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Fevrier 2018
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe Ecologiste de Paris relatif à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2018


 

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Nous examinons à présent le v?u n° 41 relatif à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël.

C'est Jérôme GLEIZES qui nous présente le v?u.

M. Jérôme GLEIZES. - Merci, Monsieur le Maire.

Le groupe Ecologiste se serait bien passé de déposer ce v?u, mais, malheureusement, l'épée de Damoclès qui avait été levée par le futur Président des Etats-Unis, Donald TRUMP, lors des élections présidentielles, en désirant transférer l'ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv vers Jérusalem, est tombée le 6 décembre.

Cette décision a été amplifiée par le discours de Mike PENCE, le vice-président américain, lors d'un discours à la Knesset le 22 janvier 2018.

Au lieu d'utiliser des arguments de nature rationnelle, politique, il a utilisé des arguments de nature prophétique, en se basant sur l'Apocalypse de la Bible, et donc en ayant un discours tout à fait apocalyptique représentant ainsi le discours de l'extrême droite chrétienne américaine qui pense que le retour du Messie va se faire depuis Israël.

Les conséquences de cette décision sont impossibles aujourd'hui à mesurer. En revanche, nous savons le risque qu'il y a à ce qu'une des trois religions issues d'Abraham prenne le monopole de Jérusalem.

Jérusalem est une capitale spirituelle pour les trois religions issues d'Abraham : le Mur des Lamentations pour les juifs, l'église du Saint-Sépulcre pour toutes les familles chrétiennes, et le Dôme du Rocher Al-Qods pour les musulmans. Vouloir donc transformer une capitale religieuse en capitale politique est une prise de risque incommensurable. Ce v?u n'était pas un v?u d'opportunité, mais un v?u d'actualité. Ce v?u n'est pas pour amener une nouvelle fois la question palestinienne sur le devant du Conseil de Paris, mais de rappeler des positions que Paris est aussi une capitale, que Paris doit donc réaffirmer sa position dans ce moment de tension extrême. C'est pour cela que ce v?u est tout simple, il rappelle le droit français, il salue la politique, la diplomatie française sur ce sujet - je félicite rarement M. MACRON - mais sur le coup, la diplomatie française a été excellente, que l'ancien conseiller diplomatique de la Maire, Aurélien LE CHEVALLIER, a été utilisé par M. MACRON pour faire une mission auprès de Ramallah. Il est donc important que Paris réaffirme le respect du droit international, que Paris réaffirme que ses relations ont lieu avec Tel-Aviv et non pas avec Jérusalem.

C'est pourquoi je vous invite à voter ce v?u qui ne fait que rappeler le droit international. Merci de votre attention.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Pour vous répondre, Patrick KLUGMAN.

M. Patrick KLUGMAN, adjoint. - Vaste sujet ! Je pense que s'il y a une opinion majoritaire au sein de ce Conseil sur ce sujet épineux qu'est le conflit israélo-palestinien au sens très large, c'est que le Conseil de Paris a peut-être d'autres vocations qu'à délibérer, séance après séance, sur des v?ux qui - nous pouvons modestement le reconnaître - n'apportent pas grand-chose aux parties en présence, y compris évidemment au peuple palestinien.

Il y a une dérive supplémentaire sur laquelle je souhaite attirer l'attention de notre Conseil, Monsieur le Président du Conseil, c'est que l'on ne va pas ici se transformer en chambre de commentaire des déclarations intempestives du président américain, surtout quand elles s'appliquent à un autre pays, s'agissant de déclarations évidemment polémiques. Sinon, on n'en finira jamais.

En revanche, je voudrais rappeler, tout d'abord, que notre Conseil, depuis le début de cette mandature, a délibéré à de nombreuses reprises, qu'il a sa propre doctrine sur laquelle je ne crois pas qu'il soit loisible de revenir. Nous avons, à maintes reprises, affirmé notre attachement à une solution d'une paix juste et durable aboutissant à la création d'un Etat palestinien aux côtés de l'Etat d'Israël, dans des frontières sûres et reconnues. C'est la position constante de la Ville de Paris. Par ailleurs, Jérôme GLEIZES, vous rappelez à juste titre, sur la déclaration de M. TRUMP, la position de la France émise par le Président de la République, sur laquelle il n'y a pas lieu de revenir, et de toute façon, ce n'est pas dans notre vocation de le faire. Ayant rappelé que nous avons nos propres v?ux et notre propre doctrine, que la position de la France est connue et a priori, je pense, satisfaisante, que nous n'avons pas vocation à commenter ici les déclarations de M. TRUMP, sinon vraiment nous y perdrions toutes nos séances et les Parisiens seraient très mécontents, mais surtout, ce qui compte, c'est moins en Israël et en Palestine ce que nous disons que ce que nous faisons, que nous avons avec les villes palestiniennes des coopérations ambitieuses et importantes, et que la Maire de Paris d'ailleurs souhaite se rendre à nouveau en 2018 en Israël et en Palestine. Pour cette raison et plus en opportunité que pour tout autre motif, je vous demanderai, Monsieur GLEIZES, de bien vouloir retirer votre v?u, sinon je serai contraint d'y donner un avis défavorable.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Une demande d'explication de vote pour le groupe Communiste - Front de Gauche. Mme Raphaëlle PRIMET.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Le groupe Communiste votera ce v?u. Pour répondre à M. KLUGMAN, il me semble qu'une ville comme Paris doit, au contraire, mettre tout son poids - Paris n'est pas n'importe quelle capitale - elle doit pouvoir mettre tout son poids pour influer sur la politique internationale.

Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Je vais donc mettre une proposition de retrait. Acceptez-vous ?

M. Jérôme GLEIZES. - Monsieur KLUGMAN, malheureusement, ce n'est pas une déclaration mais une décision. Ce n'est pas un v?u sur la question générale du droit international, mais sur la question de la Capitale. C'est pourquoi je ne peux pas retirer mon v?u puisque c'est un v?u tout à fait d'actualité, et il est important que Paris réaffirme une position par rapport à un changement qui a eu lieu le 6 décembre dernier.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci. Le v?u est donc maintenu.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 41 avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u n° 41 est rejeté.

M. Jérôme GLEIZES. - Une demande de comptage, s'il vous plaît.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Je vais remettre ce v?u au vote.

Qui est contre ?

29 voix.

Qui est pour ?

16 voix.

NPPV ?

13 voix.

Il est bien rejeté.