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Mars 2018
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Conseil Municipal
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relatif à une dénomination en hommage à Martha Desrumaux.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2018


 

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Le v?u référencé n° 108 est relatif à une dénomination en hommage à Martha Desrumaux.

La parole est à Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Madame la Maire, mes chers collègues, résumer en quelques minutes un destin comme celui de Martha Desrumaux est une gageure tant la vie de cette femme est un roman, une encyclopédie de la lutte des femmes et des ouvrières.

Un combat syndical et politique chevillé au corps qui doit nous servir d'exemple quand les temps viennent à se troubler.

Martha naît dans le Nord en 1897, elle travaille dans une usine de lin. Comme tant de jeunes de ses camarades de la région, elle ne sait ni lire ni écrire. A 13 ans, elle adhère à la C.G.T. ; à 15 ans, aux Jeunesses socialistes. Elle mène la grève de 1917 pour les salariés. En 1921, elle adhère au Parti communiste. En 1927, elle est la première femme élue au Comité central du Parti communiste. Elle y croise d'ailleurs Clara Zetkin avec qui elle parlera du droit des femmes.

Elle crée le journal "L'Ouvrière", première revue féministe au P.C.F. En 1933, elle sera à la tête de la Marche de la faim. En 1936, elle est la seule femme syndicaliste présente au moment de la signature des Accords de Matignon. Elle est de tous les combats de l'avant-guerre comme celui du soutien à l'Espagne républicaine. Elle organise les premières grèves des mineurs sous l'Occupation.

Arrêtée en 1942 et déportée à Ravensbrück, elle y retrouvera Marie-Claude Vaillant-Couturier, Geneviève de Gaulle, entre autres, avec qui elle organise le sabotage des chaînes de production de l'armement nazi. Atteinte du typhus, elle est libérée en 1945. En 1945, elle est reconnue comme déléguée représentante des déportés à l'Assemblée provisoire du Général de Gaulle et fait partie des 16 premières parlementaires. Elle sera conseillère municipale de Lille, et ensuite elle consacre ses forces à la Fédération nationale des déportés internés. Elle meurt en 1982, alors qu?une pétition est lancée pour son entrée au Panthéon, comme Marie-Claude Vaillant-Couturier ou Geneviève de Gaulle. Nous vous proposons ici, à travers ce v?u, qu'une place ou une rue porte son nom à Paris.

Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Monsieur BONNET-OULALDJ.

Pour vous répondre, la parole est à Catherine VIEU-CHARIER.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Merci, Monsieur le Président. C'est une très belle personnalité féminine à laquelle vous proposez de rendre hommage et je m'en réjouis. Résistante, féministe, dirigeante de mouvements ouvriers, élue, femme politique, on peut dire que Martha Desrumaux était de tous les combats.

C'est donc un avis favorable que j'émets pour ce v?u. Je rappelle qu'une pétition est en train de circuler et qui a déjà recueilli des milliers de signatures pour que Martha Desrumaux puisse entrer un jour au Panthéon. Je souhaite que ce v?u soit ainsi le prélude à l'hommage national que cette femme mérite.

Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Communiste - Front de Gauche, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2018, V. 111).

V?u déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche