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Decembre 2017
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe RG-CI relatif au soutien à Mohammad RASOULOF.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2017


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le v?u n° 136 est relatif au soutien à Mohammad RASOULOF.

Laurence GOLDGRAB ?

Mme Laurence GOLDGRAB. - Merci, Monsieur le Maire.

En République d?Iran, les scripts des films doivent être approuvés par l?Etat avant le tournage, et les mots de Mohammad RASOULOF, cinéaste, dans une récente interview très forte, peignent cette réalité : "Pour continuer à vivre, un Iranien n?a d?autre choix que de participer à cette hypocrisie générale. Le fait même que je demande une autorisation pour un scénario dans lequel je parle de la corruption est en soi un acte hypocrite parce que je sais que si je dis la vérité, je ne pourrai jamais tourner. Cela ne me réjouit pas de tricher mais je n?ai pas le choix".

Le film parle d?un système de corruption généralisé en Iran. En réalisant ce film, le cinéaste a pris ses risques, et pas des moindres puisque son passeport a été supprimé, il a été confisqué par les autorités iraniennes. Il ne peut plus voyager, il ne peut plus produire, il ne peut plus s?exprimer ni voir sa famille qui réside à l?étranger.

Téhéran l?accuse d?activité contre la sécurité nationale et de propagande contre le régime, des chefs d?accusation qui sont passibles de six ans de prison. Le cinéaste surveillé par les autorités attend sa prochaine convocation pour connaître le sort qui lui sera réservé. Chers collègues, voilà, le silence est l?une des armes de l?arbitraire. En portant ce v?u devant vous, les élus de mon groupe souhaitent mettre en lumière non seulement le travail de ce cinéaste en particulier, mais aussi de tous les cinéastes et réalisateurs indépendants qui se battent pour la liberté d?expression et de réalisation. Nous souhaitons que Paris vienne au soutien de ce cinéaste, et plus généralement de la liberté d?expression du cinéma indépendant. Merci beaucoup.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Patrick KLUGMAN pour vous répondre.

M. Patrick KLUGMAN, adjoint. - Je tiens à remercier Laurence GOLDGRAB et les élus du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants pour ce v?u auquel je tiens, au nom de l?Exécutif parisien, à apporter tout mon soutien.

La situation du cinéaste iranien Mohammad RASOULOF doit nous préoccuper au premier chef parce qu?il n?est l?objet d?aucune situation juridique stabilisée. Il a juste fait l?objet d?une confiscation de son passeport, il est sous menace de poursuites qui ne sont toujours pas précisées. C?est-à-dire qu?on fait le pire, on fait peser sur lui une épée de Damoclès pour le réduire au silence.

Je rappelle qu?il s?agit tout de même d?un cinéaste primé à Cannes et je voudrais, en plus du soutien que nous allons apporter à ce v?u et que je vous encourage à adopter, que nous veillions à ce que, par exemple, nous puissions contribuer et suivre le fait qu?il soit régulièrement invité dans des festivals pour montrer régulièrement que son sort nous importe et importe à tous ceux qui ont à c?ur la situation du cinéma libre et indépendant, notamment en Iran mais ailleurs également.

Voilà pourquoi j?apporte évidemment une réponse favorable à ce v?u.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 136 avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2017, V. 376).