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Fevrier 2018
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- Convention d'expérimentation sans occupation du domaine public. Déploiement de la plate-forme intermodal de déplacement domicile/travail www.karos.fr sur un panel choisi et volontaire de 150 agents VP.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2018


 

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Nous allons, maintenant, examiner le projet de délibération SG 1 relatif à une convention d?expérimentation sans occupation du domaine public.

La parole est à Mme Fatoumata KONÉ.

Mme Fatoumata KONÉ. - Merci.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, à l?occasion du vote sur le dispositif "POLLUTRACK", j?évoquais, lundi avec vous, les mesures antipollution prises par la Ville depuis le début de la mandature. J?ai notamment insisté sur le fait que nous ne menions pas une politique anti-voiture, mais bien antipollution.

Ce projet de délibération entre la Ville et la "start-up Karos" me donne donc l?occasion d?appuyer mon propos. A Paris, nous sommes pour un usage intelligent, rationnel et collectif de la voiture car, oui, le covoiturage ou plutôt, en l?espèce, le court voiturage est un moyen de lutter efficacement contre la pollution de l?air.

En effet, de nombreux trajets domicile-travail peuvent désormais être réalisés efficacement à plusieurs, grâce au numérique. Le nombre de plateformes proposant aux particuliers de se mettre en relation pour ces trajets a d?ailleurs explosé ces derniers mois.

Notre collectivité doit, elle-même, fonctionner de façon exemplaire, en étant force de propositions auprès des agents de la Ville de Paris ; par exemple, en favorisant l?usage des transports partagés et des mobilités alternatives. C?est là tout l?objet du plan de déplacement des administrations parisiennes que notre Assemblée a adopté en 2017.

Le projet de délibération qui nous est présenté s?inscrit dans le cadre de l?action 12 de ce plan et propose de renforcer l?incitation au covoiturage. L?application "Karos" sera installée sur les téléphones portables d?un panel d?agents volontaires. Cette application fonctionnera en tâche de fond et permettra à "Karos" d?enregistrer les habitudes de déplacement des agents du panel pendant un mois.

A l?issue de l?expérimentation, l?analyse de ces données permettra de proposer, aux agents volontaires, des modes alternatifs personnalisés pour chacun : covoiturage, transports en commun.

En fonction des résultats, il serait intéressant de voir si ce dispositif peut être étendu à d?autres agents volontaires. Le groupe Ecologiste de Paris aimerait donc que les résultats de l?expérimentation soient présentés en 3e commission lorsqu?ils seront connus.

Cependant, pour que le covoiturage se développe davantage dans le grand public, il faut encore plus d?incitations positives et celles-ci ne dépendent pas uniquement de la Ville de Paris.

Aux Etats-Unis, par exemple, pays où la voiture individuelle est pourtant reine, cela fait longtemps que des voies sont réservées aux véhicules transportant deux personnes au minimum. Une fois n?est pas coutume : nous serions bien inspirés, en France, d?imiter cette pratique.

J?en profite donc pour interpeller une nouvelle fois M. le Représentant du Préfet de police, pour lui demander s?il serait envisageable de réserver une voie du boulevard périphérique aux véhicules transportant deux personnes au minimum. De plus, les écologistes espèrent que le projet de loi du Gouvernement, sur les transports au service de la mobilité durable, intégrera de telles considérations sur le covoiturage.

De son côté, Mme PÉCRESSE et la majorité de droite du Conseil régional d?Ile-de-France ont choisi de tester le principe d?une aide de 2 euros par trajet et par personne qui partagera un voyage en voiture, dans la limite de 50.000 euros par opérateur. Libre à lui de distribuer ces 2 euros au conducteur ou au(x) passager(s). Je ne crois pas que Mme PÉCRESSE ait déjà communiqué sur les résultats de cette expérimentation, mais nous serions curieux de savoir quelle option s?est révélée la plus incitative.

Enfin, je terminerai en précisant que de nombreux moyens existent pour réduire le nombre de déplacements en voiture pour se rendre à son lieu de travail. Les transports en commun ou le vélo, par exemple, en font partie ; et le travail à distance en est également un.

Pour rappel, le plan de déplacement des administrations parisiennes estime que, dans l?administration de notre Ville, il existe un potentiel de 9.000 agents dont les missions sont "télétravaillables". Ce gisement est énorme.

J?en profite pour rappeler que le télétravail est, d?ailleurs, un des objectifs du Plan Climat. Je crois que c?est la Direction des ressources humaines qui est en charge de piloter ce projet. Là encore, un retour en 1ère commission sur le déploiement du télétravail parmi les agents de la Ville serait très apprécié. Pour conclure, les écologistes saluent donc l?expérimentation de covoiturage mise en ?uvre par la Ville dans le cadre de son plan de déplacement des administrations parisiennes et voteront ce projet de délibération. Merci.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Je vous remercie.

Danielle SIMONNET ?

Mme Danielle SIMONNET. - Ce projet de délibération qui porte sur la convention d?expérimentation entre la Ville de Paris et la "start-up" "Karos", déploiement de la plateforme intermodale de déplacements domicile-travail sur un panel choisi de volontaires de 150 agents de la Ville de Paris, est fort intéressante et suscite, néanmoins, deux réflexions de ma part.

Tout d?abord, de qui s?agit-il ? Sur le site, nous apprenons que cette start-up est reconnue pour son innovation de pointe au service du développement durable ; qu?elle est lauréat du 17ème concours national d?aide à la création d?entreprises innovantes, "i-LAB", organisé chaque année par le ministère de l?Enseignement supérieur et la Recherche et la BPI France. En tant que grand prix, les pouvoirs publics font de "Karos" un de ces cinq projets les plus prometteurs pour l?économie française, capables de relever un des grands défis sociétaux de notre siècle. Rien que cela !

Deux mois et demi après le lancement de l?opération "Tous ensemble pour le covoiturage" en Ile-de-France, "Karos" est la première plateforme à atteindre l?objectif de 25.000 trajets covoiturés et enregistre 50 % de part de marché. C?est fort intéressant car cela permet du covoiturage en trajets courts. De plus, aujourd?hui, c?est gratuit. La plateforme calcule même, pour les utilisateurs, le prix du partage des frais que les utilisateurs, entre eux, vont conclure.

Aujourd?hui, c?est gratuit, mais qui nous dit que l?entreprise le restera une fois qu?elle aura capté le monopole ? J?ai donc des questions sur le statut de l?entreprise :

Comment se finance-t-elle ?

Quel est son modèle économique ?

Qu?est-ce qui lui permet de développer ces activités gratuites ?

La Ville est-elle en mesure, puisqu?elle est investie dans la convention, de nous dire si c?est simplement une entreprise qui fonctionne sur des fonds publics ou si elle a d?autres modèles économiques dans l?exploitation des données, je ne sais pas, ou par le biais de la publicité - mais que l?on sache ce qu?il y a derrière ?

Vous savez qu?"Uber" est déficitaire, mais réussit à mobiliser des fonds colossaux dans sa recherche du monopole mondial ; et sa captation des données est sans doute un objectif aussi important, si ce n?est plus, que la ponction des commissions sur cette course qu?Uber peut opérer.

"Uber", par ailleurs, cherche souvent à être déficitaire pour avoir le monopole ; puis, avec le jeu des algorithmes et des déséquilibres entre offres et demandes, ils peuvent faire exploser les tarifs. Hier soir, sachez que, du fait de la neige, "Uber" a fait exploser ses tarifs, tandis que les taxis sont toujours à des prix fixés par la Préfecture - d?ailleurs, il faut que cela le reste. Toutefois, on voit bien le problème d?une concurrence totalement déloyale.

Ma question est donc vraiment : quel est le modèle économique de "Karos" ?

Je continue à défendre l?idée que Paris doit soutenir la création de sociétés coopératives d?intérêt collectif car c?est le meilleur moyen d?émanciper les innovations de l?économie du partage de toute prédation des voraces de l?"ubérisation".

En effet, une SCIC de voiturage en circuits courts, voilà ce qui permettrait d?associer innovations technologiques, prise en compte de l?urgence écologique et innovations sociales puisque, à ce moment-là, tout le monde serait bien co-responsable dans l?évolution de la structure et des politiques éventuellement tarifaires qui pourraient se développer.

Par ailleurs, autre réflexion, l?expérimentation sur les 150 agents permettra d?analyser finement les déplacements domicile-travail des agents volontaires. C?est l?occasion, du coup, de prendre conscience que le problème de fond est bien l?éloignement domicile-travail, d?abord et avant tout.

La Ville a-t-elle les moyens de mesurer l?évolution des distances domicile-travail de ses agents ? Combien d?agents de la Ville de Paris habitent hors de Paris ? Cette donnée a-t-elle augmenté ou diminué depuis 2001 ? Comment se fait cette répartition entre les catégories A, B et C ? En clair, y a-t-il plus de catégories C à la Ville de Paris qui habitent en dehors du périphérique que de catégories A ou de catégories B ?

Aussi, je sais, et là c?est plus pour M. Christophe GIRARD, mais vous lui transmettrez, et à M. Ian BROSSAT, pas là non plus, combien d'agents ont pu, parmi les agents demandeurs d'un logement social, accéder au logement social ? Je sais que la Ville avait toujours une volonté de permettre l'accès au logement social à ses fonctionnaires. Cela me semble extrêmement important, c'est quand même le meilleur moyen de réduire les distances domicile-travail. Je peux vous dire que, dans le secteur privé à Paris, à chaque fois que je vais soutenir des luttes, par exemple d'agents du nettoyage, je suis confrontée à des salariés qui habitent tous à "Pétaouchnok", en dehors de la capitale, parce que le coût des loyers, vous le connaissez.

Cela me semble important et je trouve qu'il faudrait que, dans un prochain Conseil, on puisse avoir ces éléments. Cela me donne l'occasion d'avoir une belle idée de v?u, ou bien pour les groupes qui ont la possibilité de faire des M.I.E., voilà un beau sujet qui serait à traiter.

Je vous remercie.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - La parole est à M. NAJDOVSKI pour vous répondre.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Je remercie les deux oratrices qui se sont inscrites sur ce projet de délibération relatif à une convention d'expérimentation entre la Ville de Paris et la société "Karos" pour le développement de ce que l'on appelle le court voiturage. Autrement dit, le co-voiturage quotidien, de courte distance, moins connu que son cousin du co-voiturage de longue distance.

Nous avons un enjeu de taille, nous le savons, c'est celui d'augmenter le taux d'occupation des véhicules qui est aujourd'hui extrêmement bas puisqu'il est de l'ordre de 1,1 personne par voiture. Or on sait qu'il suffirait de monter à un taux d'occupation de 1,7 ou 1,8 personne par véhicule en Ile-de-France pour réduire drastiquement la congestion et l'occupation de l'espace public par la circulation automobile à l'échelle de la Région et du Grand Paris. De plus, on sait que moins de véhicules en circulation, c'est également moins de pollution.

Comme l'a rappelé notre collègue Fatoumata KONÉ, que je remercie pour son intervention, c'est la raison pour laquelle le plan de déplacement des administrations parisiennes a prévu, dans son défi n° 4, de renforcer l'incitation au co-voiturage pour les personnels de la Ville. Cette expérimentation s'inscrit dans ce cadre.

Cette expérimentation que nous initions avec "Karos", c'est le développement d'une application de mise en relation pour le co-voiturage quotidien. C'est quelque chose d'ailleurs qui est aussi expérimenté avec l'Autorité organisatrice des transports et Ile-de-France Mobilités, ainsi qu?avec le ministère de l'Economie et des Finances. Pour ce qui est de cette expérimentation, elle va concerner un panel de 150 agents volontaires qui présentent des caractéristiques particulières, agent de catégorie C?

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Excusez-moi. Pourrait-on faire un peu moins de bruit à ma gauche et à ma droite ? Merci.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Il y a manifestement un certain nombre de personnes qui ne s'intéressent pas à ces questions. Si elles peuvent continuer leur discussion dehors. Merci.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Continuez, Monsieur NAJDOVSKI.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Cette expérimentation concerne un panel de 150 agents volontaires qui présentent des caractéristiques particulières : agents de catégorie C, travail en horaires décalés, résidences éloignées de Paris, et utilisant habituellement leur véhicule personnel. Pour répondre à un certain nombre de questions évoquées par Mme SIMONNET, je rappellerai qu'il y a le bilan social de la Ville de Paris qui répond à beaucoup des questions que vous avez mentionnées, notamment sur la question des lieux de résidence des personnels de la Ville de Paris. En conclusion, je dirai que c'est un beau projet qui, je l'espère, pourra être adopté unanimement par notre Assemblée parce que c'est quelque chose qui va concrètement améliorer la mobilité des agents de la Ville de Paris, en particulier ceux qui vivent loin de la Capitale.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Je vous remercie.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 1.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2018, SG 1). V?u déposé par Mme TAÏEB relatif au stationnement des professionnels.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Nous allons passer maintenant à l'examen de v?ux non rattachés, il y en a beaucoup.

Le v?u référencé n° 105 est relatif au stationnement des professionnels.

La parole est à Mme TAÏEB.

Mme Karen TAÏEB. - Merci.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, cela fait plusieurs semaines que je signale l'impossibilité pour les dentistes parisiens d'acquérir la carte PRO Mobile, une carte à 240 euros par an, que ce soit sur le site Paris.fr, ou en se rendant directement boulevard Carnot, où là elles sont totalement introuvables.

Depuis hier soir - eurêka ! - en fin de Conseil avec le cabinet de Christophe NAJDOVSKI et après avoir recoupé plusieurs informations, j'ai pu comprendre que, si la pratique dentaire fait bien partie de la longue liste à laquelle peut souscrire un dentiste, cela ayant été voté en Conseil de Paris en 2016, le code A.P.E. figurant sur cette liste ne fait pas mention de la lettre Z, qui est une sous-classe du code A.P.E. pratique dentaire. Il semble ainsi désormais aisé de rectifier cette erreur afin que les dentistes puissent bénéficier de cette carte PRO Mobile. Pour que les choses soient bien claires, je précise à nouveau à mes collègues Christophe NAJDOVSKI et Anne SOUYRIS, qu'il ne s'agit pas de demander le stationnement gratuit octroyé aux urgentistes, pour lesquels on doit absolument faciliter non seulement les déplacements mais également le stationnement, ni de la carte PRO Sédentaire à 45 euros pour les médecins, infirmiers et autres praticiens qui font un certain nombre de visites à domicile par an. Il s'agit bien de la carte PRO Mobile à 240 euros qui, à mon sens, porte mal son nom, les PRO Sédentaires étant plus mobiles que les PRO Mobiles. Mais là, il s'agit de sémantique, et ce n'est pas le sujet. Si la situation est en passe d'être réglée, je m'en réjouis. En conclusion, en espérant néanmoins que cela soit vérifié et rectifié au niveau du site et également des services compétents du boulevard Carnot, dans ce cas, je retirerai mon v?u.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Je vous remercie.

La parole est à M. NAJDOVSKI pour vous répondre.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Le stationnement des professions médicales est facilité par un ensemble de dispositifs qui correspondent aux pratiques observées. Ainsi, les professionnels faisant plus d'une centaine de visites par an au domicile de leurs patients bénéficient, depuis le 1er janvier de cette année, de la carte PRO Soins à domicile, autorisant la gratuité du stationnement dans tout Paris. Ceux qui font moins de 100 visites par an peuvent néanmoins avoir une carte professionnelle pour stationner en journée dans Paris. Ces avantages leur permettent d'exercer leur profession, en dehors de leur cabinet. Les professionnels de la pratique dentaire, qui correspondent au code N.A.F. 86.23, et donc également à toutes les sous-catégories liées à ce code dont la catégorie Z, figurent également parmi les bénéficiaires potentiels identifiés de la carte PRO Mobile. Cela concerne donc les dentistes et à fortiori les chirurgiens-dentistes. Compte tenu de ces éléments, nous vous proposons de retirer votre v?u puisque la demande portée est prise en compte.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Le v?u est-il maintenu, Madame TAÏEB ?

Mme Karen TAÏEB. - Je veux au contraire répondre aux réflexions de Mme SIMONNET.

Ce n'est pas pour mon mari qui a un parking ! Je suis également dentiste n'exerçant plus depuis 2001. En revanche, je connais un certain nombre de dentistes puisque j'ai fait mes études à Garancière et ce sont des gens qui ont fait appel à moi.

Je retire mon v?u. Je remercie de régler un problème qui était une erreur de codage sur le site.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci.