Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Mars 2018
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

2018 DVD 55 - DFA - Marché Vélib’. - Autorisation de remboursement du solde du compte courant des abonnés Velib’ le demandant. Vœu déposé par le GEP relatif au dédommagement des abonnés Vélib'. Vœu déposé par le groupe LRI relatif à une nouvelle compensation des abonnés Vélib'. Vœu déposé par le groupe LRI relatif à la composition du comité des usagers de Vélib'.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2018


 

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DVD 55 et les v?ux rattachés nos 156, 157 et 158 relatifs au marché Vélib'. Autorisation de remboursement du solde du compte courant des abonnés Vélib' le demandant.

La parole sera successivement donnée à Eric AZIÈRE, Maud GATEL, Florence BERTHOUT, Julie BOILLOT, Jérôme DUBUS, Jean-Noël AQUA, David BELLIARD, et Danielle SIMONNET.

M. Eric AZIÈRE. - Merci, Monsieur le Maire. Je vais essayer de changer de tonalité sur ce dossier, qui a été largement commenté. Soyons constructifs, comme c'est la vocation de notre groupe.

Sur Vélib' tout a été dit, tout a été écrit. On ne va pas agonir "Smoovengo" de critiques ou de reproches, les regrets à jamais et nos larmes n'y pourront rien changer. Au terme d'une procédure de marché dont il nous appartiendra plus tard de faire la transparence, c'est "Smoovengo" qui a été choisi comme délégataire, et ce choix qui demeure pour la plupart des commentateurs, un étonnement général compte tenu des états de service de cette société, s'impose à nous. Il faut être lucide, nous sommes maintenant engagés sur une voie sans retour avec "Smoovengo", il faut en finir avec la comédie de la patate chaude.

Dans la série, "ce n'est pas moi c'est l'autre", on vient de vivre un épisode extraordinaire. La Mairie de Paris se défausse de sa responsabilité sur le syndicat Autolib' Vélib' Métropole, dont la gestion administrative du projet est mise en cause par "Smoovengo". C'est d'ailleurs assez rare qu'un prestataire accuse son client de rares insuffisances. Dans ce jeu de dominos, "Smoovengo" colle au mur un nombre de personnes impressionnant. "JCDecaux", qui ne démonte pas assez vite ; "Enedis" et ses dysfonctionnements ; "Evesa" qui n'aurait pas transmis les éléments nécessaires, jusqu'au climat qui entre la neige et le froid a paralysé le système informatique des totems de Vélib'. Cela me rappelle une manifestation de Jalons contre l'hiver, "l'hiver assassin, le froid complice".

Tout ceci n'est pas digne de Vélib', que nous avons aimé. Je vous propose de revenir à la priorité des priorités, c'est-à-dire les Parisiens. Nous ne pouvons pas changer de prestataire, c'est la réalité. Nous ne pouvons pas en changer sans mettre fin pour plusieurs années à Vélib'.

Aussi, je vous propose de rentrer maintenant dans une attitude constructive et responsable. Premièrement, il faut tout faire pour qu?avant l'été nous puissions offrir aux Parisiens un service Vélib' définitivement rénové et opérationnel. Pour y parvenir, notre vigilance doit rester maximum. C'est la raison pour laquelle je demande à Christophe NAJDOVSKI de maintenir les réunions qu'il a initiées avec les élus, la directrice générale du syndicat, les représentants de "Smoovengo", qui sont de bonnes réunions où l'on se dit tout, les yeux dans les yeux. Je pense qu'un rythme tous les 15 jours ou toutes les 3 semaines permettrait de mesurer l'avancement des travaux dans le seul souci du progrès de la reconstruction du réseau.

Par ailleurs, pour notre part, nous ne critiquerons plus la contribution technique de la Ville, le coup de pouce donné par les services, considérant que la finalité justifie les moyens. On réglera nos comptes plus tard sur la régularité de cette intervention, et sur son coût. Là encore, priorité au réseau, jusqu'à la restauration intégrale du service. Mettons un bâillon à nos pulsions politiciennes. Il y a ce matin 445 stations Vélib' ouvertes dont une centaine sous réseau électrique. Continuons le combat.

La deuxième priorité est pour nous l'indemnisation des abonnés. Elle doit, comme ce projet de délibération le prévoit, compenser les abonnés anciens qui ne veulent pas adhérer au nouveau service, mais aussi tous les abonnés qui ont perdu pratiquement 6 mois d'abonnement opérationnel à cause de ces ratés.

Cette politique d'indemnisation pour cause de préjudice subi me paraît le b.a.-ba de la récupération des 150.000 abonnés qui n'ont pas encore effectué leur changement de dossier, sceptiques qu'ils sont devant l'absence de service effectif.

Je propose au syndicat de faire enfin des propositions concrètes et conséquentes d'indemnisation pour les abonnés de Vélib'.

Troisième point, par un v?u que nous présentons, nous pensons au groupe UDI-MODEM qu'il faut maintenir le principe d'une flotte de vélos mécaniques importante dans l'offre de service Vélib'. Evidemment, on pourra faire évoluer l'offre de vélos électriques, mais en fonction de la réalité de la demande, nous faisons pour cela confiance au syndicat, pour que l'aspect sportif ne soit pas sacrifié sur l'autel de la rentabilité commerciale de l'abonnement électrique. On voit très bien que pour se sortir des difficultés actuelles et rattraper le déficit commercial important, la tentation suprême pourrait être de faire en sorte que l'offre de Vélib' devienne à 50, 70, 80, ou un jour 100 % électrique. Il y aurait là une perte de substance dans l'offre de Vélib'.

Enfin, je voudrais combattre une idée reçue, exprimée ici et là, qui est de dire "Ne vous faites pas de bile, après 6 mois de fonctionnement du nouveau Vélib', les Parisiens auront oublié toutes ces difficultés".

Je vous mets en garde contre cette illusion, si vous pensez que les Parisiens n'ont pas de mémoire, que ce sont des lapins crétins, que l'on efface leurs souvenirs comme dans "Men in black", et qu'aux prochaines élections ce fiasco administratif, politique et industriel sera sans conséquence sur le jugement qu'ils porteront sur votre gestion, vous vous trompez. Et comptez sur nous pour le leur rappeler.

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - Merci.

Madame GATEL ?

Mme Maud GATEL. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, le projet de délibération qui nous est présenté ce matin concerne un point très particulier : les modalités de remboursement des abonnés Vélib' n'ayant pas accepté les conditions du nouveau service.

Finalement, c'est l'illustration parfaite du fiasco du Vélib'. Concrètement, de quoi parle-t-on ? Pour les abonnés ayant choisi de se réabonner, le crédit financier dont ils disposaient était transformé en bonus temps dans le cadre du nouveau service. Je ne sais pas si beaucoup des abonnés Vélib' en avaient conscience, je l'ai appris en lisant ce projet de délibération.

Ceux qui ont décidé de ne pas se réabonner, ou n'ayant pas accepté les conditions générales d'utilisation sont en droit de réclamer le remboursement de ce crédit, et c'est ce dont parle ce projet de délibération.

Un projet de délibération symptomatique du fiasco Vélib'.

Il arrive très en retard, puisque nous sommes en mars et un certain nombre d'abonnés auraient pu prétendre à ce remboursement depuis plusieurs mois déjà.

Une absence d'anticipation totale : ces dispositions auraient naturellement dû figurer dans le cahier des charges.

Et puis, aucune information, puisque je doute encore une fois que beaucoup des abonnés du nouveau service ou de l'ancien service aient été au courant de cette disposition. Et enfin, une totale absence de prise en compte de l'utilisateur du service, puisque, concrètement, pour l'utilisateur concerné, en moyenne, on parle de 5 euros par utilisateur. Pour prétendre au remboursement, il faudra - je cite : "L'usager effectuera la demande écrite à la Ville de Paris en remplissant un formulaire type dont il renseignera les données qui suivent : numéro d?abonné, âge, civilité, nom, prénom, adresse, ville, code postal, IBAN et BIC du compte bancaire. Puis l'usager attestera le montant du crédit sur le compte courant dont il demande le remboursement. Ce montant sera vérifié suite à l'émission du bilan certifié adressé par le gestionnaire de la convention de mandat, la SOMUPI, puis par le syndicat pour les autres clauses". Si quelqu'un a compris, vous m'expliquerez.

En tout cas, on est très loin de la simplicité. Or, ce n'est pas du tout anecdotique. Cela concernerait environ 128.000 abonnés pour un montant moyen de 5 euros, soit un total de 640.000 euros. Une somme dont la Ville dispose aujourd'hui. Si ce montant n'était pas une goutte d'eau par rapport au trou budgétaire de la Ville, on pourrait presque penser que vous complexifiez à dessein les choses pour en tirer profit, mais je n'irai pas jusque-là. Alors, faisons en sorte, au moins, que cette somme qui, malheureusement et on le sait, sera très peu réclamée par les utilisateurs, pourtant en droit de le faire, bénéficie à la pratique du vélo dans la Capitale.

Comme décisionnaire ultra-majoritaire au sein du syndicat mixte Vélib? Métropole, il est temps que vous preniez vos responsabilités.

Sur le déploiement des stations, bien sûr, l'opérateur a annoncé un service effectif au mois de juin. Donc, faites en sorte de vous assurer que nous ne dépassions pas ces six mois de retard.

Sur les conditions de remboursement, à l'initiative de notre groupe, nous avons fait voter par cette Assemblée le principe du remboursement intégral des abonnés Vélib?. Malheureusement, aujourd'hui, on ne parle que de deux ou trois mois alors que nous en demandions six, mais c'est déjà une première étape. En revanche, il ne serait pas acceptable qu'une procédure aussi complexe que celle que nous étudions aujourd'hui soit envisagée pour les clients Vélib?. Le remboursement doit être simple, automatique, sans qu?aucune démarche de la part des abonnés ne soit demandée. Cela ne peut pas être le parcours du combattant que ce projet de délibération décrit.

Responsabilité également sur l'indigence du service client actuel : un service client injoignable, des erreurs à n?en plus finir, l'impossibilité de résoudre certains problèmes basiques, des courses indûment facturées. Vous devez exiger de l'opérateur que le service soit à la hauteur de la promesse. Et puis, sur l?information - j?en ai déjà parlé - totalement insuffisante aujourd'hui : de la communication chantier aux informations transmises aux abonnés, les abonnés sont laissés totalement sans information.

La gestion catastrophique de ce dossier Vélib' a des conséquences sur le nombre d'abonnés au service. On estime que seuls 140.000 utilisateurs sur les 290.000 abonnés en décembre 2017 se sont réabonnés. Donc, cela a évidemment des conséquences sur le développement de la pratique cycliste à Paris. Ce fiasco a des implications tangibles sur une politique publique que nous avons tous unanimement soutenue. Il est temps d'arrêter l'amateurisme et de prendre enfin vos responsabilités. Je vous remercie.

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - Merci.

Je donne la parole à Mme BOILLOT, qui fera également la présentation des v?ux n° 157 et n° 158.

Mme Julie BOILLOT. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, les semaines se suivent et la transition est toujours aussi laborieuse. Tout le monde se passe la patate chaude, se tire dans les pattes, mais une chose est certaine : le Vélib' est rare dans nos rues. Pas étonnant : au dernier pointage de "Smoove", sur un maillage contractuel de 1.010 stations, 98 stations sont définitivement opérationnelles et 340 sont connectées au système temporaire des batteries. Alors, surtout, ne minimisons pas l'impact néfaste de ce démarrage loupé de Vélib? 2. Les Parisiens sont attachés à Vélib? - et n?y voyez aucune malice de ma part -, mais quelle réalisation visionnaire de Bertrand DELANOË d'avoir développé ce Vélib? dans nos rues ! Il est désormais un symbole et nous n'imaginons plus nos rues sans lui.

Pourtant, le désamour entre Vélib' et les Parisiens n'est pas loin. La Maire de Paris aura réussi ce tour de force d'affaiblir le symbole parisien. Le présent projet de délibération en est une preuve supplémentaire, mes chers collègues. 128.000 abonnés de Vélib? originel ne veulent pas migrer vers Vélib' 2 sur les 290.000 décomptés au 31 décembre 2017. C'est un véritable camouflet. Et, au fond, c'est toute la gestion de Vélib' 2 qui fera l'objet de cas pratiques dans les masters de droit public et de communication politique : de la rédaction de l'appel d'offres à l'exécution du contrat, rien ne roule.

Voilà un simple rappel des faits les plus éloquents. Un appel d'offres publié par le syndicat Autolib' Vélib' Métropole avec trois mois de retard, avec un cahier des charges techniques incomplet, en particulier s'agissant de la partie électrique. Six semaines de retard de la part du S.A.V.M., encore, pour choisir le design des bornes et des vélos. "Smoove", qui a interrompu - on ne sait pourquoi - les travaux, le temps des négociations avec les personnels des "Cyclocity", alors même que, je le rappelle, ils n'interviennent que sur le rééquilibrage des stations et la maintenance de la flotte. Une absence totale de coordination des acteurs s'agissant de l'électrification des stations, sachant que chaque station, qui est différente, nécessite des solutions spécifiques.

L?épineux problème de l?électrification a créé, par ricochet, une nouvelle situation de crise. Faute de pouvoir être électrifiées, les stations ont été branchées sur des batteries, système qui a rendu instable tout le système informatique. Impossible, donc, de prendre ou de rendre des vélos. Quand, par miracle, c'est le cas, le système n'enregistre souvent pas la restitution et laisse filer les pénalités financières pour l'usager. Enfin, cerise sur le gâteau, le syndicat n'a toujours pas communiqué à "Smoove" l'adresse définitive de près de 200 stations, ce qui veut dire : pas d'adresse, pas de travaux de génie civil.

On entend la défense de la Mairie de Paris par la voix de la Maire et de l'adjoint, Christophe NAJDOVSKI. Vous vous dédouanez de toute responsabilité en refilant le bébé au S.A.V.M. Enfin, soyons honnêtes et sérieux : la Ville de Paris dispose de 80 % des voix au syndicat puisque celles-ci sont réparties en fonction du nombre de vélos déployés dans chaque commune. Vous avez beau jeu de dire que le syndicat regroupe 68 communes, unies face au fiasco.

Dans les faits, la Mairie de Paris a tout pouvoir pour décider, et c?est tant mieux puisque nous sommes les principaux intéressés. Alors, assumez.

J'en terminerai par là. Soyez honnêtes avec les Parisiens sur le calendrier du rétablissement complet du service. A ce jour, nous n'en savons rien. Il y a encore trop d?inconnues. Le prestataire nous dit, dans son seul et unique communiqué de presse, par ailleurs au vitriol pour le syndicat, que la totalité du service sera déployé cet été et, à Paris, a priori en juin. Pourtant, la Maire de Paris relaie, dans ses prises de parole publique, un calendrier raccourci à fin avril. Pourquoi ce déni de réalité ? Je préfère croire à une méconnaissance relative du dossier qu'à une volonté de duper le Parisien.

Sur ce dossier Vélib' 2, tout est approximation, louvoiement et petites lâchetés. La dernière déclaration bravache du DG de "Smoove", qui n'entend pas payer les 3 millions d'euros de pénalités, est juste inadmissible. Les Parisiens ne s?y trompent pas. Ils jugeront sur les actes - Eric avait raison - et non sur des discours, aussi ressassés soient-ils.

Prenez vos responsabilités, allez de l'avant. Commençons par indemniser les abonnés en les remboursant du coût de l'abonnement mensuel tant que les 200 stations contractuelles ne seront pas opérationnelles. Mieux vaut trop d?informations que pas assez. Proposons donc de multiplier les réseaux d'opinion en joignant au comité des usagers les représentants des principales associations cyclistes parisiennes. Mes chers collègues, il est urgent que Vélib' redevienne opérationnel. Il est urgent que nous tournions cette page calamiteuse et que Vélib' retrouve sa superbe. Je vous remercie.

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Jérôme DUBUS.

M. Jérôme DUBUS. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, ce projet de délibération est vraiment le faire-part de décès de Vélib' 1. Nous ne passerons pas l'éponge sur ce décès, car il y a des responsables. Je veux bien être constructif, comme l'a dit Eric. Je veux bien que, pour le bien des Parisiens, nous avancions et que ces stations soient, le plus vite possible maintenant, mises en place, mais il y a des responsables qui doivent rendre des comptes. Aujourd'hui, ils se cachent. Les responsables, qui sont-ils ?

D'abord, la Ville de Paris et son Exécutif, qui sont majoritaires dans le syndicat Autolib' Vélib'. C'est vous qui faites la pluie et le beau temps dans ce syndicat. Arrêtez de dire que les communes avoisinantes ont voté pour, etc. Vous avez tout fait pour choisir ce prestataire, dont on savait très bien qu?à Montpellier, il avait déjà été déficient en 2013. Il y a un rapport de la Chambre régionale des comptes du Languedoc-Roussillon qui est accablant pour l'installation de l'équivalent de Vélib' à Montpellier. Vous en avez fait fi.

Je suis très étonné de ce qui se passe, car, mardi matin, j'ai écouté Mme HIDALGO sur France Bleu. Elle a été interrogée sur Vélib'. Qu'a-t-elle dit ? Elle nous a redit encore que, fin avril, début mai - et vous pourrez écouter chacun le script - les problèmes seraient résolus.

Tout le monde sait que c?est faux, tout le monde le sait depuis le début : fin avril début mai, il n?y aura pas la moitié des stations ouvertes.

Quand je dis la moitié, je compte selon "Smoovengo", qui ment en permanence. Non seulement les chiffres qui sont avancés par "Smoovengo" sont faux mais, en plus, quand on regarde précisément ce qu?il se passe dans les stations, toute la partie électrifiée est souvent défaillante. Cela a été rappelé tout à l?heure avec de nombreuses erreurs de conception du Vélib? lui-même. On ne peut pas le décrocher, le panier est trop petit, on facture des heures comptées qui n?ont pas été consommées par les usagers. Bref, c?est un fiasco technique total.

Alors "Smoovengo" n?est responsable de rien. C?est la faute à pas de chance ! C?est la faute à Jean-Claude DECAUX qui n?a pas libéré ses stations. C?est la faute au gel et à la neige. C?est la faute à "Enedis". C?est la faute au syndicat Autolib? Vélib?, avec lequel il a des contentieux futurs - ne vous y trompez, cela finira mal, devant la justice. Vous avez vu la violence avec laquelle il a attaqué son donneur d?ordre, c?est absolument hallucinant. C?est la faute au Code des marchés publics. C?est la faute à pas de chance !

"Smoovengo" ne veut pas s?expliquer. Il conteste le montant des pénalités qui lui sont attribuées, alors qu?elles sont largement inférieures à ce qu?ils devraient leur appliquer : on est à 3 millions d?euros par mois depuis trois mois, donc 1 million d?euros par mois, alors qu?on devrait leur appliquer au moins 2 millions. Si on comptait très exactement le nombre de vélos qui sont disponibles et non pas le nombre de stations ouvertes, on aurait vraiment des surprises car toute la flotte électrisée ne marche pas ou est défaillante. Tout ceci donne l?impression d?une espèce de débâcle. On a un service public qui marchait à peu près et voilà qu?il est par terre.

Je suis très surpris du silence de l?Exécutif et du silence des groupes qui composent l?Exécutif. Aujourd?hui, des gens manifestent dans la rue pour la défense, disent-ils, du service public. Eh bien, nous, nous défendons ici la continuité du service public Vélib? et je suis étonné du silence assourdissant des groupes de la majorité.

M. BONNET-OULALDJ, l?insurgé qui nous donne des leçons, matin, midi et soir, des leçons de morale, que dites-vous de Vélib? et de son fiasco ? C?est l?insurgé en peau de lapin sur Vélib?, M. BONNET-OULALDJ !

M. BELLIARD qui veut 20 % de déplacements à vélo en 2020, que dites-vous sur le fiasco de Vélib? ? J?ai du mal à vous entendre. Silence assourdissant.

M. FÉRAUD, qui est le béni-oui-oui de l?Exécutif, que dit-il sur Vélib? ? Rien, je n?entends rien ! Vous êtes silencieux, vous êtes des béni-oui-oui, c?est lamentable.

Alors il va falloir vous expliquer. L?Exécutif, le syndicat, "Smoovengo", les groupes de la majorité, expliquez-vous une bonne fois pour toutes. Arrêtez de vous passer la patate chaude. Les Parisiens attendent que vous preniez vos responsabilités.

Je vous remercie.

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - Vous allez pouvoir être satisfait puisque la parole est à M. Jean-Noël AQUA.

M. Jean-Noël AQUA. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, devant tant de naïveté de la précédente intervention, j?étais bouche bée. Mais un sujet perdure depuis quelques Conseils de Paris, celui du service public Vélib?.

Je ne serai pas trop long, j?espère, mais nous avions déjà dit beaucoup lors de nos interventions sur la passation de marchés publics et le changement de prestataire. Peut-être que certains auraient besoin de sonotones pour mieux entendre ce que l?on peut dire, mais reprenez nos interventions et vous verrez ce que l?on pense, en fait. Nous avions voté contre la passation du marché au prestataire "Smoovengo".

Pour ceux qui ne font pas des effets de manche mais qui regardent la réalité crue de l?action politique. Nous avions à ce moment-là prédit le naufrage auquel nous assistons depuis maintenant malheureusement plusieurs mois.

Naufrage qui a en premier lieu concerné, et c?était notre préoccupation première, les salariés de "Cyclocity" que nous étions allés défendre lorsqu?ils venaient manifester et lorsque certains, qui font des effets de manche, restaient bien au chaud ici au Conseil. Ils étaient plus de 300 salariés, dont seuls 130 ont été repris et ont mené une importante lutte pour faire valoir leurs droits et conserver leur emploi, ce qui me semble être la chose la première à dire dans ce sujet.

Naufrage qui a aussi concerné les Parisiennes et Parisiens qui avaient l?habitude de prendre un Vélib? pour circuler dans Paris. Je dis bien qui avaient, car aujourd?hui il est tellement difficile d?emprunter un Vélib? que de nombreux usagers se détournent du service. Il faut d?abord trouver une station ouverte contenant des vélos. Il faut ensuite réussir à décrocher le vélo sans se heurter à un "bug" informatique. Il faut trouver une station en fonctionnement pour reposer le vélo, une fois le trajet terminé. Il faut enfin avoir de la chance et ne pas avoir bloqué les nouvelles accroches qui ne sont pas exactement en phase avec les accroches sur les vélos et qui ont été installées en vitesse pour précisément répondre au problème du développement.

Le nombre d?appels sur la plateforme et les difficultés qui remontent sur les réseaux sociaux attestent de toutes ces difficultés. Ne nous étonnons donc pas que certains utilisateurs et utilisatrices de ce service aient renoncé à renouveler ou à conserver leur abonnement. Les retards de déploiement et les augmentations des tarifs n?étaient pas pour encourager leur fidélité.

Dans ce contexte, le projet de délibération DVD 55 nous autorise à les rembourser, cela nous semble pleinement justifié et nous voterons donc pour.

Nous voterons également pour le v?u déposé par nos collègues du groupe Ecologiste de Paris qui vise à dédommager les utilisateurs et utilisatrices du service Vélib?. Leur rembourser l?abonnement du mois de mars est la moindre des choses au regard des difficultés de déploiement du service.

Trois mois après la fin du marché Vélib? 1, nous pouvons constater que le changement de prestataire a mené à une rupture dans la continuité du service public. On pointe plusieurs responsables du doigt, du côté du syndicat mixte Autolib?, Vélib? et du prestataire "Smoovengo", la faute de l?ancien prestataire qui ne démonterait pas assez rapidement les stations, celui de la terre trop dure, pas assez meuble qui complique l?installation. On parle aussi de difficultés liées au raccordement des bornettes au réseau électrique notamment lorsqu?il y a du mobilier urbain à proximité. Les sols seraient trop encombrés, "Enedis" pas assez réactif, etc.

Les difficultés viennent sans doute de tous ces facteurs cumulés. Pour autant, n?était-il pas possible de les anticiper ? Ce que nous craignions et que nous avions dit à l?époque se réalise malheureusement. "Smoovengo", la petite "start-up" de Montpellier, s?avère incapable de déployer le service Vélib? qui lui a été confié lors du renouvellement du marché.

Pardonnez-moi, mais je ne peux pas faire autrement que de déplorer ce qui peut ressembler à de l?improvisation. Tout ceci ne nous semble pas assez sérieux. Tout ceci nous amène à poser une nouvelle fois devant ce Conseil la question des délégations de service public et des marchés passés par la Ville de Paris.

On nous vante parfois les délégations de service public comme l?alpha et l?oméga de l?efficacité économique. La preuve en est, certains qui s?insurgent aujourd?hui ou prétendent s?insurger sont pourtant les premiers défenseurs de ces délégations de service public.

Arrêtons ce dogmatisme et sachons questionner la réalité : comment les marchés sont rédigés ? Comment le choix des prestataires est-il fait ? Le passage par un marché en délégation de service public signifie-t-il que nous devrions toujours aller vers le moins offrant en termes de gestion des ressources humaines ? Quel bilan en termes de service rendu aux Parisiennes et Parisiens ?

Les services publics, à l?inverse, dégagés de l?obsession permanente de rentabilité financière, offrent bien souvent un modèle où le respect social, la qualité du service aux usagers et l?efficacité économique se rejoignent. Tâchons d?engager une réflexion à ce sujet pour qu?à l?avenir de tels naufrages ne se reproduisent plus. Nous le devons bien aux Parisiennes et Parisiens. Je vous remercie.

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - Merci, Monsieur AQUA.

La parole est à M. David BELLIARD qui présentera également le v?u n° 156.

M. David BELLIARD. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, comme chacune et chacun ici, j?entends et je constate les grandes difficultés pour utiliser le système Vélib? auquel les Parisiennes et Parisiens sont attachés.

Avec raison d?ailleurs. Ce service, porté à l?époque par les écologistes, est particulièrement utile pour nombre d?entre eux et il a participé à populariser la pratique du vélo dans la Capitale. Quand je vois l?état des débats, le caractère enflammé de nos discussions, je constate que cette idée, qui était portée par mon groupe d?alors, a depuis fait son chemin et fait l?unanimité

Je ne peux évidemment aujourd?hui que me joindre aux plaintes sur les difficultés rencontrées pour la transition qui empêche l?usage du service de manière correcte depuis des semaines. Je dois bien vous dire - cela a été rappelé par nombre d?orateurs et d?oratrices -, mon agacement, moi aussi, devant la stratégie de communication de "Smoovengo" qui vient s?ajouter d?ailleurs à tout le reste et qui non seulement ne fait aucune excuse aux usagères et aux usagers, mais qui en plus cherche à se dédouaner de toute responsabilité en accusant tour à tour le Syndicat, la Ville ou encore "Enedis". Même l'U.F.C.-Que Choisir rappelle que le groupe ne peut pas se défausser ainsi de ses responsabilités.

Dans un récent courrier au directeur général de "Smoovengo", nous nous sommes d'ailleurs étonnés qu'un groupement économique constitué de très grandes entreprises se justifie en expliquant ne pas disposer de l'expertise technique pour mener à bien et dans les temps les études nécessaires au déploiement des nouvelles stations.

Si nous sommes aujourd'hui évidemment pleinement engagés pour la réussite de ce nouveau service, rappelons d'ailleurs que DECAUX avait rencontré de nombreux problèmes au moment de l'installation des stations il y a une dizaine d?années, nous avons entendu l'engagement de l'entreprise de terminer la totalité des travaux avant l'été. Comme nous l'avions d'ailleurs indiqué lors de la réunion organisée à la direction de "Smoovengo", nous voulons ce planning honnête et prudent.

Evidemment, comme cela a été dit, nous souhaitons une information et une communication claire et sérieuse qui doit être faite aux usagers.

Nous assurons notre confiance pleine et entière à l'Exécutif, et en particulier à Christophe NAJDOVSKI, cycliste convaincu, pour tout faire pour mener à bien ce projet important.

Je regrette tellement, Monsieur DUBUS, que vous vous contentiez aujourd'hui du "y'a qu'à faut qu'on". Vous êtes dans le déni de réalité. La droite, les représentants de votre groupe - je ne sais plus quel était votre groupe à l'époque - en tout cas, les représentants de votre groupe d'alors ont voté au sein du Syndicat pour ce nouveau délégataire. Pas vous, mais les représentants de votre famille politique ont voté pour ce délégataire.

Aujourd'hui, je ne comprends pas votre insulte, l'agressivité dont vous faites part sur les réseaux sociaux, du dénigrement. Je vous le dis, cela ne fait pas une bonne politique. Je ne crois pas que l'on puisse aujourd'hui utiliser les difficultés que rencontrent des milliers de personnes pour utiliser le Vélib', à des fins purement politiciennes.

Je vais terminer. Enfin je voudrais dire un mot sur le v?u que nous déposons, et notamment sur les conditions de remboursement des actuels abonnés Vélib'.

En effet, le Syndicat métropolitain a annoncé qu'ils seront remboursés pour les mois de janvier et février. Je me réjouis évidemment que les abonnés du nouveau service Vélib' obtiennent enfin gain de cause. Il faut d'ailleurs, comme cela a été rappelé par différents orateurs, que les démarches pour obtenir ce remboursement soient les plus faciles possibles.

Je termine. Nous avions plaidé en ce sens et nous continuerons de porter cette revendication, ainsi que vous pouvez le lire dans notre v?u rattaché à ce projet de délibération. Pour chaque mois où au moins 50 % des stations ne seront pas disponibles, nous exigerons le remboursement du montant de l'abonnement correspondant à cette durée, ce qui implique donc aujourd'hui un remboursement aussi du mois de mars. Merci.

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - Merci, Monsieur BELLIARD. S'il vous plaît, il y a beaucoup de brouhaha dans la salle. On n'entend pas suffisamment les orateurs.

La parole est à Mme SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, le fiasco des Vélib' était totalement prévisible. C'est d'abord et avant tout le fiasco des choix libéraux.

Etape numéro 1 : la Ville ne s'était absolument pas préoccupée de la reprise des salariés de la filiale "Cyclocity" de JC Decaux à "Smoovengo". J'aurais aimé, quand il y a eu ce scandale, qu'un peu plus d'élus de ce Conseil de Paris s'en préoccupent, parce qu'on était bien seul, élus Communistes et France insoumise, et parfois élus écologistes, à les soutenir, uniquement.

Jamais aucun autre élu, je ne vous ai jamais vu à aucune des mobilisations, aucun des rassemblements. Vous avez posé une question, quasiment à la fin des négociations, point barre, Monsieur DUBUS. Donc c'est la première chose.

Rien que dans l'écriture du cahier des charges du marché d'appel d'offres, la Ville n'avait pas exigé une disposition sur la reprise des salariés, et ne s'était pas assurée de cet élément.

Deuxième chose : la difficulté du changement des stations, des véhicules et du dispositif était-elle à ce point non prévisible ? Est-ce qu'au moment du marché, ceux qui siègent à la Commission d'appels d'offres n'étaient-ils pas en capacité d'étudier les dossiers, de se poser cette question ? L'offre de "Smoovengo" et l'offre de JC Decaux "Cyclocity" étaient-elles équivalentes ? Les structures derrière étaient-elles de nature équivalente ? Quel était le passif de "Smoovengo" ? "Smoovengo" était-elle une entreprise qui avait une énorme expérience, à taille correspondante à l'enjeu et le challenge parisiens, et même plus large que Paris, puisque nous avons étendu et élargi le problème ? Je ne pense pas.

Troisième chose : quelle information les usagers et les abonnés ont-ils eue ? Une information totalement insuffisante. Des stations en fonctionnement mal localisées ou faussement localisées, aucune communication précise aux usagers, le nombre de fois où vous n'avez pas de vélo, le nombre de fois où vous n'arrivez pas à les décrocher, où on vous compte des heures qui ne sont pas rémunérées. Ces éléments n'étaient-ils pas prévus dans le cahier des charges ?

Dernière étape : le remboursement des abonnés. On sait que nous allons être dans une situation où ce n'est pas simplement deux à trois mois, cela risque de durer jusqu'à six mois. Evidemment qu'il faut a minima exiger le remboursement de l'ensemble des abonnés, tant qu?il n'y a pas au moins 50 % des stations installées.

Mais maintenant, revenons au c?ur du sujet. Est-ce que, quand c'était JC Decaux, tout fonctionnait super bien ? A entendre les rangs des Républicains, c'était merveilleux, extraordinaire. Si on avait exigé de JC Decaux de modifier les vélos, les stations, est-ce que tout se serait passé de manière idyllique ? Je ne crois pas.

Je pense d'abord et avant tout que le vrai problème revient à la nature du statut de Vélib'. Vous auriez choisi, comme je l'ai toujours défendu, que Vélib' soit en régie directe et non pas par le biais d'une D.S.P. ou d'un marché, on n'aurait pas été dans ces situations car on aurait développé une expertise de la Ville, et donc on aurait été capable par l'expertise de la Ville, par l'ensemble de ses salariés qui auraient maîtrisé, on aurait été en capacité d'anticiper à la fois avec "Enedis" l'adaptabilité ou non des innovations que nous proposions.

Nous aurions pu également les expérimenter, les tester, les anticiper. Nous aurions pu avoir une maîtrise de l'ensemble du dispositif et, en cas de difficulté, continuer avec l'ancien système pour garantir une continuité du service public.

Dans les rangs des Républicains, je vous entends parler de la continuité du service public. Evidemment, nous y sommes très attachés, et j'espère que tous les conseillers sont attachés à la continuité du service public.

La meilleure manière de garantir la continuité du service public, c'est que le service public soit géré par une régie publique, et non pas laissé aux mains du privé et aux mains de l'incompétence. C'est complètement vrai. Donnez-moi un seul exemple de service public géré par une entreprise privée, pour lequel on se dit "c'est génial, cela fonctionne du tonnerre". Aucun.

Maintenant, concernant les pénalités, j'espère qu'elles vont être un maximum et que "Smoovengo" va payer. En vérité, c'est devant la justice que vous devriez, Ville de Paris, casser le contrat et que vous devriez, au contraire, commencer dès maintenant à penser le retour en régie publique.

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - Merci.

La parole pour répondre à l'ensemble des interventions est à Christophe NAJDOVSKI.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

La situation de Vélib' nous préoccupe tous. Alors qu?il était prévu qu'au 31 mars, la totalité des stations soient installées, nous n'en serons, dans 10 jours, qu'à environ 500 stations, dont environ 450 sur Paris.

Sur le territoire parisien, nous atteindrons ainsi seulement un peu moins de la moitié des stations initialement prévues. C'est très insuffisant. Nous avons clairement trois mois de retard. Ce sont trois mois de trop, et nous ne pouvons que déplorer cette période de transition trop longue, qui prive les Parisiens et les Franciliens d'un service très apprécié.

Dans ce contexte, comme nous l'avions déjà annoncé au précédent Conseil, nous sommes bien entendu favorables à ce que les abonnés Vélib' puissent être remboursés pour le mois de mars, ainsi que le demande le groupe Ecologiste. C'est ce que nous demanderons au syndicat Vélib' Métropole.

Je rappelle, par ailleurs, que le syndicat Vélib' Métropole applique non seulement les pénalités contractuelles sur les retards de déploiement des stations, mais que d'autres pénalités pour non-respect d'autres aspects du contrat seront bien appliquées aussi.

Compte tenu du contexte actuel, il est par ailleurs tout à fait légitime que des explications sur les causes de ce retard soient demandées. C'est la raison pour laquelle nous organisons mensuellement un point d'avancées rassemblant le prestataire, le syndicat, les mairies d'arrondissement et les représentants des groupes politiques du Conseil de Paris.

D'ailleurs, je vous invite, Monsieur DUBUS, plutôt que de faire des amalgames et des effets de manche au Conseil de Paris, de venir participer, comme le font d?autres collègues de cet hémicycle, à ces réunions dans lesquelles vous pourrez dire tout ce que vous pensez aux différents acteurs?

Oui, je sais bien, c?est ce que j?ai dit, mais je n?ai pas vu M. DUBUS.

Vous y êtes donc aussi cordialement invité, vous pouvez venir, cela ne vous est pas interdit. Vous y serez le bienvenu. Je vous invite à participer à ces réunions avec le prestataire et avec le syndicat.

Nous avons une situation dans laquelle il n?y a pas une cause unique, mais une pluralité de facteurs qui expliquent la situation actuelle.

Je voudrais dire à M. AQUA que nous ne sommes pas avec une "start-up" qui a remporté un marché. "Smoovengo", ce n?est pas une "start-up". Il ne faut pas confondre "Smoovengo" avec" Smoove". "Smoovengo" est un groupement dans lequel il y a de grands groupes qui ont tout à fait la capacité, aujourd?hui, de répondre aux obligations contractuelles qui sont les siennes.

Aujourd?hui, la priorité pour la Ville de Paris, c?est bien la perspective du déploiement du système opérationnel Vélib?. C?est dans cette perspective que nous apportons une aide uniquement au syndicat Autolib?, Vélib? Métropole afin que celui-ci profite de l?expérience des services de la Ville dans le traitement de certains problèmes techniques et dans la mise en relation avec l?ensemble des entreprises qui interviennent sur l?espace public parisien.

La priorité a été donnée dernièrement - ces dernières semaines - notamment de raccorder au réseau électrique les stations existantes et de résoudre les dysfonctionnements répétés sur les stations alimentées par batterie qui entraînaient des réactions en chaîne sur les stations raccordées au réseau.

Nous travaillons à la fois sur la question du déploiement en termes numérique du nombre de stations, mais aussi à la résolution des dysfonctionnements techniques qui ont été générés par le fonctionnement de systèmes sur batterie et qui avaient tendance à opérer des réactions en chaîne, y compris sur les stations raccordées au réseau qui, elles, fonctionnaient bien, mais se mettait à dysfonctionner du fait de cette contamination - si je puis dire - par les stations qui fonctionnaient sur batterie.

Je voudrais remercier notre collègue Eric AZIÈRE du temps constructif et des propositions constructives qu?il a faites pour orienter le travail de notre Assemblée et de la Ville de Paris vers la réussite du système Vélib?. En effet, c?est bien dans cette disposition que nous devons nous situer. Vélib? est un service très apprécié - je le disais-, qui est même plébiscité par les Parisiens, qui est très attendu. Désormais, la priorité, c?est bien le rétablissement du service, compte tenu des difficultés que nous avons connues dans les semaines passées.

Vous avez évoqué la nécessité d?augmenter le nombre de stations. Aujourd?hui, nous avons un déploiement avec une vitesse de croisière qui a été désormais trouvée. L?intervention de la Ville de Paris depuis plusieurs semaines, notamment auprès du syndicat, avec un appui opérationnel, un appui technique - je pense - commence à porter ses fruits. Nous voyons également la résolution des problèmes techniques, même s?il y a encore beaucoup à faire pour que le service soit pleinement opérationnel ; le compte n?y est toujours pas, bien évidemment.

Je voudrais, malgré tout, répondre aux craintes que vous avez pu exprimer dans un v?u sur le fait qu?un trop grand succès des Vélib? électriques pourrait induire une diminution de la flotte de Vélib? mécaniques. Je souhaite d?emblée rassurer les élus du Conseil de Paris : si la décision d?augmenter la part des Vélib? appartiendra au syndicat, pour ce qui est de la Ville, nous n?envisageons pas de nous passer de Vélib? mécaniques.

Pour autant, les termes du marché permettent d?envisager que la part des Vélib? électriques puisse être augmentée à moyen terme. Cela pourrait ainsi être le cas si la part du nombre d?abonnés Vélib? électriques dépassait les 30 % du nombre total du nombre d?abonnés. C?est la raison pour laquelle nous ne souhaitons pas nous engager, toujours aujourd?hui, sur une part supérieure à 50 % de vélos mécaniques.

Je voudrais répondre également à la question de la suggestion faite de pouvoir associer les associations dans le Comité des usagers, c?est prévu. Notre collègue Catherine BARATTI-ELBAZ, qui préside le syndicat "Autolib? Vélib? Métropole", s?est engagée non seulement à la création de ce Comité des usagers, mais à faire en sorte aussi que les associations cyclistes y soient associées. Le v?u du groupe les Républicains est donc sans objet.

Pour conclure, je vous dirai, comme je le disais en début de propos : aujourd?hui, Vélib? est convalescent, le compte n?y est toujours pas du point de vue à la fois du nombre de stations déployées, mais aussi de la qualité du service. Les équipes de la Ville de Paris, celles du syndicat Autolib? Vélib? Métropole sont à pied d??uvre pour travailler avec le prestataire et faire en sorte que le système soit amélioré.

Nous notons, malgré tout, quelques progrès grâce à l?action de la Ville entreprise ces dernières semaines :

Le nombre de trajets quotidiens augmente. Il y en avait 6.000, en moyenne, chaque jour il y a 15 jours ; nous sommes aujourd?hui à environ 20.000 voyages. Le nombre d?usagers qui renouvellent leur abonnement ou qui prennent un abonnement est en augmentation. Nous constatons les efforts déployés par le prestataire pour résoudre les difficultés. La Ville de Paris poursuit donc ses efforts auprès du syndicat pour que le service soit rétabli dans les prochaines semaines. Je proposerai, à nouveau, aux groupes politiques de notre Conseil et aux mairies d?arrondissement, de faire un nouveau point d?étape sur le déploiement du service - en tout état de cause, Monsieur AZIÈRE - avant le prochain Conseil de Paris de début mai. Pour conclure, je dirai que Vélib? est convalescent et nous allons tous essayer de l?aider pour qu?il se rétablisse dans les plus brefs délais. C?est ce que les Parisiens attendent désormais et notre priorité aujourd?hui est entièrement axée sur cet objectif.

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - Nous allons soumettre aux voix les v?ux rattachés à ce projet de délibération : le v?u n° 156 du groupe Ecologiste de Paris avec un avis ?

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Le v?u du groupe Ecologiste, avis favorable avec amendement.

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - L?amendement est-il accepté ? Oui.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 156 ainsi amendé avec un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u amendé est adopté. (2018, V. 137).

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 157 du groupe les Républicains et Indépendants, avec un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est rejeté.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 158 du groupe les Républicains et Indépendants, avec un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est également rejeté.

Enfin, je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 55 - DFA.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DVD 55 - DFA).

Je vous en remercie.