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Mars 2018
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Conseil Municipal
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2018 DASES 78 G - Subvention (130.000 euros) et convention avec la S.C.M. "Médicale Belleville" (19e) pour la création d’une maison de santé pluriprofessionnelle (M.S.P.) dans le 19e.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2018


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous examinons le projet de délibération DASES 78 G : une subvention et une convention avec la S.C.M. "Médicale Belleville" dans le 19e pour la création d?une maison de santé pluriprofessionnelle dans le 19e arrondissement.

Madame SIMONNET, vous avez la parole.

Mme Danielle SIMONNET. - Cela poursuit l?échange qui vient d?avoir lieu.

J?interviendrai sur les différents projets de délibération, à la fois la subvention et la convention à la S.C.M. "Cabinet Rome Batignolles" et à la S.C.M. "Médicale Belleville". Dans un premier cas, il s?agit de la création d?un cabinet médical et, dans le deuxième cas, de la création d?une maison de santé pluriprofessionnelle.

Évidemment, je ne vais pas voter contre ces projets de délibération, mais je tenais à insister sur le fait qu?il faut au maximum privilégier les centres de santé. Je voulais réinsister sur la différence qu?il y a entre un cabinet médical privé, même pluridisciplinaire, même s?il s?engage au secteur 1 conventionné, et la différence également avec une maison de santé, même quand elle s?engage à avoir des actions de prévention sur son territoire.

Les différences sont de taille entre centre de santé et maison de santé. La différence est la suivante : c?est à la fois un centre de santé qui suit un but non lucratif, ce qui veut dire que c?est un équipement pluridisciplinaire dans lequel les professionnels de santé sont salariés et assument donc un rôle de service public de santé. C?est-à-dire que les personnes sont accueillies dans un centre de santé au tiers-payant secteur 1 de manière obligatoire et de manière pérenne. A la différence d?une maison de santé qui peut très bien décider d?évoluer différemment, où on n?a pas la même maîtrise, et avoir un but lucratif orienté vers le réseau des honoraires libres et des dépassements d?honoraires. Une maison de santé peut à un moment donné échapper au principe que vous lui fixez.

Mais surtout un centre de santé a bien une action de santé publique de prévention et d?éducation à la santé. C?est inscrit dans les statuts d?un centre de santé. On n?est donc pas dans une logique de politique de soins mais bien plus dans une logique de politique de santé publique sur un territoire, de façon globale avec l?ensemble des acteurs.

Il est fondamental de passer de la logique de soins à la logique de santé. Aujourd?hui, on voit la résurgence de maladies que l?on croyait du passé, qu?il s?agisse de la tuberculose, de la syphilis, de la gale, et l?augmentation de maladies chroniques qui rend du coup impératif d?engager une logique de santé intégrant la prévention sous toutes ses facettes : dépistage, diminution des facteurs de risques, éducation à la santé. C?est aussi la santé environnementale en légitimant pour cela les lanceurs d?alerte qui font le travail dans ce sens.

Seul un centre de santé peut être vraiment le point d?entrée principal de tout un système performant de santé et de protection sociale. Cela permet à la puissance publique de lancer des campagnes beaucoup plus efficaces que la médecine possible avec la tarification à l?acte. Quand on est dans une logique de maison de santé, on est dans une logique finalement où le praticien a besoin d?aller aux soins les plus rentables économiquement.

J?aimerais vraiment que l?on comprenne qu?une vraie politique de gauche progressiste en matière de santé, cela doit être les centres de santé et non les maisons de santé et les cabinets médicaux, même pluridisciplinaires.

Je ne sais pas si j?aurais été convaincante pour la suite mais je souhaite vraiment que l?on insiste sur ce point. Or, je vois souvent passer des projets de délibération sur des créations de cabinets médicaux et de maisons de santé, là où on devrait à chaque fois mettre le paquet sur les centres de santé.

Je vous remercie.

(M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, remplace Mme la Maire de Paris au fauteuil de la présidence).

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Madame SIMONNET.

Pour vous répondre, Anne SOUYRIS a la parole.

Mme Anne SOUYRIS, adjointe. - Monsieur le Maire, chère Danielle SIMONNET, nous n?avons rien contre les centres de santé, bien au contraire. Je l?ai dit tout à l?heure en répondant à M. BÉGUÉ. Nous en soutenons depuis le début de cette mandature plus que l?existence, car on soutient et on renforce les centres de santé.

Il ne s?agit en aucun cas d?opposer les maisons de santé et les centres de santé. Vous n?êtes pas contre les médecins, j?imagine, les médecins installés en secteur 1 sans dépassement. Le fait de faire des maisons de santé, qui sont également des endroits où on fait de la prévention, où on ne fait pas de dépassements et qui permettent en plus de pouvoir corriger des inégalités territoriales très importantes à Paris en terme d?accès aux soins.

Puis vous parlez de santé publique. Je vous ferai remarquer que dans ce que nous allons voter aujourd?hui, par exemple, la maison de santé de Belleville, qui est en train de monter un partenariat très important avec Robert Debré pour soulager les urgences pédiatriques de Robert Debré, et pour faire en sorte que les enfants soient plus vite et mieux soignés, dans de meilleures conditions, tout à fait en partenariat et pas du tout en concurrence, c?est une logique de santé publique.

Vous voyez que nous allons dans le même sens. Aider les uns n?est pas arrêter l?aide des autres. Nous voulons faire évidemment de la prévention, évidemment du soin. Quand vous me parlez de la tuberculose, lutter contre les inégalités territoriales, lutter pour qu?il y ait plus de maisons de santé à Paris, plus de centres fonctionnels parce que nous rénovons également les centres de santé, ce qui n?a pas été fait peut-être suffisamment précédemment, et aider à ce qu?il y ait partout des médecins en secteur 1, cela permet de mieux lutter contre toutes les maladies que rencontrent les personnes peut-être plus précaires et qui ne font souvent pas assez attention à leur corps ou qui n?ont pas les moyens de le faire. J?espère que, moi, je vous ai convaincue, Madame SIMONNET.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 78 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté à l?unanimité, je vous en remercie. (2018, DASES 78 G).