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Decembre 2017
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Vœu déposé par le groupe Démocrates et Progressistes relatif à la mémoire concernant l'esclavage et le colonialisme.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2017


 

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - La parole est à Mme MÉHAL pour présenter le v?u n° 179 relatif à la mémoire concernant l'esclavage et le colonialisme.

Mme Fadila MÉHAL. - Merci, Madame la Maire.

Chers collègues, vous le savez tous, Paris qui est la capitale d'une République au rayonnement universel, fut aussi la capitale, d?une certaine façon, du XVIe au XXe siècle, le centre politique, culturel et économique d?un immense empire colonial et esclavagiste.

C?est vrai que ce lourd passé a laissé des traces visibles dans le paysage urbain du Grand Paris, dans la dénomination de ses rues, de ses boulevards, de ses avenues, de ses places et même de ses statues.

C?est vrai que certains souhaitent supprimer ces noms de rues, souhaitent les remplacer, les débaptiser, ce qui à notre sens reviendrait à un effacement de cette mémoire, fut-elle controversée.

C?est vrai que le président de la République, dans sa dernière tournée africaine quand il s?adressait à la jeunesse, appelait à la réconciliation des mémoires.

C?est vrai qu?il y a beaucoup d?historiens, notamment Marcel Dorigny, pour appeler à la construction d?une mémoire collective qui prenne en compte cette période douloureuse de notre Histoire, pas pour la purifier mais pour l?expliquer, la mettre en lumière et en perspective.

Puis il faut aussi rappeler qu?à Paris, il y a d?autres traces architecturales qui portent témoignage des luttes et des résistances anticoloniales et anti-esclavagistes, qui sont une tradition séculaire du peuple français à l?émancipation et surtout à la liberté. Alors c?est vrai qu?il y a des dénominations de rue visant à rendre hommage à ces figures marquantes de la résistance, je pense à l?émir Abdel Kader, Maurice Audin, le chevalier Saint-Georges et plus récemment encore le général Dumas. Ce que nous demandons est bien simple, que la Ville de Paris en lien avec les commissions compétentes établisse un état des lieux de ces traces, de ce passé colonial et esclavagiste, et crée des outils pédagogiques pour mieux expliquer ce passé aux piétons parisiens.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Je vous invite à aller vers votre conclusion.

Mme Fadila MÉHAL. - Nous souhaitons aussi que toutes les initiatives, en tout cas des ouvrages, des guides, des publications d?historiens d?associations, ou même de citoyens qui ?uvrent pour une plus grande pédagogie concernent cette page de notre Histoire commune.

Enfin, que la Ville de Paris continue d?inscrire dans l?espace public ces figures emblématiques qui, elles, ont contribué par leur lutte libératrice au progrès humain. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci, Madame MÉHAL.

Pour vous répondre en 2 minutes maximum, la parole est à Bruno JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Merci, Madame la Maire.

Merci, Fadila MÉHAL.

Je ne ferai pas très long pour une raison simple, c?est que j?adhère complètement à l?état d?esprit de votre v?u et à son contenu, sur un sujet dont nous connaissons la complexité et qui donne trop souvent lieu à des affrontements crispés, à des incompréhensions plutôt qu?à la construction pacifiée d?une réelle panoplie mémorielle dont notre pays a pourtant besoin. D?ailleurs, notre Assemblée a subi de ces crispations, il n?y a pas si longtemps.

Vous saluez les efforts réalisés par la Ville en la matière ces dernières années, et je vous en remercie. Nous entendons donc cette invitation à poursuivre, à faire plus et à faire mieux.

Vous avez rappelé quelques-uns des actes forts qui ont été posés ces dernières années, notamment par des choix de dénomination dans l?espace public, chaque fois mûrement réfléchies et concertées, vous les avez citées.

Par ailleurs, au niveau national, la réflexion autour d?un travail de mémoire sur l?esclavage est la raison d?être de la Fondation pour la mémoire de l?esclavage et ses abolitions, dont la création avait été souhaitée par François HOLLANDE. La ville échange d?ailleurs déjà avec le G.I.P. la préfigurant, et en particulier avec son président Jean-Marc AYRAULT que la Maire va recevoir très prochainement.

Merci donc de votre v?u et de cet esprit de réconciliation qui le traverse et que je partage pleinement.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci.

Je mets donc aux voix, à main levée, ce v?u avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2017, V. 391).