération qui concerne la production de 20 logements sociaux au 37-39, avenue Trudaine dans le 9e arrondissement.

L'un de ces multiples projets de délibération qui concernent des logements sociaux dans le 9e arrondissement et que nous votons à ce Conseil de Paris.

Très heureux, car effectivement cela répond à un besoin dans le 9e arrondissement comme ailleurs, et c'est donc un beau projet de délibération et tant mieux.

Permettez-moi quand même de revenir en deux mots sur ce que vous disiez juste ensuite. Je veux bien qu?on nous explique que notre politique du logement ne permet pas de régler l?ensemble des problèmes. Je vous signalerai quand même que parmi les 200.000 personnes qui demandent un logement social à Paris, il y en a plus de 80.000 qui vivent en banlieue et qui demandent à habiter Paris. Et donc, d?une certaine manière, nous subissons l?échec de politiques de logement menées de l?autre côté du périphérique, et qui font que faute de trouver un logement social dans leur commune, ils demandent un logement social à Paris. Je veux bien que Paris endosse la responsabilité pour tous les autres, mais à un moment donné, il faut aussi regarder les responsabilités de tout le monde et regarder cette question à l?échelle du Grand Paris.

Pour le reste, je veux bien qu?on nous explique qu?on fait trop de logements sociaux, qu?on a tort de faire de la préemption, mais enfin, vous savez, je reviens d?un séminaire de villes sur les enjeux du logement. Le nombre de villes qui regardent avec envie notre politique du logement est énorme. Dans une ville comme Londres, où la logique a été, au cours des dernières années, une logique de déréglementation générale, une logique de libéralisation générale, une logique visant à laisser les promoteurs faire n?importe quoi, sans aucune espèce de régulation, le résultat de cette politique, c?est qu?à Londres, plus aucune classe moyenne ne peut habiter. Et si nous avons encore des classes moyennes à Paris, c?est parce que nous avons eu cette politique de développement du logement social.

Et croyez bien que si nous voulons continuer à avoir ces classes moyennes, il nous faut avoir une politique de régulation, à la fois le développement du logement social, mais aussi l?encadrement des loyers, la protection contre ces locations touristiques qui pullulent un peu partout. C?est comme cela que nous réussissons à faire que Paris reste, malgré ses difficultés, une ville mixte et une ville accueillante pour l?ensemble des catégories sociales, dont nous avons besoin dans une ville comme la nôtre.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 268.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2017, DLH 268).