Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Decembre 2017
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

2017 DLH 193 - Réalisation 6-10, passage Dubail (10e) d'un programme de création d'une pension de famille de 30 P.L.A.-I. et d'un centre d’hébergement de 51 logements P.L.A.-I. par "Vilogia".

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2017


 

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DLH 193 concernant la réalisation au 6-10, passage Dubail dans le 10e arrondissement, d'un programme de création d?une pension de famille. La parole est au président Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, pour nous c'est une grande fierté de voir ce projet de délibération aujourd'hui à l'ordre du jour de notre Conseil. Ce projet de délibération fait suite à notre premier projet de délibération de groupe, qui était une proposition de donner des moyens d'action pour la lutte contre les violences faites aux femmes.

Ces violences concernent toutes les femmes, quel que soit leur milieu professionnel, leur âge ou leur origine.

L'actualité nous a démontré que les prises de conscience se construisent, évoluent. Mais elles doivent être suivies d'actes politiques. L'Observatoire parisien contre les violences faites aux femmes était une étape fondamentale. Nous sommes fiers d'avoir pu réaliser ensemble cet engagement fort de notre campagne. L'autre engagement était de pouvoir assurer aux femmes victimes de violences un refuge, un hébergement d'urgence. Disposer d'une solution de repli immédiate mais aussi à long terme est primordial dans le parcours d'une femme qui fuit la violence, bien souvent de son compagnon ou de son mari dans le foyer conjugal.

Les dispositifs sont engorgés, les places manquent. Les femmes sont plus de 216.000 chaque année à être victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur ancien ou actuel partenaire. C'est un fléau national, mondial, dont les pouvoirs publics à chaque échelle de responsabilité doivent se saisir.

Voilà pourquoi je veux nous féliciter de ce projet de délibération qui changera la vie de plusieurs dizaines de femmes et de familles. En effet, le projet de logement stable est souvent vu comme une utopie dans ce parcours de combattante. Il prévoit en effet de réaliser sur cette parcelle un centre d'hébergement et de stabilisation de 51 logements en P.L.A.-I. gérés par l'association "Une femme, un toit" et une pension de famille de 30 logements en P.L.A.-I. gérés par "Aurore" d'autre part. Ces structures seront prioritairement dédiées à la mise à l'abri de femmes victimes de violences et de femmes à la rue, en situation de grande exclusion. Prioritairement, seront accueillies des jeunes femmes victimes de violences en situation d'exclusion sociale ou de précarité. Ces logements sont donc un premier effort conséquent qui en appelle d'autres. Nous devrons être toujours plus vigilants quant à l'exemplarité des moyens que la Ville donne aux structures et aux associations qui aident concrètement les femmes survivantes à trouver une vie normale. Je dis "survivantes" car je pense aux 123 femmes qui sont mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint en 2016.

Voilà le sens de ce projet de délibération et bien évidemment nous le voterons comme, je l'espère, l'ensemble des élus de cet hémicycle. Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci. Pour répondre, je donne la parole à Ian BROSSAT.

M. Ian BROSSAT, adjoint. - Merci, Madame la Maire.

Chers collègues, il s?agit effectivement d?un beau projet de délibération qui porte sur la réalisation d?un programme mixte qui sera réalisé par "Vilogia" et qui comporte à la fois une pension de famille de 30 logements et un centre d'hébergement de 51 logements. Ces structures seront gérées par "Aurore" et par l'association "Une femme, un toit". Ce projet a été conçu afin de proposer une solution aux femmes victimes de violences, en particulier aux jeunes femmes, et de permettre à des femmes ayant connu un parcours de rue d'accéder enfin à un logement décent. Tant qu?il le faudra, rappelons ces chiffres, qui ne diminuent pas. En 2016, vous l'avez dit, 123 femmes ont été tuées par leur partenaire en France. En un an, 225.000 femmes sont victimes de violences physiques ou sexuelles au sein de leur couple ou par leur ex-conjoint. Pour vous donner une idée, 225.000, c?est l'équivalent de la population d?une ville comme Lille ou du 15e arrondissement. Par ailleurs, alors que les femmes représentent un quart des personnes sans abri et qu'elles doivent faire face à de nombreuses violences dans la rue, les structures dédiées aux femmes n'ont pas été ouvertes en nombre suffisant ces dernières années et le Samu social ne peut que répondre qu?à une femme sur quatre. C'est la raison pour laquelle il nous faut augmenter nos capacités d?hébergement à destination de ces femmes.

C'est le sens de ce projet de délibération et je suis donc très fier que ce projet de délibération que je porte avec ma collègue Hélène BIDARD puisse avancer grâce au vote qui aura lieu dans quelques instants au sein de ce Conseil de Paris.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 193.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2017, DLH 193).