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Mars 2018
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DGRI 19 - Subvention de 75.000 euros et convention avec le Comité international de la Croix-Rouge pour une aide d'urgence en Syrie.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2018


 

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DGRI 19 relatif à l'attribution d'une subvention de 75.000 euros et d'une convention avec le Comité international de la Croix-Rouge pour une aide d'urgence en Syrie.

Mme BERTHOUT, M. BONNET-OULALDJ puis M. Jérôme GLEIZES auront la parole.

Madame BERTHOUT ?

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Madame la Maire, quelques mots pour dire que, bien évidemment avec mon groupe, nous voterons l'attribution de cette subvention, parce que si notre rôle n'est pas d'adopter une position concernant le conflit syrien, la Ville de Paris, capitale du pays des droits de l'Homme, ne peut rester passive face à la souffrance d'un peuple en guerre depuis trop d'années maintenant. Les scènes d'exode des populations civiles de l'enclave d'Afrin et celle de Ghouta sont insupportables. L'intensité des combats laisse craindre aujourd'hui, plus que jamais, un drame humanitaire sans précédent. Je dois dire que depuis sept ans, la guerre en Syrie, qui a fait au moins 350.000 morts, reconnaissons-le, s'est passée aux yeux du monde dans une quasi-indifférence. Le Comité international de la Croix-Rouge est aujourd'hui malheureusement l'un des seuls acteurs humanitaires à pouvoir accéder de manière opérationnelle à ces zones. Je voudrais souligner l'exceptionnel engagement de ces équipes de bénévoles qui ne reculent devant aucun danger, dans l'unique espoir de secourir et de sauver des vies humaines. Je le redis, nous nous associons à ce v?u de l'Exécutif et nous votons sans aucune hésitation l'attribution de cette subvention.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci, Madame BERTHOUT.

Monsieur BONNET-OULALDJ ?

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Madame la Maire, mes chers collègues.

Ce geste de fraternité que nous allons accomplir dans un instant nous a tous touchés par la situation des populations civiles, premières victimes de la guerre qui se déroule actuellement en Syrie.

Des images terribles des bombardements de la Ghouta et d'Afrin, une situation politique et militaire inextricable où les grandes puissances - Etats-Unis, Russie et même la France - mènent une guerre par procuration.

La Turquie, changeant d'alliés en cours de bataille, a pénétré en territoire syrien et mène avec une rare violence des attaques contre les Kurdes dans la région d'Afrin.

Nous condamnons fermement le gouvernement turc et le Président ERDOGAN qui, durant ce conflit, n'a de cesse de réduire à néant la résistance kurde, alors que les Kurdes ont joué un rôle déterminant dans la lutte contre Daesh, et plus largement contre le terrorisme et l'obscurantisme.

Depuis, l'armée turque est entrée dans la ville d'Afrin. Des milliers de Kurdes fuient devant l'armée d'ERDOGAN.

Voilà la situation d'aujourd'hui avec un pays-membre de l'O.T.A.N. qui soutient de fait Daesh contre les Kurdes.

Nous l'avons déjà dit, la seule solution durable qui vaille, c'est la solution politique et les négociations diplomatiques. Les grandes puissances devraient aller dans ce sens et c?est l'hypocrisie qui consiste à dire qu?elles soutiennent la paix, tout en armant des groupes ou des gouvernements sur place. Sans attendre que cesse ce fracas des armes, que l?on permette aux convois humanitaires de parvenir au plus près des populations : c'est le sens de l'aide que nous apportons à la Croix-Rouge. La paix doit être notre unique objectif. Je vous remercie.

(M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, remplace Mme Colombe BROSSEL, au fauteuil de la présidence).

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Monsieur le Président.

M. Jérôme GLEIZES a la parole.

M. Jérôme GLEIZES. - Merci, Monsieur le Maire.

Ce projet de délibération d'urgence est la bienvenue pour plusieurs raisons. La première, c'est rare qu?on lie les deux conflits, celui de la Ghouta et celui d?Afrin. Souvent, donc, on oppose un conflit à l'autre ou on ne parle que d'un conflit et pas de l'autre.

Le conflit à la Ghouta, c'est l'armée de Bachar el-Assad avec les Russes contre l'armée libre syrienne. A Afrin, c'est la Turquie, membre de l'O.T.A.N., avec des forces issues d'Al-Qaida. Et d'ailleurs, à ce sujet, Mme la Maire a parlé, ce matin, d'attentat à Ouagadougou fait par l'Etat islamique. Non, ce n?est pas l?Etat islamique, c?est Al-Qaida qui l?a reconnu. En Syrie, avec la Turquie, membre de l'O.T.A.N., des forces alliées à Al-Qaida participent aux combats contre les populations kurdes, mais pas uniquement Kurdes. Il y a aussi des Yézidis, quelques Arméniens et quelques chrétiens qui restent dans cette zone.

Il est important, donc, ce sont deux conflits de nature différente mais qui ont les mêmes victimes - des civils - qui n'ont pas choisi, qui sont entre plusieurs feux, malheureusement, qu'on leur apporte notre soutien.

J'aurai une question par rapport à cela : quelle garantie a-t-on aujourd'hui que la Croix-Rouge, la Croix internationale donc, a la possibilité d'entrer dans ces zones ? Parce que, malheureusement, ce qu'il faut savoir aujourd'hui, c'est que le droit de la guerre n'est pas respecté. Tout le monde connaît le statut particulier de la Croix-Rouge qui, notamment lors de la Seconde Guerre mondiale, a pu faire des choses qui étaient interdites à beaucoup d'associations et qui a permis de sauver beaucoup de personnes. Aujourd'hui, dans ces deux zones, les organisations n'ont pas accès, y compris la Croix-Rouge. Quelles sont les garanties de pouvoir y accéder puisque Afrin, aujourd'hui, est totalement fermée, que la Ghouta a été coupée en trois morceaux, et que, donc, on a beaucoup d'incertitudes et d'inquiétudes sur la capacité à agir ? Parce que c'est cela l'autre élément très inquiétant et très hypocrite de la situation : c'est qu'aujourd'hui, devant les caméras du monde entier, on tue en toute impunité. Plusieurs milliers de personnes ont été assassinées et on continue à ne rien dire.

Heureusement, donc, que Paris a décidé de soutenir la Croix-Rouge. Merci de votre attention.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Jérôme GLEIZES.

Pour répondre aux intervenants, la parole est à M. SANCHES RUIVO.

M. Hermano SANCHES RUIVO. - Merci, Monsieur le Maire.

Je tiens à remercier les orateurs des différents groupes pour leurs interventions qui permettent à notre Conseil de s?exprimer sur cette proposition d?aide d'urgence au Comité international de la Croix-Rouge.

Chers collègues, la guerre en Syrie se poursuit tragiquement et ce conflit insupportable a fait plus de 400.000 morts, selon l?O.N.U., depuis 2011. Cela a été rappelé : les combats se sont particulièrement intensifiés ces dernières semaines, dans la zone de la Ghouta, où le régime de Damas continue à bombarder sans relâche les habitations, causant la mort de plus de 1.000 civils. Dans le gouvernement d'Afrin, où l'offensive de l'armée turque contre les forces kurdes a déjà fait, à ce jour, plus de 400 morts parmi les civils.

Le Comité international de la Croix-Rouge est, avec l?U.O.S.S.M., l'un des seuls acteurs humanitaires en mesure de traverser les lignes de front pour accéder à ces zones afin d?acheminer l?aide humanitaire aux civils assiégés. Cette association reconnue nous sollicite aujourd'hui pour un soutien financier et pour son programme d'appui aux populations syriennes, y compris dans les zones de la Ghouta et d'Afrin. Les activités proposées par le C.I.C.R. dans son projet concernent différents aspects essentiels d?assistance aux populations sur place : l?assistance médicale aux blessés de guerre, l'amélioration de la sécurité alimentaire, le rétablissement des services essentiels d'accès à l?eau, à l'assainissement et à l'habitat.

Mes chers collègues, en soutenant la mise en ?uvre de ce projet extrêmement sérieux, nous avons l'opportunité de marquer une nouvelle fois la solidarité de Paris de manière concrète envers le peuple syrien, victime de ce conflit. C'est pourquoi je vous propose de répondre favorablement à cet appel de fonds et d'attribuer une subvention de 75.000 euros au C.I.C.R. pour son action en Syrie au titre de l'aide d'urgence de l'année 2018. Merci.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Hermano SANCHES RUIVO.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DGRI 19.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2018, DGRI 19).