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Mars 2018
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2018 DEVE 54 - Ici, demain, ensemble pour le climat : Nouveau Plan Climat Air Energie de Paris, vers une ville neutre en carbone et 100 % énergies renouvelables en 2050 (suite).

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2018


 

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Nous reprenons l'examen du projet de délibération DEVE 54 et des v?ux rattachés. C'est donc Florence BERTHOUT? Madame Julie BOILLOT pour commencer, cinq minutes maximum.

Mme Julie BOILLOT. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, 75 % de l'empreinte carbone de Paris est d'origine privée, particuliers et acteurs économiques.

Ce Plan Climat 2020-2050 ne peut donc être structurellement un succès sans une prise de conscience de chacun, et c'est là notre rôle d'élus que de faire preuve de pédagogie et d'incitation pour enclencher ce changement culturel global. Ce Plan Climat répondant à cet objectif, c'est donc pourquoi nous le voterons une fois encore.

Mais c'est aussi dans cet état d'esprit que notre groupe propose d'aller plus loin et d'adapter, pour permettre d'avoir 10 ans d'avance et non 30 ans de retard, en vous proposant d'adopter le pack "circule propre".

Nous partons simplement du constat que, pour traiter à la racine le problème de la pollution issue du trafic routier, outre l'augmentation et l'amélioration de l'offre de services de transports collectifs, il faut accélérer la transition du parc automobile vers les véhicules propres.

Je vous rappelle que le trafic routier est responsable des deux-tiers des émissions de dioxyde d'azote et de la moitié des particules fines rejetées sur le territoire parisien.

Il y a donc urgence à agir. Pourtant, aujourd'hui, la Mairie de Paris ne propose des aides à l'achat que pour les véhicules professionnels.

Or, un véhicule citadin propre coûte entre 20 et 30 % plus cher qu'un véhicule essence ou diesel. En 2017, sur les 60.000 véhicules neufs immatriculés à Paris, seulement 4.000 sont des véhicules propres, soit moins de 7 %.

Dans ces conditions, les mécanismes financiers pour inciter à la transition énergétique sont tout sauf un gadget.

L'Etat et la Métropole du Grand Paris ont déjà mis en place des mesures incitatives à l'intention des particuliers : jusqu'à 5.000 euros de subvention métropolitaine pour le conducteur qui se sépare de son véhicule immatriculé avant 2017, et 2.500 euros d'aide de l'Etat dans les mêmes conditions, auxquelles s'ajoutent les diesels avant 2001.

A Paris, la Mairie propose seulement une aide pouvant aller jusqu'à 600 euros parce que clairement, pour Anne HIDALGO, le Parisien qui souhaite avoir une voiture doit assumer ce choix. Avons-nous tous pourtant le choix ?

Par exemple, les travailleurs en horaires décalés ont-ils le choix ? L'éboueur qui commence à l'aube, l'infirmière qui fait des gardes de nuit, le policier qui enchaîne les heures d'astreinte, sans parler de tous les professionnels de la restauration et de la vie nocturne parisienne, ont-ils d'autres choix que de se déplacer dans des véhicules individuels pour assurer la stabilité de leur quotidien ? Clairement, la réponse est non, et pour eux, c'est la double peine : pas assez riches pour acheter un véhicule propre et pas assez dans le moule pour bénéficier des transports collectifs ou alternatifs. Ils sont, entre autres, les laissés-pour-compte de votre politique des mobilités.

Pour remédier à ce constat, nous proposons donc l'adoption du dispositif propre, c'est-à-dire la prime à la reconversion "Objectif Paris écologique". Cette aide, à hauteur de 2.500 euros, compléterait le dispositif métropolitain et étatique en couvrant le déplacement de véhicules immatriculés entre 1997 et 2001.

Le coût global de ce dispositif propre est estimé entre 3 et 4 millions d'euros, ce qui est relativement anodin lorsqu'on envisage des dépenses d'un milliard d'euros par an pour rendre les transports collectifs gratuits ou qu'on engrange 300 millions d'euros de recette annuelle avec l'externalisation des amendes de stationnement. Inciter les Parisiens à rouler propre, qu'ils soient particuliers ou professionnels, a un corollaire : leur permettre de recharger leurs véhicules. La réussite de l'un ne va pas sans l'autre. Or sur l'espace public, le nombre et la diversité des recharges en énergie alternative ne sont pas satisfaisants. Les bornes Autolib' et Vélib' sont à recharge lente. Il existe moins de 50 bornes de recharge rapide et quatre en accéléré, aucune station de ravitaillement public en G.N.V. et une seule station expérimentale à l'hydrogène à l'attention des taxis. Sans déploiement de bornes, la politique de transition énergétique des flottes de véhicules sera un fiasco. C'est pourquoi nous militons pour qu?un plan de déploiement de 1.000 bornes de recharge soit mis en ?uvre, d'ici la fin de la mandature, pour accompagner la montée en puissance des énergies propres. Enfin, ce plan de déploiement sur l'espace public doit s'accompagner d'un plan de déploiement dans les espaces privés. Nous proposons donc que le P.L.U. modifié impose la création de places en parking souterrain desservies par des bornes de recharge électrique pour toute nouvelle construction, mais je laisserai ce point à mon collègue Franck LEFEVRE. Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Madame Florence BERTHOUT ?

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collègues. En novembre dernier, nous adoptions unanimement le projet de Plan Climat, je dis bien "unanimement". Bien entendu, cela ne veut pas dire que nous partageons la totalité de ce document, qui se perd souvent en annonces contradictoires et en simples déclarations d'intention. Mais, encore une fois, je considère avec mon groupe que la lutte contre le réchauffement climatique est une priorité absolue. Ce qui nous porte, c'est donc le constat et les objectifs.

Le dérèglement est déjà à l'?uvre, Paris n'est pas épargnée et, ces derniers mois, la Capitale a été balayée par des événements climatiques qui seront de moins en moins exceptionnels, hélas : canicules, orages violents, crues, froid intense questionnent la capacité de notre ville à faire face à ces épisodes de crise.

Pour autant, dans un réflexe parfaitement décrit par George Marshall, la réalité du réchauffement climatique ne suffit pas à échapper aux mécanismes cérébraux qui mènent au déni. On en sait quelque chose, ici, dans cette Assemblée, parfois. Trop longtemps, l?homme a cru être le seul acteur du théâtre de l'histoire oubliant que le décor faisait partie intégrante de la pièce ; ce dernier s'est désormais rappelé à lui.

L?objectif général de la neutralité des émissions intra-muros d'ici 2050 doit désormais être la matrice de notre action ou de l'action municipale. Pour lutter contre ces phénomènes directement issus du réchauffement global de notre planète, nous n'avons pas d'autres chemins que de réduire notre empreinte carbone et limiter nos émissions de gaz à effet de serre.

Pour autant, des haies intermédiaires doivent être franchies avec succès, très rapidement. Nous ne pouvons plus dévier des trajectoires comme cela a été le cas lors du dernier Plan Climat. Je rappelle ici les chiffres : entre les bilans carbone 2004 et 2014, les émissions ont diminué de 9,2 %. L'objectif de réduire de 25 % les émissions de CO2 d'ici 2020 paraît hors de portée, je l'avais déjà dit lors du vote du Plan Climat en novembre 2017. Hors de portée, puisqu'au rythme actuel nous n'irons pas au-delà d'une baisse de 15 %.

Ce qui compte maintenant, c'est la mise en ?uvre sans délai de ce plan et l'urgence climatique nous intime à l'action sans perdre de temps. Si nous sommes tous d'accord sur le "penser global", nous sommes beaucoup plus circonspects sur le volet "agir local". D?ailleurs, l'épisode de la centralisation des caisses des écoles, qui montrait bien que l'on était totalement en décalage sur cet "agir local", en est le témoin.

Le catalogue de mesures de ce Plan Climat peut paraître séduisant mais peu d?entre elles ont un calendrier et un objectif précis. C?est d'ailleurs ce que dit la Mission régionale d'autorité environnementale dans son avis rendu le 11 décembre dernier. Certes, l'actualité nous a récemment démontré que vous n'entendiez pas les remarques et observations de l'autorité environnementale. L'essentiel de ces observations portent sur le fait que l?évaluation environnementale manque d'approfondissement. Ainsi, les effets attendus de chaque action ne sont pas démontrés. D'ailleurs, les actions restent pour cela rédigées de manière assez imprécise.

C'est dans cet esprit que nous avions déposé 16 amendements lors du Conseil de Paris de novembre. Onze ont été repris mais la plupart de nos propositions ont été renvoyées à des études ou à de simples déclarations d'intention. Le rejet de notre amendement sur le parc social est un mauvais signal, je vous le dis. Au rythme actuel, la rénovation aux normes climat des logements sociaux ne serait pas achevée avant 2061. Est-ce bien raisonnable ?

D'ici là, les normes et les technologies auront évidemment profondément évolué. Nous vous avons proposé de mobiliser des financements existants pour traiter l'ensemble du parc d'ici 2035 au nom de l'exemplarité et je regrette que vous n'ayez pas retenu cette proposition. L?accélération des décisions pour atteindre l?objectif intermédiaire de 2020 est une nécessité. Mais accélération ne veut pas dire passage en force brutale ; souvent, c'est votre marque de fabrique et notre méthode doit changer. En matière de développement durable et singulièrement quand il s'agit des mobilités, la coercition n'amène pas de changements aussi profonds que des mesures légitimes auxquelles il est aisé d'adhérer. La piétonisation des voies sur berges est l?archétype d'une méthode brutale qui dessert son but initial. Aujourd?hui, dans une situation juridique très fragile, le projet est vivement contesté par ceux, vous le savez, qui subissent les reports de circulation, de bruit et de pollution. Aucune mesure d?accompagnement, aucun dispositif compensatoire pour les riverains, au mépris de la loi concernant le bruit. Au final, le nouvel arrêté de piétonisation n'est pas motivé par une amélioration de la qualité de l'air mais par des considérations d'ordre patrimonial et touristique, preuve que la réduction attendue de la pollution n'est pas à l'?uvre. L'année 2017 risque de marquer une rupture?

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci.

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Risque de marquer une rupture. Madame, Monsieur le Maire, excusez-moi, puisque Mme la Maire n?est pas là, comme vous, nous souhaitons que la voiture individuelle polluante appartienne au plus vite au passé, pour cela nous vous proposons de changer de méthode. Julie BOILLOT, Franck LEFEVRE et Jean-Didier BERTHAULT vont détailler notre pacte : circulation propre pour qu?enfin les motorisations les plus vertueuses soient systématiquement choisies par les Parisiens. Merci.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci. M. Franck LEFEVRE.

M. Franck LEFEVRE. - Merci.

En effet, juste un petit rappel. Depuis 2001, moins 70.000 places de stationnement de surface, à savoir qu?un tiers des places ont été supprimées. La volonté de la Ville, louable, de dédier l'espace aux modes propres de déplacement.

Dans le même temps, la mise en place du dispositif de stationnement résidentiel qui, lui, favorise l'occupation de l'espace en surface par les véhicules en stationnement. Toujours dans le même temps, un gel de la construction des parkings publics en sous-sol. Toujours dans le même temps, le passage du P.O.S., Plan d'occupation des sols, qui imposait une place de parking par logement construit, au P.L.U., P.L.U. version 1. Après le calcul alambiqué d?un centralien, cela nous amenait à 0,5 place de stationnement obligatoire par logement créé. Puis, version 2 du P.L.U. qui ne comporte plus aucune obligation de parking.

Toutes ces mesures, à tout le moins, manquent de cohérence d'ensemble quand elles ne sont pas antinomiques pour certaines. Par conséquent, à travers ce v?u, nous demandons une modification du P.L.U. afin d'y introduire une norme plancher de stationnement en faveur des véhicules propres, comme cela a été dit précédemment. Je vous invite, mes chers collègues, à voter ce v?u qui n'a pas la prétention de rendre cohérente cette politique d?occupation de l?espace public mais, à tout le moins, d?en initier le processus et qui, par là même, contribuera à l?obtention des objectifs ambitieux du Plan Climat. Merci.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci beaucoup. M. Jean-Didier BERTHAULT.

M. Jean-Didier BERTHAULT. - Merci, Monsieur le Maire.

Comme lors du précédent passage du Plan Climat en novembre dernier, je m'attacherai à un volet spécifique qui est décliné dans ce plan, qui est le volet eau. Je voudrais dire que, d'une façon générale, les Plans Climat, qui s?appellent d'ailleurs Plans Climat Air Energie, accordent une place relativement peu importante à ce sujet essentiel qui est l'eau.

C'est un échange que nous avions eu en novembre dernier avec Célia BLAUEL et je constate qu'après le passage au niveau de la Métropole et l'enrichissement de ce Plan Climat, aujourd'hui ce volet est plus conséquent qu'en novembre dernier et j'y suis en tout cas favorable. Notamment sur quelques thèmes que vous évoquez, qui sont les zones humides et les trames bleues à Paris, le fait de donner une place plus importante évidemment à l'eau en ville, la protection de la ressource, la diversification des ressources, l'approvisionnement en eau potable en toutes circonstances et, je vais y revenir, un sujet important qui est la gestion de crise et notamment les sujets d'inondations qui ont été et qui sont encore d'actualité.

Alors oui, l'eau en ville est un sujet important. J'invite d'ailleurs ceux qui s'intéressent à ces sujets à pouvoir lire ce dernier ouvrage d?Erik ORSENNA qui s'appelle "Désir de ville" et qui accorde par une cartographie assez importante une place essentielle à l'eau. J'avais eu l'occasion de le dire en novembre dernier, les pressions sur les ressources en eau, ainsi que les risques sanitaires liés à l?eau sont importants en zones urbaines denses comme Paris et sont exacerbés bien évidemment par le changement climatique. Et l'atteinte de l'objectif de développement durable n° 11 sur les villes durables nécessite donc une prise en compte obligatoire de l'eau dans ses différentes dimensions déclinées dans cet objectif des Nations Unies, cet objectif 6.

Quelques mesures méritent d'être rappelées à l'occasion de ce Plan Climat. Comment augmenter les quantités d'eau disponible ? Notamment par récupération des eaux de pluie ou réutilisation des eaux usées. En complément des actions de végétalisation et de désimperméabilisation, développer des synergies puissantes et efficaces entre les services urbains de gestion de l'eau, de l'assainissement, des déchets et de l'énergie - mais on y reviendra, je pense, demain avec le Plan Pluie - et les logiques d'économie circulaire qui offrent de nombreuses opportunités comme le potentiel des eaux usées urbaines encore trop peu exploité, je vous l?ai dit.

Je souhaite revenir maintenant pour terminer sur la partie des inondations puisque cela a été un sujet important de ces dernières semaines, et le printemps n?étant pas forcément très clément, on risque aussi d?avoir encore une vigilance crue renforcée.

Je voudrais revenir notamment sur les conclusions de l?étude de l?O.C.D.E. qui ont été rendues publiques, il y a quelques semaines, et qui montrent une amélioration indéniable depuis la précédente étude de 2014, notamment en matière de gouvernance avec une réelle prise de conscience et une meilleure connaissance du risque, une stratégie et un plan d?action.

On sent une dynamique engagée chez l?ensemble des acteurs concernés, du niveau national aux collectivités territoriales, comme d?ailleurs dans les entreprises privées, les entreprises publiques et les opérateurs de réseau.

L?émergence de la Métropole a également permis un rapprochement de tous les intervenants et je voudrais souligner, une fois encore, l?importance des travaux de la Métropole dans ce domaine. Elle a été, je le dis d?ailleurs, injustement attaquée sur ces sujets d?inondations en début d?année, alors qu?elle n?a cette compétence que depuis le 1er janvier. Il est bon de le rappeler.

Globalement, si le constat est encourageant, il faut clairement passer à la vitesse supérieure selon tous les acteurs. Les progrès sont encore difficilement mesurables et insuffisants sur les mesures concrètes et réelles permettant de diminuer le risque sur le long terme. Ces mesures concernent l?urbanisme et la construction de nouvelles infrastructures de protection et de stockage d?eau.

La Ville de Paris, par sa participation dans toutes les instances de concertation, dont "Seine Grands Lacs", doit être moteur dans ce domaine, notamment pour accélérer la création de ce fameux cinquième bassin de la Bassée en Seine-et-Marne, dont le coût varie de plusieurs centaines de millions selon les options choisies. Tout le monde sait donc que si nous voulons rendre Paris et sa Métropole résilientes aux inondations, cela prendra 20, 30 ou 50 ans éventuellement. Il y a donc urgence à agir.

La gestion de ce risque est devenue une priorité politique dont personne ne peut s?exonérer. Je souhaitais vraiment conclure sur ce sujet parce que j?ai trouvé dans ce Plan Climat quelques alertes qui reprenaient cette situation de crise et ces phénomènes climatiques extrêmes qui étaient soulignés. Une fois de plus, nous serons quand même très vigilants sur les mesures concrètes et ce plan de réalisation maintenant qui doit nous amener aux investissements prévus dans les années qui viennent. Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Permettez-moi d?adresser un joyeux anniversaire à Catherine VIEU-CHARIER, notre collègue. Bon anniversaire, chère Catherine !

Mme Edith GALLOIS.

Mme Edith GALLOIS. - Merci, Monsieur le Maire.

J?ai déposé cinq v?ux rattachés à ce Plan Climat que nous discutons en ce moment et je vais me contenter maintenant de les étayer.

Deux v?ux concernent le développement et la pratique du vélo.

Vous aviez annoncé, lors du vote du Plan Vélo en 2015, une ambition très optimiste de faire passer la part des déplacements à vélo à 15 % en 2020. Trois ans plus tard, seulement 12 % du Plan est accompli et les conditions de circulation non seulement n?ont pas été significativement améliorées mais, pire, elles se sont grandement détériorées, compte tenu de l?état accidenté et accidentogène des chaussées et des pistes cyclables.

Le déploiement du Réseau Express Vélo a non seulement pris du retard mais il semble ne pas se dessiner du tout comme tel. Pourtant l?expérience étrangère l?a prouvé : c?est le seul moyen de véritablement développer de manière significative et sécurisée ce mode de déplacement.

Nous vous demandons donc d?accélérer le déploiement du Réseau Express, en veillant notamment à mettre fin aux ruptures qui empêchent les continuités cyclables. Passer certaines places aujourd?hui à Paris relève de l?héroïsme ou bien de l?inconscience, c?est au choix.

En parallèle, il est urgent, indispensable, prioritaire, obligatoire de mettre fin à cette dégradation des chaussées et des pistes cyclables, ce qui n?est pas le cas actuellement. Pourtant, le premier de vos devoirs est d'assurer la sécurité des cyclistes.

Nous souhaitons à ce propos que les associations de cyclistes soient systématiquement associées aux études d?aménagement. Il n?y a rien de tel que l?expérience, le vécu, pour comprendre et savoir ce qui est pratique, roulant et sécurisant.

Rouler en vélo dans Paris aujourd?hui, c?est une gageure. Sans compter les aléas climatiques actuels, il ne sera pas possible de convertir au vélo beaucoup plus de Parisiens si le barrage de l?appréhension n?est pas dépassé. Or, non seulement cette appréhension ne diminue pas, mais je pense au contraire qu?elle grandit, du fait des conditions très difficiles de circulation sur la chaussée cabossée et des pistes cyclables malmenées.

La Région a voté une enveloppe de 11 millions d?euros pour l?aménagement des pistes cyclables, dont Paris est la principale bénéficiaire avec 4,5 millions d?euros. Avec cette très grosse enveloppe, Paris va pouvoir donner un coup sérieux d?accélérateur aux mises en double sens et aux aménagements de réseau. Vous ne pourrez plus rejeter la faute sur la Région qui, au passage, aura injecté 32 millions d?euros depuis 2016 dans le Plan Vélo régional, ce qui est énorme.

Quand ces aménagements seront entrepris, il serait bon d?inciter une part du grand public à se mettre au vélo, en lançant une initiative conviviale, sympathique, relayée par les administrations et les entreprises qui inciteraient leurs employés à venir en vélo, par exemple un vendredi dans le mois.

Vous vous étiez engagés, alors que je vous en faisais la proposition déjà en 2015, d?étudier la mise en ?uvre d?une telle initiative qui, je le rappelle, est apparue il y a une dizaine d?années à Bruxelles et qui a remporté un franc succès. Venons-en maintenant aux camions. Il existe une réglementation pléthorique et, je le reconnais, vous aviez pris des dispositions les concernant qui devaient considérablement diminuer leur circulation dans Paris au moins entre 8 et 20 heures. Vous avez démultiplié les places de livraison au point que certaines rues d?ailleurs ne sont plus que des places de livraison quasiment. Pourtant, tout ce dispositif n?empêche pas les camions ni d?entrer dans Paris ni d?y circuler, et cela en toute impunité à un point tel qu?il est plus courant, que dis-je, banal, voire ordinaire, de les voir s?arrêter en plein milieu de la rue ou dans les couloirs de bus pour effectuer leur livraison, que de les voir aux places qui leur sont généreusement pourtant dédiées, et ceci même si elles sont à proximité immédiate. En novembre 2016, en réponse à un v?u que je déposais déjà sur la circulation des poids lourds dans Paris, vous vous étiez engagés à établir un bilan de l?impact des premières interdictions de circulation avec les sociétés utilisatrices et à fournir aux élus de la 3e Commission un état du parc roulant dans Paris et de son évolution, ainsi qu?un bilan des opérations de contrôle de l?application des mesures de restriction de la circulation réalisées par la Préfecture de police. A ce jour, cet engagement n?est toujours pas tenu. Nous réitérons donc cette demande, de même que nous demandons la stricte application des règles en vigueur pour faire cesser ces livraisons intempestives et visiblement peu sujettes à des contraventions. Pourtant, le respect des restrictions de la circulation des camions dans Paris devrait être une priorité absolue dans votre politique de lutte contre la pollution. Ils sont une nuisance atmosphérique, sonore, visuelle et encombrante quand ils entravent les couloirs de circulation ou occupent la voie publique et paralysent sans vergogne la circulation. Si nous sommes conscients de la nécessité de transporter les marchandises, nous pensons qu'il y a encore beaucoup à faire pour organiser un fret écologique. Pour conclure, nous proposons que dans le cadre du travail que la Ville va mener sur les corbeilles de rue, soit étudiée la possibilité de mettre en place des corbeilles permettant d'accueillir deux flux de déchets dès lors que les conditions de voirie le permettent, afin d'améliorer le tri sélectif. On compte environ 30.000 corbeilles de rue dans Paris, cela faciliterait grandement le recyclage et pourrait aussi participer à l'éducation des Parisiens, qui n'ont pas encore le réflexe tri.

Voilà donc quelques propositions très concrètes qui n'ont qu'un objectif : participer à l'amélioration de la qualité de l'air et de la vie des Parisiens.

Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci.

Monsieur Yann WEHRLING, vous avez la parole.

M. Yann WEHRLING. - Merci, Monsieur le Maire.

Nous sommes invités à adopter définitivement le Plan Climat Air Energie que nous avions déjà examiné en 2017. La nouveauté sera dans l'enrichissement suite à la concertation.

Le mot enrichissement est à prendre avec des pincettes néanmoins, car si je lis bien ce que vous en dites, il y aurait eu quelque 300 propositions émises par les Parisiens au cours de cette concertation, et vous n'en auriez retenu que 4.

Je reste perplexe sur la sincérité de votre adhésion au principe de la démocratie participative.

Pour rester dans le registre de l'avis citoyen, vous annoncez une votation, recueillir le sentiment des habitants sur les grands projets structurants.

Oui, mais le faire uniquement sur des sujets qui seront consensuels, je n'en saisis pas vraiment le sens. Un plébiscite préélectoral, il y aura immanquablement le sentiment de manipulation des Parisiens, je le crains.

Pourtant, l'outil de la consultation mériterait d'être plus souvent utilisé oui, mais que ne le faites-vous sur des sujets moins consensuels sur votre politique. Là, il y aurait peut-être audace et respect des Parisiens.

Seconde grande remarque sur ce plan, la question des objectifs. C'est devenu un mantra de toute politique publique. On doit faire des plans, se donner des objectifs de moyen, de long terme, je suis personnellement de plus en plus sceptique sur ce principe. S'il a pu un temps montrer la détermination et le cap des politiques à mener, c'est aussi devenu une facilité.

Lors de la COP 21 à Paris, ce principe est presque devenu caricatural. Moyennant le fait d'annoncer des objectifs à 2050, les Etats se sont permis toutes les générosités. C'est trop facile de nous faire adopter des objectifs sur lesquels nous n'aurons plus à répondre quand l'échéance sera arrivée. Il faut des caps de long terme, mais je crois que dorénavant, il nous faut également de la crédibilité, que ces caps soient assortis d'objectifs pour la durée de la fin de nos mandats.

J'illustrais ce propos de manière simple avec le bilan du dernier Plan climat de la Ville de Paris. En 2014, nous avons réduit de 9,2 % nos émissions de gaz à effet de serre, alors que nous visions moins 25 % en 2020. Moins 7 % de consommation énergétique contre moins 25 % annoncés ; 15, 6 % d'énergies renouvelables contre 25 % en 2020.

Dans l'administration parisienne, et là nous avons totalement la main et ne pouvons nous défausser sur d'autres, c'est encore plus édifiant. Moins 2 % d'émissions de gaz à effet de serre quand nous devons être à moins 30 % en 2020. Moins 6 % de réalité en termes de baisse de consommation contre moins 30 % annoncés en 2020 ; et 19,4 % d'énergies renouvelables contre 30 % en 2020.

Malgré le plan de rattrapage proposé, il est évident qu'en deux ans nous ne rattraperons pas ce retard.

Autre exemple dans le domaine du logement, on peut noter un retard des chiffres d'aujourd'hui, vous n'annoncez rien moins qu'une rénovation de 75 % du parc de logement d'ici 2050, alors qu?on est au mieux à 1 % aujourd'hui si l'on prend les normes BBC.

Si nous voulons atteindre cet objectif et être crédible dans le temps de la mandature qui nous reste, nous devrions avoir rénové près de 5 % du parc au cours des deux prochaines années, autrement dit multiplier par 5 le nombre de logements rénovés en deux ans. On est dans l'irréalisme.

Beaucoup de choses sont à des échéances lointaines et reposent sur des engagements qui ne seront pas seulement du ressort de la Ville, sur lesquels nous n'aurons plus à répondre sauf à être réélus pendant 30 ans. Ce que je ne nous souhaite pas forcément.

Trois dernières remarques dans le détail. Je partage à 100 % la vision que vous développez d'un Paris qui a besoin du reste de l'Ile-de-France. C'est une nouveauté dans votre propos, notamment sur son périmètre rural. Nous avons besoin de penser les métropoles en y intégrant les zones rurales qui les entourent, en les protégeant, car dans les décennies à venir nous en aurons besoin pour garder une eau de qualité, produire des aliments de consommation de proximité et aussi produire de l'énergie.

Sur la mobilité, vaste débat s'il en est, premier contributeur de pollution et de gaz à effet de serre, c'est le débat de toutes les passions. Dommage, j'aurais aimé m'adresser à Madame la Maire, mais je m'adresse à vous, Monsieur, je suppose que vous n'étiez pas forcément d'accord avec cela, mais vous avez cru bon de lancer un débat sur la gratuité des transports en commun à Paris, sans même le mettre à l'ordre du jour de ce conseil.

Nous en sommes tous estomaqués. Pourtant, ne serait-ce qu'au titre de ce Plan Climat, nous aurions ici pu débattre de manière intéressante de ce qui est le plus efficace pour réduire la pollution et les émissions de gaz à effet de serre.

Si nous avions des millions, car c'est en centaines de millions que la facture s'établirait, à mettre sur la table, et je doute que nous ayons cette somme, est-ce réellement la gratuité des transports en commun qui serait le plus impactant ?

La mesure est certes populaire, mais impactante sur la pollution de l'air, je crains que non.

Sur cette question de la mobilité, j'ai déposé un v?u sur les autocars. J'utiliserai les quelques secondes qu'il me reste pour rappeler que le fait d'avoir des autocars qui tournent en permanence pour rester chauds ou froids est contraire à la réglementation.

Je vous invite à ce que nous fassions respecter la réglementation en la matière.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci.

Ne vous inquiétez pas, nous aurons l'occasion d'échanger sur le sujet de l'étude sur la gratuité des transports. Ce n'est que le début du processus.

Madame Laurence GOLDGRAB ?

Mme Laurence GOLDGRAB. - Les villes sont en première ligne du réchauffement climatique. Elles subissent des inondations, des canicules, des pics de pollution. Nous devons ainsi innover pour réagir à des vagues de chaleur ou de froid plus fréquentes et intenses, et sans catastrophisme, à d'éventuels manques d'eau de façon ponctuelle.

Les villes ont entre leurs mains des outils qui peuvent s'avérer très efficace pour lutter contre ces phénomènes et des solutions existent, mais il faut évidemment une véritable volonté politique. Nous avons exprimé d'ailleurs hier cette volonté, qui s'est matérialisée lors du vote sur le Plan Biodiversité. Mais nous devons bien entendu nous inscrire dans un véritable Plan Climat Air Energie.

Sans reprendre l'intégralité des explications que nous avions données lors de la dernière discussion, et schématiquement, je pourrais dire que déjà, en effet, la Ville doit être exemplaire, et l'administration doit être exemplaire dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

D'autre part, il ne faut pas vivre ce plan comme une contrainte sur le plan économique, mais au contraire, y voir une véritable opportunité sur notre territoire, car cette stratégie doit pouvoir générer à l'échelle métropolitaine des milliers d'emplois.

Trouver un équilibre entre une activité économique dite propre, totalement intégrée à son environnement et un territoire prospère sur le plan économique est un enjeu fondamental pour l'avenir. N'opposons pas économie et protection de l'environnement, mais faisons de la lutte contre le réchauffement climatique une opportunité pour tous.

Et puis, il y a une question d'éducation, s'engager pour le développement durable, c'est encourager la diffusion des connaissances en travaillant pour une véritable éducation à l'environnement, notamment dans les établissements scolaires, donc ce que nous avions vu. Un réel changement des modes de vie individuels devra s'opérer, nous devrons ?uvrer pour l'impulser.

Une autre impulsion paraît essentielle, celle de faire ensemble, d'où l'intérêt de l'apport de la consultation citoyenne qui s'est déroulée entre le 14 décembre et le 8 février dernier. Il y a eu beaucoup de propositions et les actions proposées lors de cette consultation insistent notamment sur le recyclage et la valorisation de la totalité de nos déchets, la mise en place de transports publics propres ou encore la rénovation des équipements publics.

Sur les 300 propositions reçues, quelques-unes particulièrement intéressantes comme l'extension des possibilités de correspondance du ticket entre trams, bus, métros, R.E.R. pour encourager le report modal des déplacements occasionnels vers les transports en commun, ou encore l'ajout d'une référence au meilleur standard de performance pour la rénovation thermique et la construction de bâtiments via une labellisation.

Je veux encore féliciter le Conseil parisien de la jeunesse pour sa présence et son travail, ses idées et la qualité de ses idées.

Ce nouveau Plan Climat Air Energie de la Ville de Paris est une opportunité. Pour conclure, je dirai que c'est une opportunité pour Paris d'innover, une opportunité de créer des activités nouvelles et des emplois durables, une opportunité de mieux vivre en nous engageant résolument sur la voie d?un modèle de développement moins prédateur de nos ressources naturelles et plus respectueux de la planète. Evidemment, les élus de mon groupe sont convaincus que ce défi ne pourra être relevé que de manière collective, en associant à la fois les élus, les associations et les citoyens, dans un souci de faire de Paris une ville durable et résiliente. Nous voterons ce plan. Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci beaucoup.

La parole est à M. Jean-Noël AQUA.

M. Jean-Noël AQUA. - Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Le plan Climat Energie de notre ville met de façon ambitieuse les moyens en face du besoin criant d'une transition énergétique. Il met les actes en face des mots et décline toute une série de mesures qui permettent réellement de transformer notre rapport à la nature. En premier lieu, ce plan vise à diminuer le plus fortement possible nos consommations d'énergie carbonée. Rappelons les engagements pris lors de la COP 21 : diviser par trois notre usage des énergies fossiles et développer en conséquence les énergies renouvelables et non carbonées, et favoriser aussi, bien sûr, les économies d'énergie.

La France, nous le savons, est plutôt parmi les bons élèves parmi les pays développés, avec des émissions dans la moyenne planétaire, alors que presque tous les autres pays développés sont classés dans les mauvais élèves. L?Allemagne émet deux fois plus de CO2 par habitant que nous. L?Amérique : presque trois. C?est colossal. Pourtant, même si nous sommes déjà plutôt bien placés, nous devons, je le répète, diviser par trois nos émissions de gaz carbonique. Les trajectoires prises depuis les engagements de la COP 21 ne sont pas bonnes, nous le savons. Nous ne pouvons donc que nous féliciter des engagements forts inscrits dans ce plan, des moyens qui lui sont alloués, de la transversalité et de l'ampleur des actions de ce plan.

Nous avions, en novembre dernier, participé à la rédaction de ce plan en proposant des amendements pour insister, notamment, sur l'importance des transports publics et la relocalisation de la production à Paris comme leviers de la transition énergétique. Nous nous félicitons que ces éléments soient maintenant inscrits dans ce plan.

Une réserve, simplement. L'objectif du plan est de faire de Paris un territoire 100 % énergies renouvelables en 2050. Comme le précise le Plan Climat, il est, pour cela, nécessaire de transformer radicalement le système énergétique actuel, tant au plan local qu?au niveau national. Nous le redisons : l'objectif du verdissement total du réseau énergétique nous semble difficile à atteindre en l'état actuel des connaissances, des techniques et au regard des investissements dans la recherche et le développement. S?il serait, bien sûr, intéressant et utile de n'avoir que des énergies renouvelables, cela doit rester une trajectoire en fonction de la réalité technologique et industrielle. Aujourd'hui, ce serait impossible du fait de l?intermittence de ces énergies si l'on prend en compte les contraintes physiques.

Vous le savez aussi, nous nous inquiétons sur des dispositions législatives qui consistent à déréguler le marché de l'énergie en France, remettant en cause le rôle planificateur de l'Etat dans la production et la distribution d?énergie dans l'intérêt de toutes et tous. Nous avons donc beaucoup de circonspection sur l'affichage, sur la communication d'un Paris qui souhaite devenir un territoire 100 % énergies renouvelables avec seulement 20 % d?énergie produite localement en matière électrique. Or, nous savons que, même en passant par des marchés publics verts, on ne peut garantir que l?électricité qui circule dans le réseau provienne uniquement de production verte. Pour le dire autrement, Paris ne pourra s'afficher à 100 % d'énergies renouvelables que parce que d?autres territoires s'approvisionneront avec des sources non renouvelables. Cela reste à mettre en question.

Pour cette raison, nous avons une réserve sur le modèle décentralisé et territorialisé que propose le Plan Climat. La question climatique nous oblige tous. Elle concerne tous les territoires nationaux, tous les Etats de la planète. Aussi, il nous semble inopportun que certains territoires, parce que plus riches, puissent faire des effets d'affichage et ainsi faire monter les prix du marché. Ceux qui auraient les moyens de ne passer que par les marchés publics d?énergie verte pourraient se targuer d?être les bons élèves de la transition énergétique, au détriment d'autres qui s'approvisionneraient avec ce qu'ils pourraient du gâteau énergétique.

Ne vous méprenez pas sur nos intentions. Notre boussole est bien orientée vers le développement des énergies non carbonées et en particulier renouvelables. Mais, pour y parvenir, il est impératif d'investir massivement dans la recherche et le développement de nouvelles techniques. Les investissements colossaux à opérer nécessitent, selon nous, un pilotage national industriel. Nous parlons bien, ici, du Plan Climat. Son corollaire est celui d'une planification écologique qui doit être pilotée au niveau national pour bénéficier de l'investissement industriel lourd et permettre la solidarité entre les territoires. Je ne m'étends pas davantage sur cette question qui sera débattue prochainement, j?imagine, dans ce Conseil. Je termine en soulignant à nouveau l?importance du Plan Climat et les avancées que représentent ses objectifs ambitieux et sa transversalité. Les nombreux amendements et v?ux rattachés déposés en novembre par les groupes politiques de différentes sensibilités le montrent. J'apprécie notamment la prise en compte plus importante des émissions carbone, du transport aérien, que nous avions portés en novembre. Le fait que le Plan Climat ait été adopté à l'unanimité est une belle preuve de la prise de conscience de tous et de toutes, de l?urgence de la question climatique et de la nécessité impérieuse d'y apporter une réponse à la hauteur, même si nous pouvons diverger sur certains points bien précis. Je m?en félicite. Les élus du groupe Communiste continueront à afficher leur attachement à une transition écologique, où les questions sociales et environnementales se conjuguent. Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Didier LE RESTE.

M. Didier LE RESTE. - Merci, Monsieur le Maire.

Le Plan Climat repasse devant notre Conseil au moment où le climat social n'est guère meilleur que le niveau de pollution de l'air. Rappelons qu'avec le Plan Climat, la Ville de Paris prend toute sa responsabilité pour lutter contre le changement climatique et la pollution de l'air. Le secteur des transports est déterminant dans cette lutte. Nous l?avions déjà affirmé en novembre en proposant différents amendements au Plan Climat pour la réalisation complète du Grand Paris Express, pour le développement du transport ferré au détriment de l'aérien, ou encore contre le Charles-de-Gaulle Express, ce projet dispendieux et ségrégatif.

Quelques semaines plus tard, nous ne pouvons que constater que les mauvaises nouvelles pleuvent et que la partie est loin d'être gagnée. Le 22 février dernier, le Premier Ministre, Edouard PHILIPPE, annonçait des retards importants dans la réalisation du futur métro du Grand Paris. Décision injustifiable au regard de l?urgence climatique et de la nécessité de développer un report modal des déplacements routiers vers le ferré. Quelques jours plus tôt, M. SPINETTA rendait son rapport au gouvernement, préconisant la fermeture de 9.000 kilomètres de voies ferrées, qualifiées injustement de "petites lignes", dont l'Etat s'apprête, d'ailleurs, à refiler la gestion aux régions, du moins à celles qui en auront les moyens.

Lui emboîtant le pas, le gouvernement d'Edouard PHILIPPE met en ?uvre une réforme de la S.N.C.F. à marche forcée, par voie d'ordonnances. Ce qu'il qualifie de "nouveau pacte ferroviaire" consiste tout bonnement à démanteler l'organisation historique du service public ferroviaire, en ouvrant à la concurrence privée les activités jugées rentables financièrement. Pourtant, le réseau de transport ferré et son exploitation, pour transporter dans de bonnes conditions les passagers et les marchandises, relève d'un service public, service public qui ne peut s'exercer que dans le cadre du monopole d'Etat. Les conséquences de cette réforme sont, hélas, déjà prévisibles : dégradation de la qualité de service, dégradation du niveau de sécurité du réseau ferroviaire et détérioration des conditions de travail, avec la création d'entreprises de main-d'?uvre à bas coûts.

J?entends déjà l?opposition de ceux qui disent que ce débat relève de la question nationale et n'a pas sa place dans cette Assemblée. Pensent-ils réellement que la question des investissements réalisés pour lutter contre la pollution de l'air ne concerne pas les Parisiennes et les Parisiens ? Pensent-ils que le Plan Climat va fonctionner comme un bouclier contre les particules fines et le CO2, les repoussant de manière magique au-delà du périphérique ? La problématique du changement climatique nous engage tous, au niveau local comme au niveau national. La question du transport ferré est celle d'une logique de réseau. Démanteler le réseau national, c?est favoriser les modes de transport polluants que sont la route et l'aérien. Lorsque le réseau ferré national sera détricoté, au point que les voyageurs qui viennent à Paris lui préféreront définitivement la voiture ou l'avion, ce seront bien les Parisiennes et les Parisiens qui seront les premières victimes des externalités négatives de la pollution de l?air.

Aussi, nous demandons par un v?u que Paris réaffirme l'importance du calendrier initial de la réalisation du Grand Paris Express. Nous demandons également que Paris affirme l?importance du développement du service public ferroviaire pour relever les défis conjoints de l'aménagement du territoire et du changement climatique. L'urgence climatique nous interdit compromis et complaisance. Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - La parole est à M. Thomas LAURET.

M. Thomas LAURET. - Merci, Monsieur le Maire.

Evidemment, nous souscrivons aux objectifs du Plan Climat, même si un certain nombre d?indicateurs sont à préciser et même si les résultats seront difficiles à évaluer à échéance d?une trentaine d?années.

Je souhaitais tout de même insister à nouveau, comme beaucoup d?intervenants, sur le volet mobilité du Plan Climat en vous posant une question, en émettant un regret, en faisant un constat et une proposition, commune avec le groupe PPCI.

La question que je souhaite vous poser porte sur le sujet des 30 kilomètres heure. Dans le Plan Climat, il est écrit qu?à l?échéance de 2020, Paris serait une zone limitée à 30 kilomètres heure dans sa globalité, sauf sur les grands axes. Je voudrais savoir, cher Christophe NAJDOVSKI, ce qu?on appelle les "grands axes". Trente kilomètres heure, c?est une façon de freiner beaucoup les Parisiens, qui en ont marre d?être freinés. Actuellement, il faut faire attention. Vous verrez aussi - vous qui utilisez le vélo et le vélo électrique - que l?on dépasse souvent les 30 kilomètres heure en vélo électrique, y compris sur des axes secondaires. C?est le premier point. On risque, en tout cas, de mettre un certain nombre de Parisiens en infractions fréquentes. Je vous invite à la prudence sur ce sujet.

Deuxième point : un regret. Nous avions, au Conseil de Paris du mois de novembre, demandé à ce que, dans la consultation relative au Plan Climat, nous interrogions les Parisiens sur des voies réservées aux véhicules propres. Vous aviez d?ailleurs repris ce sujet dans un v?u de l?Exécutif. Or, nous constatons que la consultation n?a pas pris en compte cette question. Ce n?est pas très grave, mais c?est dommage.

Le troisième point est un constat que nous partageons tous. Des chiffres ont été rappelés. La réduction de la pollution n?est pas suffisamment rapide. La transition vers les véhicules propres est lente, plus lente que dans d?autres villes du nord de l?Europe. Sur les scooters, elle est même plus lente que dans certaines villes chinoises, où le développement des scooters électriques est beaucoup plus important.

Cela nous amène à faire une proposition commune ; c?est l?objet d?un v?u avec le groupe PPCI, demandant à ce qu?une réflexion soit réalisée pour que l?organisation de la circulation prévoie de réserver une voie aux véhicules propres, sélectionnés selon les modalités d?octroi de la vignette "Crit'air", et aux véhicules de secours sur certains quais hauts, sur le boulevard périphérique et sur les principaux axes traversant Paris.

Vous allez m?expliquer qu?il y a des sujets réglementaires et des évolutions à prévoir. Je pense que ces évolutions ne doivent pas nous empêcher d?avoir une réflexion approfondie, dès maintenant. Par une intervention vigoureuse de l?Exécutif, on peut faire avancer ce sujet en bonne concertation avec le Gouvernement. Surtout que, vous l?avez répété, par exemple, sur les quais hauts, le projet de bus à haut niveau de service envisagé pour 2019 serait retardé à 2021, selon le message qu?a envoyé la présidente de la Région. Pourquoi ne profiterions-nous pas de ces deux ou trois années supplémentaires pour expérimenter sur les quais hauts une voie réservée aux véhicules propres ? Cela aurait le mérite de très fortement inciter les Parisiens qui ne peuvent pas se passer d?un véhicule pour leur travail à acquérir un véhicule électrique, hybride rechargeable, hydrogène ou GNV. Cela nous permettrait probablement d?accélérer la réduction de la pollution et d?atteindre plus facilement ce projet de Plan Climat, que l?on va voter aujourd?hui. Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Madame Danielle SIMONNET, vous avez la parole.

Mme Danielle SIMONNET. - Se donner l?objectif d?une ville neutre en carbone et 100 % d?énergies renouvelables en 2050 est une nécessité absolue dans la lutte contre le dérèglement climatique.

Si je partage les objectifs, je ne peux que regretter l?absence d?objectifs opérationnels précis. Nous avons besoin de planifier nos politiques publiques. Oui, nous avons besoin d?une planification écologique.

La défense de notre écosystème exige que l?on sorte des énergies carbonées, mais aussi du nucléaire. Le nucléaire est une énergie dangereuse, aux déchets que nous ne savons toujours pas traiter, comme en témoigne le scandale de Bure. Qui plus est, c?est une énergie coûteuse.

Je tiens à remercier et féliciter les nombreux Parisiennes et Parisiens qui ont participé à la votation citoyenne pour la sortie du nucléaire, initiée par la France insoumise et à laquelle ont participé nombre d?écologistes et militants anti-nucléaires. A Paris, ne croyons pas que le tout électrique soit la solution. Il n?existe pas de véhicule propre. Pour atteindre la neutralité carbone, soit une différence nulle entre les émissions de gaz à effet de serre et les émissions absorbées ou évitées, il faut assumer de toujours plus réduire l?emprise de la voiture.

Et là, je voudrais faire une parenthèse sur les voies sur berges - nous aurons le débat demain. Moi, je soutiens la piétonisation des voies sur berges. Je trouve totalement irresponsable l?acharnement des Républicains contre la piétonisation des voies sur berge et la défense du tout voiture.

Il faut sortir du tout voiture, diesel et essence, mais pas pour aller au tout voiture individuelle électrique. Il faut au contraire diminuer l?usage de la voiture individuelle au profit des circulations douces et des transports publics, qu?il s?agisse des personnes comme des marchandises.

Nous sommes dans un contexte bien particulier : demain aura lieu une grande bataille du rail. Elle ne se terminera pas demain. Elle commence de manière forte, symbolique, demain. Cette bataille du rail, c?est la bataille de toutes les citoyennes et de tous les citoyens. Ce n?est pas simplement la bataille des cheminots. C?est notre bataille à toutes et tous.

L?ANAPROFER base ses propositions sur un constat : si l?on assurait les deux tiers des transports français par le rail, on économiserait plus d?énergie que n?en produit le nucléaire. Or la libéralisation des transports a fait augmenter les émissions de gaz à effet de serre de 20 % en Union Européenne.

Le Gouvernement s?attaque au statut des cheminots, uniquement, pour une seule raison : accélérer la mise en concurrence du rail comme l?exigent les directives libérales européennes, auxquelles la France devrait désobéir. Il faut non seulement être solidaire de l?ensemble des territoires ruraux contre la fermeture des petites lignes, mais il faut que Paris exprime son attachement au fret ferroviaire pour que les camions soient enfin mis sur les trains.

Oui, je partage l?objectif de la gratuité des transports, que j?avais défendu en 2014. C?est un objectif essentiel, mais je refuse qu?il soit financé par un péage urbain, comme l?a proposé hier Mme HIDALGO, qui viserait à faire payer celles et ceux qui subissent d?ores et déjà la spéculation immobilière et sont relégués toujours plus loin à l?extérieur du périphérique. C?est l?enjeu de notre politique en faveur des transports publics.

Concernant la sobriété énergétique, j?estime qu?il faut accélérer et amplifier tout ce qui relève de la réhabilitation des rénovations énergétiques du logement social. Nous avons besoin d?un comité de suivi et d?évaluation car il y a trop de cas à Paris où les bailleurs sociaux, notamment "Paris Habitat", ont recours à des marchés, à des entreprises le moins cher possible, pour des travaux souvent mal faits, des charges qui augmentent, pour des fenêtres qui, au final, sont non hermétiques. Nous devons continuer cette bataille pour la sobriété énergétique mais nous devons instaurer un contrôle citoyen dans la façon dont c?est réalisé.

Concernant la création des énergies renouvelables, il faut être beaucoup plus ambitieux dans le développement à la fois de la géothermie, des panneaux solaires et aussi innover dans les énergies renouvelables "via" la Seine.

Pour finir, il faut assumer de ralentir la vie en ville. Nous avons eu le débat hier sur la question du travail du dimanche. Il est totalement anti-écologique de vouloir que, le dimanche, la vie soit finalement comme les autres jours de la semaine.

En voulant travailler le dimanche et en voulant la généralisation du travail dominical, nous courons derrière la société de consommation. Par ailleurs, nous allons, de fait, à l?encontre d?une nécessité de sobriété énergétique de l?ensemble de nos dépenses et sur le fait d'avoir une autre conception du rapport de la ville.

Il y a évidemment de nombreux autres sujets que je n?aurais pas le temps d?aborder. J?aimerais cependant aborder, au moins en clin d??il, la question de la défense de l?agriculture bio et en circuit court : je déposerai un v?u sur la question d?EuropaCity qui me semble nécessaire. Paris doit penser le territoire plus général. Pour terminer, si nous voulons une Ville qui réduise totalement son empreinte carbone, elle doit permettre de repenser l?aménagement du territoire pour réduire les distances domicile-travail. Cette question est essentielle.

Je trouve, hélas, que nous ne débattons jamais de cette question centrale. Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Madame Fatoumata KONÉ, vous avez la parole.

Mme Fatoumata KONÉ. - Merci.

Madame la Maire, chers collègues, c?est donc au groupe Ecologiste qu?il revient de prendre le dernier tour de parole sur le projet de délibération du Plan Climat. J'espère que nous sommes toutes et tous conscients de la solennité de ce moment.

Nous nous fixons, en effet, pour objectif, la neutralité carbone de notre territoire d'ici 2050. C'est un objectif très ambitieux, et pourtant, ce n'est qu'une goutte d'eau en comparaison avec ce que l'humanité devra accomplir pour limiter le réchauffement climatique à 2 degrés. C'est une goutte d'eau à l'échelle de la planète, mais c'est pourtant crucial car la lutte contre le changement climatique passe par la mobilisation de tous, Etats, entreprises, citoyens, associations et, bien entendu, collectivités.

Mais cette lutte passe surtout par un changement de paradigme. L'astrophysicien Stephen Hawking, qui vient de nous quitter, avait écrit une tribune en juillet dernier et expliqué que, face au changement climatique, nous allions devoir, je cite, "nous adapter, repenser, nous reconcentrer et modifier nos hypothèses fondamentales sur notre manière de définir la richesse, la possession. Comme les enfants, nous allons devoir apprendre à partager".

Parce que le XXIe siècle s'annonce comme celui de la rareté, les écologistes se retrouvent pleinement dans les mots de ce grand scientifique. Je me réjouis que l'ensemble des groupes politiques présents à ce Conseil soient force de propositions pour enrichir le Plan Climat, car la lutte contre le changement climatique nous engage bien au-delà des clivages trans-partisans.

Mais à la lecture des v?ux déposés, je réalise à quel point nous n'avons pas encore tous fait ce changement de logiciel. Je crois que, sur cette question, notre Conseil de Paris est divisé en deux camps : les utopistes qui pensent que le progrès technologique permettra de régler la question du réchauffement climatique, et les pragmatiques, camp dans lequel les écologistes s'inscrivent, pour qui nous allons devoir apprendre à partager davantage et redéfinir la notion de richesse.

Pour les utopistes, les énergies renouvelables remplaceront à terme les énergies fossiles. C'est ce que nous souhaitons également en tant qu'écologistes, mais il est illusoire de penser que nous allons pouvoir couvrir 100 % de nos dépenses énergétiques actuelles avec les énergies renouvelables.

Le Plan Climat a d'ailleurs l'intelligence de le souligner en mettant l'accent sur la rénovation thermique, qui constitue l'un des plus gros chantiers pour parvenir à la neutralité carbone de notre territoire.

Comme le rappelle l'association "négaWatt", la meilleure énergie est celle que l'on ne consomme pas. Parmi les élus de cette Assemblée, certains fantasment également sur la voiture électrique. C'est évidemment une réelle avancée technologique qui va permettre de diminuer la pollution atmosphérique, autre grand fléau de notre époque. Mais sommes-nous sûrs de disposer sur terre des réserves nécessaires en cuivre, en cobalt, et en métaux rares pour remplacer le parc actuel de voitures thermiques par des voitures électriques ?

Là aussi, il ne s'agit pas de remplacer une solution de mobilité par une autre, mais bien de repenser la question de la mobilité dans son ensemble, en misant avant tout sur la sobriété.

La Banque mondiale estime que si rien n'est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, plus de 140 millions de personnes pourraient être contraintes à quitter leur foyer d'ici 2050 pour fuir les effets du changement climatique tels que la baisse de la production agricole, la pénurie d'eau ou la hausse du niveau de la mer.

Notre territoire va donc prendre sa part grâce à ce Plan Climat. Je tiens une nouvelle fois à remercier Célia BLAUEL, son équipe, l'Agence parisienne du Climat et les services de la Ville pour le travail réalisé. Nous avons désormais un document cadre d'une très grande qualité, avec des objectifs chiffrés et des indicateurs pour suivre les progrès réalisés.

Nous avons donc déposé seulement deux v?ux pour améliorer ce Plan déjà très complet. Le premier vise à confier formellement aux directeurs généraux des services des mairies d'arrondissement la responsabilité de décliner localement des objectifs du Plan Climat, car les objectifs ne seront pas atteints sans l'aide des mairies d'arrondissement. Le second vise à rappeler l'importance du transport ferroviaire dans la lutte contre le changement climatique. Le transport aérien est responsable d'une part très importante des émissions de gaz à effet de serre. Or, pour les courtes et moyennes distances, il est nécessaire de conserver des alternatives.

Les trains de nuit fournissent un service de mobilité à basse émission et peu coûteux pour les déplacements des Parisiennes et des Parisiens en France, voire en Europe. Il est donc nécessaire de les préserver. Nous aimerions, à ce titre, que la Ville prenne position dans le débat sur la réforme de la S.N.C.F. Merci.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Mme Joëlle MOREL était inscrite ? Non ? Très bien. Alexandre VESPERINI ? Non. Monsieur Julien BARGETON, c'est à vous, sur le DEVE 54.

Ann-Katrin JÉGO, pas inscrite non plus ? Très bien. Sur le v?u rattaché n° 128, Monsieur LAURET ?

M. Thomas LAURET. - Sur le v?u n° 128, ce que nous souhaitons porter, c'est l'idée que malgré de nombreuses communications faites par l'Exécutif sur le développement des énergies renouvelables, l'utilisation de la chaleur, des égouts ou d'un "data center", nous restons au stade de l'expérimentation.

Ce que l'on souhaiterait, c'est que ces expérimentations, qui sont portées comme autant de trophées, d'exemples de notre capacité à développer les énergies renouvelables, fassent l'objet d'un réel plan de développement dans les années qui viennent, pour que l'on fasse le choix de développer certaines énergies.

Si l'on estime qu'avec l'eau de la Seine, on peut développer la production d'électricité par des turbines hydro-électrique, auquel cas inscrivons-le comme un projet et mettons-y l'investissement nécessaire. L'idée, c'est de passer du stade de l'expérimentation à la réalisation. C'est l'objet de notre v?u.

Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Les v?ux n° 131 et 132 rattachés, j'ai une inscription du groupe UDI-MODEM. C'était bon ? Oui. Bien.

Mme Aurélie SOLANS pour une réponse. Ce sera une réponse en deux parties puisque Christophe NAJDOVSKI répondra également.

Mme Aurélie SOLANS. - Merci. Tout d'abord, je veux vous transmettre toutes les excuses de Célia BLAUEL qui ne peut pas être avec nous pour porter cette réponse et ce projet de délibération sur lequel elle a évidemment beaucoup travaillé.

Le Plan Climat s'invite pour la deuxième fois dans notre ordre du jour pour le vote final. A nouveau, nous avons ensemble un long débat au sein de notre Conseil sur notre nouveau Plan Climat Air Energie territorial, preuve de notre mobilisation et de l'importance que nous accordons à ce défi majeur qu'est le changement climatique. Les images fortes des réfugiés climatiques, des ouragans, des inondations ou de la fonte des glaciers déstabilisent. Oui, aujourd'hui, la prise de conscience est bien là, partout, et les climato-sceptiques ne sont plus audibles, nous avons l'obligation d'agir.

La COP 21 est passée par là, qui a sonné le temps de l'engagement international, historique, sur les traces du Protocole de Kyoto.

Aujourd'hui, avec ce vote, nous actons notre Plan Climat, traduction en actes des Accords de Paris, pour mettre en dynamique notre territoire dans cette trajectoire plus 1,5 degré.

Aujourd'hui, avec l'adoption de notre Plan Climat, nous choisissons de porter, face à la gravité de la situation, un message fort et positif. Je souhaitais, en introduction de cette réponse, à vous toutes et à vous tous qui êtes intervenus, qui portaient des v?ux rattachés à ce projet de délibération, rappeler la tonalité de ce travail, de ce choix que nous faisons, résolument tourné vers l'avenir, et qui ne veut laisser personne au bord du chemin. Ce choix collectif de nous saisir de ces enjeux comme des opportunités de transformation positives et justes de notre modèle urbain dans toutes ses composantes.

J'en rappelle les grandes lignes : à l'horizon 2050, atteindre la neutralité carbone et 100 % d'énergies renouvelables, diviser par deux la consommation énergétique du territoire, améliorer la qualité de l'air pour revenir dans les normes de l'O.M.S. d'ici 2030, réduire de 80 % notre empreinte carbone.

Le Plan porte 500 mesures parmi lesquelles la rénovation énergétique des bâtiments parisiens, la fin des véhicules diesel puis essence en 2024 et 2030, le développement des énergies renouvelables innovantes et d?une alimentation durable, la collaboration avec les territoires voisins, l?investissement dans la transition énergétique et écologique, à travers par exemple le fonds Vert, ou encore le lancement d?une plateforme de compensation carbone locale.

La mise en ?uvre du nouveau Plan Climat de Paris commence déjà, comme le prouve certains des projets de délibération qui nous sont soumis durant ce Conseil et que je veux citer : récupération de chaleur, charte Paris Action Climat, dispositif "1 % Energies", et bien sûr le Plan Biodiversité et le zonage pluvial, dont on parlera et qui s?articule également avec la perspective d?une transition écologique de notre territoire et son adaptation au dérèglement climatique à venir.

Mais c?est aussi avec le travail, avec la Métropole du Grand Paris pour la création de cette zone de basse émission à l?échelle métropolitaine que nous appelons de nos v?ux, ou d?un fonds Air-Bois pour accélérer la rénovation des systèmes de chauffage au bois. Bien sûr, l?échelon de la zone urbaine dense est l?échelon majeur pour agir à notre reconquête de la qualité de l?air et construire notre avenir décarboné.

Ce projet, depuis le Conseil de novembre, était donc soumis à une consultation publique officielle, entre le 14 décembre et le 4 février exactement, ainsi qu?aux avis de la Métropole, de l?autorité environnementale et du Conseil parisien de la Jeunesse. Je veux rappeler la concertation inédite qui avait été menée en amont pour abonder à l?élaboration du Plan Climat de 2016 à 2017.

Le contexte s?est aujourd?hui aussi enrichi de l?adoption à l?unanimité du Plan Climat Air Energie métropolitain en décembre 2017, dont l?ambition et les orientations rejoignent très largement le nouveau Plan Climat de Paris. C?est aussi l?annonce par la Région Ile-de-France d?une nouvelle feuille de route sur ce sujet.

Cette phase de consultation et d?avis a permis d?enrichir une nouvelle fois le travail réalisé et des propositions nouvelles ont été retenues. La quasi-totalité des avis reçus soutient les objectifs et les mesures proposées dans le projet du Plan Climat adopté en novembre, tout en reconnaissant l?ampleur du défi. C?est notamment le cas de l?avis de la Métropole du Grand Paris et aussi de l?excellente contribution du Conseil parisien de la Jeunesse que je vous invite à lire.

Pour ce qui concerne les v?ux rattachés qui ont été présentés, sur l?ensemble des v?ux qui ont été déposés sur l?enjeu des mobilités et qui concernent effectivement un volet crucial de nos émissions de gaz à effet de serre, je vais laisser Christophe NAJDOVSKI faire une réponse globale et présenter le v?u de l?Exécutif qui nous réunira, je l?espère, unanimement.

Je veux ajouter sur ce point un élément de bilan 2004-2014 qui affiche moins 39 % des émissions de gaz à effet de serre du transport routier intramuros. Dans ce domaine, nous avançons considérablement et bien sûr il faut continuer.

Pour le v?u n° 128 du groupe Démocrates et Progressistes relatif au développement des énergies renouvelables, je vous remercie de mettre en avant un point central du nouveau Plan Climat. Leur potentiel d?expérimentation mais aussi de développement est étudié, évalué par les services de la Ville ou par nos partenaires, comme l?APUR ou l?A.D.E.M.E.

La stratégie globale qui en découle est bien inscrite dans notre nouveau Plan Climat. On identifie et on saisit aujourd?hui toutes les opportunités opérationnelles, en particulier sur les filières les plus prometteuses que sont le solaire, la géothermie ou les eaux usées, avec une volonté de soutenir les "start-up" et l?innovation.

Compte tenu de l?action soutenue de la Ville en matière d?énergies renouvelables et des ambitions inscrites au Plan Climat, je vous propose de retirer votre v?u.

Pour les v?ux n° 130 et n° 131 du groupe UDI-MODEM relatifs au tri sélectif des déchets dans l?espace public et à des outils pédagogiques sur le tri en direction des foyers parisiens, nous émettons un avis favorable bien sûr. Je tiens à vous dire que de nouveaux modèles de corbeilles de rue sont à l?étude, avec la possibilité d?installer du bi-flux sur certaines d?entre elles ; c?est essentiel pour être en cohérence avec le Plan Climat.

Pour le v?u n° 132 du groupe UDI-MODEM relatif aux menus végétariens dans les cantines scolaires, nous proposons en réponse un v?u de l?Exécutif. Il s?agit effectivement d?une attente croissante exprimée par une partie de la population parisienne. La réduction de la part carnée dans les repas servis fait d?ailleurs partie des conventions d?objectifs et de financements signés entre la Ville et les Caisses des écoles pour la période 2018-2020, en cohérence avec notre Plan d?alimentation durable de mandature. Nous sommes au c?ur des enjeux climatiques et notre plan porte d?ailleurs des ambitions fortes en la matière pour une assiette parisienne décarbonée et donc plus végétale.

La DASCO mène dès à présent une étude sur la mise en ?uvre d?une alternative ou option végétarienne quotidienne à la cantine. Selon notamment des critères techniques et financiers, les résultats seront bientôt disponibles. Nous vous proposons donc un v?u de l?Exécutif pour que, je cite : "Les résultats de cette étude soient communiqués aux Caisses des écoles parisiennes, afin qu?elles puissent expérimenter, si elles le souhaitent, la mise en place d?une alternative végétarienne pour les familles qui le demandent", afin que nous débutions effectivement dès cette mandature, sur ce volet important de notre Plan Climat, du bilan carbone de notre alimentation.

Pour le v?u n° 116 du groupe Ecologiste de Paris relatif à la mise en ?uvre du Plan Climat dans les arrondissements, avec une proposition d?amendement oral bien sûr, nous sommes bien d?accord : il faut que les mairies d?arrondissement entrent dans la dynamique et jouent leur rôle dans la concrétisation de ce plan.

Je ne peux conclure évidemment sans saluer l?engagement de toutes celles et tous ceux qui ont permis d?arriver jusqu?à ce vote. D?abord bien sûr Célia BLAUEL qui a porté et porte ce travail depuis plus de deux ans, ainsi que toute son équipe, et les équipes de la DEVE qui travaillent sans compter sur cet enjeu.

Enfin c?est l?ensemble des adjoints et des services de la Ville car le sujet est on ne peut plus transversal. Je veux vous transmettre, de la part de Célia BLAUEL, ses remerciements sincères pour l?ensemble de ce processus.

Dans l?engagement de notre Ville dans la transition écologique, le climat est la mère des batailles. Ce vote nous engage avec une ambition sans précédent et des outils bien identifiés. Il nous mène aussi, il est vrai, sur des chemins à explorer, sur de nouveaux rôles à jouer au sein de notre territoire pour embarquer tout le monde dans l?aventure.

Ce sont aussi de nouveaux partenariats, de nouvelles alliances à tous les échelons, planétaires comme locaux, parce que nous ne réussirons pas seuls, parce que Paris s?inscrit dans un contexte métropolitain, parce que nous sommes capitale et aussi parce que le monde nous regarde et nous attend, nous, Paris, qui avons donné notre nom aux Accords internationaux de la COP 21.

Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci beaucoup.

C?était long mais il y a 18 v?ux et cela méritait d?y consacrer un peu de temps, comme c?était convenu. M. Christophe NAJDOVSKI.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Ainsi que l?ont souligné de nombreux intervenants, le secteur des transports et de la mobilité occupe une place essentielle dans la stratégie du nouveau Plan Climat Air Energie pour Paris.

Le seul transport routier représente en effet à l?heure actuelle 17 % des consommations d?énergie du territoire parisien et 31 % des émissions de gaz à effet de serre. Il constitue en outre la première source de pollution de l?air puisqu?il est à l?origine de 62 % des émissions d?oxyde d?azote, de 54 % des particules fines PM2,5 et de 51 % des particules fines PM10.

Depuis une quinzaine d?années et la mise en ?uvre du premier Plan Climat, la circulation a baissé d?environ 30 % à Paris, ce qui est très substantiel. Cela s?est traduit par une baisse pour le volet circulation des émissions de gaz à effet de serre, cette baisse étant évaluée à 39 % entre 2004 et 2014.

Pour atteindre l?objectif fixé par le nouveau Plan Climat d?une neutralité carbone en 2050, il importe toutefois de donner une inflexion supplémentaire que nous avons initiée depuis 2014 avec le Plan pour l?amélioration de la qualité de l?air, également avec la zone à circulation restreinte qui a été mise en place avec de nouvelles étapes de mise en ?uvre selon les classes de véhicule prévues pour 2019 et 2022.

Dans la lignée de ces mesures, le Plan Climat Air Energie fixe de nouveaux caps, avec l?objectif de sortie du diesel en 2024 et la fin des énergies fossiles pour les véhicules à l?horizon 2030.

Afin d?accélérer la transition du parc de véhicules vers des motorisations moins polluantes, nous accompagnons d?ores et déjà les particuliers avec des aides permettant de renoncer à un véhicule personnel et d?installer des points de recharge électrique dans les copropriétés. Nous aidons également les professionnels et les chauffeurs de taxi avec des aides à l?acquisition de véhicules.

Mais notre objectif ne doit pas être uniquement de remplacer un véhicule thermique par un véhicule électrique GNV ou hydrogène. Dans une perspective de sobriété énergétique et de meilleur partage de l?espace public, et comme l?a rappelé d?ailleurs notre collègue Mme KONÉ, nous devons aussi continuer à faire en sorte que le volume de circulation des véhicules individuels polluant diminue, en favorisant un report modal vers les transports collectifs, et vers les modes actifs que sont la marche et le vélo.

Nous devons également développer les alternatives à la voiture individuelle avec le développement des mobilités partagées. Nous devons réduire l?impact du dernier kilomètre pour le transport des marchandises avec le développement de plateformes multimodales et de nouveaux espaces logistiques urbains, ou encore en développant le fret fluvial.

C'est avec cette panoplie de mesures que nous pouvons faire de Paris une ville pionnière des transports écologiques. Je remercie donc l?ensemble des groupes politiques d'avoir souhaité dans leurs nombreux v?ux contribuer à accompagner cette politique de mobilité durable que nous mettons en ?uvre et je répondrai un peu plus précisément désormais aux différents v?ux.

Il y a un v?u que nous pouvons accepter tel quel ou quasiment tel quel : c'est le v?u déposé par M. WEHRLING et les élus du groupe UDI-MODEM, qui est relatif au contrôle des autocars à l?arrêt ou en stationnement. Nous faisons juste un petit amendement pour rappeler que les agents de la Ville peuvent également effectuer les contrôles des sites touristiques et que nous devons aussi sur ce sujet travailler ensemble, Ville de Paris et Préfecture de police, et continuer à agir pour éviter ces nuisances qui exaspèrent les Parisiens qui vivent dans les quartiers touristiques. Ainsi, sous réserve de l'adoption de cet amendement, nous pouvons l'adopter.

Pour le reste des v?ux "mobilité", nous avons apporté des réponses dans le v?u de l'Exécutif global sur la mobilité. En réponse à M. LAURET et au groupe des élus Démocrates et Progressistes, nous répondons que nous avons bel et bien comme objectif partagé de créer des axes à ultra basse émission. D?ailleurs, c?était dans le Plan antipollution que nous avons adopté ensemble en février 2015, rappelez-vous, avec la création de ces axes. Aujourd'hui, le cadre réglementaire, malheureusement, n'est pas encore adapté pour la création de ce type de voie. Le Code des collectivités territoriales ne permet pas de créer des voies réservées à des véhicules en fonction de leur motorisation et le Code de la route ne prévoit de ce fait aucune infraction. Nous avons toutefois demandé au Gouvernement, dans le cadre des Assises de la mobilité, que la réglementation puisse évoluer et nous espérons bien évidemment que nous serons entendus et que nous porterons ensemble aussi la possibilité de création de tels axes dans Paris.

Concernant votre remarque sur les voies à 30 km/h, permettez-moi de vous dire qu'elle s'inscrit aussi dans une volonté, me semble-t-il partagée par le Gouvernement, de réduire l'accidentologie routière et je l'inscrirai aussi dans la même veine et dans la même philosophie que la mesure, qui a été prise par le Gouvernement et que la Ville de Paris soutient, de réduction de la vitesse à 80 km/h sur certains axes secondaires. A Paris, nous avons aussi sur un certain nombre d'axes de dessertes locales, la volonté de pouvoir développer des zones apaisées, des zones à 30 km/h qui permettent aussi de développer les doubles sens cyclables et de favoriser aussi la pratique du vélo à Paris.

Je répondrai à M. LEFEVRE et aux élus du groupe les Républicains qui demandent que le P.L.U. soit modifié pour créer une norme plancher de stationnement véhicule propre. Sur ce point, nous avons une réglementation nationale qui prévoit que tous les parkings réalisés doivent être pré-équipés pour un minimum de 10 % des places pour ce type de véhicule. Cela suppose l'installation d'un certain nombre de choses techniques, gaines, fourreaux, chemins de câbles, prévision d'un système de mesures qui permettrait aussi une facturation individuelle des consommations. Je le rappelle, nous accordons déjà une aide, jusqu'à 4.000 euros pour l'installation de ce dispositif de pré-équipement. Nous avons aussi une aide au point de charge proprement dit qui va jusqu'à 2.000 euros. Nous faisons donc un effort important sur ce volet installation de point de charge.

Je voudrais vous dire également que, globalement, à Paris, aujourd'hui, nous avons plus de 800.000 places de stationnement. On ne peut pas dire que par le passé, par les décennies passées, on n'ait pas construit des emplacements de stationnement à Paris. Je suis un peu surpris que l'on défende encore aujourd?hui, qui plus est dans le cadre d'un Plan Climat, des constructions de nouveaux parkings, même si c'est enrobé par le fait que ce serait uniquement pour des véhicules non polluants. Nous devons désormais optimiser l'existant et nous avons ces infrastructures disponibles.

Je répondrai à Mme GATEL, à Mme GALLOIS et aux élus du groupe UDI-MODEM que, sur la question du Plan Vélo, nous avons le Plan Vélo le plus ambitieux que Paris n'ait jamais eu. Nous avons par exemple l?ouverture de la piste cyclable sur la rue de Rivoli qui nous donne un avant-goût de ce que sera le Réseau Express vélo. Je rappellerai aussi que ces pistes cyclables n'ont pas été subventionnées par la Région jusqu'à présent, en 2016 et en 2017. Madame GALLOIS, vous annoncez des chiffres de 4,5 millions pour 2018 mais qui concernent des zones 30 et des pistes cyclables, et je suis heureux qu'enfin après 2 ans de disette et de censure par la Région du financement des pistes cyclables à Paris, c'est-à-dire notamment celle de la rue de Rivoli, celle de l'avenue de la Grande Armée ou encore celle du boulevard Voltaire, qui ont été censurées par la Région et qui n?ont pas bénéficié de ce cofinancement, nous ayons désormais l'appui et le soutien de la Région Ile-de-France sur ces questions.

Pour ce qui concerne la question des pistes cyclables, je viens d'en parler.

Sur l'expérimentation du vendredi à vélo, nous allons étudier cette possibilité. Nous pensons toutefois que l'indemnité kilométrique vélo pourrait avoir aussi un effet d'entraînement encore plus important. Le vélo a sa pertinence tous les jours de la semaine. Je dirai aussi à Mme GALLOIS, qui a évoqué la question du travail avec les associations cyclistes, que nous travaillons systématiquement avec elles et que nous avons des réunions mensuelles du comité technique vélo, et je ne crois pas, je ne connais pas beaucoup de collectivités en Ile-de-France ou ailleurs qui aient un travail aussi étroit avec les associations d'usagers du vélo que ce que nous faisons à Paris.

Pour ce qui est de la circulation des camions dans Paris, nous sommes évidemment favorables à ce que les contrôles soient renforcés pour mieux réguler et diminuer la circulation des poids lourds dans les rues parisiennes. Nous faisons aussi un travail avec les A.S.P. désormais sous l'autorité de la Ville de Paris pour que les aires de livraison soient mieux respectées, pour que l'on réduise le stationnement gênant. Vous avez pu remarquer également que les emplacements de stationnement payant légaux sont plus disponibles aujourd'hui, notamment pour les professionnels qui en ont besoin. Par conséquent, cela réduit aussi les pratiques de stationnement gênant et réduit donc les pratiques de stationnement en double file que l'on peut connaître par ailleurs.

Je dirai aussi, à la suite de l?intervention de M. AZIÈRE, que Paris a un effet d?entraînement, que les initiatives que nous prenons à Paris sont très suivies. Par exemple, l'instauration de ce que l'on a appelé la Z.C.R., la zone à circulation restreinte ou zone à basse émission parisienne a fait des émules ailleurs en France, à Grenoble, à Toulouse, à Strasbourg et d'autres villes de France. Désormais, c'est la Métropole du Grand Paris qui envisage son déploiement, notamment pour avoir un instrument efficace de lutte et pérenne contre la pollution atmosphérique, en sachant que, vous le savez, la France fait partie des mauvais élèves européens en la matière. D'ailleurs, la Maire de Paris installera également aussi un Conseil parisien des mobilités qui se réunira le 27 avril prochain. Nous travaillerons, pour ce qui est de la trajectoire 2024 et 2030, avec les constructeurs, avec les énergéticiens, avec tous les acteurs de la mobilité sur cette mobilisation pour la transition énergétique.

Je dirai à M. LE RESTE et à Mme SIMONNET qui ont souligné l'importance d'avoir une défense et même un plan de relance national du ferroviaire que nous partageons cette volonté, que le trafic ferroviaire de passagers, de marchandises a un bilan carbone beaucoup plus favorable que le transport routier et le transport aérien, que c'est un mode de transport qui doit être développé et non amputé de certaines lignes jugées pas assez rentables. Il est essentiel de maintenir ces lignes secondaires car elles alimentent le réseau principal et contribuent aussi à l?aménagement du territoire. Nous rappelons donc l'enjeu du transport ferroviaire dans le v?u de l'Exécutif.

Je termine, Monsieur le Maire, je suis désolé, mais je donne quand même des réponses aux élus qui sont intervenus, je pense que c'est important de le dire dans le débat. Il y a des v?ux, le v?u n° 127 du groupe les Républicains qui demande la mise en place d'aides à l?acquisition de véhicules propres pour les particuliers, auquel on ne peut donner d'avis favorable. Des aides de l'Etat et de la Métropole du Grand Paris existent déjà et nous souhaitons davantage inciter les particuliers à changer leurs comportements de mobilité. Nous installons des points de recharge pour les véhicules électriques et nous avons également des aides pour les professionnels de la livraison qui ont besoin de leur véhicule pour exercer leur métier. Ce sont aussi des aides que nous étendons auprès des chauffeurs de taxi. Vous me permettrez - j'en ai encore pour une minute - de dire à Mme BOILLOT qu'il n'y a pas d'aides régionales non plus. Pourquoi la Région ne proposerait-elle pas d?aider aussi les particuliers dans cette transition énergétique pour ce qui est des véhicules des particuliers ? Je terminerai en disant que le Plan Climat trace un chemin. Je tiens, moi aussi, à saluer le travail remarquable, transversal, de co-construction avec de nombreux partenaires qui a permis d'aboutir à ce plan stratégique doté d'une vision à la fois globale, cohérente et volontariste pour faire de Paris une ville à la fois résiliente et qui aura su s'adapter au changement climatique qui, nous le savons tous, est à n'en pas douter le plus grand défi de notre siècle. Merci.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci beaucoup pour cette réponse très complète de 22 minutes de l'Exécutif.

Mais nous devons maintenant procéder au vote sur 18 v?ux, donc il fallait bien en parler un minimum.

D?abord, l'amendement est-il accepté ? Très bien. Un avis favorable avec amendement.

Je mets tout d'abord aux voix, à main levée, le v?u n° 116 du groupe Ecologiste de Paris, ainsi amendé avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u amendé est adopté. (2018, V. 118).

En réponse aux v?ux nos 118 à 126, l?Exécutif a déposé un v?u n° 126 bis. Je vais demander pour chaque v?u s'ils sont retirés, ou maintenus au vote.

Le v?u n° 118 du groupe Communistes est-il maintenu ? Retiré. Très bien.

Le v?u n° 119 des groupes Démocrates et Progressistes et Parisiens, Progressistes, Constructifs et Indépendants est-il maintenu ? Il est maintenu.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 119 avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

On va compter. Levez bien la main, s'il vous plaît.

7 pour.

Qui est contre ?

Le v?u est rejeté.

Je pense que c'est clair.

Le v?u n° 120 du groupe les Républicains et Indépendants est-il maintenu ? Oui.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 120 avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est rejeté.

Tous les v?ux sont défavorables, il y a une demande de retrait globale au profit du v?u n° 126 bis de l'Exécutif.

Le v?u n° 121 du groupe les Républicains et Indépendants est-il maintenu ? Il est maintenu. Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 121 avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est rejeté.

Le v?u n° 122 du groupe UDI-MODEM est-il maintenu ? Oui. Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 122 avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est repoussé.

Le v?u n° 123 du groupe UDI-MODEM est-il maintenu ?

M. Eric AZIÈRE. - Je vais juste dire un petit mot sur les v?ux nos 123, 124 et 125 qui sont repris dans le v?u de l'Exécutif. Le v?u de l'Exécutif reprend les v?ux du groupe, c'est un peu systématique, mais je voulais me plaindre un peu du vampirisme de l'Exécutif quand les v?ux des groupes sont bons et qu'ils sont repris systématiquement dans la voiture balai.

Cela fait partie de notre esprit constructif dans l'opposition, mais c'est un peu frustrant de nous sentir dépossédés ainsi de nos v?ux.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Les v?ux nos 123, 124 et 125 sont retirés. Merci beaucoup.

Le v?u n° 126 du groupe Ecologiste de Paris est-il maintenu ? Non.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 126 bis de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est adopté à l'unanimité. (2018, V. 119).

Le v?u n° 127 du groupe les Républicains et Indépendants est-il maintenu ? Oui, avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 127.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est repoussé.

Le v?u n° 128 du groupe Démocrates et Progressistes est-il maintenu ? Non. Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 129 du groupe UDI-MODEM amendé avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u amendé est adopté à l'unanimité. (2018, V. 120).

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 130 du groupe UDI-MODEM avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est adopté à l'unanimité. (2018, V. 121).

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 131 du groupe UDI-MODEM avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est adopté à l'unanimité. (2018, V. 122).

En réponse au v?u n° 132, l'Exécutif a déposé un v?u n° 132 bis, le v?u n° 132 est-il maintenu ? Oui.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 132 avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est repoussé.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 132 bis de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est adopté à l'unanimité. (2018, V. 123).

Et je mets enfin aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 54.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2018, DEVE 54).

Je vous remercie.