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Fevrier 2018
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relatif au soutien de l'A.P.-H.P. Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif à l'hôpital Tenon et à l'A.P.-H.P.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2018


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le v?u référencé n° 135 est relatif au soutien à l'A.P.-H.P.

Qui le présente pour le groupe Ecologiste ? Jérôme GLEIZES.

M. Jérôme GLEIZES. - Je ne pensais pas que c'était aussi rapidement que je devais intervenir.

Le groupe Ecologiste est assez inquiet par les paroles gouvernementales et le dernier rapport de la Cour des comptes. Nous voulons par ce v?u, déjà exprimer notre inquiétude sur le sous-financement chronique des hôpitaux de manière générale et, en l'occurrence, de l'A.P.-H.P., l'importance aussi de la prise en charge coordonnée entre la Ville, l'hôpital et l'Etat de la hausse des maladies chroniques due malheureusement à notre environnement dégradé. Nous voulons souligner encore le rôle très important des services de l'A.P.-H.P., notamment dans tous les services d'aide aux migrants, qui sont aujourd'hui très sollicités, avec des recrudescences de cas de tuberculose parmi les migrants par exemple, et rappeler que nous soutenons les équipes de l'A.P.-H.P.

Nous demandons donc à ce que l'Exécutif et l'Assemblée nous soutiennent sur ce v?u qui est de bon sens. Merci de votre attention.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Mme Anne SOUYRIS, pour vous répondre.

Mme Anne SOUYRIS, adjointe. - J'aurais préféré peut-être parler des deux v?ux sur l'A.P.-H.P. en même temps.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Vous êtes d'accord, Madame SIMONNET, pour présenter votre v?u sur Tenon ? Alors, vous avez la parole sur le v?u n° 136.

Mme Danielle SIMONNET. - De toute façon, hélas, c'est sans suspens puisque je sais ce que l'Exécutif a décidé sur ce v?u.

Ecoutez, c'est un v?u relatif à l'hôpital Tenon et, plus globalement, à l'A.P.-H.P. Je tiens à vous signaler qu'aujourd'hui, j'ai appris qu'il y avait eu un nouveau suicide à l'A.P.-H.P. Donc on est vraiment dans une situation de plus en plus critique et vraiment, il va falloir que l'ensemble de ce Conseil de Paris prenne conscience que la souffrance au travail à l'A.P.-H.P., ce n'est pas une exagération de la part des organisations syndicales. C'est qu'à force de supprimer des effectifs, de réduire des services, de réorganiser ces services, non pas en mettant le projet de santé au c?ur de ces réorganisations, mais simplement une règle à calcul comptable absolument abjecte qui va à l'encontre de l'intérêt général, on dégrade très fortement les conditions de travail et les conditions d'accès aux soins des citoyennes et des citoyens, tout en créant de la souffrance au travail.

Le v?u sur l'Hôtel-Dieu, je vous fais état des alertes des agents concernant, justement, des difficultés dans un certain nombre de services. Je ne vais pas les redire, il me reste trop peu de temps. Mais prenez conscience que, même à l'hôpital Tenon qui a été refait à neuf, qui n'est quand même pas l'hôpital où la situation est la plus catastrophique à Paris - vous avez plus souvent l?habitude de m?entendre parler de l?hôpital Hôtel-Dieu et pourtant, je suis une élue du 20e -, mais je tenais à faire ce v?u parce qu'y compris à l'hôpital Tenon, les agents sont inquiets.

Donc, d'urgence, je demande, à travers ce v?u, que la Maire de Paris, présidente du conseil de surveillance de l'A.P.-H.P., interpelle M. HIRSCH et affirme la nécessité de recrutement de personnel et de déprécarisation pour soulager la très grande souffrance au travail des agents, à Tenon comme dans tous les autres hôpitaux - je crois que le drame s'est produit à l'hôpital Broca -, que la Maire de Paris interpelle M. HIRSCH sur l'attachement de la Ville de Paris au maintien d'une carte hospitalière de qualité à Paris, l?arrêt des fermetures de lits d?hôpitaux et des restructurations dans l?hôpital Tenon comme dans toute l'A.P.-H.P.

Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Mme Anne SOUYRIS pour répondre aux deux v?ux.

Mme Anne SOUYRIS, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Merci, mes chers collègues, de ces v?ux, parce qu'ils attirent l'attention du Conseil de Paris sur les hôpitaux de l'A.P.-H.P. dont la situation économique et financière s'est dégradée de manière préoccupante en 2017 sur fond d'inquiétude qui se manifeste, en premier lieu, parmi la communauté médicale et le personnel soignant qui constitue le pilier du service public de la santé à Paris.

Alors que la trajectoire économique était en redressement régulier depuis plusieurs années, 2017 marque un tournant, avec un déficit annoncé qui était de 174 millions d'euros mais qui s'avère peut-être arriver à plus de 200 millions actuellement, selon les derniers chiffres que j'ai pu avoir. Le conseil de surveillance, qui est présidé effectivement par Anne HIDALGO, le 22 décembre dernier, a pris acte avec gravité de cette situation nouvelle en dénonçant un système de financement à bout de souffle et en appelant de manière unanime l'Etat à donner les moyens à l'hôpital de fonctionner.

Madame SIMONNET, je voulais vous dire une chose sur ce sujet. C?est que le souci dans votre v?u n'est pas ce que vous dénoncez, c'est-à-dire le manque de moyens de l'hôpital, en particulier de moyens de personnel qui est de plus en plus flagrant, le personnel soignant. Le problème, c'est que vous vous trompez d'interlocuteur. Le problème, c?est de se dire : là, il y a un problème de subsides de l'Etat qui est déficient. Vous pouvez toujours vous adresser à M. HIRSCH - pourquoi pas ? - mais M. HIRSCH ne peut pas faire naître l'argent de ses poches. Donc, il faut essayer d'agir dans le même sens.

La Maire, associée aux représentants des personnels des usagers des collectivités qui siègent au conseil, a ainsi rappelé avec force que la priorité devait être donnée à la qualité et à la sécurité des soins ainsi qu?à la qualité des conditions de travail, les effectifs ne pouvant pas constituer la variable d'ajustement face aux contraintes financières imposées à l'A.P.-H.P. Car, oui, l'hôpital doit être capable de se transformer pour s'adapter à un environnement et à des enjeux qui évoluent fortement.

Vous savez que l'hôpital doit évoluer en fonction des besoins de santé. Nous avons de plus en plus, à l'hôpital, une prééminence des pathologies chroniques et l'hôpital est encore très peu adapté à cette question. Il y a des évolutions sociales, avec le vieillissement de la population, la précarité sociale, les migrants qui, bien sûr, doivent prendre leur place aussi à l'hôpital. Il y a des évolutions des connaissances scientifiques et technologiques et des technologies médicales. Bien entendu, là aussi, l'hôpital doit être très performant et doit pouvoir s'adapter à ces nouvelles technologies.

Donc, oui, nous devons faire en sorte que les patients soient mieux accueillis et mieux soignés, donc il faut que nous ayons du personnel pour le faire et que ce personnel arrête lui-même d'être en souffrance. Mais, en même temps, cet hôpital doit s'adapter et ce n'est pas vain de le dire. Cela peut aller dans le bon sens. Pour cela, il leur faut des moyens. C'est une chose sur laquelle nous travaillons en coordination avec le conseil de surveillance de l'A.P.-H.P. pour demander vraiment à l'Etat qu'il y ait une transformation de ce côté-là, que l'Etat entende le besoin personnel, entende le besoin financier et entende tous ces besoins aussi pour transformer efficacement l'hôpital.

Je voulais dire une dernière chose sur la question des P.A.S.S. puisque, dans le v?u du groupe Ecologiste de Paris, il est fait également allusion aux P.A.S.S. sur le nécessaire renforcement de ces P.A.S.S.

Excusez-moi, en fait, c'est assez désagréable de vous entendre parler derrière moi. Je vous entends plus que moi.

Je suis désolée, je m?interromps mais je finis.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Allez-y, Madame la Maire.

Mme Anne SOUYRIS, adjointe. - Je vous remercie.

Sur la question des P.A.S.S., il est très important, effectivement, aussi? Je parlais de l'adaptation des moyens de l'hôpital aux situations et à la question des migrants à Paris, en l'occurrence, de leurs soins et de leur prise en charge sanitaire. Elle est aussi très importante. Les P.A.S.S. sont actuellement débordées, dépassées par la situation et il y aura, là aussi, besoin effectivement d'un renforcement.

Pour cette raison, nous apportons un avis favorable au v?u du groupe Ecologiste de Paris, mais pour les raisons que j'ai évoquées tout à l'heure, un avis défavorable non pas sur le fond de l'analyse de ce que vous dites, Madame SIMONNET, mais sur la manière et à qui vous vous adressez pour faire avancer cette cause commune. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci, Madame la Maire.

Pour le v?u suivant, je vais vous inviter à plus de concision.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Ecologiste de Paris, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2018, V. 64).

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 136, déposée par Mme SIMONNET, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.