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Fevrier 2018
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Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif à l'entreprise "Quantic Dream".

Débat/ Conseil municipal/ Février 2018


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Nous continuons la série. Le v?u n° 25 relatif à l'entreprise "Quantic Dream".

Danielle SIMONNET, Jean-Louis MISSIKA.

Mme Danielle SIMONNET. - Monsieur Jean-Louis MISSIKA, JLM. Je ne me trompe pas dans votre nom.

Ce v?u est relatif à la culture d'entreprise toxique à "Quantic Dream". J'ai été contactée, je pense que vous avez sans doute lu les articles qui ont été publiés dans "Le Monde", dans "Mediapart" et un troisième média dont j'ai oublié le nom.

"Quantic Dream", c'est un des fleurons de l'industrie vidéoludique, des jeux vidéo en France, un secteur appelé à gagner du volume, et qui avait été par ailleurs soutenu par la Ville de Paris dans le cadre des dispositifs de la Ville de Paris soutenant l'innovation.

Monsieur Jean-Louis MISSIKA, vous nous en direz plus. J'ai essayé de retrouver dans les délibérations des éléments à ce sujet. C'était en tous les cas dans le soutien des secteurs dits innovants, culture innovante, que nous avons pu apporter des moyens financiers à cette structure, qui est très prometteuse d'un point de vue économique.

Mais à travers l'affaire révélée dans la presse, on est beaucoup plus mal à l'aise, parce qu'il y a une vraie culture toxique terrifiante dans cette entreprise, que ce soit la culture des heures supplémentaires non rémunérées, qui méprise complètement le Code du travail, ou des problématiques où l'on s'interroge vraiment sur des abus de la part de son responsable. Mais surtout, ce qui est totalement hallucinant, ce sont les procédures que, selon moi, on pourrait presque qualifier de harcèlement moral : l'ensemble des photomontages à caractère sexiste, homophobe, raciste, et antisémite qui ont pu tourner dans cette entreprise et qui en font une affaire grave.

Non, ce n'est pas parce qu'on est dans une structure innovante de jeu vidéo que l'on peut se permettre, par une culture soi-disant du "crunch" créatif, de faire exploser les heures supplémentaires, et soi-disant un humour jeune. Ce n'est pas de l'humour d'avoir des photomontages dégradants pour la personne humaine.

J'ai dépassé mon temps. Je suis désolée. Je souhaiterais, à travers ce v?u, que la Ville de Paris informe l'ensemble des conseillers des montants perçus par l'entreprise "Quantic Dream" dans le cadre des projets soutenus par "CapDigital" ; que l'on engage une réflexion pour rendre contraignantes les aides que l'on accorde à ce genre d'entreprise ; et que l'on interpelle le Gouvernement pour que les suppressions de postes à l'Inspection du travail cessent, et que les effectifs soient au contraire augmentés, ce qui permet de respecter le droit, y compris dans ce type?

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Je vous retire une minute sur le v?u suivant, je vous préviens.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Vous n'avez pas beaucoup de difficultés pour mémoriser mes initiales, je le sais. Quand j'ai lu votre v?u, j'ai demandé immédiatement à la DAE d'analyser les accusations que vous portez contre nous. Je remarque une nouvelle fois que vous saisissez toutes les occasions qui se présentent pour critiquer notre politique en matière de développement économique, mais que vous ne vérifiez pas bien vos informations.

J'ai le regret de vous annoncer que vous faites à nouveau fausse route, vos accusations sont sans fondement. La Ville n'a jamais versé le moindre euro à la société "Quantic Dream", ni directement ni indirectement.

Je me suis dit, peut-être que nous n'avons pas financé "Quantic Dream", mais que "CapDigital" l'a financée.

Le pôle de compétitivité "CapDigital", à notre connaissance, n'a pas non plus financé "Quantic Dream". Cette société ne faisait partie d'aucun des consortiums qui ont porté les trois projets F.U.I. labellisés par "CapDigital" que vous citez dans votre v?u, c'est-à-dire Roméo, HD33D, et Play All.

Vous faites un amalgame assez insupportable entre la politique de soutien aux pôles de compétitivité que nous avons menée avec succès, et les pratiques supposées de cette entreprise en faisant une sorte de copier-coller d'une délibération de 2011 pour servir vos propos.

Je voudrais profiter de l'occasion qui m'est donnée pour vous rappeler que les aides accordées aux entreprises sont particulièrement contraignantes. Je vous invite à interroger les bénéficiaires du P.I.A. sur ce point si vous voulez vraiment savoir de quoi il en retourne. Ces aides sont de moins en moins nombreuses. La Ville a mis fin à ces aides aux pôles de compétitivité fin 2016, et a cessé d'abonder le fonds unique interministériel en 2015. Toutes les pratiques répréhensibles par la loi sont naturellement condamnables, la justice a été saisie, des procédures sont en cours, et il ne nous appartient pas ici de nous substituer au juge. C'est pourquoi je vous demande de retirer ce v?u, sinon j'émettrai un avis défavorable.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Il est maintenu, Madame SIMONNET ?

Mme Danielle SIMONNET. - Excusez-moi, mais un, je n'attaque pas la Ville. Je souhaite que la Ville se préoccupe de ce qu'il se passe dans les entreprises, parce que j'ai compris dans une délibération justement que nous avons soutenue...

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Non, je vous interromps tout de suite, l'objet n'est pas de relancer le débat. J'imagine que vous maintenez votre v?u.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 25 avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u n° 25 est rejeté.