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2018 DAC 311 - Autorisation de solliciter auprès du Ministère de la Culture l’agrément reconnaissant les ateliers beaux-arts de la ville de Paris comme établissement assurant une préparation.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2018


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DAC 311 concernant une autorisation de solliciter auprès du Ministère de la Culture l'agrément reconnaissant les ateliers beaux-arts de la Ville de Paris comme établissement assurant une préparation.

La parole est à Mme Sandrine MÉES.

Mme Sandrine MÉES. - Merci, Monsieur le Maire.

Le présent projet de délibération concerne la demande auprès du Ministère de la Culture de l'agrément reconnaissant les Ateliers Beaux-Arts de la Ville de Paris comme établissement de préparation aux concours d'entrée des écoles supérieures d'art.

Grâce à cette classe préparatoire, la Ville favorise l'accès de bacheliers issus de milieu modeste à ces concours car les tarifs d'inscription sont modulés selon les revenus. L'obtention de cet agrément sera une grande avancée puisqu'il permettra aux élèves de bénéficier des mêmes droits sociaux que les étudiants intégrés dans les cursus universitaires classiques.

Cette demande couronne un processus remarquable dans lequel la Ville s'est engagée avec détermination pour venir combler un vrai besoin. Nous soutenons cette démarche.

Nous saisissons, d'autre part, l'opportunité de ce projet de délibération pour alerter sur quelques points concernant les Ateliers Beaux-Arts, quelques points qui nous inquiètent, non pas du tout concernant cette classe préparatoire, mais les cours des Ateliers Beaux-Arts destinés aux adultes amateurs et professionnels.

Tout d'abord, nous avons été alertés par les personnels sur la diminution du nombre d'heures consacrées aux pratiques académiques comme la copie de moulage ou le modèle vivant. Nous comprenons que des pratiques innovantes et interdisciplinaires soient proposées. Mais nous souhaiterions être rassurés sur le fait que cela ne se fasse pas au détriment de pratiques plus classiques, ces pratiques plus classiques que les amateurs ne peuvent pas forcément trouver ailleurs ou que l'on peut trouver mais à des prix plus élevés.

En effet, de notre point de vue, c'est aussi une de nos missions de permettre à chacun et à chacune de s'essayer à des disciplines traditionnelles, qui sans cela, risquent d'être réservées à une élite, alors qu?elles restent fondamentales aussi bien sur le plan pédagogique que sur le plan de la création. C'était le premier point sur l'offre de cours, la nature des cours proposés.

Deuxième point, nous sommes toujours inquiets, nous l'avions déjà exprimé, sur les conditions d'emploi des modèles et, à notre connaissance, il n'y a pas de solutions proposées à leur précarité. D'autant plus que l'amenuisement du nombre d'heures de cours consacrées à cette discipline nuit à leur fiche de paye. L'alignement des droits des modèles au niveau de celui des autres employés de la Ville et du Département est-il réalisé ou bien est-il envisagé ? Sur ce sujet, y a-t-il du nouveau ?

Troisième point, nous sommes également vigilants sur le processus de fusion des sites. Nous avons vu que des regroupements de sites sont aussi prévus pour l'association "Paris Ateliers", c'est un autre projet de délibération qui doit être voté aujourd'hui. Nous avons bien compris que ce choix de regrouper des sites permet de créer des ateliers dans des quartiers qui en seraient dépourvus. D'ailleurs, nous sommes plutôt favorables à cela. Cependant, nous pensons que maintenir des sites dans les quartiers centraux n'est pas inutile : par exemple, pour des personnes qui ne vivent pas à Paris mais qui y travaillent, ou bien pour des Parisiens qui travaillent dans le centre et que cela arrange d'aller à des cours en revenant du travail.

Pour nous, ces lieux d'apprentissage et de création populaire nous semblent avoir vocation à ne pas déserter ces quartiers. Nous pensons par exemple à l'atelier Sévigné. Voilà, Monsieur le Maire, j'ai soulevé quelques points qui nous inquiètent sur les Ateliers Beaux-Arts, si vous pouvez nous apporter quelques réponses.

Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Bruno JULLIARD pour vous répondre.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Merci à Sandrine MÉES pour son intervention qui nous permet, une nouvelle fois, de saluer la qualité de l'enseignement délivré par les Ateliers Beaux-Arts et leurs professeurs. Ce projet de délibération nous permet aussi de souligner l'engagement constant de la Ville de Paris pour les pratiques artistiques amateurs, notamment à travers les Ateliers Beaux-Arts, c'est aussi vrai à travers Paris Ateliers ou encore la Maison des pratiques artistiques amateurs.

Avant de revenir sur l'objet même de ce projet de délibération, deux ou trois éléments de réponse suite aux craintes que vous venez d'exprimer.

Tout d'abord, concernant les pédagogies innovantes, je sais qu'il y a du côté d'un certain nombre de professeurs quelques craintes, et cela avait été le cas notamment lorsque nous avions intégré des pédagogies innovantes aux pédagogies existantes, qui ne sont pas remises en cause mais qui cohabitent désormais avec d'autres types de pédagogie. Ce sera le cas pour les Ateliers Beaux-Arts.

Je vous invite simplement, comme nous le faisons au quotidien, à écouter et entendre les organisations syndicales des professeurs, mais aussi à écouter et entendre les demandes des usagers, et en particulier des élèves qui, notamment pour les nouveaux entrants, sont demandeurs de pédagogies modernisées et innovantes, mais qui, je vous le redis et vous rassure sur ce point, se feront systématiquement en complément des pédagogies traditionnelles, elles-mêmes très demandées. Je pense notamment à l'utilisation des modèles ou des copies qui fondent la majorité des cours des Ateliers Beaux-Arts et qui le demeureront.

Concernant les implantations des ABA, je suis tout à fait disposé à échanger avec vous sur les perspectives pour la suite, mais nous ne pourrons pas tout faire. Si nous souhaitons améliorer la présence des ABA dans certains quartiers populaires parisiens qui en sont aujourd'hui dépourvus, cela devra se faire par une meilleure distribution des sites actuellement ouverts.

Certains resteront ouverts, mais lorsqu'il y a dans certains quartiers, notamment le centre de Paris, une présence plus importante d'Ateliers Beaux-Arts, il m'apparaît assez légitime que nous souhaitions en ouvrir dans d'autres territoires. Lorsque c'est négocié et annoncé en amont, nous pouvons les substituer à certains présents dans le centre de Paris. Mais nous ne pourrons pas tout faire et nous ne pourrons pas toujours ouvrir de nouveaux ateliers en supplément de ceux existants.

Je conclus avec le projet de délibération qui est soumis aujourd'hui à vos voix, concernant la demande d'agrément auprès du Ministère de la Culture, permettant la poursuite de la classe préparatoire aux concours d'entrée des écoles supérieures d'art. Un mot, tout d'abord, pour souligner la qualité de la formation proposée dans cette classe préparatoire, et vous dire aussi que, sur le fond, cela ne va pas de soi que la Ville de Paris, dans son service public de pratiques artistiques amateurs, maintienne une classe préparatoire à des écoles professionnelles d'art.

La raison pour laquelle nous avons finalement souhaité maintenir cette classe préparatoire, c'est que nous sommes le seul service public à proposer ces cours d'excellence à des tarifs particulièrement attractifs, notamment sous condition de ressources. Nous comblons là un manque du service public d'enseignement général et d'enseignement supérieur et professionnel, même si je considère que ce n'est pas forcément le rôle de la Municipalité que de faire cela.

Mais au vu de l'absence de service public alentour, il m'apparaît légitime de le poursuivre, même s'il m'apparaît aussi légitime que nous ayons ce débat sur la pertinence ou pas d'avoir ce type de classe préparatoire dans notre offre. Je n'en suis pas convaincu, mais constatant que cela n'existe pas par ailleurs à des tarifs aussi attractifs que ceux que nous proposons, nous avons souhaité les maintenir.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci, Monsieur JULLIARD.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 311.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DAC 311).