Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Mars 2018
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

relatif à la réforme du baccalauréat. Vœu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2018


 

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Nous examinons les v?ux référencés n° 43 et n° 43 bis relatifs à la réforme du baccalauréat.

La parole, pour le groupe Communiste - Front de Gauche, est à M. Jean-Noël AQUA.

M. Jean-Noël AQUA. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, par notre v?u, nous voulons souligner la nocivité de la réforme actuelle menée au pas de charge par le Gouvernement contre ce diplôme et contre le service public.

La philosophie du texte est flagrante. Derrière une série cohérente de mesures, toute présentées comme "techniques", se profile un réel objectif de détricotage du service public national au profit d?un service d?éducation morcelé, un système d?éducation qui sélectionne de plus en plus jeune ses élèves vers des formations spécifiques.

L?ambition pour une formation générale est abandonnée. L?ambition pour la formation de citoyens éclairés sur des enjeux souvent de plus en plus complexes dans nos sociétés, passe, elle, par pertes et profits.

Quant au développement des individus par l?accès à un savoir original, non immédiatement utile, il est, quant à lui, écrasé par les objectifs sur l?autel des profits immédiats.

Nous le savons désormais, cette réforme transforme l?examen du baccalauréat, en diminuant le nombre d?épreuves terminales pour les remplacer par des épreuves en contrôle continu, organisées par chaque lycée. Les enseignants seront alors amenés à corriger leurs propres élèves ou ceux des classes voisines, ce qui introduit une rupture manifeste dans l?égalité de traitement entre les élèves. Les notes dépendront donc maintenant du lycée dans lequel les élèves passeront leur diplôme. La valeur des notes dépendra ainsi de la réputation du lycée dans lequel le diplôme aura été préparé, les lycées et les élèves des quartiers populaires risquant d?être grandement pénalisés.

Sachant que l?orientation des élèves dans les lycées dépend grandement de leur lieu de résidence, et donc de leur situation sociale ;

Sachant que la dotation horaire globale des établissements diminue, il est illusoire de penser que tous les lycées pourront proposer une offre équivalente de formation ;

Sachant que la concurrence entre les établissements sera renforcée par cette réforme, nous proposons, pour toutes ces raisons, d?interpeller les pouvoirs publics pour signaler, autant que faire se peut, le fait que la réforme du baccalauréat et des lycées menace sérieusement le caractère national de ce diplôme et introduit une rupture d?égalité manifeste entre tous les bacheliers.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci, Monsieur AQUA.

Pour répondre, je donne la parole à M. Patrick BLOCHE.

M. Patrick BLOCHE, adjoint. - Il s?agit, à travers ce v?u du groupe Communiste que vient de présenter Jean-Noël AQUA relatif au baccalauréat, d?aborder un sujet national qui, évidemment, ne relève pas de la compétence de la Ville de Paris. Vous avez cependant eu bien raison, Jean-Noël AQUA, de souligner qu?il touche à l?organisation du système éducatif et concerne les jeunes Parisiens, en l?occurrence, ceux qui passeront le baccalauréat en 2021, puisque c?est la date prévue par le Ministre pour l?application de cette réforme.

Les grandes lignes de cette réforme ont été présentées en février. Cette réforme n?est pas encore connue dans son intégralité.

Il est vrai qu?il existe des risques d?accroissement des inégalités et des possibilités de transformation d?un certain nombre de pratiques pédagogiques. De ce fait, il faut évidemment que nous soyons vigilants. Vous avez fait un lien évident avec la mise en place cette année de Parcoursup, en remplacement de la procédure APB. Je ne reviens pas sur ce qu?on a pu lire dans les médias à propos de Parcoursup et des inquiétudes que suscite ce nouveau dispositif. Il s?agit d?être dans une position de vigilance et également d'alerte parce qu'il y a, derrière tout cela, une vraie question qui nous interpelle très directement, qui est ce qu'on appelle communément le moins 3 plus 3, c'est-à-dire à la fois le second degré et à la fois le premier cycle universitaire.

En effet, vous savez que le taux d'échec en premier cycle universitaire ne peut que nous interpeller. Le moins 3 plus 3 est un sujet qui ne peut rappeler, à Anne-Christine LANG et à moi-même, que des souvenirs à travers l'excellent rapport d'Emeric BREHIER, alors député de la Nation. De ce fait, j'ai souhaité qu'un v?u de l'Exécutif puisse reprendre les préoccupations du groupe Communiste. Je souhaiterais donc, si le groupe Communiste en est d'accord, qu'il retire son v?u et que nous votions le v?u de l'Exécutif qui répond aux mêmes préoccupations.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci, Monsieur BLOCHE.

Monsieur AQUA, le v?u n° 43 est-il maintenu ? Il est retiré.

Je soumets donc aux voix le v?u n° 43 bis de l'Exécutif?

Cette fois-ci, il y a une explication de vote ?

Mme Anne-Christine LANG. - J'aurais souhaité intervenir sur le v?u de M. AQUA et sur le v?u de l'Exécutif, mais manifestement...

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Le v?u est retiré, il n'y aura pas besoin d'expliquer le vote.

Mme Anne-Christine LANG. - Je vais faire très court.

Le baccalauréat est effectivement le couronnement des études secondaires, mais force est de constater qu'il ne répond pas totalement aux attentes. Un chiffre : 90 % des élèves obtiennent le bac, 60 % échouent en licence. Cela prouve, s'il en est, qu'il ne correspond pas tout à fait aux exigences. J'en rappelle brièvement les contours : 4 épreuves terminales pour 60 % de la note, 30 % de contrôle continu, 10 % pour le bulletin scolaire pour prendre en compte les efforts des élèves.

Alors non, Monsieur AQUA, le statut du bac comme premier grade de l'enseignement universitaire n'est pas remis en cause. Non, Monsieur AQUA, l'égalité ne sera pas remise en cause puisque les épreuves de contrôle continu, qui ne porteront pas sur les majeures choisies par élève, seront faites à partir d'une banque nationale de données, avec des copies anonymisées et pas au niveau de l'établissement, de façon à ce qu'aucun enseignant ne puisse corriger les copies de ses élèves.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci, Madame LANG.

Du coup, vous voterez sur le v?u de l'Exécutif, pour que je comprenne ?

Mme Anne-Christine LANG. - Je ne voterai pas non plus le v?u de l'Exécutif qui fait totalement l'impasse sur la voie professionnelle et la réforme qui vient d'être proposée sur l'enseignement professionnel.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Formidable !

Je mets aux voix, à main levée, le projet de v?u déposé par l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

Le projet de v?u est adopté. (2018, V. 83).

V?u déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche