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Decembre 2017
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe les Républicains et Indépendants relatif à l'hébergement des soldats de l'opération Sentinelle. Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif au Val-de-Grâce. Vœu déposé par l'Exécutif. (Suite).

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2017


 

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Je vous laisse, mes chers collègues, vous réinstaller, mais par contre ne perdons pas de temps sur ces aspects-là. J'imagine, Madame BERTHOUT, que vous demandez la parole.

Ensuite, nous aurons la réponse de l'Exécutif.

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Madame la Maire, mes chers collègues, nul ne remet en cause la situation dramatique des personnes sans abri, particulièrement en cette période hivernale. Et je félicite d'ailleurs Mme l'adjointe Dominique VERSINI, pour tous les efforts qu'elle entreprend. Je peux en témoigner aussi dans mon arrondissement.

Mais, elle le fait peut-être avec une méthode qui consiste à ce que l'on essaie d'avancer ensemble, on s'en parle, bon, et on essaie d'avancer ensemble.

Je trouve, comme j'imagine l'ensemble de ce Conseil de Paris, cette situation absolument inacceptable, et nous devons mettre tous les moyens en ?uvre pour apporter à ces personnes les moyens de leur dignité. Je crois que les maires d'arrondissement y contribuent beaucoup, je ne rappellerai pas, je l'ai dit ce matin, tout ce que l'on fait modestement mais aussi, je crois, efficacement, dans mon arrondissement et dans les autres bien sûr, y compris pour libérer, pour contribuer à ouvrir des lieux. C'est un devoir moral.

Mais, il faut le faire aussi avec réalisme, et avec un sens de la concertation et surtout de la transparence.

Où est le réalisme avec cette idée qui est pour le moins fantaisiste ?

Les forces de "Sentinelle" sont logées actuellement au Val-de-Grâce. Même si l'ensemble des surfaces ne sont pas occupées, et je pense que c'est une réalité, je ne suis pas allée vérifier, mais il est évident que toutes les surfaces ne sont pas occupées, elles ne peuvent pas accueillir, pour des raisons de sécurité assez évidentes, à la fois des soldats armés et d'autres populations, d'ailleurs qu'elles soient sans abri ou pas.

Mais quand je vous ai vu faire de grandes interventions, Monsieur l'adjoint au logement dans la presse, je me suis dit, peut-être que quelque chose m'a échappé, et peut-être que maintenant c'est possible.

Alors, j'ai appelé le cabinet du ministre, j'ai appelé surtout le commandant de la base de défense d'Ile-de-France, le général Bruno LACARRIERE pour en avoir le c?ur net. Pourquoi pas, si c'était possible ?

Il m'a confirmé que c'était totalement impossible, même s'il le voulait, pour des raisons de sécurité, car quand on rentre dans le Val-de-Grâce, c'est facile à comprendre, vous avez une entrée, je parle de l'hôpital, c'est bien de cela que nous parlons, qui est circulaire, et la configuration des espaces fait que tout le monde peut être en relation à un moment donné avec tout le monde.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Je vous invite à aller vers la fin.

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Le sujet est très important et on fait cela à l'emporte-pièce. On aurait pu y consacrer beaucoup plus de temps. Sinon, Madame la Maire, cela veut dire que l'on va être dans une logique où l'on est pour ou contre, c'est plus subtile que cela, il ne s'agit pas de botter en touche. Franchement, il faut quand même que cela soit jouable.

Accessoirement, j'ai l'impression, à travers le v?u que vous nous donnez là, que vous visez autre chose, qui est de revoir comme cela, l'air de rien, la vocation d'un site.

Nous nous sommes tous prononcés ici sur la vocation de ce site, je crois même que nous avons voté à l'unanimité le principe que ce site devait être fléché sur un dispositif de santé, et là on est en train implicitement en plus d'y revenir.

Tout cela n'est pas très sérieux et je voudrais dire surtout que cela ne sert pas la cause. Cela ne sert pas la cause et c'est peut-être cela qui est le plus triste.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci, Madame BERTHOUT.

Je donne la parole à Ian BROSSAT.

M. Ian BROSSAT, adjoint. - Merci Madame la Maire, et merci à l'ensemble des intervenants de ce débat, je répondrai à la fois aux deux v?ux qui ont été présentés par le groupe Les Républicains et Indépendants et par Danielle SIMONNET, ainsi que le v?u de l'Exécutif qui avait d'ailleurs été transmis, je le maintiens, au groupe LRI ce vendredi, et pour ce qui concerne Danielle SIMONNET qui a été pour le coup moins bien traitée ce lundi.

Quelques mots donc sur la situation, l'hôpital du Val-de-Grâce en plein c?ur de Paris est fermé depuis 2016. Les forces de l'opération "Sentinelle" y sont actuellement logées, comme nous l'indique l'Etat. Nous ne remettons absolument pas en cause la nécessité de loger ces soldats, qui assurent la sécurité des Parisiens dans Paris et qui ont évidemment besoin d'avoir un lieu où habiter convenablement.

Cependant, le site du Val-de-Grâce, comme la Ville de Paris l'a d'ailleurs dit à de très nombreuses reprises par le passé et sans attendre de récentes expressions publiques, est gigantesque, que ce soit tant le bâtiment en lui-même que la parcelle qui l'entoure.

Pour l'avoir pratiqué sur d'autres sites comme à la clinique du Bessin dans le 15e arrondissement par exemple, la transformation de lieux de soins en centre d'hébergement peut être très rapide. En effet, ils disposent déjà de nombreuses chambres prêtes à l'emploi. Faut-il rappeler que ces lieux retrouvent alors leurs racines mêmes...

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Même procédé, même méthode. Il ne faut pas citer des contre-exemples.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Monsieur BROSSAT, vous êtes le seul à avoir la parole, allez-y.

M. Ian BROSSAT, adjoint. - On peut citer un exemple tranquillement, sans se faire interrompre ? Je ne vous ai pas interrompu. Je n'ai pas interrompu Mme BERTHOUT d'ailleurs.

Le Val-de-Grâce pourrait ainsi permettre à de très nombreuses personnes de passer l'hiver au chaud plutôt que dans le froid des rues parisiennes.

Par conséquent, il serait à nos yeux important que l'Etat puisse nous fournir des renseignements précis sur l'occupation du Val-de-Grâce et participe également, en fonction de l'espace disponible, à l'accueil des personnes sans abri.

La ville ne peut pas être seule à mobiliser tout son patrimoine intercalaire. Je vous rappelle quand même que sur les 10.000 places d'hébergement que compte Paris, 4.000 sont sur des sites qui appartiennent à la Ville de Paris. C'est dire si en matière de mobilisation du domaine intercalaire, la Ville de Paris donne l'exemple et tout le monde voit bien que ce n'est pas suffisant, puisque seuls 30 % des appels au 115 aboutissent.

C'est la raison pour laquelle il nous faut trouver de nouveaux lieux et la Ville de Paris, depuis de très nombreux mois, j'insiste, a d'ores et déjà signalé ce site à l'Etat, en disant qu'il nous semblerait pertinent d'y accueillir en attendant un nouveau projet, j'insiste, pas de manière pérenne, des personnes sans abri.

C'est le sens du v?u de l'Exécutif.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - C'est incompatible.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

La parole est à Danielle SIMONNET et Eric HÉLARD, pour une explication de vote.

Mme Danielle SIMONNET. - Je suis dubitative, car je vous assure que si Val-de-Grâce doit être fléché santé, mais pour un projet lucratif privé de la santé, on est totalement en dehors de la nature du débat que nous avions à l'époque, quand nous voulions une offre de soins parisienne sur le site. Donc, c'est pour cela que vu les projets qui sont aujourd'hui en attente d'arbitrage du Président de la République, il eut été intéressant de s'opposer justement au projet de santé lucratif prévu, premièrement.

Deuxièmement, le fait qu'il y ait un C.H.U. pérenne en partie sur ce lieu, pour moi n'est pas incompatible avec l'essence même de ce que doivent être historiquement les hôpitaux. C'est pour cela que je faisais le même v?u sur l'Hôtel-Dieu.

J'entends par contre les arguments de Mme BERTHOUT d'un point de vue technique sur l'incompatibilité a priori entre accueillir des sentinelles armées et une autre finalité. Donc, je maintiens et je voterai du coup pour mon v?u en l'état.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Ce qui pour une explication de vote est assez rassurant !

Monsieur HÉLARD ?

Je vous rappelle que c'est une explication de vote.

M. Éric HÉLARD. - Merci, Madame la Maire.

Juste pour vous dire que le groupe UDI-MODEM joindra ses voix à celles des Républicains suite aux propos extrêmement sages, mesurés et constructifs de la maire du 5e arrondissement, tant la méthode que nous avons subie aujourd'hui est inacceptable.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe les Républicains et Indépendants, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par Mme SIMONNET, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de v?u déposé par l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

Le projet de v?u est adopté. (2017, V. 363).