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2018 LRI 1 - La propreté, une priorité pour Paris. Vœu déposé par le groupe Parisiens, Progressistes, Constructifs et Indépendants relatif à un audit extérieur des services de la propreté.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2018


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous passons, conformément à l'ordre du jour du Conseil de Paris, à la proposition de délibération LRI 1, "La propreté, une priorité pour Paris", à laquelle est rattaché le v?u référencé n° 9 déposé par le groupe Parisiens, Progressistes, Constructifs et Indépendants.

Conformément au règlement intérieur du Conseil ainsi qu?à la conférence d'organisation, le débat sera organisé selon l'ordre de passage et les temps de parole suivants : premier intervenant, M. Geoffroy BOULARD pour le groupe les Républicains.

M. Geoffroy BOULARD, maire du 17e arrondissement. - Madame la Maire, Mesdames, Messieurs les adjoints, mes chers collègues, avant même d'entrer dans le c?ur du sujet qui occupe une bonne partie de nos travaux durant cette séance du Conseil de Paris, je souhaiterais saluer l'engagement des agents de la Ville, et notamment la Direction de la Propreté et de l'Eau qui ?uvre au quotidien pour la propreté de tous et de nos rues. Je veux leur adresser toute ma reconnaissance et mon plein soutien dans la tâche qui est la leur.

S?il est un constat unanimement partagé à Paris par l'ensemble des Parisiens, des touristes ou encore des simples visiteurs, c'est celui d'une ville sale. A l'heure où nous nous apprêtons à accueillir de grands événements, je sais la honte que certains Parisiens ressentent quand ils constatent avec effroi l'état de délabrement avancé de nos rues.

Je m'exprime aujourd'hui au nom de l'ensemble de mon groupe politique afin que nos propositions soient entendues, Mme la Maire qui est perdue dans les couloirs de l'Hôtel de Ville au moment où je prends la parole sur un sujet essentiel : la propreté de nos rues. Elle est où, la Maire ?

Nous avons ainsi souhaité consacrer une Mission d'Information et d?Evaluation à la politique parisienne de propreté, conduite sous la présidence de ma collègue, Florence BERTHOUT, et rapportée par Eric LEJOINDRE. Cette mission a permis de mettre en évidence les lacunes criantes de votre politique de propreté. Je note d'ailleurs que près de 70 % des Parisiens jugent que votre action en la matière est défaillante. Toutefois, la propreté ne saurait faire l'objet d'un débat idéologique quand il s'agit d'adopter des mesures pragmatiques, concrètes, efficaces, pour enrayer la saleté galopante de nos rues.

Un choc de propreté : voilà ce que nous réclamons. Pas seulement nous, élus, mais bien l'ensemble des Parisiens. Ce choc de propreté, nous l'avons voulu exhaustif, réaliste. Il se décline donc en plusieurs axes sous la forme de mesures concrètes, mais il doit surtout permettre aux maires d'arrondissement, qui sont sur le terrain chaque jour, d'agir directement sur la propreté de nos rues.

En tant que maire du 17e arrondissement, je mesure chaque jour les contraintes spécifiques à mon arrondissement. Une organisation centralisée ne peut appréhender que de manière globale les enjeux locaux quand ceux-ci nécessitent une réponse locale et ciblée. Nous sommes prêts, oui, à assumer nos responsabilités auprès de nos administrés. Encore faut-il nous en donner les moyens. Je partage donc le souhait de mes collègues maires d'arrondissement de se voir confier, à titre expérimental, un pouvoir décisionnel pour organiser les opérations de nettoiement en fonction de leurs contraintes locales. Une réponse locale à une problématique locale. Voilà une mesure de bon sens et nous la réclamons.

Toutefois, concentrer la décision à l?échelon local n?a de sens que si la Ville se donne les moyens humains de remplir ses missions en matière de propreté. Depuis 2001, vous avez diminué les effectifs de la Direction de la Propreté et de l'Eau de 1.111 agents, soit une baisse de 13 %. Ce chiffre est d'autant plus considérable que, dans le même temps, l'espace public parisien s'est accru de 30 %. Accroissement symbolisé par de nombreux parcs et notamment par le parc Martin-Luther-King qui va s'accroître de 2 hectares. Ce sont des hectares supplémentaires à entretenir. Faire plus avec moins. Cela ne marche pas pour la propreté, Madame la Maire.

Après la création de 200 postes budgétaires supplémentaires entre 2016 et 2017, le budget 2018 ne prévoit que la création de 8 postes, ce qui, à l'évidence, est bien insuffisant. Je m'interroge donc sur la réalité des postes - 84 annoncés hier par M. PENINOU - qui viendront renforcer les brigades volantes. Encore une fois, vos paroles ne sont pas traduites en actes. Des moyens humains : voilà donc ce que nous réclamons. L'effort de recrutement doit être poursuivi, surtout accéléré, pérennisé dans la durée, afin de revenir, d'ici 2020, au niveau des effectifs de 2001. Les rapports ne suffisent pas, il faut des actes concrets. Des moyens humains, mais aussi financiers et matériels.

Les travaux de la M.I.E. ont permis de mettre en lumière la faible disponibilité du matériel de la DPE. Depuis 2010, le nombre de laveuses et d?aspiratrices de trottoirs a diminué de 10 %, quand la disponibilité des laveuses a reculé de 20 %, pour n'atteindre que 74 % seulement en 2016. Nous demandons donc un plan d'urgence pour équiper la DPE de moyens techniques modernes pour assurer sa mission. C'est une priorité qui doit se concrétiser par une enveloppe supplémentaire de 20 millions d'euros pour l'année 2018, qui permettra de doubler l'effort budgétaire.

Un accroissement de la mécanisation des matériels utilisés est également indispensable, notamment grâce à l'usage des "smartphones", afin d'améliorer le traitement des désordres de propreté sur l'espace public.

Oui, nous vous soumettons la proposition suivante. Le lancement, dès le premier semestre 2018, d'un appel à projets pour tester du matériel autonome de nettoiement sur l'espace public. Si vous nous avez déjà annoncé de nouvelles corbeilles de rue, comme nous le préconisions, d'ailleurs, depuis longtemps, vous avez simplement omis de nous préciser les montants que vous y consacrerez.

(M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, remplace Mme la Maire de Paris au fauteuil de la présidence).

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Monsieur le Maire, il vous faudrait conclure.

M. Geoffroy BOULARD, maire du 17e arrondissement. - Il est aussi primordial de généraliser les uritrottoirs et de renforcer le nombre de sanisettes dans les sites, ce qui nécessite 10 millions d?euros. C?est le montant nécessaire. 10 millions d'euros, c'est le montant nécessaire pour couvrir l'ensemble de ces mobiliers urbains. Toutes ces mesures ne sauraient être?

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Monsieur le Maire?

M. Geoffroy BOULARD, maire du 17e arrondissement. - ? pleinement efficaces que si elles s'inscrivaient dans le cadre de la réorganisation indispensable de la direction. 7.500 agents y travaillent, 14 % des effectifs municipaux. Alors que les ripeurs travaillent dans des conditions difficiles?

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Monsieur le Maire, il vous faudrait conclure, s?il vous plaît !

M. Geoffroy BOULARD, maire du 17e arrondissement. - ? pénibles. Le taux d'absence chez les ripeurs dépasse les 20 %. Mais ne nous leurrons pas, c'est bien l'ensemble des agents de la DPE qui pâtit d?une chaîne managériale conséquente. Il est donc nécessaire de faire évoluer l'organisation en matière de ressources humaines.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Pouvez-vous conclure, s'il vous plaît ?

M. Geoffroy BOULARD, maire du 17e arrondissement. - Oui, Monsieur le Maire.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Geoffroy BOULARD.

M. Geoffroy BOULARD, maire du 17e arrondissement. - Et je regrette que Mme la Maire soit partie sur un sujet essentiel, capital !

Ce sont des mesures concrètes, applicables, que nous vous invitons à mettre en ?uvre au plus vite. La saleté de rue n?est pas une fatalité. Il en va de votre responsabilité d'agir vite, en y consacrant les moyens nécessaires, pour mettre un terme à cette image d'une ville sale qui ne profite à personne.

Non, ce n'est pas bon ! Paris est une exigence.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Là, il faut vraiment conclure.

M. Geoffroy BOULARD, maire du 17e arrondissement. - Pourquoi rompre avec cette exigence ? Pourquoi rompre avec l?action de vos prédécesseurs ?! La propreté était déjà la priorité du temps de Jacques CHIRAC.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Allez, Geoffroy BOULARD?

M. Geoffroy BOULARD, maire du 17e arrondissement. - Ne vous défaussez pas de vos responsabilités ! Prenez vos responsabilités plutôt que de capituler !

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Monsieur le Maire. Merci, Monsieur le Maire.