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Mars 2018
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2018 DAE 84 - Subvention (70.000 euros) et convention avec l’association "Paris Biotech Santé" (14e).

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2018


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le projet de délibération DAE 84 porte subvention et convention avec l'association "Paris Biotech Santé".

Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Ce sera extrêmement court parce que je n'ai pas le document sous les yeux. De mémoire, sur le projet de délibération qui porte subvention de 70.000 euros et convention avec l'association "Paris Biotech Santé", on est sur un programme où l'on a à la fois des structures à caractère public et des structures privées. On a notamment, à ce jour, par exemple, quatre anciennes entreprises incubées qui ont été introduites en bourse. On est donc là sur un sujet fort intéressant : l'innovation en matière de santé, mais l'innovation qui considère la santé comme une marchandise.

Cela me pose un vrai souci parce que je ne considère pas que la santé soit une marchandise. Des entreprises privées peuvent agir dans le domaine de la santé, mais à ce moment-là, ce n'est pas à nous de contribuer à soutenir, même quand il s'agit d'innovations. Là, on est typiquement, par rapport au sujet de tout à l'heure, face à un dilemme qui est que nous n'avons pas à soutenir toute innovation.

Nous avons à soutenir des innovations quand, à un moment donné, leurs finalités servent l'intérêt général et pas simplement le profit de certains, et surtout sur des sujets qui me semblent aussi sensibles que celui-ci.

Quand on est dans un contexte en matière de santé où toutes les structures publiques souffrent par manque de moyens, et y compris les hôpitaux publics parisiens, je suis plus que dubitative. J'estime que toutes les aides à l'innovation devraient se faire aux structures publiques ou bien avec des finalités de concrétisation dans un cadre public.

Peut-être aurez-vous des précisions à m'apporter qui me feraient changer d'avis, mais à cette étape, je ne souhaite pas voter ce projet de délibération. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Monsieur MISSIKA, vous avez la parole.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Madame Danielle SIMONNET, je suis sûr que mes arguments vous feront changer d'avis.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Ne t'emballe pas, Jean-Louis.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - J'en suis certain. Je lui ai promis un gratin dauphinois un jour, cela va jouer un rôle important.

C'est une subvention récurrente que verse la Ville de Paris à l'association "Paris Biotech Santé" dont la mission est d'accompagner et de valoriser l'innovation en santé par la création d'entreprises. Chère Danielle SIMONNET, nous parlons d'un incubateur. Un incubateur a pour vocation d'accueillir des "start-up" qui doivent devenir des entreprises. Oui, quand une entreprise réussit, il arrive qu'elle passe d'un statut où les actionnaires sont des actionnaires privés à un statut où elle rentre en cotation à la Bourse de Paris. En général, c'est considéré comme une progression et comme un véritable succès, une véritable reconnaissance par le marché.

Toutefois, je reconnais que je viens de prononcer un mot extrêmement délicat à employer.

Je voudrais vous faire remarquer une chose : le marché du médicament est un marché oligopolistique. Si nous voulons que ce marché ne se traduise pas par des surprofits de la part des grands laboratoires pharmaceutiques, il faut pouvoir générer de la concurrence. C?est exactement ce que font les incubateurs dédiés à la santé et à la médecine. Ils permettent à de jeunes entreprises de se développer ; ils protègent ces jeunes entreprises de la prédation de la part des grands laboratoires pharmaceutiques et ils permettent à ces entreprises, quand elles réussissent à pénétrer ce marché, de concurrencer, et donc de faire baisser les surprofits des laboratoires pharmaceutiques.

C?est quelque chose qui me paraît essentiel dans la capacité qu?ont les marchés de permettre à de nouveaux médicaments, à de nouveaux dispositifs de santé, à de nouveaux dispositifs d?accompagnement des malades de se créer. Dieu sait si, aujourd?hui, la révolution numérique dans le domaine de la santé a des applications multiples et variées.

Je voudrais rappeler que "Paris Biotech Santé" est une association loi 1901, fondée par des établissements d?enseignement supérieur et de recherche reconnus - l?université Paris Descartes, l?E.S.S.E.C., l?Ecole Centrale de Paris, l?I.N.S.E.R.M. - et financée depuis l?origine par des institutions publiques, le Ministère de la Recherche, la Ville de Paris et, initialement, la Région Ile-de-France, mais la Région Ile-de-France n?a pas renouvelé son soutien l?année dernière. Il faut dire que la Région Ile-de-France a tendance à se retirer de toutes les activités d?innovation à Paris pour des raisons bassement politiciennes. Compte tenu de l?accompagnement proposé par cette association et de sa contribution au progrès médical et à la création de l?emploi à Paris, nous souhaitons poursuivre notre soutien. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAE 84.

Qui est pour ?

Contre ? Non, cela ne marchera pas. Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2018, DAE 84). C?est quand même adopté.