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2018 DGRI 10 - Pacte d’amitié et de coopération Paris-Beyrouth.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2018


 

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DGRI 10 concernant le pacte d?amitié et de coopération Paris-Beyrouth.

La parole est à Mme Marie ATALLAH.

Mme Marie ATALLAH. - Merci, Madame la Maire, mes chers collègues.

Il s'agit aujourd'hui de poursuivre la coopération actuelle relative au projet de Beit Beirut, la Maison de Beyrouth en français, et d'ouvrir cette coopération à d'autres champs d'actions et d'échanges permettant de favoriser à la fois le bon développement de Beyrouth et le rayonnement de Paris au Proche-Orient.

Pour aborder les deux points de ce pacte, nous souhaitons d'abord revenir sur le projet de Beit Beirut ou la Maison de Beyrouth, en rappelant notre intervention lors du conseil de Paris de décembre 2016. Nous avions à l'occasion eu le plaisir de souligner le très beau résultat d'une première étape de coopération qui a permis non seulement la sauvegarde de la qualité architecturale de ce bâtiment situé sur l'ancienne ligne de démarcation de la guerre civile dans le centre de Beyrouth, mais surtout la préservation d'une certaine architecture de guerre exprimée à travers les traces de l'occupation de cet immeuble par les francs-tireurs des milices d'une guerre civile qui a duré plus de 15 ans.

Ainsi aujourd'hui, l'immeuble de Beit Beirut est en soi un lieu témoin de l'histoire et de la mémoire de Beyrouth. Une belle réussite alors, bien visible et bien confirmée pour cette première étape de coopération.

En revanche, les élus écologistes s'interrogent aujourd'hui sur le travail accompli depuis décembre 2016 pour aider à bien faire vivre ce lieu unique et public à Beyrouth.

Pour en savoir plus sur ce projet de Beit Beirut, nous avons pu rencontrer des acteurs culturels très actifs à Beyrouth, qui apprécient la qualité des activités qui y sont accueillies, mais en revanche, ils ont dit avoir beaucoup de mal à comprendre quel est le projet d'établissement de ce lieu, qui n'affiche sur son bâtiment ni nom, ni identité. Ils disent ne pas avoir d'informations sur sa gestion et regrettent le manque d'information sur les règles et les conditions de participation à la programmation par les acteurs qui souhaitent y participer.

Pour ne signaler que les deux acteurs que nous avons rencontrés ou auditionnés, je citerai l'association "Pen Lebanon" qui agit pour la protection des écrivains et artistes menacés par les autorités de leur pays en raison de leurs idées ou de leurs opinions.

Cette association prépare aujourd'hui un projet "Beyrouth ville refuge pour tous les écrivains et artistes de la région du Moyen-Orient", et espère pouvoir convaincre la ville de Beyrouth de présenter sa demande d'adhésion au réseau I.C.O.R.N. L'autre acteur que nous avons rencontré, c'est "Bande à part". Il porte un projet de résidence pour des scénaristes femmes francophones issues des pays de la Méditerranée. La présidente de "Bande à part" souhaite faire bénéficier ses meilleures scénaristes sortantes de la résidence du Liban d'un séjour complémentaire dans une structure parisienne. Pourquoi je cite ces deux exemples ? Parce qu'ils nous montrent la dynamique et la capacité d'innovation et de créativité des acteurs de la société civile de Beyrouth qui méritent, à mon sens, d'être entendus et associés à la gestion et à la programmation de leur maison, la Maison de Beyrouth. Tout cela nous amène à vous demander, Madame la Maire, que la Ville de Paris s'implique encore davantage pour faciliter l'émergence d'une structure de gestion pérenne de Beit Beirut, car je rappelle notre souhait déjà exprimé en décembre 2016 d'aider nos partenaires de Beyrouth à pouvoir adopter une gestion participative, associant pleinement les acteurs de la société civile engagée. Pour ce qui concerne la question de l'élargissement de ce nouveau pacte de coopération à de nouvelles thématiques, notamment celle de l'engagement dans une démarche de ville inclusive et durable, nous vous rappelons aussi le v?u du groupe Ecologiste de Paris, adopté en septembre 2015, pour soutenir des acteurs agissant dans le traitement des déchets au Liban. Pourriez-vous nous dire, Madame la Maire, si vous comptez saisir l'opportunité de ce pacte pour mettre rapidement en ?uvre ce v?u ? Enfin, je terminerai, parce que je n'ai pas le temps de citer beaucoup de choses sur ce magnifique pacte d'amitié, sur une note positive en saluant l'engagement renouvelé des deux municipalités dans le renforcement des échanges relatifs à l'éducation et à la francophonie. C'est une thématique majeure pour cultiver leur amitié, et surtout pour promouvoir leur valeur commune, notamment les valeurs de dialogue et de vivre-ensemble dans leur ville. Et en saluant le travail de l'équipe de la DGRI et des services de la Ville impliqués dans ce beau projet de coopération, nous votons avec un grand intérêt ce pacte d'amitié et de coopération entre Beyrouth et Paris.

Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

Pour vous répondre, la parole est à M. Hermano SANCHES RUIVO.

M. Hermano SANCHES RUIVO. - Merci, Madame la Maire.

Merci, Marie ATALLAH, pour cette intervention. J'ai bien noté l'ensemble des remarques. Nous n'avons pas de préoccupations, nous sommes toujours très alertes sur la signature de nos pactes d'amitié et de coopération.

Mais cela me permet également, chers collègues, de rappeler combien l'année écoulée a été riche du point de vue des relations entre Paris et le Liban, puisqu'elle a été marquée par la visite d'Etat du président de la République, Michel AOUN, que nous avons eu le plaisir de recevoir à l'Hôtel de Ville en septembre dernier.

Cette visite a notamment été l'occasion d'inaugurer la promenade Khalil-Gibran, le Victor Hugo libanais, Marie, si vous m'autorisez cette référence. Les échanges entre Paris et Beyrouth sont nombreux et réguliers, comme en témoigne la tenue, en 2016, de l'assemblée générale de l'Association internationale des Maires francophones à Beyrouth, et les relations de travail étroites et régulières avec le gouverneur de Beyrouth qui sera d'ailleurs parmi nous ce vendredi.

Ce nouveau pacte d'amitié et de coopération permettra à la Ville de Paris et à la ville de Beyrouth de poursuivre les coopérations engagées. Nous avons lancé, il y a quelques mois, un partenariat avec l'Ecole supérieure des Affaires de Beyrouth, et nous poursuivrons notre soutien au projet de réhabilitation de Beit Beirut, Maison jaune, dans le but d'en faire un lieu de mémoire, de culture et de dialogue ouvert à toutes et à tous, mais aussi de travailler ensemble dans de nouveaux domaines, comme vous le souhaitez tout autant comme les services urbains et l'innovation par exemple.

Deux visites seront notamment organisées avec le gouverneur de Beyrouth au Pavillon de l'Arsenal et à l'incubateur La Comet de "Paris&Co" pour mettre en ?uvre notre coopération de façon très concrète.

C'est pourquoi je pense que ce pacte répond parfaitement à la préoccupation, et que cette intensification ne peut qu'être favorable à nos deux villes. Dans cette perspective, je vous invite à voter pour ce projet de délibération. Merci.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DGRI 10.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DGRI 10).