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Decembre 2017
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2017 DLH 313 - Réalisation 10 rue Saint Dominique (7e) d'un programme de 126 logements PLA-I, 100 logements PLUS et 25 logements PLS + une crèche et un équipement sportif.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2017


 

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DLH 313 concernant la réalisation au 10 rue, Saint-Dominique, d'un programme de 126 logements P.L.A.I., 100 logements P.L.U.S. et 25 logements P.L.S., plus une crèche et un équipement sportif.

La parole, pour commencer, est à Mme Annick LEPETIT.

Mme Annick LEPETIT. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, la mise au vote de ce projet de délibération marque une avancée importante et supplémentaire dans la mobilisation de l'Exécutif municipal qui a fait du logement la priorité de cette mandature, sous l'impulsion d?Anne HIDALGO.

La réalisation dont il est question au 10, rue Saint-Dominique, dans le 7e arrondissement, est un projet majeur qui répond aux préoccupations de nos concitoyens de pouvoir se loger dans la capitale. Il contribue aussi, aux côtés des autres projets dont nous discutons aujourd'hui, de remplir notre objectif, aussi ambitieux qu'indispensable - cela a été rappelé tout à l'heure - de créer 10.000 logements par an. Il s'inscrit également - ce projet - dans notre démarche de rééquilibrage de l'offre entre le nord-est parisien et les arrondissements de l'ouest, encore trop déficitaires en logement social. L'effort de solidarité doit être supporté par tous les arrondissements. Il est donc temps que certains y participent entièrement.

L'acquisition de la moitié de l?îlot Saint-Germain par la Ville va nous permettre de construire 251 logements sociaux et ainsi, d'augmenter de plus de 42 % la part de logement social dans le 7e arrondissement. Mes chers collègues, sans la loi du 18 janvier 2013 relative à la mobilisation du foncier public en faveur du logement, adoptée lors de la dernière législature, et sans l'action volontariste des précédents gouvernements de gauche, cette réalisation d'ampleur aurait été impossible. Il s'agit de la plus grande réalisation de cette nature dans le 7e arrondissement depuis 2014. A vrai dire, cette transformation de bureaux en logements sur plus de 10.000 mètres carrés en plein c?ur de Paris, est historique.

Surtout, mes chers collègues, l'îlot Saint-Germain que nous portons n'est pas une île, pas plus qu'une enclave dans le faubourg Saint-Germain. La création d'une crèche de 66 berceaux et celle d'un gymnase viendront compléter la transformation de ce lieu en nouveau c?ur de quartier pleinement ouvert, bien sûr, sur celui-ci. Alors que l'accueil des jeunes enfants est un enjeu majeur pour notre ville, comment ne pas se féliciter que nous améliorons encore nos capacités d'accueil collectif pour l'ensemble des Parisiennes et des Parisiens, quel que soit leur arrondissement. En 2014, nous nous sommes engagés sur un objectif clair de création de 5.000 places en crèche sur la mandature et je suis donc heureuse de voir que le 7e arrondissement n'est pas oublié par l'équipe municipale.

Enfin, à l'aune des Jeux Olympiques 2024, Paris, vous le savez, est résolument tournée vers le développement de la pratique sportive. Dès lors, le gymnase que nous allons construire dans l'îlot Saint-Germain constituera un nouvel équipement sportif dans un quartier qui en a besoin. Aussi, mes chers collègues, puisque nous pensons que le projet de l'îlot Saint-Germain répond à notre objectif commun de mixité sociale, puisque nous investissons dans les services publics de proximité sur l'ensemble de notre territoire, puisque nous améliorons encore l'accès et augmentons nos capacités d'accueil des jeunes enfants, et, enfin, puisqu'il est indispensable pour faire vivre notre ville à l?heure olympique, de compléter et de garantir partout dans Paris l'accès à des équipements sportifs, nous voterons donc sans hésiter ce projet de délibération.

Merci, Monsieur le Maire, pour ce beau projet, et merci, mes chers collègues, pour votre soutien à celui-ci.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Madame Danièle PREMEL, vous avez la parole.

Mme Danièle PREMEL. - Merci, Monsieur le Maire. Chers collègues, faire du logement social dans le 7e arrondissement, dans cet arrondissement qui est, effectivement, le moins doté en logements sociaux, témoigne concrètement de notre volonté de rééquilibrer le territoire parisien en logement social.

En effet, le projet de délibération DLH 346 va nous permettre de créer 23 logements sociaux, avenue de Breteuil. Mais je parlerai, comme Annick LEPETIT, plus particulièrement du DLH 313 qui est le résultat positif après de longs mois de tractations entre la Ville et le ministère de la Défense, ministère qui s'est appelé auparavant "ministère de la Guerre, ministère des Armées". Enfin, en tout cas, au bout d'un moment, un accord sur l'îlot Saint-Germain a été fait et ce très grand ensemble délimité par le boulevard Saint-Germain, la prolongation de la rue de Solferino et la rue Saint-Dominique, a pu se faire.

Il s'agit, en effet, de la construction de 251 logements sociaux, dont 10 % seront d'ailleurs dédiés à l'accueil de familles de militaires. Cette transformation de bureaux en logements sur plus de 10.000 mètres carrés en plein c?ur de Paris, peut être considérée - je le répète, comme Annick LEPETIT - historique. Nous sommes ici à deux pas de l'Assemblée, à deux pas des ministères, des Invalides et du musée d'Orsay, dans un quartier imprégné des symboles et des institutions républicaines, quartier de Paris dont on ne peut pas accepter qu'il soit réservé à quelques fortunes, vidé par les résidences secondaires et arpenté uniquement par les touristes.

Ces deux projets de délibération permettront de rendre aux Parisiens et aux Parisiennes l'accès aux logements dans cet hyper-centre de notre capitale.

La Ville?

Non, ce n'est pas odieux. C'est la réalité, Monsieur.

La Ville avait annoncé et s'était engagée à tenir ses engagements : rééquilibrer la production de logements sociaux vers l'ouest, particulièrement dépourvu de logements accessibles aux familles modestes et aux classes moyennes.

Oui, Monsieur, il faut parfois de l'idéologie et des valeurs pour avancer.

Ce défi a été relevé et j'espère qu?il se poursuivra.

Je conclurai simplement, en espérant que ceux qui appelaient à transformer "Solférino" en logements sociaux, sauront garder et seront enthousiastes aussi de voter avec nous ces deux projets de délibération. Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame PREMEL.

La parole est à Mme Emmanuelle DAUVERGNE.

Mme Emmanuelle DAUVERGNE. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, nous sommes appelés à délibérer sur une nouvelle opération de logements sociaux qui a déjà fait parler beaucoup d'elle. Si elle voit le jour, elle serait l'une des plus importantes créations de logements sociaux de la mandature. C'est donc un sujet majeur qui engage la responsabilité de tous les élus de cette Assemblée.

Malheureusement, l'Exécutif parisien a abordé le sujet avec un esprit doctrinaire qui fait que ce projet démarre mal. Depuis que la politique du logement social a été lancée dans nos villes, de nombreuses études ont été réalisées. Elles montrent toutes que la réussite d'un ensemble de logements sociaux est conditionnée par la diversité des types de logements qui la composent. En 2010, l'Institut d'aménagement et d'urbanisme préconisait le logement social intermédiaire comme vecteur de mixité sociale le plus abouti et le plus sûr.

La recherche de la diversité sociale dans les H.L.M. était d?ailleurs un des principaux axes de la loi "Egalité et Citoyenneté" adoptée au mois de janvier 2017, qui prévoyait pour rendre plus juste l'occupation du parc social de rééquilibrer les loyers et de produire une offre diversifiée sur tous les territoires.

Le projet proposé pour l'îlot Saint-Germain n'est ni cohérent, ni responsable. Tel qu'il est conçu, il va à l'encontre des objectifs du logement social. Avec seulement 25 logements en P.L.S., vous ne créez pas les conditions de la mixité. Avec 215 logements très sociaux, vous créez les conditions idéales d?une ghettoïsation d'immeubles entiers au c?ur de Paris, et ce sera une nouvelle fois les élus du 7e arrondissement qui devront faire face aux conséquences de cette politique irresponsable.

En devenant propriétaire de l'îlot Saint-Germain, la Ville de Paris avait l'opportunité historique de construire un modèle de logement social équilibré, répondant aux attentes des Parisiens et pensé en fonction de son environnement immédiat et pas en réaction à ce voisinage. Pour garantir la bonne insertion dans le quartier d'un tel projet, il aurait fallu, déjà, consulter le maire, les élus et les habitants de l'arrondissement. Chacun aurait alors pu constater que le 7e arrondissement n'est pas contre le logement social.

Au lieu de cela, vous nous présentez une installation brutale, autoritaire, d'un si grand nombre de logements sociaux sans même vous demander si le quartier est prêt et équipé pour l'accueil de ce projet. Vous présentez la création de cet ensemble sous le signe de la mixité des populations ; nous craignons qu'il mène au contraire à l'exclusion des nouveaux arrivants. Je le répète, dans le 7e, nous ne sommes pas contre les logements sociaux. Il faut arrêter, comme vous venez de le dire, Madame, de voir le 7e arrondissement comme une cité de privilégiés qui ne vit que pour et dans l'entre-soi. Ce genre de discours, cela suffit !

Mais clairement, nous risquons de voir nos dispositifs et nos moyens complètement saturés. Il aurait fallu avoir une vision d'ensemble du quartier qui prenne en compte les particularités locales, notamment la commercialité et les équipements publics. Vous créez certes une crèche et un gymnase, mais le 7e manque cruellement d'une piscine car nous sommes le seul arrondissement parisien à ne pas en avoir et nous regrettons ce choix.

La vie d'un quartier est fragile et vous vous apprêtez à entériner un projet qui déstabilisera le quartier, nos écoles et nos commerces. Le logement social est une réussite lorsque l'immeuble qui l?abrite ne se distingue plus dans le paysage. La mixité sociale est une réussite lorsqu'elle est intégrée et vécue au quotidien, pas lorsqu'elle est imposée. Votre démarche revient à faire de ces immeubles un quartier à part dans l'arrondissement.

Dans quelques instants, nous serons amenés à nous prononcer sur le projet de logements sociaux dans un ancien site, le site Michelin, avenue de Breteuil. C?est un exemple de coopération réussie. L'aménageur a entendu nos demandes concernant la forme et la hauteur des bâtiments afin que les logements sociaux s?insèrent dans le paysage et ne se remarquent plus. Le nombre et la taille des logements sociaux sont adaptés au quartier.

Qu?est-ce qu'un beau logement social ? Celui qui garantit la qualité de vie de chacun. C?est l'objet même d'une politique de la ville. Le logement social est un outil incontournable mais il faut savoir s?en servir. Utilisons-le avec pragmatisme et non avec dogmatisme. Il en va de la réussite de l'intégration des bénéficiaires.

En adoptant ce projet de délibération en l'état, nous faisons de ce projet qui aurait pu bénéficier à tous les Parisiens une nouvelle occasion manquée, une de plus pour cette majorité. En l'état actuel du projet, nous voterons donc contre ce projet de délibération. Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci.

Pour vous répondre, la parole est à M. Ian BROSSAT.

M. Ian BROSSAT, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire, merci, chers collègues, pour vos interventions.

C'est un très beau projet de délibération. On parle de produire 251 logements sociaux dans une partie des actuels bureaux du Ministère de la Défense. 251 logements sociaux dans l'arrondissement de Paris, sans vouloir émettre le moindre jugement - ce n'est pas l'objet -, qui factuellement est l'arrondissement de Paris qui proportionnellement compte le moins de logements sociaux. On a 2 % de logements sociaux dans le 7e. Est-ce que quelqu'un peut admettre qu'on ait 2 % de logements sociaux dans un certain nombre d'arrondissements, quand dans d'autres, on en a plus de 30 % ?

J'ai quand même entendu un certain nombre d'élus les Républicains nous dire : "Arrêtez de faire du logement social dans le 19e ou dans les arrondissements qui en comptent beaucoup." Là, on fait 250 logements sociaux dans l'arrondissement qui en compte le moins. Tout le monde devrait donc s'en féliciter et considérer qu'on avance sur le chemin de la mixité sociale, comme d'ailleurs cela a été dit tout à l'heure à propos d'un projet de délibération dans le 16e. Par ailleurs, combien de fois nous avons dit de manière tout à fait collective dans l'enceinte de ce Conseil de Paris que la transformation d'immeubles de bureaux en logements était une priorité absolue, notamment dans une ville très pleine, très construite comme la nôtre, où on a peu de parcelles disponibles, où les parcelles disponibles sont très chères et où la conversion de bâtiments existants est une filière très importante pour produire des logements supplémentaires ?

Bref, je pense sincèrement, si on regarde ce projet de délibération avec un peu de calme, un peu de sérénité, sans jugement préconçu, qu?on devrait tous s'en féliciter. Mme BÜRKLI citait tout à l?heure des enquêtes d'opinion. Je pense que si on demandait aux Parisiens ce qu'ils pensent d'un projet de délibération comme celui-là, consistant à produire 250 logements sociaux dans le 7e arrondissement, ils trouveraient cela plutôt bien. J'ai encore le souvenir des débats que nous avions dans cette enceinte sur la création du centre d'hébergement d'urgence dans le 16e. Je pense qu?un certain nombre de gens qui à l'époque avait tenu des positions très tranchées, très hostiles sur ce sujet, aujourd'hui regretteraient leurs propos.

Une dernière remarque. Je veux bien qu?on nous dise : "Arrêtez de dire que le 7e est une cité de privilégiés". Très bien mais, dans ce cas, je vous propose qu?on fasse un "deal". Quand vous parlez de logements sociaux, arrêtez de dire que les H.L.M. sont des cités de gens qui au fond vont systématiquement nuire à leur entourage. Voilà.

Je veux bien qu?on renonce à un certain nombre de préjugés mais, à ce moment-là, que tout le monde renonce à ses préjugés et qu'on arrête de présenter systématiquement le logement social comme une source de nuisances, les habitants du logement social comme des gens à problèmes. Les gens qui vivent dans les logements sociaux sont des gens qui, comme les autres, ont droit à leur dignité. Ce sont des gens, pour leur écrasante majorité, travaillent, contribuent aux richesses de notre ville, pour une part d'ailleurs des agents municipaux.

Ce n?est pas "démago" du tout, Monsieur, ce sont des faits. Dire que cela, c'est démagogique? Dire que les gens qui vivent en logement social sont des gens qui ont le droit d?être traités dignement, cela n?est pas de la démagogie. Cela n?est pas de la démagogie. Ce n?est pas de la démagogie ! Je pense que tous ces gens qui vivent en logement social, qui aspirent à vivre en logement social, ont droit au respect. Ils ont droit au respect.

Vous en avez fait tellement, des logements sociaux, dans le 7e, qu'il y en avait 1 % quand on est arrivé. Eh bien on essaie de rattraper ce retard et je pense qu?on a raison de le faire.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 313.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2017, DLH 313).