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Decembre 2017
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par les groupes PCF-FG et GEP relatif à la suppression des contrats aidés.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2017


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous passons à un v?u n° 158 relatif aux contrats aidés.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ pour le groupe Communiste - Front de gauche.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Madame la Maire.

Je crois que l'on est en train de prendre la mesure de ce que va être cette suppression des contrats aidés, qui peut être l'un des plus grands plans de licenciement à Paris que l'on n'ait jamais connu.

Il est bon de rappeler quelques chiffres dans ce v?u. 7.850 personnes étaient employées en contrat aidé à Paris en 2016, la majorité dans le secteur non marchand, public et associatif, dont la Ville de Paris. Nous avions d'ailleurs déposé un amendement au budget et la Ville de Paris qui va accompagner en formation les emplois aidés qui sont employés par la Ville.

Par contre, il y a 4.000 personnes en contrat aidé dans les associations parisiennes. Nous avons eu un v?u qui a été déposé par plusieurs groupes de la majorité dans le 20e arrondissement, pour apporter notre soutien à ces personnes et aux associations, notamment dans les quartiers populaires.

Je trouve que le v?u qui a été voté au Conseil du 20e arrondissement est avant-gardiste et permettrait à l'ensemble des maires d'arrondissement de prendre la même mesure et d'afficher sur les frontons des mairies d'arrondissement, et pourquoi pas aussi sur le fronton de l'Hôtel de Ville, une banderole sur laquelle il y aurait écrit "soutien aux associations et structures de nos quartiers et à leurs emplois aidés".

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur BONNET-OULALDJ.

Pour vous répondre, Mme VÉRON.

Mme Pauline VÉRON, adjointe. - Mes chers collègues, notre Exécutif a déjà eu l'occasion, depuis la rentrée, d'exprimer son inquiétude face à la décision du Gouvernement de baisser drastiquement le nombre de contrats aidés. Nous avons manifesté à plusieurs reprises, vous l'avez rappelé, notre soutien au monde associatif face à ce coup très dur qui lui est porté.

Je rappelle que la Maire de Paris a écrit dès le mois de septembre à la Ministre du Travail, que de nombreux maires se sont mobilisés pour interpeller le Gouvernement, et que nous avons voté un v?u de l'Exécutif en septembre et en novembre pour rappeler notre soutien au secteur associatif et notre inquiétude.

J'ai d'ailleurs rencontré à plusieurs reprises les têtes de réseaux associatifs, qui récemment ont fait un appel unitaire au Gouvernement, notamment les associations parisiennes. Vous avez rappelé le chiffre, 4.000 emplois menacés dans les associations parisiennes.

Avec ma collègue Afaf GABELOTAUD, nous avons obtenu du Préfet qu'il signe la convention annuelle d'objectifs et de moyens provisoire, afin que les employeurs parisiens puissent continuer à recruter des allocataires du R.S.A. en contrat aidé dès le début de l'année, pour au moins sécuriser ces personnes.

Je donne donc un avis favorable à votre v?u dans la mesure où toute manifestation de notre soutien aux associations parisiennes est la bienvenue.

Néanmoins, je vous propose un léger amendement, de remplacer : "soit apposé sur les mairies d'arrondissement volontaires, à l'instar de la mairie du 20e, un calicot en soutien aux associations et structures touchées par la suppression d'emplois aidés", avec l'intitulé "soutien aux associations et structures de nos quartiers et à leurs emplois aidés"", puisque nous ne pouvons pas imposer aux maires d'arrondissement de le faire.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - On n'imposerait pas aux maires d'arrondissement de le faire, il faut se calmer un peu. On est très en soutien de tout cela, mais on ne va pas imposer. Il y a beaucoup de combats. Il y a un combat pour la solidarité, le combat pour mieux respirer. Les amis, attention. On ne va pas non plus transformer les façades de nos mairies en porte-banderoles sur tout.

On est très engagé, et je veux le dire vraiment très clairement au président du groupe Communiste, sur le soutien aux associations et le maintien des emplois aidés, et vraiment sur ce point il n'y a pas l'ombre d'un doute. On s'est exprimé d'une façon très claire. Maintenant, soyons aussi responsables. La mairie est un lieu où les citoyens viennent chercher des services et on leur répond par des services. C'était avec un amendement. Je préfère le dire, parce qu'il faut que l'on soit à la place aussi qui est la nôtre.

Mme Pauline VÉRON, adjointe. - C'est bien pour cela que je propose cet amendement, pour bien préciser que ce sont les mairies d'arrondissement qui seront volontaires si elles le souhaitent et que l'on ne peut absolument pas l'imposer.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - J'ai dit ce que j'avais à dire. Si chacun revient au rôle qui est le sien, tout ira pour le mieux. Les citoyens sauront à quoi les uns et les autres servent. S'il y a besoin de faire des manifestations, des actions politiques, que chacun les fasse. Les mairies sont des endroits où l'on parle pour la cause commune. On est très engagé sur cette question des contrats aidés, mais on n'a pas besoin de transformer toutes nos mairies en panneaux, ou d'information ou de revendication.

Monsieur le Président, cela vous convient ?

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Cela me convient, Madame la Maire. Ce n'est pas un v?u qui amène à l'énervement. C'est un v?u qui exprime un soutien politique.

Je l'ai dit tout à l'heure, nous sommes face à 4.000 emplois qui risquent d'être supprimés dans des associations, auxquelles la Ville apporte son soutien à travers des subventions pour aider dans les quartiers populaires les plus démunis. Notre rôle est d'être à leurs côtés. Bien sûr, j'appelle à leur volontarisme, on n'impose rien ici. D'ailleurs, je n'ai jamais exprimé une imposition à qui que ce soit. Ce n'est donc pas le lieu de l'énervement mais le lieu du rassemblement pour soutenir des gens qui risquent d'être à la rue demain.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - C'est ce que nous faisons, chacun dans le rôle qui est le nôtre.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 158 ainsi amendé.

Qui est favorable ?

Qui est défavorable ?

Qui s'abstient ?

Ne prend pas part au vote ?

Le v?u amendé est adopté. (2017, V. 381).