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Decembre 2017
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Discussion budgétaire - Audition des orateurs. (Suite).

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2017


 

Mme Célia BLAUEL, adjointe. - Nous reprenons donc le fil de nos débats.

La parole est à Mme Nathalie MAQUOI.

Mme Nathalie MAQUOI. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, Philippe DUCLOUX a dressé un panorama très exhaustif des choix dans le budget de la culture pour l?année 2018. Je souhaiterais compléter par quelques exemples illustrant la politique culturelle dans les quartiers populaires et peut-être éclairer aussi le débat posé par Mmes LECOUTURIER et MÉHAL. En effet, le BP 2018 traduit la volonté de la majorité municipale de mettre en ?uvre les droits culturels, c'est-à-dire de mettre la personne au centre de la culture, notamment par les leviers de la participation à la vie culturelle, de l'éducation et de la formation à la culture, de l'information et de la communication autour de la culture.

La première porte d'entrée pour la participation à la vie culturelle est la bibliothèque. Merci aux bibliothécaires de la Ville de Paris pour leur investissement, pour l'association des usagers aux projets de chaque équipement de proximité dédié à la lecture publique. Dès le 9 janvier, la bibliothèque Assia Djebar ouvrira ses portes dans le sud du 20e, proche de la porte de Vincennes, dans un quartier "politique de la ville". Des habitants et des habitantes en sont déjà les ambassadeurs, relayant la possibilité d'être prescripteurs pour la constitution du fonds, la possibilité d'organiser des événements dans l'espace d'accueil, la possibilité pour les associations de quartier de s'y réunir.

Associer les habitants et habitantes commence très tôt dans la programmation d'une nouvelle bibliothèque. Je pense à la démarche initiée par la mairie du 19e pour la future médiathèque de la place des Fêtes, là aussi dans un quartier populaire, posant la question : que souhaitez-vous voir dans cette médiathèque ? La participation des habitants est aussi au c?ur des projets de fabrique culturelle. Ainsi, "Le Grand Parquet", dans le 18e, et "Les Plateaux Sauvages", dans le 20e arrondissement, sont pensés comme des lieux ouverts, accessibles, conviviaux, avec une programmation de qualité. Ils proposent de repenser la place de l'artiste dans la cité, que les processus de création puissent être nourris par le regard et la rencontre avec les habitants et les habitantes d'un quartier.

Grâce au soutien fort de 1,03 million pour "Les Plateaux Sauvages", ce sont 14 projets de transmission artistique qui se dérouleront en 2018, dans l'Est parisien principalement. Pour être concret, ce sont tous les élèves de troisième du collège Jean-Baptiste-Clément qui, sous la direction de Laëtitia GUÉDON, vont entretenir une correspondance épistolaire avec des habitants, des habitantes qu'ils ne connaissent pas pendant quelques mois, avant de se retrouver tous et toutes sur scène, mi-avril, pour faire connaissance et partager un moment de culture.

Participer à la vie culturelle, c'est bien sûr aussi pratiquer. Les pratiques artistiques des Parisiens et Parisiennes sont variées. Pour répondre à cette diversité, la Ville de Paris finance les centres Paris Anim?, souvent première porte d'entrée de proximité pour la pratique artistique. "Paris Ateliers" et les "Ateliers Beaux-Arts" permettent aux amateurs plasticiens de se perfectionner, de se spécialiser. La Maison des Pratiques Artistiques Amateurs est une ressource précieuse pour les amateurs, principalement dans le spectacle vivant. En 2018, le soutien de la Ville à cet équipement permettra la mise en réseau des praticiens à l'échelle de Paris grâce à ses cinq sites, l'amélioration du centre de ressources et la création d'un espace collaboratif et d'échange de bonnes pratiques.

L'éducation artistique est un des enjeux des droits culturels. En 2018, la réforme des conservatoires sera pleinement effective et, grâce aux postes ouverts, les plans de sensibilisation à la musique dans les écoles pourront se développer dans chaque arrondissement. L'éducation artistique est une priorité pour notre majorité, lisible dans le budget par le financement des professeurs de la Ville de Paris en arts plastiques et en musique, par les nombreuses propositions culturelles faites aux enfants dans les temps périscolaires, par les dispositifs "Art pour grandir", par l'action si fine et intelligente de la Maison du Geste et de l'Image. Ce soutien à l'éducation artistique prendra encore plus d'ampleur en 2018 par les apports du Forum des Images, formidable institution culturelle.

Enfin, est budgétée une enveloppe pour soutenir de manière spécifique des projets culturels dans les quartiers "politique de la ville" portés par des associations - eh oui, Monsieur VESPERINI -, dans un contexte de fragilisation avec la suppression des contrats aidés. C'est important parce que cette somme d'argent supplémentaire ne vient pas se substituer au droit commun, mais au contraire, le renforcer. Elle permet d'accompagner des projets nouveaux à l'échelle d'un quartier ou d?un micro-quartier. Elle permet la mise en réseau entre acteurs culturels et acteurs du champ social de proximité.

Informer, communiquer autour de la culture est l'un des objectifs des contrats culture d'arrondissement, dont les quatre premiers seront signés au premier semestre 2018. Ils permettront aux Parisiens et Parisiennes de mieux se repérer dans les politiques culturelles, de les partager, de s'en emparer.

Je souhaiterais, pour finir, remercier l'ensemble des acteurs de cette politique culturelle ambitieuse. Bien sûr, Bruno JULLIARD, son cabinet, les services de la direction des affaires culturelles. Remercier aussi toutes les équipes des équipements de la Ville de Paris : leur engagement nous est précieux. Merci aussi à tous les acteurs associatifs, qu'ils agissent à l'échelle d'un quartier ou métropolitaine. Et, enfin, bien sûr, merci aux artistes pour tisser avec nous dans Paris l'indispensable vivre ensemble.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci, Madame.

La parole est à M. Yves CONTASSOT, pour le groupe Ecologiste.

M. Yves CONTASSOT. - Madame la Maire, mes chers collègues, à raison, vous avez lancé, en mars 2017, un nouveau plan d'action pour améliorer la propreté de Paris. Je dis "à raison", car les indicateurs en la matière avaient tendance à virer au rouge de plus en plus vif. Vous avez organisé, depuis, plusieurs réunions citoyennes et, là encore, les remontées du terrain vous ont confortés dans l'idée qu'il fallait faire un effort pour que Paris devienne plus propre et ne soit pas, comme avant 2001, faut-il le rappeler, considérée comme la capitale des crottes de chien. Vous aurez donc?

Monsieur DUBUS, écoutez donc !

M. Jérôme DUBUS. - Je connais.

M. Yves CONTASSOT. - Oui, mais vous ne connaissez pas les actions. C?est dommage.

Vous aurez donc notre plein soutien dans vos décisions de doter les services de la propreté de Paris de moyens supplémentaires, de lancer des campagnes de sensibilisation adaptées, de faire payer les pollueurs. Il faut dire que Paris a souffert, depuis près d'une dizaine d?années, d?un désengagement au plan financier et au plan des moyens humains en matière de propreté. Je vais vous donner quelques chiffres pour étayer mon propos, car, dans ce domaine, mieux vaut ne pas s'appuyer sur des sentiments, mais sur des données objectives.

A cet égard, je dois dire que je suis un peu surpris que l'administration nous ait dit qu'elle ne pouvait pas savoir combien il y avait d'agents à la DPE avant 2004. Selon la DRH et la DFA, les effectifs du STPP - Service technique du traitement de la propreté de Paris - seraient passés de 5.351 équivalents temps-plein à fin 2004, à 5.413 estimés à la fin de cette année. Cela fait donc une augmentation de 1,16 %.

On pourrait donc en déduire à la première lecture que les effectifs ont bien augmenté. Mais, car il y a un mais important, dans le même temps, le nombre de collectes des déchets a cru considérablement. En effet, on est passé des 7 collectes hebdomadaires pour les déchets non recyclables, plus une pour les déchets recyclables, soit 8 collectes par semaine, à 7 collectes pour les ordures ménagères, 2 pour les recyclables, 1 pour le verre et même encore 2 pour les fermentescibles dans deux arrondissements et bientôt dans tout Paris, soit 12 collectes par semaine.

L?impact sur les effectifs est évident. D?ailleurs, pour les conducteurs, l?évolution du nombre d?agents est significative : un accroissement de 23 % de leur nombre. C?est donc bien le nettoiement qui a fait les frais de cette évolution, avec une diminution importante du nombre d?agents affectés au balayage, au lavage des rues, des trottoirs, etc.

A cela, il faut ajouter la modification de la structure du personnel des STPP, avec la création de ce qu?on appelle les TSON, les techniciens des services opérationnels du nettoiement. Visant à créer un débouché de carrière pour les éboueurs, leur nombre a cru de façon importante puisqu?il est passé de 25 en 2004 à 485 cette année. Dans le même temps, les effectifs des éboueurs sont passés de 5.326 à 4.928, soit une baisse de 7,47 %. Inutile d?aller chercher beaucoup plus loin les raisons de la situation actuelle en matière de propreté.

Si les effectifs ont diminué, le budget a suivi la même pente mais de façon moins apparente. Le budget de la DPE a cru, si on intègre la masse salariale et pour des raisons qui n?ont pas grand-chose à voir avec l?évolution des effectifs, mais plutôt sous l?impulsion des reclassements catégoriels, de l?évolution du point d?indice, du GVT, etc. De plus, l?augmentation est en grande partie liée à l?évolution de la redevance versée au SYCTOM, ce qui n?a pas d?impact sur l?état de la propreté de Paris.

En revanche, le budget de la ligne 813 a diminué. Or, cette ligne est celle qui indique le niveau de dépenses de la Ville pour la propreté, hors masse salariale et hors redevance du SYCTOM. Si on regarde les chiffres, l?évolution apparente indique une diminution très importante puisque le budget passe de 37 millions en 2004 à 22 millions cette année, soit une baisse de 40 %. Ces 40 % sont là encore un peu en trompe-l??il, car il faut tenir compte de l?inflation qui sur la même période a été de 19 %, donc les 22 millions ne valent en réalité que 18 millions d'euros valeur 2004, soit une baisse de plus de 51 % en euros constants. J?ajoute qu?il faut aussi intégrer à ces données la diminution du nombre d?engins de nettoiement de trottoirs passant de 275 en 2010 à 248 en 2017.

Ces éléments montrent que, depuis dix ans, votre prédécesseur n?a pas donné les moyens de maintenir un niveau de propreté acceptable et ce n?est sans doute pas le fruit du hasard si le baromètre de la propreté a été interrompu lors de ce virage.

Certes, nous avons noté avec intérêt, j?allais dire une inversion de la courbe en 2017, si ce mot n?était pas trop connoté, et vous comprendrez, Madame la Maire, que nous soutiendrons d?autant plus les mesures que vous avez déclaré annoncer en février avec un budget supplémentaire important.

Il est temps en effet de repartir sur de bonnes bases pour faire face à l?accroissement des besoins, qu?il s?agisse de l?augmentation des surfaces à nettoyer suite à l?urbanisation de nouveaux quartiers, de l?accroissement du nombre d?usagers de l?espace public parisien, des modifications de comportements avec les soirées fréquentées dans de nombreux quartiers, etc.

Je ne peux terminer mon intervention sur la propreté et les déchets sans évoquer l?évolution nécessaire de la fiscalité liée aux déchets. Lors de notre dernier Conseil, votre adjoint nous a dit qu?il demandait le retrait d?un alinéa d?un v?u sur la fiscalité incitative que nous avions déposé, afin que l?on en débatte avant ce Conseil consacré au budget. Comme Godot, rien n?est venu ! Rien n?est venu depuis plusieurs années que nous demandons des études pour anticiper l?obligation dans quelques années de la mise en place d?une fiscalité incitative.

Reporter sans arrêt cette étude et ce débat ne nous paraît pas la meilleure façon de préparer l?avenir. Partout ou presque où la fiscalité incitative a été mise en ?uvre, le coût de collecte a diminué grâce à une meilleure connaissance de la production réelle des déchets, ce qui permet d?optimiser la collecte, tant en fréquence qu?en circuit. Il s?agit donc d?un système doublement vertueux puisqu?il responsabilise les ménages tout en permettant une réduction des coûts pour la collectivité et donc pour les ménages eux-mêmes.

Madame la Maire, pouvez-vous donner les instructions nécessaires pour que les engagements pris soient tenus et qu?avant la fin de l?année 2018, nous ayons un projet sérieux de mise en place d?une fiscalité incitative ?

Nous souhaitons que le groupe de travail, qui étudiera cette indispensable évolution, intègre également l?ensemble de la fiscalité liée au nettoiement et aux déchets. Je vous remercie.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - La parole est à M. Sergio TINTI, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Sergio TINTI. - Merci, Madame la Maire.

Nous connaissons le contexte toujours plus contraint dans lequel cette année encore vous avez dû construire un budget pour continuer d?honorer nos engagements pris en 2014 devant les Parisiennes et Parisiens. Toutefois, en comparant le budget alloué aux sports à Paris depuis le budget exécuté en 2014, nous constatons une baisse de plus de 7 millions d?euros sur le budget de fonctionnement.

Bien sûr, cette baisse correspond pour plus de 3 millions d?euros à la réduction des subventions aux sports de haut niveau et pour 1,4 million d?euros au désengagement au profit des Hauts-de-Seine d?un parc interdépartemental.

Nous arrivons donc à une baisse de près de 2,5 millions d?euros sur le sport de proximité depuis 2014, si je cite la suppression de notre patinoire pour 1 million d?euros, de "Charléty fait son cirque" et "Charléty sur neige" pour 400.000 euros, sans compter différents autres dispositifs sportifs représentants 200.000 euros. A cela s?ajoute une baisse des subventions aux associations sportives de l?ordre de 780.000 euros depuis 2014, dont 180.000 euros cette année.

Madame la Maire, nous ne pouvons pas accepter une telle baisse alors que nous célébrons l?obtention des Jeux olympiques et paralympiques à Paris. Nous voulons réussir cette grande fête populaire et c?est une belle opportunité pour ouvrir un grand débat sur la place du sport dans notre société et les moyens qui lui sont consacrés.

Pour que la fête promise soit réussie, il faut que l?organisation des Jeux olympiques et paralympiques soit l?affaire de toutes et tous. Il faut aussi que la population locale, les sportifs, les bénévoles des clubs, les enseignants, les élus locaux, toutes celles et ceux qui font vivre le sport au quotidien dans notre pays y soient pleinement associés.

Je dois rendre dans les jours qui viennent le rapport de la mission que vous m?aviez confiée sur le rôle et la place des offices du mouvement sportif dans notre ville. Or, avec la baisse prévue dans le budget primitif qui nous a été présenté, comment peut-on être assuré qu?une place leur est effectivement réservée dans nos arrondissements ? Les offices du mouvement sportif doivent être de nouveaux lieux de concertation à l?échelle locale entre tous les acteurs du monde sportif. Ils doivent être associés pleinement au projet sportif de l?arrondissement qui est à même de garantir la mise en place de la politique sportive municipale et le respect des spécificités de nos arrondissements.

Mais comment ce travail peut-il se faire sans la confiance ni le soutien de notre Ville ? Comment faire lorsque les moyens du sport de proximité baissent inexorablement ? C?est pourquoi, Madame la Maire, pour réparer ce qui apparaît comme une erreur d?arbitrage, nous vous proposons un amendement budgétaire sur la ligne des sports de proximité de 180.000 euros.

Si a minima nous ne maintenons par le budget de soutien aux sports pour toutes et tous, c?est un message extrêmement inquiétant que l?on envoie non seulement aux mouvements sportifs mais également à toute la population à qui nous promettons un héritage pour l?avenir.

L?héritage, Madame la Maire, mes chers collègues, ne se limite pas d?ailleurs aux subventions aux clubs et aux associations sportives. L?héritage se bâtit également par l?investissement. Il y avait dans la mandature précédente 600 millions d?euros d?investissement pour le sport sur les 7 milliards investis entre 2008 et 2014. En 2014, sur les 10 milliards d?investissement prévus, ce ne sont plus que 400 millions qui concernent le sport, dont 150 sont déjà absorbés par le plan "Nager à Paris" que nous avons bien évidemment soutenu.

Madame la Maire, nous devons être attentifs et exigeants. Si jusqu?à présent le peuple de Paris se réjouissait dans une large majorité d?accueillir et de réussir les Jeux olympiques et paralympiques à Paris en 2024, il ne nous pardonnera pas de le faire au détriment du sport pour toutes et tous. Or, nous pensons que nous avons raison de croire que les Jeux olympiques et paralympiques sont un événement catalyseur des politiques publiques. Nous parlions ici même, dans cette Assemblée, d?un accélérateur. Eh bien, nous devons dès aujourd?hui prendre les décisions qui permettront l?héritage pour nos territoires et nos populations. C?est le sens de l?amendement que nous déposons et par lequel nous demandons d?autoriser des programmes et des crédits de paiement pour rénover, restructurer ou encore créer des nouveaux équipements sportifs dans les quartiers populaires. Nous avons proposé un projet ambitieux, vertueux, tourné vers les territoires et les populations, centré sur l?héritage à leur laisser. Si nous voulons un héritage en 2024, c?est aujourd?hui qu?il faut agir, demain il sera trop tard. Merci, Madame la Maire.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci.

La parole est à M. Jérôme DUBUS.

M. Jérôme DUBUS. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, je voudrais revenir sur les v?ux que notre groupe va présenter à l?occasion de ce budget. J?en ai parlé rapidement ce matin. Nous avons limité nos v?ux de manière extrêmement volontaire. Nous en avons mis trois en exergue. Le premier concerne l'organisation des débats budgétaires. J'ai dit ce matin qu'ils n'avaient pas été satisfaisants cette année. Je rappelle que nous avons discuté des orientations budgétaires très tard, quasiment fin novembre, c'est-à-dire trois semaines avant le débat budgétaire lui-même.

Depuis que nous discutons des orientations budgétaires, depuis qu?il y a un débat et je remercie la majorité de l'avoir créé, c'est la première fois qu'il y a ce laps de temps extrêmement court entre la discussion sur les orientations et le débat budgétaire. Cela n'est pas satisfaisant.

C'est la raison pour laquelle, dans notre v?u, nous demandons que le débat sur les orientations budgétaires soit réellement organisé au mois d'octobre. Qu'il reste un mois et demi, voire un mois, mais en tout cas au minimum un mois, entre le débat sur les orientations budgétaires et le débat budgétaire. C'est absolument indispensable pour que nous ayons une bonne connaissance, à la fois des contingences nationales et locales.

Je sais que cette année, c'est une année un peu spéciale, puisqu'il y a eu un changement d'adjoint, que l'Exécutif a bougé, qu'un certain nombre d'éléments n'étaient pas connus lorsque nous aurions dû discuter au mois d'octobre des orientations budgétaires, bref des éléments exogènes à la décision de la majorité municipale. Je crois que cela peut se traiter.

Le deuxième point dans ce v?u, c'est évidemment la communication des documents budgétaires eux-mêmes. Nous avons reçu ces documents budgétaires, qui sont assez conséquents, le document budgétaire général plus tous les bleus, 10 jours avant.

Pour l'Exécutif, c'est très facile, puisque vous travaillez depuis un an dessus, voire plus. Pour les groupes de la majorité, c'est facile aussi, puisqu'ils sont consultés et que vous avez un débat entre vous, ce qui est normal puisque c'est vous qui assumez la direction de cette ville.

Mais pour les groupes de l'opposition, c'est très compliqué. Nous sommes un groupe jeune, nous avons aujourd'hui deux collaborateurs, bientôt 3, et en 10 jours, éplucher ce budget c'est très compliqué. Dans ce v?u, nous demandons également qu'il y ait communication de ces budgets, de ces documents budgétaires au moins 15 jours avant la discussion budgétaire, ce qui nous aurait fait gagner, cette année, 5 jours. 5 jours, ça n'est pas trop compte tenu du nombre de documents et de la difficulté à éplucher ces documents.

C'est le premier v?u.

Le deuxième v?u concerne la mise en place d'une mission concernant la modulation, la modération et la modernisation de l'action publique parisienne. Nous l'avons bien vu ce matin, lors des discussions générales, il y a une discussion autour de la dépense publique. Je mettrai de côté la dépense d'investissement, quoique l'on pourrait en parler également, puisque vous vous félicitez d'avoir dépensé ce que vous aviez prévu quasiment en 4 ans, depuis 2014.

Je parlerai des dépenses de fonctionnement et, notamment, des dépenses de personnel. On a bien vu que depuis 2014, contrairement à ce qui a été dit ce matin, il y a indéniablement une augmentation. Est-elle justifiée ou pas ? C'est un autre sujet. Je constate qu'il y a qu'une augmentation et qu'il n'y a pas vraiment de volonté de moderniser l'action publique parisienne. Il y a à la fois un problème de coût et un problème d'efficacité.

C'est la raison pour laquelle nous proposons que l'ensemble des groupes puisse participer à une mission de réflexion sur l'action publique parisienne, à la fois sur son côté coût et son côté efficacité. Il faut lier les deux. Pas forcément une réduction des coûts sur le système du rabot que l'on connaît bien, qui est un peu pratiqué depuis 2014 sans aucune réflexion, à la fois par l'Etat et ici, mais une réflexion beaucoup plus importante qui soit menée sur l'efficacité et le coût de cette action publique parisienne.

Troisième v?u, qui est un v?u également d'une certaine importance, qui concerne la création d'une mission de maintenance urbaine. On l'a vu, la propreté fait aussi l'objet d'un certain nombre de débats, mais ce n'est pas seulement le sujet, la propreté, il y a bien pire. Il y a une dégradation générale de la tenue de la rue parisienne. L'état des chaussées et des trottoirs, après réfection ou avant réfection, qui traîne, on ne sait pas pourquoi. Pendant des mois et des mois, nous avons des trottoirs qui ne sont pas réparés, c'est assez étonnant pour une ville comme Paris. Les nombreux espaces publics envahis par les motos, par les vélos en stationnement sauvage. L'espace public parisien envahi par un mobilier urbain pléthorique, disparate, et souvent en mauvais état, qui n'est pas entretenu. Des plantations d'alignement qui ne sont plus traitées de façon homogène, je pense aux pieds d'arbres en particulier. Les nombreux espaces verts qui sont injustement ou insuffisamment respectés, endommagés, malgré tous les efforts que font les services des parcs et jardins pour les entretenir.

Des milliers de murs et monuments, des milliers de mètres carrés constellés de tags, qui n'ont rien à voir avec une expression artistique. Donc, la dégradation de la ville empire, et précisément, ça n'est pas seulement la propreté, c'est un laisser-aller général.

C'est la raison pour laquelle, au-delà du nombre de millions dépensés, et au-delà du nombre d'effectifs dans la Direction de la Propreté et de la Voirie, ou d'autres directions concernées, je crois qu'il y a un problème de coordination. Il y a un problème de coordination générale, qui n'est pas effectuée aujourd'hui, chacun travaille dans son coin de manière parallèle. C'est assez triste.

Je crois que sans dépenser plus, sans affecter d'autres effectifs, sans augmenter les effectifs de chaque direction, on peut travailler à une meilleure coordination.

C'est la raison pour laquelle nous avons proposé la mise en place d'un dispositif, on a appelé cela une mission, cela peut être une direction, une mission de la maintenance urbaine, placée sous l'autorité d'un adjoint au Maire.

Cette mission disposerait d'une équipe technique composée d'un représentant, de niveau cadre, de chaque service intervenant dans la gestion urbaine, voirie, nettoiement, espaces verts, services concédés, dont il serait correspondant. L'équipe technique serait dirigée par le fonctionnaire dépendant du service le plus impliqué dans ladite gestion. L'adjoint désigné réunirait régulièrement ses collègues des délégations concernées, pour réunir l'information, la partager, définir des priorités et coordonner des actions sur le terrain.

Cette mise en place pourrait être déclinée également au niveau de chaque arrondissement avec le même système, qui serait dupliqué arrondissement par arrondissement. Avec ses 20 collègues d'arrondissement, l'adjoint de la mairie centrale en charge de la maintenance urbaine disposerait de 20 relais sur le terrain, tout comme le responsable de l'équipe technique centrale. Le maillage du territoire serait ainsi assuré, ainsi qu?une meilleure coordination des interventions des services.

Dans le but de mettre fin à une anarchie inadmissible, la mission de la maintenance urbaine aurait à se pencher en priorité sur les conditions dans lesquelles les interventions des réseaux sur l'espace public sont programmées, autorisées et contrôlées, s'agissant en particulier de la remise en état des lieux après travaux.

Voilà, Mesdames et Messieurs, mes chers collègues, les trois v?ux que nous avons présentés. Ce sont des v?ux constructifs, vous l'avez remarqué. J'espère que vous y donnerez un avis très favorable.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci.

La parole est à Mme KUSTER.

Mme Brigitte KUSTER. - Madame la Maire, mes chers collègues, aucun mot ne se conjugue mieux avec Paris que celui de la culture. Le rayonnement de Paris, c'est sa culture, une culture qui adopte ici plus qu'ailleurs toutes les formes d'expression et de registre, mais si Paris est la ville de la culture, peut-on dire que c'est grâce à la Mairie de Paris ?

Tout devrait pourtant y inciter, le passé autant que l'avenir, la beauté autant que la richesse, l'art autant que l'économie. Et pourtant, comparaison n'est pas raison, mais j'observe que Paris investit nettement moins dans la culture que ne le font Lyon, Marseille et Bordeaux.

La culture est le premier poste de dépenses à Bordeaux, elle pèse 20 % du budget à Lyon, et Marseille y consacre 10 % de ses investissements. On est loin, mais alors très loin des 4 petits pour cent revendiqués à Paris. Quoi que vous puissiez en dire, la culture n'est pas la priorité de la Mairie de Paris.

D'ailleurs, en dehors de la "Nuit blanche" créée il y a déjà 15 ans, quel autre grand événement culturel municipal peut prétendre fédérer tous les Parisiens ?

Quelles nouvelles initiatives sont prises pour rapprocher les Parisiens de la culture ?

A la mairie du 17e, nous avons initié un "pass culture", qui a depuis fait des émules, je crois même au plus haut niveau de l'Etat. Pourquoi ne pas avoir décliné le concept, comme je vous y ai invités plusieurs fois ? Pourquoi attendre que l'Etat prenne les devants ? Il ne suffit pas de proclamer à longueur d'interviews, Madame la Maire, que les métropoles font mieux que les gouvernements, il faut le démontrer.

La réalité, c'est qu'à Paris, la culture c'est d'abord et avant tout l'Etat. Et la Mairie de Paris sait habilement récolter les lauriers des politiques nationales, et sur ces lauriers vous vous reposez malheureusement trop allègrement.

Permettez-moi de vous en donner un exemple concret. La Cité du théâtre, qui s'installera d'ici 2022 boulevard Berthier dans le 17e, ce haut lieu regroupera les trois plus prestigieuses institutions du pays en matière de théâtre : la Comédie française, le Conservatoire national supérieur d'art dramatique, et le Théâtre national de l'Odéon.

Comme vous le savez, le projet est entré dans une phase décisive, auquel j'ai d'ailleurs consacré un rapport parlementaire finalisant l'investissement de chacun. Cela n'a guère semblé vous intéresser. Toujours vous êtes-vous bornés à étudier les aspects purement techniques du dossier. Il y aurait pourtant beaucoup à faire pour que les Parisiens profitent de ce que deviendra le lieu phare du théâtre en France, et j'ose dire en Europe.

Comment expliquer un tel désintérêt de votre part ? Pouvez-vous aujourd'hui, Madame la Maire, nous rassurer sur votre engagement futur ? Cet exemple de désintérêt d'ailleurs est à l'image du budget que vous nous soumettez, sans élan, sans rupture et sans innovation.

Bien sûr, on pourrait se réjouir de la diminution du budget de fonctionnement, mais on constate qu'elle se fait notamment au détriment du théâtre privé que vous abandonnez au moment où le secteur est en proie à d'importantes difficultés. Nous serons amenés d'ailleurs, avec Pierre-Yves BOURNAZEL et Catherine DUMAS, à évoquer à nouveau ce sujet par le biais d'un v?u.

On pourrait tout autant se réjouir de voir que les recettes de fonctionnement progressent, mais là encore, on découvre que c'est d'abord au détriment des élèves des conservatoires dont les frais de scolarité augmentent aussi, vu que leurs conditions d'apprentissage se dégradent.

On pourrait encore se réjouir de la hausse du budget d'investissement, mais on constate qu'il s'agit d'abord de réaliser ou de rembourser des travaux exceptionnels.

Madame la Maire, nous ne pouvons que regretter que votre budget ne soit pas à la hauteur de ce que devrait être une grande politique culturelle à Paris avec un investissement digne de la Capitale de la France.

Je vous remercie.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci, Madame la Maire.

La parole est à Mme GALLOIS, pour le groupe UDI-MODEM.

Mme Edith GALLOIS. - Madame la Maire, mes chers collègues, je vais vous parler de propreté. L'évolution du budget de la Ville, consacré à la propreté, est révélateur de l'absence de volonté politique dont a fait preuve votre majorité depuis quinze ans dans ce domaine.

Ainsi, ce budget représentait 3,6 % du budget de la Ville hors masse salariale et hors contributions au S.I.T.O.M. en 2001 et, aujourd'hui, il n'en représente plus que 2,9.

Sur cette même période, 150 hectares d'espaces publics nouveaux ont été créés et l'usage que font les Parisiens de cet espace a fortement évolué. L'espace public est devenu un lieu d'usage, de loisirs, de rencontres et d'événements festifs. Toutes ces nouvelles tendances, fort sympathiques par ailleurs, vous ne les avez pas anticipées, encore moins accompagnées, si bien que l'on ne peut que déplorer malheureusement aujourd'hui une situation qui se dégrade.

En 2015, 57 % des Parisiens estimaient que le bilan de la Ville en matière de propreté n'était pas satisfaisant ; ils étaient 61 % à faire le même constat en 2016, et les plans d'amélioration de la propreté adoptés en urgence, en février 2016 puis en mars 2017, ne produisent pas les effets escomptés.

Les nombreuses alertes envoyées par votre opposition, et même par certains membres de la majorité, n'ont pas suffi à vous convaincre de faire de ce sujet une priorité.

Et c'est non sans une certaine ironie que l'on entend aujourd'hui le premier adjoint nous annoncer que la Mairie n'est pas satisfaite de la situation et que "la tenue de l'espace public est un sujet prioritaire". J'ai envie de dire "il était temps".

Malheureusement, ce budget 2018 ne permettra pas d'inverser durablement la tendance tant les efforts consentis sont maigres par rapport aux besoins réels.

Le groupe UDI-MODEM tient tout de même à saluer l'augmentation de 2,9 millions d'euros des marchés de nettoiement et de propreté urbaine. Le recours à des prestataires privés pour gérer les situations exceptionnelles est une des solutions, nous semble-t-il, que nous proposons pour améliorer durablement la propreté à Paris.

Malheureusement, ce premier pas de l'Exécutif est tout à fait insuffisant. La propreté des Champs-Elysées ou des berges de Seine est déjà assurée par des prestataires privés. Pourquoi ne pas étendre ce recours au privé à d'autres lieux particulièrement fréquentés, notamment en période estivale, par exemple ? Je pense à l'esplanade des Invalides, au Champ-de-Mars, au canal Saint-Martin ou encore à la Butte aux Cailles dans le 13e arrondissement ou aux quais de la Seine, toujours dans le 13e arrondissement.

Déchargés du nettoiement de ces sites très sollicités, les agents de la Ville pourraient ainsi gagner en efficacité sur l'ensemble de leur secteur, ce qui n'est pas aujourd'hui le cas.

De même, nous saluons l'augmentation du budget alloué à l'acquisition de nouveaux véhicules, même si, là encore, cet effort est beaucoup trop tardif et surtout trop limité. Les visites et les auditions effectuées dans le cadre de la M.I.E. Propreté sont très révélatrices sur ce point. Un grand nombre d'engins de la DPE sont aujourd'hui obsolètes et beaucoup d'ateliers ont un taux d'engins non fonctionnels trop importants pour assurer convenablement leur mission.

De plus, la dédialisation du parc n'est pas une fin en soi, elle doit obligatoirement s'accompagner d'un développement conséquent des lieux d'approvisionnement en énergie alternative pour ne pas, comme c'est le cas aujourd'hui, que les engins perdent un temps conséquent à aller faire le plein.

Quoi qu'il en soit, les moyens dédiés à la propreté de Paris sont donc une nouvelle fois insuffisants dans ce budget pour permettre de répondre aux ambitions affichées et aux attentes légitimes des Parisiens. Cependant, l'augmentation des moyens, si elle est nécessaire, n'est pas la seule solution au problème de la propreté. C'est une de nos convictions. Une utilisation plus efficace des ressources disponibles est aussi indispensable.

Pour ne prendre qu'un seul exemple, je parlerai de l'absentéisme. Le taux d'absentéisme des éboueurs, chargés de la collecte et du nettoiement, était en 2016 de 13,3 %. Le simple fait de ramener ce taux au niveau de celui de l'ensemble des agents de la Ville, déjà très élevé à 11,6 %, permettrait de disposer de l'équivalent de 70 postes supplémentaires. 70 postes supplémentaires, c'est énorme, et sans toucher à la masse salariale.

Notre groupe a formulé plusieurs propositions : généraliser le rythme 7 heures 42 au détriment du 6-9, mieux valoriser les agents, permettre à ceux qui le souhaitent d'accéder plus facilement à un logement à Paris, par exemple. Nous souhaitons qu'elles soient mises en ?uvre rapidement.

J'aimerais enfin conclure sur ce dernier point qui concerne plus la salubrité que la propreté en tant que telle.

Notre groupe a en effet été très surpris d'apprendre que "Paris Habitat" prévoyait de faire passer son budget dédié à la lutte contre les punaises de lit de 300.000 euros à 5 millions d'euros. C'est un sujet sur lequel nous vous avions alertés depuis de nombreux mois. Et une nouvelle fois, vous semblez attendre que la situation soit devenue totalement incontrôlable pour agir. Passer de 300.000 à 5 millions, c'est quand même énorme au niveau de la Ville. Des moyens existent pour lutter contre les punaises de lit, notamment en termes de sensibilisation ou de labellisation des professionnels qui agissent efficacement contre ce phénomène.

Pourquoi avoir tant attendu pour agir ? Il est trop tard. Il est trop tard, cela va nous coûter très cher. Si vous aviez pris le problème avant, cela nous aurait coûté beaucoup moins cher. C'est toute la question.

Je vous remercie de votre attention.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - La parole est à Catherine BARATTI-ELBAZ, pour le groupe Socialiste.

Mme Catherine BARATTI-ELBAZ, maire du 12e arrondissement. - Merci.

Madame la Maire, mes chers collègues, les familles parisiennes comptent sur nous et à nouveau, dans ce budget, nous sommes très attentifs à leurs besoins. Comme maire d'un arrondissement très familial qui accueille une population mixte, en particulier de nombreuses familles appartenant à la classe moyenne avec des enfants, des adolescents, mais aussi des seniors, je sais que nos priorités sont les bonnes et correspondent à leurs attentes, et elles sont exprimées très clairement dans ce budget.

Les habitants de Paris, qui vivent au quotidien dans notre Capitale, dans cette métropole, attendent de nous que nous répondions à leurs problématiques quotidiennes : se loger convenablement, y compris à l'arrivée des enfants ; trouver un mode de garde pour reprendre son travail ; assurer l'éducation de ses enfants tout au long de leur parcours ; disposer de loisirs accessibles et d'espaces de détente ; l'accès à la culture, y compris avec de l'argent municipal, Madame KUSTER, nous avons de beaux établissements culturels municipaux dans cette ville dont nous pouvons être fiers ; accompagner un parent âgé mais aussi se déplacer facilement ; respirer un air moins pollué, etc.

Les sujets de préoccupation des familles parisiennes dans leurs diversités sont ceux-là et nous sommes mobilisés pour y répondre. La non-augmentation du taux de la fiscalité locale est la première des mesures en faveur des familles, car elle préserve leur reste à vivre. Il faut le rappeler : les taux parisiens sont deux fois inférieurs à la moyenne nationale, et à nouveau, ils n'augmenteront pas en 2018.

C'est une préservation du pouvoir d'achat des Parisiens. Ainsi, pour une famille parisienne avec deux enfants, la taxe d'habitation moyenne s'élève à 480 euros contre 1.100 euros dans les grandes villes françaises, et la taxe foncière à 650 euros contre plus de 1.100 euros en moyenne au niveau national. C'est cela, la réalité de Paris, et certains de nos collègues feraient bien de regarder ce que font les maires en dehors de Paris, avant de mentir aux Parisiens sur notre politique fiscale. La priorité que nous donnons au logement est aussi un élément clair et important de la dynamique parisienne en faveur des familles. Nous savons combien la pression est forte. Chaque jour, nous recevons des dizaines de courriers de foyers parisiens confrontés à un marché de l'immobilier privé qui reste inaccessible à la location comme à l'achat, à la très grande majorité des familles parisiennes.

L'encadrement des loyers était un outil utile et efficace, et nous comptons bien sur la mise en ?uvre rapide d?un dispositif alternatif à l?échelle métropolitaine, depuis cette décision regrettable du Tribunal administratif. Car ce que nous observons à Paris est aussi une réalité à l?échelle de la zone urbaine dense de la Métropole du Grand Paris. La Ville de Paris prend ses responsabilités en continuant d?élargir l?offre de logements pour tous, avec une volonté d?une meilleure répartition dans l?ensemble des arrondissements parisiens pour une réelle mixité. C?est ainsi 435 millions d?euros qui sont prévus sur ce budget 2018.

Dans le même temps, et je le regrette, les bailleurs sont fragilisés par les réformes nationales, ainsi que l?arrêt depuis un an des financements de la Région Ile-de-France dans la zone géographique de la Métropole du Grand Paris. Ainsi, depuis 2016, dans nos 131 communes de la zone dense, il n?y a plus de soutien de la Région, ni pour réhabiliter le parc existant, ni pour financer de nouveaux logements. Ainsi, au-delà des mots et des engagements publics, parfois pris la main sur le c?ur, dans la réalité, les crédits de la Région comme ceux de l?Etat manquent désormais pour de nombreux projets, et par exemple pour construire une résidence de mise à l?abri des femmes victimes de violences dans mon arrondissement. C?est ça, malheureusement, la réalité de la politique conduite par certains.

Je veux rappeler ce désengagement à nos collègues de l?opposition, majoritaires à la Région Ile-de-France. Je veux aussi leur répondre sur les conventionnements. Dans mon arrondissement, plus de 1.500 logements sont en cours de conventionnement Porte Dorée. Je peux vous assurer que pour les locataires, le sujet de leurs préoccupations n?est pas celui des loyers capitalisés, mais au contraire, nous parlons de sécurisation des baux, des baisses de loyers potentiels, des possibilités d?échanges d?appartements, des travaux d?envergure programmés pour rénover enfin ces immeubles et faire baisser leur facture énergétique. Grâce aux conventionnements, nous pouvons aujourd?hui évoquer cela avec eux.

La mobilisation de moyens importants pour créer encore de nouvelles places en crèche et soutenir l?éducation est bien sûr le troisième levier de notre politique en faveur des familles. En 2018, nous maintenons ainsi le financement des ateliers périscolaires gratuits les mardis et vendredis, mis en place en 2013 dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires. Tout au long de la Mission d?Information et d?Evaluation qui était dédiée, nous avons pu mesurer l?apport de ces ateliers dans l?éducation de nos enfants et dans le saut qualitatif qu?a connu l?ensemble du périscolaire parisien au travers de cette réforme. Et je suis fière que d?ailleurs, elle satisfasse 80 % des familles parisiennes.

Notre budget pour 2018 prévoit le financement de plus de 1.120 nouvelles places en crèche, et une part importante des 124 postes créés au budget emploi est fléchée vers la petite enfance. 51 postes sont en particulier dédiés aux augmentations de capacité dans les établissements de petite enfance qui sont restructurés. Ce sera le cas dans mon arrondissement, par exemple, avec la réouverture après les travaux de la crèche Pierre Bourdan, ainsi modernisée et agrandie. C?est amusant d?entendre aujourd?hui les élus LR affirmer que la petite enfance est une priorité pour leur groupe. En pratique, dans mon arrondissement, en 2001, il y avait seulement 1.000 places pour 145.000 habitants. Nous serons, nous, à plus de 3.000 en 2020. C?est un effort considérable et qu?il faut souligner.

Et puis, je suis quand même surprise d?entendre que la politique petite enfance serait une priorité pour aider les femmes. Comment, en 2017, peut-on entendre une élue dire cela ? Le mode de garde des enfants est une responsabilité partagée par les deux parents. Et même si nous avons beaucoup de familles monoparentales à Paris composées souvent par une femme, nous, élus, ne pouvons pas renvoyer seulement les femmes à cette responsabilité.

Enfin, je me permets de rappeler qu?aujourd?hui, les parents peuvent également être deux hommes. Et comme les élus LR n?en sont pas à une contradiction près dans ce débat budgétaire, comme dans le reste de l?ordre du jour de cette séance, comme dans celui de toutes nos séances, d?ailleurs, les élus de droite, comme mes collègues maires d?arrondissement de droite, ne cessent de demander des dépenses supplémentaires en fonctionnement, comme en investissement d?ailleurs, au travers de v?ux et autres amendements. Notre action a au contraire le mérite de la cohérence, et je suis fière que ce budget nous permette de répondre aux besoins des familles parisiennes actuelles, comme il nous permet de préparer l?avenir.

Enfin, l?avenir passera bien sûr par le renforcement de la Métropole du Grand Paris, sur la base de réseaux d?acteurs et de projets communs, comme l?a évoqué notre ancien adjoint aux finances, reprenant ainsi les mots de Jean-Louis MISSIKA dans une récente tribune, mais également par le renforcement du rôle des maires qui, eux, agissent au quotidien, en particulier pour les familles en proximité. C?est tout le v?u que je formule et j?attends avec impatience les propositions du Président de la République sur cette impulsion institutionnelle.

Je vous remercie.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci, Madame la Maire.

La parole est à Mme Marie ATALLAH, pour le groupe Ecologiste.

Mme Marie ATALLAH. - Madame la Maire, mes chers collègues.

Agir en faveur de la cohésion sociale et du "vivre ensemble" à Paris constitue un axe majeur du budget social pour 2018. Nous nous en réjouissons, en tant qu?élus écologistes très attachés à la dimension sociale, dans une vision globale du projet urbain de la ville durable que nous défendons pour les Parisiennes et les Parisiens vivant dans notre ville.

Avant d?aborder les composantes importantes du budget social, nous souhaitons tout d?abord, Madame la Maire, exprimer notre satisfaction d?un effort financier constant en faveur de la politique sociale, malgré le contexte de contraintes budgétaires imposées par l?Etat à notre collectivité. En effet, pas de véritable recul dans le budget social pour 2018, et les élus écologistes vous soutiennent, Madame la Maire, dans votre démarche d?obtenir de l?Etat une juste compensation du reste à charge structurel sur les dépenses relatives aux prestations sociales, décentralisées depuis 2002.

Nous souhaitons également attirer l?attention de notre Assemblée sur les éventuels risques d?aggravation des inégalités sociales à Paris du fait des différentes réformes de mesures engagées par le Gouvernement : augmentation de la C.S.G. des retraités, suppression brutale des contrats aidés ou encore la baisse de l?A.P.L., qui continue à mobiliser bailleurs et citoyens. Nous remercions d?ailleurs Mme VERSINI et la direction du C.A.S.-V.P. d?avoir inscrit au budget du C.A.S.-V.P. l?engagement de notre collectivité de compenser la baisse de l?A.P.L. par l?Etat pour les bénéficiaires parisiens, anticipant ainsi un risque de fragilisation du budget des ménages de certaines catégories de notre population. Certes, on peut regretter de voir s?éteindre deux aides facultatives de C.A.S.-V.P., qui se sont avérées inadaptées, mais leur suppression est clairement expliquée dans les documents qui sont soumis au vote de notre Assemblée. Et c?est donc aujourd?hui pour nous un soulagement de constater que la grande majorité des aides facultatives de la Ville sont conservées en l?état en 2018, avec le même niveau d?engagement budgétaire.

Concernant le budget d?investissement, les réalisations de projets se poursuivant conformément au contrat de mandature, nous constatons qu?aucune catégorie de public n?est oubliée dans le budget pour 2018 : des créations de structures d?accueil et d?accompagnement pour les enfants et leur famille, les seniors et leurs aidants, les personnes handicapées, ou encore pour les jeunes. Ce budget nous confirme également le respect de votre engagement, Madame la Maire, par rapport au choix de faire de la lutte contre la grande exclusion la grande cause de cette mandature. C?est un choix que les écologistes partagent activement et la reconduction de l?enveloppe de 5 millions d?euros dédiée au financement des actions menées dans ce cadre est pour nous une très bonne nouvelle.

Cependant, sur la question des "sans domicile fixe" dans notre ville, comme nous le savons tous ici, malgré les efforts constants de la Ville, de nombreuses personnes dormiront encore à la rue cet hiver dans notre ville. Nous souhaitons profiter de ces débats pour adresser aujourd?hui, une nouvelle fois, un appel au Gouvernement demandant la création de plus de places d?hébergement d?urgence pour les "sans domicile fixe" dans nos villes.

Avant d?aborder nos amendements et v?ux budgétaires, un mot sur l?évolution de la réorganisation des services sociaux de la DASES et du C.A.S.-V.P. Avec la réforme du nouveau "Paris Solidaire", dans une logique de territorialisation, cette réforme est pour nous un accomplissement important en termes de modernisation de l?administration pour la politique sociale, assurant ainsi des points d?accueil uniques et facilement visibles et accessibles pour les usagers dans les quartiers. Cette réforme a même permis de réaliser des économies de fonctionnement.

A ce sujet, nous nous permettons d?attirer l?attention sur la position des organisations syndicales, qui ont alerté sur les difficultés du personnel dans le cadre de la conduite de cette réforme au sein de la DASES et du C.A.S.-V.P. Il nous semble important, Madame la Maire, de fournir plus d?informations sur les économies de gestion afin de répondre aux inquiétudes des syndicats. Nous soutenons donc ce budget social, qui devrait former un socle important dans la fabrique d?une ville inclusive et durable. En ce sens, le bleu budgétaire relatif à l?intégration des immigrés à Paris en est bien une illustration, le document laissant apparaître effectivement une transversalité, une créativité associative et une gouvernance territoriale favorable à la participation des habitants dans les quartiers. Le même document fait cependant apparaître un recul dans les crédits consacrés à la valorisation des cultures étrangères. Pour enrichir cet aspect relatif à la culture dans la politique d'intégration, nous espérons que notre amendement visant à mettre en ?uvre les préconisations de la Mission d'Information et d'Evaluation "Paris, Ville interculturelle" sera adopté aujourd'hui. Il pourra ainsi servir à contrebalancer cette baisse budgétaire pour nous regrettable, la culture étant reconnue aujourd'hui pour être un levier essentiel en faveur d'une intégration active et participative.

Pour poursuivre dans la présentation de nos v?ux et amendements, dans la vision d'une politique sociale favorable à l'expérimentation et à l'innovation sociale, les élus écologistes proposent également un v?u visant à créer une mission de préfiguration d'une expérimentation portant sur la mise en ?uvre d'un revenu universel de base à Paris. Ce v?u s'inscrit dans la continuité du débat public de la dernière campagne présidentielle sur le sujet, en sachant que les villes et les pays qui expérimentent ce dispositif sont de plus en plus nombreux dans le monde, en Europe mais aussi en France dans 11 départements. Et pourquoi pas à Paris, dans notre Ville, qui se veut un laboratoire de l'innovation dans plusieurs domaines ?

Concernant l'enseignement dans nos écoles publiques et la nécessité d'innover dans les méthodes pédagogiques en faveur du développement de nos enfants et de leur capacité d'apprendre, nous déposons pour la deuxième année un amendement pour un appel à projets en direction des écoles et nous veillerons cette fois-ci à sa mise en ?uvre courant de l'année 2018.

S'agissant de la question de la lutte contre les violences faites aux femmes, face à la parole libérée des femmes sur la question des violences sexuelles et la révélation de plusieurs scandales médiatisés, nous pensons qu'une amélioration des dispositifs d'accompagnement des victimes est nécessaire et c'est pourquoi nous proposons d'abonder les crédits des subventions aux associations luttant contre les violences faites aux femmes.

Pour renforcer la question de l'égalité femmes/hommes au sein de notre administration parisienne, nous souhaitons que la Ville s'engage pour amplifier et encourager l'application du congé paternité de ses agents.

Enfin, un dernier v?u toujours pour soutenir une politique sociale s'adaptant à l'évolution des besoins des Parisiennes et des Parisiens, nous proposons d'engager dès à présent une somme de 10.000 euros pour soutenir le démarrage d'un travail relatif à la conservation des archives L.G.B.T.

Pour finir, nous exprimons nos remerciements à vous, Madame la Maire, et à vos adjointes et adjoints ainsi qu?à leurs équipes et à nos responsables des directions de la Ville, pour la stratégie budgétaire de la politique sociale qui nous semble être juste équitable et responsable, un budget solide pour une capacité d'agir renforcée et une créativité citoyenne amplifiée pour pouvoir faire société ensemble dans le respect de tous.

Je vous remercie.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci, Madame ATTALAH.